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 [Jour 01 - nuit] La petite robe noire

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Siana


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MessageSujet: [Jour 01 - nuit] La petite robe noire    Sam 27 Sep 2014 - 9:42


Montmartre,  le "mont des martyrs", la colline de tous les artistes ! De ce que Laure savait, aucun styliste n'était originaire de Montmartre. Laure encore moins. Mais la colline avait ce petit quelque chose de féérique, artistique, romantique, mystique. Longtemps, elle s'était dit qu'elle déménagerait à Montmartre uniquement pour être la première styliste connue à y habituer. Mais son cocon et sa collocation avec Ethan lui plaisaient tellement que Montmartre allait rester un lieu de plaisir, de bons moments... et de shooting avec Ethan.

Quelle merveilleuse idée il avait eu ! Laure avait l'impression qu'Ethan avait instinctivement su ce qu'il lui faisait envie : un shooting à Montmartre.

Pour cette séance, Laure avait troqué sa robe "année 20" verte, pour une petite robe similaire mais noire. Il faisait nuit, il faisait frais. Un manteau en fausse fourrure lui tenait chaud. Ethan la suivait partout avec son appareil photo. Laure avait l'impression de ne plus le voir. Elle trottait dans Montmartre tout en s’arrêtant de temps en temps pour regarder les étoiles. Laure était hors de son nid. Malgré la nuit, elle n'avait pas peur.  Elle virevoltait et souriait, comme si la dispute et les pleurs n'avaient jamais eu lieu.

Elle s'arrêta en haut des escaliers.


- La marche ou le Funiculaire ? Il nous reste encore 30 minutes avant la fermeture du service. J'ai très envie d'en faire. On remontera à pied ?
proposa Laure.

Ethan avait peut-être un programme en tête. Mais Laure avait ses envies. Elle pencha la tête sur le coté, lui fit son habituel sourire charmeur et joignit ses mains devant son cœur.


Laure fit bouger les franges de sa robe avec quelques pichenettes.
Spoiler:
 

- S'il te plait ? C'est pour la Fraise Takada !
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MessageSujet: Re: [Jour 01 - nuit] La petite robe noire    Sam 27 Sep 2014 - 9:44

Il courait ou marchait dans son ombre, suivant son sillage de petite fée bruissante et virevoltante, déchirant la pénombre de son arme étincelante en la mitraillant de flashes éblouissants. Il était la lumière dans l'ombre, le chevalier brillant qui suivait dans les recoins sombres, restait dans les flaques de nuit pour mieux l'éclairer, elle. Il voulait qu'elle fût l'Etoile parmi les étoiles. Que sa beauté unique et particulière transperce le papier glacé, l'écran et rende hommage à ce qu'elle créait. Bien sûr Laure n'était pas une top modèle, bien sûr elle n'était pas extraordinairement fine avec des pommettes hautes et les joues creuses. Elle ne possédait pas non plus, d'interminables jambes longilignes. Non, elle avait un visage ovale, avec parfois un fossette sur la joue droite lorsqu'elle sourirait fort. Elle avait des jambes galbées avec de vraies cuisses et un mollet arrondi. Elle avait le bras dessiné et non filiforme de ces filles. Presque potelé mais pas rond.

Sa robe à frange lui allait à merveilles, faite pour elle et par elle. Le peu que son manteau laissait voir était formidable. Elle semblait comme un papillon noir et léger et lui avec ses filets de lumière, le chasseur qui veut en capter l'essence. Elle paradait sous les lumières diaphanes des réverbères style rétro. Sautant de flaque en flaque de lumière, s'accrochant à l'un pour tourner autour, s'adossant à l'autre pour prendre une pause glamour. Elle n'était pas une top modèle, car il avait vu ces filles travailler et si la plupart d'entre elles étaient magnifiques et très douées, très "pro", leur sourire et leur joie n'étaient que de commande. Laure, elle, respirait un petit parfum de bonheur, ce soir, malgré les pleurs encore récents. Il n'était pas photographe de mode, il ne prenait pas ce genre de beauté là en photo, d'habitude, mais celle qui se niche au coeur de l'être. Et c'est ce qu'il continuait à faire ce soir, là, avec elle. Prendre sa beauté toute entière dans l'oeil de son appareil, la fixer, l'immortaliser. Et sans le savoir, il faisait sans doute les portraits les plus réussis de sa carrière. Ohh il avait déjà eu des prix pour des clichés "politiques" ou "sociaux". Un ethnologue lui avait même confié les portraits des différentes peuplades qu'il étudiait et le livre avait eu un beau succès, mais jamais il n'avait fait de photos purement détaché d'un contexte économique, ou historique.

Ce soir, il prenait Laure en photo pour son plaisir à elle, mais aussi pour le sien. Il la prenait pour ce qu'elle était, hors du temps, juste en scène dans ce quartier qu'elle aimait et qu'il aimait lui aussi beaucoup. Combien de fois avait-il trainé son vieux manteau fatigué même en plein hiver, pour y traquer le clicher qui signerait sa reconnaissance ultime, le fantasme de tous les photographes. En vain. Il manquait toujours quelque chose, même quand la lumière était exceptionnelle, même quand des passants très photogéniques avaient la bonne idée de bien vouloir servir de sujet, même quand il se sentait en forme pour composer avec les lignes et le cadrage. Quelque chose manquait. Et ce soir il savait quoi. Ce soir, c'était parfait. Tout était parfait.


- Oui on va prendre le funi! Allez on court un peu! Cela va nous réchauffer! dit-il en la prenant par la main pour dévaler les marches vers la station.

Une fois dans la rame, occupée par quelques touristes et une bande de jeunes, il lui sourit et remit en place une boucle qui rebellait encore sur son front.

- Tu enlèves ton manteau et tu le places sur ton épaule ? Allez, ici il fait moins froid que dehors ! La lumière des néons esT intéressante ! Elle te donne un teint presque ... presque Elyrien! Acheva-t-il dans un fou-rire.

Il vérifia rapidement la batterie et l'obturateur puis se positionna sur une banquette vide sous l'oeil intéressé des usagers.

- Lève-toi et marche dans l'allée, puis tu reviens vers moi. Tourne ! Encore un tour sur toi-même, fais glisser le manteau de ton épaule, bien, bien ! Parfait, reviens maintenant. Voilà formidable ! Bon, non arrête, n'en fais pas trop quand même. Il y a du monde ... Viens t'asseoir maintenant !
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Siana


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MessageSujet: Re: [Jour 01 - nuit] La petite robe noire    Sam 27 Sep 2014 - 9:44

Laure faisait presque exprès de faire taper ses talons sur le pavé de Montmartre. Parfois, elle s'arrêtait brusquement, se tournait vers Ethan et fit quelques petits pas sur place, pour lui faire écouter le bruit. Elle riait et repartait dans sa course folle, comme si de rien n'était. C'était une nuit d'amusement pour Laure. Mais aussi de taquinerie. Parfois, elle approchait son visage de l'objectif et collait presque son œil dessus. Comme si elle cherchait le regard d'Ethan derrière l'appareil. La Laure guillerette, passionnée, amusante et spontanée était de retour. Après les cris et les pleurs, la confrontation était bien loin derrière. Pour elle. L'était-ce pour Ethan aussi ? Elle mourrait d'envie de lui poser la question. Mais elle ne voulait pas tout gâcher, comme elle l'avait fait avec son retour de voyage, en l'affrontant pour le défilé et en ouvrant davantage la plaie au fond de son cœur. La plaie concernant ses parents.

Devant le funiculaire, Laure trépignait d'impatience. Elle adorait ce petit transport en commun. Elle espérait qu'à cette heure tardive, il n'y ait personne d'autre qu'eux. Pourquoi espérer une telle chose ? Elle n'en savait trop rien. Mais elle voulait être seule avec son photographe à elle. Certes, elle l'était à la maison. Mais dehors, cela avait une signification différente pour Laure. Elle n'était pas sur un "territoire" neutre, son cocon n'avait rien de neutre. Dehors, il n'y avait pas de coin sûrs où se réfugier en cas de dispute. Dehors, c'était l'inconnu. Et la seule chose connue était Ethan. Dehors, il était son repère. Cette nuit-là, Laure avait Ethan pour elle. Il n'était pas en voyage, pas dans ses pensées, pas dans ses clichés professionnels, pas dans ses tourments. Il était avec elle. Celui qui lui avait manqué était là.


- Tu peux pas savoir à quel point j'aime ce truc ! J'ai l'impression qu'on flotte au dessus des escaliers.

A l'intérieur, Ethan faisait très professionnel. Laure essayait de répondre à ses attentes mais ce n'était pas facile. Et puis... elle était d'humeur joueuse. Peut-être un effet de la retombée d'émotion. Besoin de tout lâcher. Décompresser. Se laisser aller.

Se laisser aller. Laure en avait envie et besoin. Alors elle donnait tout pour satisfaire Ethan. Elle exagérait surement. Elle caricaturait les top modèles. Les gens la regardaient bizarrement. Elle alla jusqu'à tirer la langue à un touriste. Et après son méfait, elle se tourna vers Ethan, lui sourit et éclata de rire. Elle jouait avec son manteau, s'en servant de cachette. Elle le mit entre elle et l'appareil photo. Regardait par dessus. Se recachait. Elle avait délaissé et oublié le stress devant l'objectif. Elle ne voyait plus vraiment l'appareil. C'était comme si il n'y avait qu'elle, Ethan et Montmartre. Quand Ethan la compara aux Elyriens, Laure cessa subitement son jeu avec le manteau. Elle cessa de sourire. Son visage se figea. Elle s'avança vers Ethan d'un pas vif.


