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 Event de lancement - C'est ainsi que ça a commencé

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MessageSujet: Event de lancement - C'est ainsi que ça a commencé   Sam 27 Sep 2014 - 12:47

Dans la salle sombree du « Jack and Melrose » se tiennent souvent des réunions de différentes crapules de bas étages. Les consommations y sont assez chères pour que le patron fasse oublier a la police, par le biais de quelques dessous-de-table, de passer par ici. Un M1 traine toujours derrière le comptoir. Le barman lave les verres, les clients jouent aux cartes à la lumière jaunâtre d’une lampe de plafond crachottante en perpétuelle surchauffe. Ils jouent en silence, les fumeurs de cigare au couvre-chef rabattu, cigares dont la fumée d’un gris aussi sombre que l’odeur en empestait la pièce donnaient a eux seuls l’impression d’avoir abattu la moitié des mouches crevées du pub. Faux. Aussi sur qu’ils pourissaient les dents de leurs consommateurs, ils en avaient plus tué les trois quarts qu’autre chose, de ces mouches. Cinq verres de bourbon, la bouteille, des cartes, des jetons, cinq M1911 et des cadavres de drosophiles attirées dans le bar par l’odeur de mort que trimballaient avec eux les cavaliers de cauchemar qui s’étaient installés au fond de la salle a une table de bois moisi cerclée de fer rouillé.

- « La Main froide » et « Le rital » vont etre jugés samedi. J’rajoute 25 bucks dans l’pot.
- 50$ pour moi. On a déjà parlé de ça, Butcher, on a tout préparé.
- 'Me couche. Y manque quand même l’avis du patron, les gars.
- Il devrait arriver. Sam ? Quelle heure ?

Le barman, un irlandais gras comme un porc d’élevage et roux comme tout irlandais d’origine qui se revendique et se respecte, prit son temps pour répondre au premier des joueurs, dissociable des autres par sa manière de fumer le cigare du coin des lèvres, recrachant des volutes de fumée plus gros et épais qu’aucun des autres à table. Les dents cariées du tenancier se firent voir à la lumière des lampes cradoques et désuètes.

- Vingt-deux heures à l’horloge, mon gros, et tu m’dois encore le whiskey de la s’maine dernière !
- On verra plus tard. Il devrait plus tarder. De toute façon, les gars, qu’il vienne ou pas, c’est même topo. On y va. Brelan de huit, qui dit mieux ?

Silence. Le seul bruit qui animait la salle était celui des verres, dûment posés sur le comptoir par le patron qui terminait leur nettoyages. Les cartes se cornèrent pour un nouveau mélange, chacun se racle la gorge. Le croupier retourna trois nouvelles cartes. Silence. Patience.

- T’as raison. Même s’il ne vient pas. On le fait.




A l’entrée du tribunal, ça se pousse, ça discute. NYC est agitée depuis quelques heures. Le juge arrive, frappe de son maillet sur la plaque de bois prévue à cet effet, faisant signe de sa main libre de s’asseoir. Le silence se fait rapidement. Les avocats sont à leur place, les jurés patientent dans leur box, les condamnés dans le leur, parqués et étroitement surveillés, bétail prêt à être vendu ou abattu, animaux impies qu’ils étaient. Les témoins s’assoient. Les observateurs s’assoient. Ca tape trois autres fois sur le bureau. L’annonce se fait lentement, ça en devient soporifique. Le ton monocorde en est chiant à assommer un bœuf. Un des irlandais s’est endormi et ronfle dans son box. Rapidement, l’italien se met à se curer le nez d’un ongle manucuré, petite coquetterie qui lui avait valu l’affectueux surnom de « tarlouze » durant tout son séjour en taule. Trois semaines au cours desquelles il avait bien failli se faire écarter les fesses et éclater le cul deux ou trois fois. Le polonais américanisé de la bande, s’occupe pour sa part de faire des charades avec le garde censé le surveiller. Au moins, il ne fait pas de conneries ni de trucs cradoques comme son collègue rital. Le mucus séché s’accumule contre la porte du box du taulard, attrapé par les cops alors qu’il tentait juste de se faire servir un campari. En faisant omission du fait que le barman s’était retrouvé refroidi d’un arrachage de queue d’une balle de gros calibre, on peut dire qu’il n’avait rien fait de mal. Le polonais, surnommé « Main Froide », avait été gaulé encore plus connement. Parce que lui, il n’avait vraiment rien fait qui mérite la taule. Pisser contre un mur la fin de sa bière, c’est un délit, pas un crime. Même quand t’es pété comme un coing, que c’est le mur de la gendarmerie, et qu’on écrit « suck my cock fuckin ‘ cops » avec sa pisse, ça reste un délit aggravé. Pas un crime. Le problème, c’est qu’un délit quand t’es déjà sous le coup de deux mandats d’arrêts, un au Texas et un dans le Missouri, c’est pas top. Surtout si tu veux vivre libre.