- Et je te kidnapperai et t'embarquerai dans mon vaisseau ! s'exclama-t-elle avant d'éclater de rire.

Rester sérieuse pour faire son petit manège fut une lourde tâche. Elle s'arrêta de marche et s'assit à côté d'Ethan quand celui-ci le lui demanda. Elle devait reprendre son souffle. A force de rire et de courir, elle s’essoufflait. Rester dans son cocon ne la faisait pas bouger. Un peu trop d'exercice pouvait devenir difficile. Surtout en robe. En talon. Et avec un peu de vin dans le sang.

Quand elle reprit son souffle, elle s'empara de la main blessée d'Ethan et la regarda attentivement, en la tournant dans tous le sens.


- Cela ne te fait pas trop mal en prenant les photos ? demanda-t-elle en vérifiant l'état du bandage mal fait.Tu veux qu'on fasse quoi après le funi ? J'aimerai aller sur la place Dalida. Il parait que mettre ses mains sur les seins de sa statue porte chance. Ou apporte le bonheur... je sais plus mais j'ai envie d'y aller. Ou c'est une tradition sur Montmartre.

Elle rit de bon cœur et se justifia :

- C'est pour la voir hein, pas pour mettre mes mains sur ses seins ! Et toi ? tu me suis pour les seins de Dalida ?taquina-t-elle.
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MessageSujet: Re: [Jour 01 - nuit] La petite robe noire    Sam 27 Sep 2014 - 9:44

Il posa son appareil sur la banquette à côté de lui et lui sourit lorsqu'elle vint s'asseoir. Il réprima un frisson lorsqu'elle prit sa main blessée pour l'examiner. Elle était totalement inconsciente du trouble qu'elle pouvait provoquer. En général, quand elle se promenait un peignoir dans l'appartement, à moitié habillée, il ne la suivait que d'un oeil amusé et attendri, comme un frère qui se moquerait un peu de l'allure déjantée d'une petite soeur, mais depuis ce soir, depuis son retour,depuis qu'il avait compris avec ce fichu défilé, qu'il pouvait la perdre et qu'il en ressentirait un déchirement atroce, il ne la voyait plus de la même façon. Et là , elle jouait, elle vampait, elle charmait, lui, les touristes, tous les mâles présents dans le funiculaire. Sans en avoir conscience. Lui, avait vu les regards changer en se posant sur elle. Lui, connaissait les regards prédateurs des hommes. Il avait même porté ce regard lui-même sur certaines femmes. Il avait été de ces prédateurs. Pourtant il ne supportait pas que Laure en fut l'objet.

- Ma main va bien. Ne t'inquiète pas, tu l'as bien soignée. J'en ai vu d'autres tu sais... Tu n'as pas trop froid ? Remets ton manteau! Regarde comme c'est beau !

Il lui désigna le paysage qui défilait lentement sous leurs yeux. Leurs visages se miraient sur les vitres du funiculaire et leurs regards se croisèrent furtivement. Il baissa les yeux et regarda ses mains. Nerveusement, il rassembla son matériel. La station où ils devaient descendre approchait et il contemplait le profil de Laure absorbée dans la vision du Paris nocturne. Les gens commençaient à se lever pour descendre. La porte s'ouvrit et ils les laissèrent partir. Elle se tourna vers lui, un regard interrogateur illuminant son visage.

- Allons tâter les obus de Dalida ! Tu sais que tu parles à un homme qui fait abstinence depuis un certain nombre de jours ? Plaisanta-t-il.

Il réajusta le manteau de Laure sur ses épaules et la guida vers la sortie. L'air frais lui piqua les yeux et un léger vent souleva ses cheveux. Il se retint de lui prendre la main.

- Viens, on va faire quelques clichés sur l'escalier. Tu montes et je te shoote en contre plongée. Après, c'est toi qui me guide jusqu'à la place et je te suis. Ouvre un peu ton manteau. Enlève-le! Monte les marches, qu'on voie le mouvement des franges quand tu bouges ! Magnifique !

Elle se retourna à cet instant et lui sourit. La lumière, à contre jour l'auréolait d'une telle beauté qu'il dut s'accouder à la rampe un moment. Il était essoufflé malgré sa condition physique de grand reporter. Le décalage horaire, la crise de palu, les émotions. Il sentit un frisson le parcourir et sourit en fermant les yeux. Un ange en plein Paris, dans le chaos de son coeur, venait de frapper. Il eut mal et aima ce mal. Pourtant les passants continuaient à descendre, les frôlant. Un type un peu trop pressé rompit le charme en le bousculant et le fit revenir sur terre.

- Alors, où est-elle, ta belle Dalida ?

Alors qu'elle s'était remise en route, sans avoir perçu son trouble, peut-être, il regretta d'être aussi directif, si dur, retranché derrière son pseudo professionnalisme. Au moins avait-il l'excuse du press book à finir. Il s'efforçait de se dire qu'il avait rêvé à cause de la fatigue et que Laure n'était "que gentille" comme une amie peut l'être avec un ami qui lui rend service.
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Siana


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MessageSujet: Re: [Jour 01 - nuit] La petite robe noire    Sam 27 Sep 2014 - 9:45

- Je sais que tu en as vu d'autre, je le savais mais maintenant je le sais encore plus... maintenant, dit-elle en touchant du bout du doigt l'emplacement de la cicatrice vue par erreur dans la salle de bain, au début de leur colocation.

Puis elle monta son doigt jusqu'au coeur d'Ethan. Laure lui sourit tendrement.
Un sourire tendre mais reconnaissant aussi, pour les révélations, quoi que maigres, faites plus tôt. Elle détacha son regard d'Ethan et reporta son attention sur Montmartre.

Pour Laure, Montmartre était plus beau que Paris tout entier. Blasphème dirait-on ! Elle dévorait des yeux tout ce qui défilait devant elle, à travers la vitre du funiculaire. Cette colline la fascinait. Ses habitants aussi. Une fois hors du petit wagon volant au dessus des escaliers, Laure respira un grand bol d'air frais. C'était revigorant. Ethan en profita pour reprendre son attitude pro. Quand il eut terminé, elle lui fit signe de la suivre jusqu'aux obus de Dalida.


- Tada ! s'exclama Laure en montrant la place Dalida. Tu ne trouves pas cette petite place agréable ? ho regarde ! Elle a les seins abimés !
Spoiler:
 
Laure prit la main "valide" d'Ethan et la posa sur un des deux seins de Dalida. Puis elle s'accapara le deuxième et ferma les yeux, comme si elle faisait un vœux.

- Voila, je sais pas ce qu'elle va nous faire, mais on le saura peut-être un jour !

Ethan allait sortir son appareil photo, Laure le pressentait. Mais d'un geste soudain, elle posa une main sur la sacoche, en signe d'interdiction. Elle fit non de la tête et d'un coup de menton, elle lui montra les environs.

- Regarde un peu avec tes yeux, et pas avec le trou de ton appareil photo.

Laure laissa Ethan devant la statue de Dalida et alla s'asseoir sur le banc le plus proche. Elle devint soudainement silencieuse et posée. Comme le calme après la tempête. Ou était-ce peut-être avant ? Avec Laure, c'était les deux. Elle fixait Ethan calmement. Laure n'avait jamais pris la peine de l'observer. Elle s'en rendit compte en posant ses fesses sur ce banc. Alors elle rattrapait le temps d’observation perdu. Il fallait dire qu'avec ses voyages, ils se voyaient que par période. Elle commença à balancer ses pieds tout en prenant soin de faire racler ses talons sur le sol. Dans son observation d'Ethan, une sensation apaisante s'éveillait en elle. Son impression de sécurité se confirma. Elle pencha la tête sans s'en rendre compte. C'était signe qu'elle se concentrait. Elle en fronçait même les sourcils. Elle avait un sentiment étrange. Elle n'arrivait pas à le définir. Mais c'était agréable, elle y prenait gout.

Finalement, Laure se releva brusquement et ferma son manteau en joignant avec ses mains, les deux pans. Elle rentra la tête entre les épaules, afin de coller ses oreilles au col moelleux de la fourrure.


- Je n'ai pas d'autre idée. Dalida était ma dernière. Tu me proposes quoi ?
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MessageSujet: Re: [Jour 01 - nuit] La petite robe noire    Sam 27 Sep 2014 - 9:46

Cette place était charmante et pas simplement à cause du buste qui y trônait. Les arbres, les bancs offraient une halte appréciable aux promeneurs. Bien sûr Laure voulut qu'il posa sa main sur le sein et il se laissa faire de bonne grâce. Ce fut plus le contact avec celle de Laure qui le troubla que la forme généreuse du buste de bronze. Dans le funiculaire, elle avait effleuré ses cicatrices à travers la chemise, puis remonté sur le coeur. Il lui avait jeté un regard indéchiffrable, comme un refus de souffrir davantage. Puis elle l'avait entraîné vers Dalida et sa légende et avait placé la main d'Ethan pour formuler le voeu traditionnel en serrant son autre main dans la sienne. Il avait du mal à croire aux voeux et à la chance. Peu, pour ne pas dire aucun des siens, s'étaient réalisé. Sauf peut-être au sujet de sa carrière. Il eut très envie de dire "Si elle pouvait nous réexpédier ces martiens de mes deux au far west" mais il se retint pour ne pas peiner Laure en assombrissant ce moment magique. Laure qui ne sortait jamais, semblait rattraper des années d'enfermement et s'extasiait.

Elle lui interdit de continuer à photographier et lui demanda de regarder le monde avec ses yeux. Il plissa le front interloqué puis leva la tête. Les frondaisons bruissaient sous un vent léger, la place était presque déserte, quelques terrasses de café plus loin, déversaient leur musique. Ils étaient seuls. Elle s'était posée sur un banc.


- C'est dommage, la lumière est très belle ici. Douce et tamisée par les feuillages. Ca casse la dureté des lampadaires. Tu es sûre que tu ne veux pas que j'en prenne quelques unes ? Tu es fatiguée ? Tu veux boire quelque chose de chaud ? On peut marcher jusqu'à ce café là-bas, si tu veux ...

Il se posa à côté d'elle et réfléchit tout en l'observant sans en avoir l'air. Elle avait l'air heureuse ou presque. Puis elle resserra son manteau.

- Tu as froid ... Allons prendre un café ou un chocolat. Ensuite nous remonterons jusqu'à l'Eglise Saint Pierre si tu en as le courage. Tu sais qu'il y a plus de deux cent marches ?

Il y avait une animation douce dans une rue adjacente, celle où se trouvait le café qu'il lui proposait. Mais il n'avait pas encore envie de se mêler à la foule tout de suite. Sur cette place, il était seul avec Laure et il n'avait pas envie que ce moment prenne fin, même s'il ne voulait pas qu'elle ait froid. Il aurait voulu la réchauffer en passant son bras sur ses épaules et en l'attirant vers lui. Avant il aurait pu et elle lui aurait dit qu'il piquait avec sa barbe de sauvage mais maintenant, il n'osait plus. Alors il alluma une cigarette et en tira une bouffée en fixant le couvert des arbres à travers lequel perçaient quelques étoiles.

- Est ce qu'il y a eu quelqu'un d'autre depuis Sloan ? Demanda-t-il subitement en se demandant au moment même quel espèce de connard il était pour ramener un tel sujet sur le tapis.
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Siana


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MessageSujet: Re: [Jour 01 - nuit] La petite robe noire    Sam 27 Sep 2014 - 9:46

Laure continuait son observation, jusqu'à ce que l'objet de son attention n'ait l'idée de rompre le quasi silence de la nuit. Elle avait vu juste, il voulait photographier. Alors une nouvelle fois, elle secoua négativement la tête. Pas de photo. Elle avait été très clair.

- Je vais finir par croire qu'on se promène plus pour du boulot que pour le plaisir...

Puis il vint s'asseoir à côté d'elle. Il pensait qu'elle avait froid ? Oui, elle frissonnait. Était-ce par le froid ? Laure n'en savait rien. Ethan restait distant. Elle le sentit un peu plus loin et ailleurs que d'habitude. Cela aurait fait un moment qu'il l'aurait taquiné sur ce banc, en lui disant qu'elle était si petite que ses pieds touchaient à peine le sol, par exemple. Cela aurait conduit à une chamaillerie. Cette fois-ci, pas de boutades, pas de gamineries. Étonnamment, Laure en fut relativement satisfaite. Ce n'était pas les blagues et les taquineries qu'elle voulait. Laure avait une préférence pour l'attention. De l'attention d'Ethan, et pas du photographe masqué par son appareil. Il proposa quelque chose de chaud. Un café ? Un chocolat ? Rien d'autre ?

- Un choco, répondit-elle, presque dans un murmure. Ensuite je te suis aux escaliers. Si jamais mes talons me font mal aux pieds, tu devras me porter jusqu'en haut. Après tout, ce serait ta faute si je devais avoir mal.

Elle lui donna un bref coup de coude dans le bras et esquissa un sourire amusé. L'humour revenait naturellement. Pourtant, là... tout de suite... elle ne voulait pas de ce genre d'échange. Et l'échange verbal que Ethan lançait n'était pas des plus agréables. Néanmoins, elle allait lui répondre en toute honnêteté. Plus de cachoteries avec lui. Plus de vérités tronquées. Elle se le promettait. Laure n'avait pas fait de vœux devant Dalida. Elle avait fait une promesse : ne plus faire de mal à Ethan.


- Depuis Sloan ? répéta-t-elle, sans difficulté, le moindre mal dans sa voix, en se plongeant dans ses souvenirs.

Là, elle leva ses deux mains et petit à petit, des doigts se baissaient, pour au final, n'en laisser que deux. En 7 ans, il n'y en avait eu que deux. Et aucun depuis le début de sa colocation avec Ethan. Laure agita ses deux doigts devant le nez de son photographe.


- Je n'ai pas ressenti pour eux ce que je ressentais pour Sloan. J'ai aimé Sloan. Mal, aveuglement, peut-être à sens unique. Mais j'étais sincère. Avec ces deux autres... hmmh... c'était assez sérieux mais je ne me sentais pas... "dedans". Vois-tu ce que je veux dire ? Et puis, ils ne m'ont pas manqué, eux.

Laure sourit à Ethan. Elle se rapprocha un peu de lui et colla son épaule contre la sienne. Elle en profita pour le tamponner un peu, afin de le faire bouger. Puis, le sourire toujours aux lèvres, elle monta ses pieds sur le bord du banc, rapprochant ses jambes contre elle.


- J'ai pas envie de bouger et d'aller dans un café. Je n'ai pas froid. Je boycotte le chocolat chaud. Je préfère rester ici encore un petit peu. Il n'y a personne, à part deux aliens sur un banc. C'est agréable.
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MessageSujet: Re: [Jour 01 - nuit] La petite robe noire    Sam 27 Sep 2014 - 9:47

Il sursauta. Voilà qu'après lui avoir avoué qu'elle n'avait eu que deux aventure depuis l'enfoiré,ce qui lui fit inexplicablement plaisir à entendre, elle se rapprochait puis se calait contre lui. Quelque chose en lui tira la sonnette d'alarme. S'il ne faisait rien, il allait la prendre dans ses bras et ... il allait l'attirer vers lui ... et l'embrasser. Salope de ... non, on ne pouvait insulter les morts. Il jeta un regard noir au buste de Dalida. Il fallait agir.

- Hein, quoi, comment ? Il se leva d'un bond. Mais ma chouquette, c'est toi qui te pâme en me parlant de ton Tagada la fraise de mes deux ! Et oui on est la pour le boulot ! Tu crois quoi, que mon Breaking News Photographie, je l'ai eu en me tournant les pouces peut-être ? Si tu veux avoir ta maison de couture, tu vas devoir les aligner les heures et oublier un peu le plaisir... Il fronça les sourcils et se radoucit en voyant la mine furibonde de son amie. Ou allier le plaisir au travail d'une façon ou d'une autre ...

Après tout c'était vrai, il avait raison. Elle avait demandé un pressbook, il lui faisait un pressbook. Cette argumentation se tenait et puis c'était moins pire que de se raidir et de se lever en hurlant qu'il était gay. Non que passer pour ce qu'il n'était pas le dérangea. Il en avait l'habitude. Mais mentir à Laure lui aurait déplu même pour la bonne cause. Ce qui était étrange, c'est qu'il ne lui sortait pas un autre argument tout aussi imparable que la gay attitude: celui de sa prédatorattitude. Il lui aurait suffit de comparer le nombre de ses conquêtes avec celles de Laure et de conclure par un " tu vois je suis un sacré salaud" pour la faire reculer de 100 km. Mais bizarrement, cet argument là lui paraissait absolument à éviter. Il se demandait pourquoi et décida que c'était pour ne pas ternir leur amitié. Quelle excuse foireuse. Il avait de plus en plus l'impression de se conduire comme un lâche et cela ne lui plaisait pas du tout. L'ennui c'est que s'il se conduisait comme un homme, il allait se prendre la gifle du siècle et perdre son amie. Saleté de théorie des choix. "On a toujours le choix et blablabla... mon cul, oui ! " pensa-t-il. Il se tenait debout devant elle, se balançant de manière ridicule, son sac de reporter sur l'épaule.

- Ok, j'ai compris, tu as trop froid pour bouger. C'est plus grave que je ne croyais. Tu veux peut-être que j'aille te chercher ton chocolat et que je te l'apporte ici ? Où bien je peux aussi te porter toi, jusqu'au chocolat. Qu'en dis-tu fillette ? Ca me mettra en jambe pour l'escalier. Et crois-moi, je suis capable de te porter sur mon dos jusqu'au comptoir et je me fous qu'il y ait des gens en terrasse. Tu parles à l'homme qui a embrassé le cul d'un opossum ...
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Siana


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MessageSujet: Re: [Jour 01 - nuit] La petite robe noire    Sam 27 Sep 2014 - 9:47

- Moi, ce soir, j'allie le plaisir et le travail. on fait mon book et je m'amuse. Mais toi, j'ai l'impression que tu ne te fais pas plaisir. Desserre les fesses bouclettes, quémanda-t-elle en lâchant un des petits surnoms affectueux qu'elle lui donnait quand tout allait pour le mieux. Je plains ce pauvre opossum. Avec ta barbe de barbare, tu as dû lui irriter la peau des fesses, s'esclaffa Laure. Et laisse mon Takada tranquille, il va m'apporter la réussite, je le sens ! Tes photos y seront pour quelque chose, il va de soi !

Laure se frotta les chevilles en grimaçant. Elle ne voulait plus bouger parce qu'elle avait terriblement mal aux pieds. Elle n'avait pas beaucoup porté ces chaussures. Dans l'appartement, elle était toujours nu pied. Elle retira juste le talon d'une de ses chaussures et examina sa peau. Derrière le pied, elle était rouge, lisse collante et humide. Un petit morceau de peau pendouillait. Elle s'était fait une cloque et celle-ci avait éclaté. Dans l’excitation, la folie et la joie, elle ne s'était pas rendue compte de cela. Mais maintenant qu'elle était assise et immobile, Laure sentit la douleur s'éveiller. Elle n'avait pas pris son sac à main. Elle n'avait que son manteau et des poches vides. Elle offrit une moue amusante à Ethan.

- Tu n'as pas des pansements ?

Elle regarda Ethan qui était debout devant elle, la main sur la sacoche de son appareil. La photo le titillait vraiment. Laure soupira et leva les yeux au ciel. Il ne voulait donc pas se détendre. Pourquoi ? Était-ce à cause de leur journée retrouvailles chaotiques ? A cause d'elle ? Ce n'était pas comme d'habitude. Il n'était pas comme d'habitude. Laure sentit qu'elle non plus. Elle pouvait affirmer avec certitude que quelque chose avait changé. Lui ? Elle ? Eux ? Elle n'avait pas la réponse. Ce changement semblait combler un truc au fond d'elle. Laure, dans son ignorance (tellement évidente) de la vie, ne savait pas ce qu'était ce vide devenu plein, chaud, agréable. Alors peut-être que c'était elle qui changeait. Après tout, elle était dehors, en pleine nuit ! Jamais elle n'aurait fait cela avant. Mais d'un autre côté, si elle était dehors, c'était parce qu'il y avait Ethan.

Elle se tourna vers la rue d'où émanait le bruit des terrasses. Là-bas, il y avait du monde. Ici, ils étaient au calme. Là-bas, il y avait du monde. Ici, ils étaient seuls. Là-bas, il y avait du monde. Ici, ils étaient entre eux.

Laure remit sa chaussure correctement et retira ses pieds du bord du banc, se rasseyant correctement.


- Laure ira au chocolat ! s'exclama-t-elle en riant et en levant les mains comme un enfant cherchant à être à bras. Et ensuite, j'arrêterai le pas sérieux pour le travail. Aller Monsieur trop sérieux ! Porte Femme à son chocolat !

"Arrêter le pas sérieux". Si elle continuait ainsi, elle était loin d'y arriver.
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MessageSujet: Re: [Jour 01 - nuit] La petite robe noire    Sam 27 Sep 2014 - 9:48

Il l'écouta avec un petit sourire en coin. Elle était à des lieues d'imaginer le dilemme qui se jouait en lui. C'était tant mieux dans un sens. Il parvenait à donner le change même s'il passait pour un coincé des fesses. Il était heureux de savoir qu'elle s'amusait autant à faire son book . Lui était plus tendu, il ne pouvait le nier. Il y avait cette histoire de défilé avec les Elyriens en guest indésirables à son sens. Il y avait encore les souvenirs prégnants de l'attentat qui avaient refait surface et surtout, il y avait Laure et le sentiment trop bien identifié qu'elle éveillait en lui. Ce mélange avait de quoi chambouler n'importe quel homme. Mais il ne pouvait pas en parler avec Laure. Elle était tout à sa joie de se faire connaître par le créateur japonais et il ne voulait pas ternir son enthousiasme avec les aliens. Le passé, Le Caire, c'était tellement douloureux et lourd qu'évoquer les détails risquait de plomber leur soirée. Ses sentiments pour elle, il avait la conviction qu'ils étaient à sens unique donc à quoi bon essayer de tâter le terrain et surtout, sur quoi cela pouvait déboucher ? Une Laure repliée à nouveau sur elle-même, méfiante, échaudée par une douloureuse expérience amoureuse et en bute à sa difficulté de s'investir dans une nouvelle relation amoureuse. Alors il focalisait sur ce qu'il pouvait lui apporter: le book et l'amitié. Cela pouvait paraître limité aux yeux de Laure. Peut-être parce qu'il avait aussi du mal à se situer par rapport à elle et à trouver le bon comportement. Un ami devait savoir écouter en revanche, et conseiller aussi.

Il s'approcha d'elle qui venait de déplier ses jambes et s'assit à ses côtés. Il prit sa cheville et examina le pied blessé. Elle pouvait avoir mal. La cloque avait suinté et était proche de saigner.


- Tu aurais pu le dire plus tôt ! Je vais te porter autant que je peux et sinon, j'ai une solution. Je te prêterai mes chaussettes épaisses et propres du jour et tu marcheras sans chaussures.

Il caressa le dessus et la plante du pauvre pied blessé. L'autre devait être dans le même état. Il fronça les sourcils.

- Vos chaussures , ce sont de véritables instruments de torture !

Il reposa le pied au sol avec délicatesse puis se leva et prit Laure par la taille. Elle était légère. Il la hissa sur le banc et lui tourna le dos.

- Monte là dessus ! Dit-il en pouffant.

Elle se hissa sur son dos et il regretta de ne pas voir son visage. Il saisit ses jambes derrière les genoux et rit de bon coeur.

- Accroche-toi ! Ton mulet va courir !

C'était étrange de la sentir sur son dos. Il fut une époque, cela n'aurait été qu'une bonne partie de rigolade entre deux amis mais rien n'était plus pareil. Encore que le mal fut moindre que s'il avait du la porter dans ses bras. Moins intime, plus fraternel. Il arriva essoufflé devant le café et déposa sur la terrasse une Laure absolument hilare devant les clients médusés.

- On se met dehors ou dedans ? Tu as froid! Allez, à l'intérieur tu seras mieux !

Une fois installés sur une banquette en moleskine et placés près du chauffage il la regarda en riant. Le garçon vint prendre la commande, les interrompant alors qu'ils allaient se mettre à parler dans un bel ensemble.

- C'était ...

Puis le même garçon apporta deux chocolats doubles et pleins de crème, fumants et odorants à souhait. Ethan triturait sa cuiller en la regardant se mettre de la moustache chocolatée.

- Tu sais, il y en a certainement eu plus de deux. Je veux dire, amoureux de toi ... Simplement, tu ne sais pas l'effet que tu fais aux hommes. Je le vois bien, aujourd'hui. Je suis certain que plein de gars trop timides n'ont jamais osé passer à l'action et que tu es passée à côté de l'affaire du siècle.

Spoiler:
 
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Siana


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MessageSujet: Re: [Jour 01 - nuit] La petite robe noire    Sam 27 Sep 2014 - 9:49

HRP:
 

Elle avait son pied entre ses mains et il le caressait. Quand il passa sa main sous la plante, Laure se mit à rire et à crisper ses orteils. Il la chatouillait. Mais quand il passa sa main sur le dessus, Laure fut subitement troublée. Il avait une façon si spéciale de passer sa main sur le dessus de son pied. Son cœur avait fait un bon et elle sentit des picotements derrière les oreilles, au niveau des jugulaires. Elle put sentir ses pulsations sur les tempes. Désorientée, elle devait faire quelque chose pour cacher le trouble qui s'emparait d'elle. Que se passait-il en son sein ? Elle n'avait jamais eu ce genre de sensation soudaine et forte. Était-ce l'effet de leur dispute ? Laure se demandait si ce n'était pas autre chose. Sans raison apparante, elle se rappela qu'Ethan lui avait manqué lors de son précédent voyage. A ce moment-là, la sensation recommença de plus belle. Une solution pour oublier ça : plaisanterie !

- Il faut souffrir pour être belle, dit Laure en faisant danser ses orteils pendant qu'Ethan examinait son pied.

Après s'être hissée sur le dos d'Ethan, la sensation revint une troisième fois. Elle s'intensifia quand elle s'accrocha à son cou pour tenir sur son dos. Laure eut peur d'avoir attrapé froid, car elle avait un frisson qui lui parcourut le dos, du bas jusqu'à la nuque.


- Ethan... commença Laure pour lui demander si ses symptômes étaient inquiétants, qui se ravisa et enchaina sur autre chose. Au café, tu me laisseras prendre une photo ? De toi hein ? S'il te plait... supplia-t-elle en le lui disant dans l'oreille. Je serai pro pour le reste du shooting.

Comment réussir à être pro avec un Ethan qui sautillait comme un mulet. Laure ne put s'empêcher de rire aux éclats. Parfois elle levait les bras et les tirait au dessus de sa tête en criant "Tayo!" ou "Hu!". Mais trouillarde comme elle était, elle se raccrochait vite à Ethan. La honte devant le café. Qu'importe, elle avait apprécié ce petit trot à dos d'homme.

Une fois assise et servie, Laure se jeta littéralement sur le chocolat viennois. Elle en but une grosse gorgée, s'ornant ainsi qu'une moustache digne de la barbe d'Ethan. Évidement, elle ne le remarquait pas.

- ... drôle, compléta-t-elle en souriant. C'était drôle... et agréable aussi.

Elle se tut subitement et but de nouveau une grosse gorgée de chocolat, perfectionnant ainsi sa moustache de crème chantilly à la cannelle. Ethan lui parla des "deux". Laure baissa les yeux et haussa les épaules.

- Je les appréciais ces deux. Mais de là à les aimer, je sais pas. Je n'avais pas de...

Laure se tut. Elle allait dire "pas de frissons". En pensant au mot, elle en eut un. Des gars timides qui auraient eu peur d'elle ? Laure ne savait pas trop quoi en penser.

- Voyons Ethan, je ne sors presque pas de chez moi. Mes chances de croiser ce genre de gars sont quasi nulles. Et si jamais cela doit arriver, je suis juste incapable de le voir. J'y peux rien si je suis nulle avec ces choses. Et puis j'ai bien trop peur d'être déçue en me trompant sur les intentions de l'autre. Faire un pas vers l'autre m’effraie maintenant que je sors plus. J'ai pas envie de me fourvoyer sur l'autre et d'être mal... encore. Alors tant pis, je resterai toute seule jusqu'à ce que je sache voir les sentiments de l'autre, ou qu'un courageux arrive pour me faire comprendre les choses.

Laure termina le reste de son chocolat d'une traite.

- Pourquoi tu dis que tu le vois bien aujourd'hui ?


Elle interpella le serveur et commanda des viennoiseries, ainsi qu'un deuxième chocolat viennois.

- Tu m'invites hein ?!
demanda-t-elle en riant. Je te relève de ta corvée restaurant. Mais tu me payes ce petit déjeuner nocturne ! De toute façon, j'ai pas pris mon sac !  
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MessageSujet: Re: [Jour 01 - nuit] La petite robe noire    Sam 27 Sep 2014 - 9:50

Drôle dans le sens de bizarre ? Oui, tout était bizarre depuis son retour à Paris. Est-ce que c'était du à cette révélation mondiale qu'ils n'étaient pas seuls dans l'univers, avec les risques que cela comportait. Ou est-ce que c'était du à un autre genre de révélation. Celle qu'il ne se sentait plus seul au monde ? Il y avait Laure et Laure faisait partie de son monde. Elle lui apparaissait comme son port d'attache révélé. Il ne put s'empêcher de se dire que comme la première révélation, qui concernait l'humanité toute entière, celle, plus intime, qui le concernait lui seul, avait aussi sa part de risque. Le risque de souffrir et de faire souffrir. Oui cette journée débutée dans le conflit et l'incompréhension, poursuivie par cette soirée magique et insolite était placée sous le signe de l'étrange. Il eut un sourire presque cynique en se demandant si les Elyriens n'envoyaient pas des ondes à tous les mâles de la planète pour les faire tomber amoureux. " Occupons les guerriers avec leurs affaires de coeur, ils seront moins vigilants face à notre invasion" Adam était-il Docteur Love avec son élixir d'amour ? Il secoua la tête en pouffant autant de ces pensées- quel grand gosse couillon je fais- que du spectacle inénarrable que lui offrait Laure.

- Tu fais un mix entre un triste dictateur et Charlot, tu sais ? Dit-il en riant et en effleurant ses lèvres du bout des doigts. Il s'était imperceptiblement penché au dessus de la table, son visage tout près de celui de Laure.

Puis il redevint grave en écoutant les paroles de son amie.

- L'amour ... Qu'est-ce que l'amour ? Je ne sais pas. Tu as peut-être raison, c'est quand quelqu'un vous manque. Alors je n'ai jamais été vraiment amoureux. Enfin, je veux dire, peu de personnes m'ont manqué dans ma vie. Il y a ceux qui ne reviendront jamais. Son regard se voila de tristesse. Mais c'est un amour filial. Et puis, il y a les amis, mais j'en ai peu. Est-ce qu'ils me manquent quand je ne suis pas avec eux ? Je ne crois pas. Je suis juste content de les retrouver et d'écouter ce qu'ils ont à raconter, de partager des choses avec eux. L'amour, c'est autre chose, non. C'est vouloir l'autre tout de suite sur le moment, pour vivre l'instant avec lui. C'est penser à l'autre dans les moments les plus inattendus et garder précieusement ce qu'on vit dans un coin de sa tête pour le lui faire partager en le retrouvant. Parce qu'on a vraiment mal qu'il soit absent à ce moment là.

Il se tut à nouveau et sentit une inexplicable chaleur l'envahir en songeant au carnet qui contenait ses secrets. Certes, il y avait des pages noircies par un enfant à la dérive mais il y avait aussi les "notes pour Laure" écrites au fil des jours en paragraphes serrés entrecoupés de croquis. Comme celui de cette autruche qui le suivait partout en ouvrant de grands yeux et en étalant ses plumes au dessus de sa tête. Il l'avait dessinée vite fait et avait annoté " Laure, tu trouverais qu'elle ressemble à Madame de Fontenay, je suis sûr". C'était de l'humour, encore et souvent de l'humour mais pas toujours. De son voyage en Chine, alors qu'il arpentait le quartier des ateliers textiles de Pékin, il avait noté " Laure, j'ai vu des fillettes de 10 ans penchées sur leurs machines à coudre. J'ai pensé à toi et je me suis demandé si tu cousais déjà à leur âge." Au delà du triste constat qu'il voulait établir sur le travail des enfants, il y avait ce " j'ai pensé à toi" troublant maintenant qu'il y réfléchissait. Il y avait eu aussi la vison de cette future épouse qui se purifiait en se baignant dans les eaux du Gange en Inde. Il n'aurait pas dû être là à surprendre ce rituel. D'ailleurs quand son guide lui avait expliqué que c'était une cérémonie réservée à la famille proche, avec une pointe de fierté pour lui avoir dégotté un moment d'authentique culture locale, il s'était éclipsé, refusant de souiller de sa présence d'européen athée ce moment sacré. Pourtant, il n'était pas troublé que de se sentir déplacé. Il avait songé à Laure au moment où la jeune femme entrait à petits pas sereins dans les eaux du fleuve, le buste dénudé, vêtue d'un simple pagne blanc, parée d'un collier de fleurs. Pourquoi songer à elle en voyant une femme à demi nue et inaccessible puisque promise à un autre ? Il avait, sur le moment, trouvé une explication bancale propre à apaiser son questionnement. Laure était son seul entourage féminin, il était donc logique qu'il pense à elle en voyant une indoue à demi dénudée. Ben voyons ! Ca n'aurait pas été plus logique qu'il pense à sa dernière maîtresse en date, s'il voulait tenter de comparer les anatomies ? Au moins là, il y avait matière à comparer de mémoire, et pas à faire de simples extrapolations. Mais non, c'était Laure qui s'était imposée à son esprit à ce moment là.

Il s'agita sur sa chaise, un peu mal à l'aise de la question de la jeune femme.

- Pourquoi je le vois bien aujourd'hui ? Simplement parce que dans le funiculaire, tout à l'heure, si je t'avais laissé faire, tu aurais déclenché une émeute.

Il la regarda d'un air amusé lorsqu'elle commanda des viennoiseries et un autre chocolat. Quelle gourmande elle faisait.

- T'es complètement inconsciente des ravages que tu peux faire. Heureusement pour nous les hommes sans doute, ou malheureusement ...

Il prit un croissant et mordit dedans d'un air vorace. Toutes ces émotions aiguisaient l'appétit et la nuit était déjà bien avancée.

- Tu es mon invitée, oui... et rien à voir avec le resto ! Moi aussi j'ai un petit creux. Quand je rentre de boîte dans la nuit j'en ai souvent un et je dévalise le réfrigérateur, tu avais pas remarqué ?

Il la considéra un moment d'un air songeur en machouillant son croissant puis reprit.

- Qu'est ce que tu en sais ? Tu sors peu, juste au parc ou pour les courses, c'est vrai mais tu croises quand même des gens. Si cela se trouve, tu as brisé le coeur d'un voisin de palier ...
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Siana


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MessageSujet: Re: [Jour 01 - nuit] La petite robe noire    Sam 27 Sep 2014 - 9:50

Ethan s'était avancé par dessus la table pour souffler sa vanne. D'ordinaire, Laure aurait explosé extérieurement. Elle lui aurait pincé le nez en répliquant, avec une blague encore plus idiote. Cette fois-ci, Laure resta muette et immobile. Elle était juste souriante. L'explosion, car il y en eut bien une, eut lieu en elle. C'était comme si tout son intérieur venait de faire un bond, comme si son cœur venait de danser la salsa, que sa respiration faisait un marathon et que son ventre avait des crampes. D'agréables crampes. Laure fixa Ethan. Elle regarda profondément un de ses yeux, puis l'autre, revint sur le premier et ensuite sur le second, comme si elle cherchait quelque chose dedans.

Elle écoutait son flot de parole sur l'amour comme si il venait de lui annoncer les numéros de la loterie. Laure ne put s'empêcher de se dire qu'Ethan lui avait manqué, qu'elle voulait partager le défilé avec lui et que c'était probablement la raison pour laquelle elle lui en avait parlé, alors qu'il était à peine arrivé. Et enfin, l'appartement lui avait semblé si vide lorsqu'il était en Australie. Dans son esprit, Laure se dit soudainement que ce n'était que des coïncidences. Cela ne pouvait être rien d'autre que des coïncidences. Après tout, Ethan était son unique vrai ami et son meilleur colocataire. Elle devait juste l'aimer comme... un frère ? Non, c'était plus fort que de la fraternité. Un ami ? ce n'était pas suffisant, à ses yeux et à son cœur, il était plus.

Une chose lui vint à l'esprit. Jamais elle n'avait ressenti ça pour Sloan. La révélation lui sauta au nez : elle n'avait jamais aimé réellement Sloan.


- Je crois que je n'ai jamais ressenti ça pour Sloan, dit-elle subitement en insistant bien sur le mot "jamais". Et pour aucun des deux qui ont suivi.

Pourquoi avait-elle dit cela ?! Elle devint subitement rouge, plus rouge qu'elle ne l'était.

- Enfin je veux dire... vu ce que tu me racontes, jamais cela ne s'est produit pour ces trois là !

Nouvelle gêne. Elle décida de concentrer son attention sur sa viennoiserie. Elle la dévorait à une vitesse folle. Le croissant était à peine englouti qu'elle s'attaquait à un pain au chocolat. Sa gloutonnerie soudaine fut interrompue par l'histoire de l'émeute et de "brisage" de cœur.. Laure secoua négativement la tête.

- Mais non mais non... les gens étaient curieux parce qu'on faisait les zozo. Et puis je ne veux briser le cœur de personne. Tu crois que j'ai brisé le cœur de quelqu'un ? demanda-t-elle avec un brin d'inquiétude. Bha.. de toute façon, comme tu le dis, je sors pas. Alors qui aurait pu avoir mal à cause de moi ? A part toi, je n'ai personne ici.

Laure ne reprit pas la dégustation de son pain au chocolat. Elle resta bouche bée devant Ethan. Une idée venait de lui traverser l'esprit. Avec un peu de culpabilité, elle dit :

- Je t'ai causé du mal tout à l'heure. Je voulais pas tu sais. C'est juste que je voulais juste savoir ce... enfin... je voulais juste en savoir plus sur toi.

Elle prit l'appareil photo posé sur la table sans demander la permission. Elle se contenta de sourire à Ethan et elle prit une photo, presque volée.


- J'aurai quelque chose à mettre dans le cadre vide que m'a offert mon père la dernière fois qu'il est venu. Au moins, le cadre ne sera pas vide comme le frigo après tes soirées en boite !

Elle se mit à rire, doucement. Mais son visage restait perturbé par toutes ses nouvelles sensations en elle. Elle avait chaud, d'une chaleur douce et transportante, qui émanant de ses tripes.
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MessageSujet: Re: [Jour 01 - nuit] La petite robe noire    Sam 27 Sep 2014 - 9:51

Ethan recula lentement et se cala contre le dossier droit de la banquette, la bouche entrouverte, le regard soudain brillant. Pourquoi l'avait-elle fixé ainsi ? Il écarta les mains comme pour dire "Stop! c'est assez! On avance en terrain miné là! " Une attitude qu'il avait lorsque la situation le dépassait comme lorsqu'il avait vu ce groupe de civils se faire abattre sous ses yeux par des talibans lors d'un reportage qu'il faisait en Afganisthan. C'était trop, trop pour l'homme qui avait été blessé bien plus qu'il ne voulait se l'avouer. Pourtant, après être resté quelques secondes debout au milieu des corps fauchés et alors que ses compagnons de reportage lui hurlaient de se mettre à l'abri, de les rejoindre derrière ce mur, il avait couru vers deux enfants qui pleuraient, pétrifiés de peur et les avaient pris à bras le corps pour traverser la rue et aller les mettre en sûreté dans cette épicerie. La vie avait repris le dessus sur la tentation du néant.

Il respira comme si elle venait de lui donner un coup dans le ventre. Il ne voulait pas que ça arrive. Il ne voulait pas lui faire du mal. Il ne fallait pas continuer sur cette pente dangereuse. Il allait dire quelque chose, il allait trouver quoi dire. Il fallait qu'il dise quelque chose à Laure. Puis il ferma la bouche et ne dit rien. Triturant toujours sa fichue cuiller, il détourna le regard pour fixer la terrasse extérieure qui s'était peu à peu vidée. Quand il se tourna à nouveau vers elle, il y eut un flash. Il ne voulait pas qu'elle le voie ainsi. Pourtant c'était fait, elle avait fixé cet instant, ce regard qui disait " Et si un jour tu disais la même chose à mon sujet, si un jour tu disais à un autre, finalement je ne crois pas que j'ai aimé Ethan... Je ne le supporterais pas. "
Spoiler:
 
Les mots vinrent alors, cruels et injustes, accompagnés d'un sourire cynique.

- Oui, évidemment, à part moi ... Tu ne crois pas que c'est le mal qu'il t'a fait qui te fait oublier à quel point tu as aimé Sloan ? On finit toujours par perdre les gens qu'on aime tu sais ...ou ils finissent toujours par nous faire souffrir et on arrête de les aimer...  Mais d'une manière ou d'une autre... on les perd. Alors à quoi bon ...  

Oubliant qu'il était à l'intérieur, il tira nerveusement son paquet de cigarettes de sa poche et en alluma une. Comme le barman s'approchait pour lui rappeler l'écriteau qui était fixé au mur, il leva encore une fois les mains comme pour dire " c'est bon, je me rends" puis attrapa son appareil photo, sortit un billet de son portefeuille et le posa sur la table en ajoutant d'une voix sourde:

Tu n'avais pas le droit de faire ça ! Je ne t'avais pas dit oui ! avant de sortir fumer dehors.

Il laissait Laure avec son chocolat et son croissant. Il avait besoin de respirer un grand coup sous les étoiles. La gorge nouée, il visionna toutes les photos prises avec le numérique. Il eut un petit sourire. Elles étaient vraiment magnifiques. ELLE était vraiment magnifique. Puis son regard se troubla lorsqu'il vit apparaître son visage sur le petit écran. Il tira une bouffée. Son doigt tremblait, prêt à presser le bouton.
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Siana


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MessageSujet: Re: [Jour 01 - nuit] La petite robe noire    Sam 27 Sep 2014 - 9:51

- Puisque je te dis que si. Je suis certaine que je ne l'aimais pas vraiment. Je préfère aimer et être aimée au moins une fois, connaitre ce que cela fait vraiment d'être avec la bonne personne, plutôt que de ne jamais l'avoir connu. Si toi tu ne veux pas le connaitre, laisse-moi au moins espérer.

Laure fronça les sourcils et posa un regard vexé sur Ethan. Cependant, la sensation qu'elle avait depuis peu continuait de faire des siennes. Elle n'arrivait pas à soutenir son regard empli de réprimandes. Elle flancha quand celui-ci lui reprocha d'avoir pris une photo.


- Bouclette... mais... commença-t-elle alors qu'Ethan partait en déposant de quoi payer la note.

Il la laissa là, avec son reste de chocolat et de viennoiserie ? Elle n'avait soudainement plus faim. Sa gorge était serrée. Une douleur piquante lui transperçait la poitrine. Laure prit sa tasse et la porta à sa bouche. Non. Cela ne passait pas. Les mots d'Ethan avait sonné comme des reproches. Laure eut envie de pleurer. Elle s'était promise devant Dalida qu'elle ne lui ferait plus de mal, plus comme elle l'avait fait plus tôt dans la journée. Pourtant elle venait de recommencer. Qu'est-ce qui clochait chez elle ? Pourquoi était-elle incapable de préserver les personnes qu'elle aimait ? Parents, frères, Ethan...

Laure repoussa vivement le chocolat, renversant un peu du reste du liquide sucré. Elle se leva pour partir d'un pas boitillant et douloureux, à cause de ses satanées ampoules. Elle força le pas pour le rattraper. Et si il était parti ? Vexé par ce qu'elle avait fait ? Ce qu'il pouvait être égoïste ! Laure avait pris la photo parce qu'elle voulait une photo d'Ethan. Il faisait partit de sa vie. Laure était comme ça, elle aimait garder des traces des bonnes personnes et des bons moments passés avec elles. Malgré la douleur et le risque de faire saigner le derrière de ses pieds, Laure sortit en trombe du café. Furieuse.


- Ethan ! s'exclama-t-elle en le cherchant du regard. Eth...

Quand elle le vit figé devant l'écran de son appareil, Laure se précipita en grimaçant de douleur et en boitillant de plus belle. Elle s'approcha et se planta devant lui.

- Regarde-moi ! ordonna-t-elle en serrant les poings et en tapant du pied sur le pavé. Tu es vraiment égoïste.

Ce reproche était sortit tout seul. Spontanément, façon Laurette. La suite aussi, fut clamée avec ferveur.


- Oui tu es égoïste ! Me reprocher de prendre une photo de toi ? Je voulais... Je veux avoir ta tête dans ce foutu cadre ! Tu fais partit de l'appartement, de ma routine... de ma... tu... je veux pouvoir voir ta tête même quand tu n'es pas là ! Simplement t'imaginer en train de me courir après dans l'appartement pour me frapper avec le torchon quand je t'embête ne me suffit plus ! Tu m'as manqué et j'aurai aimé pouvoir le dire au moins à ce con de cadre vide !


La fin de ses reproches étaient enraillé par une gorge trop nouée.

- Maintenant, excuse-moi mais je vais aller refaire un vœux sur les seins de Dalida, car apparemment, mon vœux n'est pas prêt de s’exaucer. Alors cette fois-ci, je vais aller faire un vœux égoïste, qui ne concerne que moi !

Laure s'emmitoufla dans son manteau et tourna les talons. Elle retournait, toujours clopin-clopant, vers la place Dalida. Elle se traitait d'idiote. A haute voix. Elle se moquait bien de passer pour une folle boiteuse.
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MessageSujet: Re: [Jour 01 - nuit] La petite robe noire    Sam 27 Sep 2014 - 9:52

Elle était là devant lui, en colère. Très en colère. Le mot fusa. "Egoïste". Il encaissa sans rien dire, tirant sur sa cigarette. Pourtant cela lui fit mal qu'elle le juge ainsi alors que c'était justement le souci qu'il avait d'elle qui motivait ses réactions. S'il avait été égoïste, il aurait tenté de la séduire, de s'en faire aimer, n'aurait pensé qu'à lui, à son plaisir, son confort ... son bonheur à lui. Bonheur ? Etait-il seulement capable de connaître cet état ? Il en doutait. Et il imposerait cela à une femme ? A Laure ? Son incurable impossibilité d'être heureux, apaisé, serein, de croire en ce qui était beau dans cette vie : l'amour, le partage,la confiance en l'autre, le besoin de l'autre. S'attacher ? Attacher quelqu'un à soi ? C'était souffrir et faire souffrir. Il perdait tous ceux qu'il aimait et qui l'aimaient. Ses parents, ses géniteurs, l'avaient abandonné, puis il s'était laissé apprivoiser par les Deloir. Petit garçon ombrageux et secret, il leur avait peu à peu ouvert son coeur et était entré dans le leur. Alors le bonheur s'était installé pour une quinzaine d'année ... Jusqu'à ses dix-huit ans, jusqu'au Caire ... Une fois de plus, la vie, persévérante, l'avait privé de ceux qu'il aimait. Cette fois il ne le prit pas seulement comme un abandon mais comme une injustice. Beaucoup d'enfants étaient orphelins. Il en avait côtoyé un grand nombre et même s'il ne s'en souvenait que peu, il savait qu'il n'était pas le seul.

Mais quand le destin avait frappé une seconde fois, quand la vie lui avait rappelé combien elle pouvait être cruelle, il s'était révolté et lancé dans une course effrénée pour en démasquer les abominations. Il excellait dans ce domaine, à tel point qu'un critique de presse l'avait baptisé dans un article le concernant "Ethan Deloir: le chasseur de cruauté". Cet article, qui se voulait pourtant élogieux, l'avait plongé d'abord dans une colère noire et il avait d'ailleurs cassé la gueule au journaliste, puis dans une sorte de dépression. S'en était suivi un procès, bien évidemment, financé par son agence de presse et le mensuel où travaillait le dit chroniqueur. Finalement cela s'était soldé par un accord amiable entre les deux parties mais la réputation d'Ethan en fut impactée. On reconnaissait toujours son talent mais on le rangeait à présent dans la rubrique "photographes de l'extrême à tendance névrotique et violente". Cela Laure l'ignorait sans doute. Ce qui avait mis Ethan hors de lui était moins le contenu de l'article que les photos qui l'illustraient... Un portrait de lui, pris par une de ses maîtresse et qu'il lui avait demandé de détruire, demande qu'apparemment elle n'avait pas respectée, et une photo de lui ... au Caire, au milieu des décombres, les bras ballants, le regard fixe, certainement tirée des archives du magazine. La légende disait " Ethan Deloir a croisé l'horreur pour la première fois au Caire. Un traumatisme qui a sans doute fait de lui le photographe d'exception qu'il est devenu."


Depuis, Ethan ne supportait plus le moindre cliché dont il était l'objet et le monde du journalisme et de l'édition respectait sa volonté à la lettre. Les procès finissaient par être ruineux, les accords amiables aussi. De toute façon, signer un cliché Ethan Deloir suffisait à faire augmenter le tirage et le mystère sur son apparence physique entretenait une sorte de mythe, car bien sûr toutes les éditions du fameux article avaient été retirées du commerce.

Il releva la tête et planta son regard dans le sien. On pouvait y lire un mélange de peine et de colère, de regret et de supplique. Mais Laure ne vit que ce qu'elle voulait y voir et insista en répétant le mot. Il allait lui répondre " Pense ce que tu veux ! " mais elle poursuivit une tirade qui le cloua sur place. Les mots de Laure disaient le manque, le vide que ses départs laissaient en elle. La place qu'il avait pris, sans s'en rendre compte, dans la vie de la jeune styliste. Il lâcha son appareil qui tomba sur le pavé et tendit la main pour la retenir.

- Laure, je ...

Mais elle s'était déjà détournée et partait d'un pas décidé et claudicant vers la place Dalida. Il balança sa cigarette sur le pavé et se précipita derrière elle sans réfléchir. Il eut un petit sourire en l'entendant maugréer contre elle-même et la rattrapa rapidement car elle n'allait pas bien vite avec ses pieds meurtris. Il lui agrippa l'épaule pour la forcer à se retourner, la dévisagea longuement, comme s'il la découvrait pour la première fois.

- Toi aussi, tu m'as manqué ...

Alors qu'elle ouvrait la bouche pour lui répondre, ce ne fut pas une photo qu'il lui vola mais un baiser, furtif et timide mais qui la laissa sans voix. Il se détourna et repartit aussitôt vers le café. Il avait envie de disparaître, d'être partout ailleurs dans le monde, tant il se sentait stupide et irresponsable mais son coeur lui, battait tellement fort qu'il avait l'impression que toute la rue pouvait l'entendre. Il se maudit intérieurement, s'insulta de tous les noms, le mot "lâche", "salaud" en tête. Il arriva vers l'appareil qui gisait sur le sol et se baissa pour le ramasser. "Eh merde!"
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Siana


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MessageSujet: Re: [Jour 01 - nuit] La petite robe noire    Sam 27 Sep 2014 - 9:52

Laure pressait le pas.

- Idiote, je suis idiote. Comment ai-je pu croire...

Ses pieds la faisaient souffrir mais pas autant que son être. Elle s'était sentie abandonnée. L'image du tas de déchets qui l'avait blessé lui revint en mémoire. La froideur du pic métallique, le piquant des débris de verre, le tambourinement de la pierre sur l'arrière de son crâne. Tout cela lui faisait penser à ce qui venait de se passer. A la nouvelle erreur qu'elle avait fait avec lui, le nouveau mal qu'elle avait dû lui faire en lui crachant ces méchancetés virulentes. La froideur dans le regard d'Ethan, après qu'elle ait pris la photo. Le piquant du mot égoïste. Le tambourinement de son cœur dans sa poitrine, alors qu'elle fonçait vers la Dalida de bronze.

L'agréable sensation venait de se mêler une culpabilité monstrueuse. A des regrets aussi. Elle s'en voulait de s'être attachée à lui, malgré son incapacité à bien faire les choses et sa facilité à lui faire du mal. Elle venait probablement de le blesser, encore une fois.
Laure s'en voulut aussi d'avoir été si expressive. Pourquoi venait-elle de dire tout ça ? Pour quoi venait-elle de se faire passer ? Surement pour une gamine capricieuse. Ethan collectionnait les conquêtes. Toutes plus "femmes" qu'elle ne l'était ce soir. Il devait la trouver bien ridicule, elle... la fille en peignoir, qui se pavanait dans Montmartre, en costume de femme. Elle, la Laurette qui venait de lui crier sa peine de femme et qui se prenait pour ce qu'elle n'était pas.
Malgré son âge, Laure était loin d'être une femme comme Ethan les connaissait. Elle était elle, la fille qui n'avait pas vraiment évolué avec le temps, celle qui tenait à ses céréales du matin et ses séries télé idiotes. Celle qui n'hésitait pas à charrier Ethan comme un pote pouvait le faire. Celle rêvant qu'un jour, l'homme idéal la trouverait et lui dirait "ého Laure ! je suis enfin là", un homme qui
lui tomberait tout frais tout cuit dans la main. Encore une fois, Laure payait pour toute cette naïveté. Pour son manque de "femme". La peine qu'elle éprouvait soudainement masquait la chaleur réconfortante, douce et palpitante qui s'était animée plus tôt dans la soirée. En fait, Laure comprit que cette douce chaleur était en elle depuis plus longtemps qu'elle ne l'imaginait. Bien avant le voyage en Australie. Sa tristesse en devint encore plus douloureuse. Depuis combien de temps faisait-elle endurer tout cela à Ethan ?

- Mais quelle idio...

Elle n'eut pas le temps de terminer sa phrase qu'une main venait de se poser sur son épaule. Son cœur changea de danse. Il battait sous le rythme intense dicté par la peur. Un pervers ? Laure voulut crier et appeler Ethan. Il était, à ses yeux, si sécurisant, rassurant, fort. Il était celui qui lui retenait les cheveux quand elle était malade après un sushi pas frais. Il était celui qui veillait à ce que le frigo fut plein. Il était celui qui l'écoutait bavasser de tout et de rien, sans sourciller, sans protester. Malgré la peine qui l'envahissait et le mal qu'elle pensait lui avoir fait, elle continuait à le considérer comme nécessaire à sa routine, à elle.
La main la tourna de force, mais sans violence. Quelle ne fut sa surprise quand elle vit qu'il s'agissait d'Ethan lui même. Il la regardait en silence. Jamais elle ne l'avait vu porter un tel regard sur elle. Doucement, elle recommença, sans s'en rendre compte, à le regarder comme elle l'avait fait plus tôt dans le café. Quand il avait approché son visage du sien, au-dessus de la table. La douce chaleur prit doucement le dessus en elle. Il lui retourna ses mots : "tu m'as manqué". De sa bouche, ils sonnaient drôlement bien. Sa bouche lui était soudainement réconfortante. Laure voulut lui demander pardon. Cependant, elle ne s'attendait pas à ce que cette même bouche réconfortante ne touche la sienne. Doucement, brièvement, mais agréablement. La douce chaleur écrasa la culpabilité. Elle en eut le souffle coupé. Comment une si petite chose pouvait-elle faire tant d'effet ?

Tout s'était enchainé si rapidement. La main, le regard, les mots, le baiser. Et maintenant, Ethan qui repartait vers le café. Laure le regarda s'éloigner. Ses jambes ne répondaient plus. Sa bouche restait à demi ouverte et ses yeux écarquillés. Son cerveau semblait s'être mis sur pause. Seul son cœur faisait état de sa présence, en battant si fort que le brouhaha du café n'était plus audible. Laure ne put faire qu'une chose : effleurer ses lèvres du bout des doigts. Elles s'étirèrent. Un large sourire radieux illumina son visage. Elle devait le rattraper, comme lui venait de le faire. Il en avait été capable alors pourquoi pas elle. Laure retira ses chaussures. Une dans chaque main. Elle courut après Ethan.

Quand elle arriva auprès de lui, elle le vit accroupi, l'appareil photo entre ses mains. Elle s'en voulut une nouvelle fois. Il était si précieux pour Ethan. Elle le comprenait. Si sa machine tombait et s'abimait, elle verrait cela comme une horrible pause imposée, pour son travail-loisir. Laure se baissa à côté de lui, tout prêt de lui, abandonnant ses chaussures à leurs pieds. Elle approcha son visage du sien. Colla son front contre le sien, posa une main sur une joue d'Ethan et passa doucement un pouce sur les lèvres du photographe. Lèvres qu'elle fixait et qu'elle gratifia à son tour d'un baiser. Sauf qu'elle, après le baiser, elle ne le fuirait pas. Pour ce qui était de tourner les talons et partir, ils étaient quitte maintenant. Pour le baiser aussi. Mais Laure n'avait pas l'intention d'en rester à ce simple échange équivalent. La main toujours sur la joue d'Ethan, le pouce lui frôlant doucement sa barbe de quelques jours, Laure lui sourit.

- J'espère que ton bijoux n'est pas trop amoché, dit-elle à demi-mot, tandis qu'elle se noyait dans ses yeux.
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MessageSujet: Re: [Jour 01 - nuit] La petite robe noire    Sam 27 Sep 2014 - 9:53

Il checkait la mémoire de l'appareil avec nervosité. Si la carte mémoire avait été abîmée, tout serait à refaire. Il avait vu que le zoom était endommagé, brisé mais il s'en foutait pas mal. En revanche, si les photos de Laure étaient perdues, il s'en voudrait terriblement. Chaque moment, chaque cliché étaient uniques, magiques. On pouvait capturer dix fois la même image, jamais elle n'était identique à la précédente et il le savait. Cette soirée avait été si particulière pour Laure, pour lui. Elle s'était révélée à elle-même, à lui. Ces moments magiques et innocents en apparence ne reviendraient jamais. Elle émanait une aura particulière, celle de la candeur qui s'abandonne, de la jeune fille qui devient femme. Ses doigts courraient fébrilement sur les boutons de l'appareil pour faire défiler les photos. Elles semblaient intactes.

Il regretta secrètement que la photo qu'elle avait prise de lui ne fut pas perdue dans le choc. Il sourit. Elle était pas mal. Elle avait saisi l'instant où il se sentait si perdu, retranché dans son déni, n'osant dire des sentiments qu'il pensait à sens unique, n'osant prendre le risque. Et là, il y avait quelques secondes, il avait lâché prise et tout avoué dans un simple geste. Il fut étonné de constater qu'il ne regrettait plus. Il la revoyait encore et encore sur le petit écran et voir défiler les images de Laure l'apaisait curieusement. *Je n'aurais pas pu. Je n'y serais jamais arrivé. Pas après ce soir. Je n'aurais jamais pu garder ce que je ressens pour elle au fond de moi. J'aurais du partir, déménager, la quitter...* Il prit conscience que cela aurait été au dessus de ses forces. Il prit conscience qu'il ne pensait plus "j'aurais du" mais "je n'aurais pas pu". Peu importait ce qui allait suivre, si elle le giflait ou le mettait à la porte. Il avait été lui-même, il avait montré ce qu'il avait dans les tripes. Il avait été honnête.

Absorbé par l'examen de son appareil, il ne l'avait pas entendu approcher et lorsqu'elle s'agenouilla près de lui, posa son front contre le sien, il sentit son coeur se serrer et manqua d'air. Les doigts de Laure erraient sur les lèvres, son visage effleurait le sien, leurs lèvres se caressèrent doucement et quand elle se fit plus insistante, il ne se déroba pas. Il ne bougea pas de peur de rompre le charme de ce moment hors du temps. Elle se détacha enfin, doucement et caressa sa joue hirsute. La main libre d'Ethan vint se poser sur celle qui le caressait et il la serra, perdu dans le regard de Laure.

- Tes photos sont intactes. Murmura-t-il. En revanche l'objectif est mort. Je crois que ta séance de star est finie Laurette...

Il se releva lentement, sans lâcher sa main, se pencha vers le visage de Laure et l'embrassa à nouveau, doucement, lentement. Sans en avoir conscience, il l'enlaça et la souleva du sol pour prolonger le baiser. Après un moment d'étrange plénitude, il la reposa à côté de ses escarpins et ajusta la bandoulière de son appareil sur son épaule pour qu'il ne retombe pas. Il n'osait plus regarder Laure, sa main serrant toujours la sienne.

- J'ai oublié mon sac à l'intérieur. Tu viens, on va le chercher. Est-ce que tu as encore faim ? Ou est ce que tu préfères rentrer à la maison ?

Ces derniers mots sonnèrent avec une saveur particulière. Autour d'eux, rien n'avait changé et pourtant, tout était à présent différent, il le savait. Il avait une sorte de papillon sauvage dans le coeur.
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Siana


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MessageSujet: Re: [Jour 01 - nuit] La petite robe noire    Sam 27 Sep 2014 - 9:53

Quand il lui prit la main, Laure oublia presque les murmures du photographe. La séance photo lui avait été très agréable. Les deux baisers et les regards d'Ethan encore plus. Sa main sur la sienne contribua à intensifier la douce chaleur qui la réchauffait. Mais le troisième baiser accompagné de l’étreinte la fit totalement fondre. Elle avait l'impression de décoller du sol et de planer. En réalité, ce n'était pas vraiment une impression, puisqu'il l'avait soulevé en l'attrapant par la taille, afin de faire durer plus longuement son geste. Laure ne cherchait pas le sol. Elle se moquait bien du pavé froid. Elle ne voulait qu'une chose : s'accrocher à lui. Ce qu'elle fit en passant sa main libre sur sa nuque et en s'y agrippant. Un bras autour de son cou, l'autre accaparé par la main d'Ethan et coincé entre lui et elle, Laure se sentit apaisée, réchauffée, réconfortée, comblée.

Quand il la reposa, même si il lui tenait toujours la main, elle remarqua qu'il semblait fuir son regard. Le pas qu'il avait fait vers elle, quand elle avait fui vers la place, était un pas de géant pour lui. Laure le comprit et s'en émut. Elle eut du mal à retirer son bras du cou d'Ethan. De peur qu'il ne fuit. Heureusement, sa main dans la sienne et le "on", quand il lui parla du fait d'aller chercher son sac oublié, étaient clairs. Ce "on" avait une tonalité bien différente maintenant. Pour Laure, pas de doute, il n'allait pas fuir. Alors doucement, elle laissa glisser son bras et elle l'arrêta sur le torse d'Ethan. Elle saisit sa chemise et baissa ses yeux sur ses chaussures. S'accrochant à Ethan pour les enfiler sans les mains et sans perdre l'équilibre, elle les remit.

- Oui, je préfère rentrer à la maison, dit-elle simplement, en relevant ses yeux vers Ethan.

Pour Laure, inutile d'en dire plus. Leurs actes avaient parlé d'eux-mêmes. Main dans la main, en silence, ils allèrent chercher le sac. Lentement, pour profiter du moment comme pour épargner à Laure des ampoules supplémentaires, ils rentrèrent dans leur petit appartement. Ils laissèrent Montmartre derrière eux. Cette colline... au petit quelque chose de féérique, artistique, romantique, mystique.
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