« …Le procès de Gian Maccaluzo, dit « Le Rital », Sean McCraig, dit « La Gachette », Andrew Hopkins, dit « œil de Lynx » et de Wilhelm Ostrovski, dit « La Main Froide » peuvent désormais commencer. Le tribunal réuni en ces lieux sera présidé par maître Richard Lawhead. »

Enfin, le greffier avait fini de débiter sa tirade sur les crimes des accusés, leur passé, leur présent, leur environnement…Limite il allait leur prédire l’avenir. Pour tous, c’était clair. L’avenir, c’était la corde, la balle, la piquouze ou la chaise. Peut-être la taule à vie, avec de la chance. Ils étaient cinq supposés faire partie de la même bande, et quand leurs boxes s’ouvrirent, ils marchèrent tête haute le long de la rampe et ils s’assoient dans de nouveaux boxes. De la justice de ville ou d’état, ils étaient passés sous le contrôle de la justice nationale. Et ça allait être leur fête. Tout le monde se remet à parler. Le juge tape à nouveau. Un. Deux. Trois. SOLEIL ! Un enfer de feu et de poudre se déchaîne sur le tribunal. Ils sont huit, masqués, mitraillette Thompson, pistolets Browning, revolvers six-coups à huit-coups, et les rounded mags s’enchaintent à la vitesse de l’éclair. Les hommes et les femmes tombent comme des mouches sous l’assaut vrombissant et nerveux des balles qui sifflent dans l’air comme autant de guêpes et de frelons à la piqure mortelle, essaim meurtrier de plomb et d’acier.

« Allez, Allez ! On les sort de là ! Et descendez-moi cette saloperie de flicaille ! »

Deux hommes à la porte principale, un à la fenêtre, les autres libèrent les ex-jugés (et nouveaux évadés, par la même occasion). Les clés des menottes sont remplacés par des balles bien ajustées à bout portant, et l’agitation qui régnait jusqu’à lors laissa finalement place à un silence de mort et par des halos de poussière du mur explosé. La distribution des armes se fait vite. On se passe les colts M1911 de l’un à l’autre, les Thompsons aussi, les M1-Garand, les Lee enfield et autres revolver de chez Colt ou Browning passent de main en main en quelques secondes. Chacun est armé. Le chois n’est pas large, mais amplement suffisant pour les rescapés. Un bandana sur la moitié inférieure du visage, à l’ancienne, un chapeau pour couvrir la tête (et oui, on est jamais à l’abri d’un coup de soleil), des lunettes aux verres fumés, inutile d’emporter beaucoup plus que ça.

« Foncez ! une Ford noire vous attend sur la 42ème, et une blanche juste devant pour l’italien et le polak ! bon courage, les gars !
-Comme d’hab, répondit la « Main Froide », la cavalerie est toujours attend. Rendez-vous au point de ralliement ?
-Ouaip. Toujours le même ! allez, bouge-toi ! »

Les sirènes de police résonnent déjà dans les rues environnantes, la salle attaquée commence à être encerclée par les gardes. Une brèche s’ouvre bien vite dans le blocus des forces de l’ordre, qui fait bien moins ordonné après avoir pris une rafale de deux cent balles de Thompson. Blocus, blocus mon cul, qu’on aurait pu se dire. Je relève mon flingue. Je regarde ailleurs. Ils se sont tirés. N’empêche, j’aurais bien aimé comprendre comment il a sorti son brelan de huit alors que j’avais le carreau et le pique, ce salaud. Direction la 42ème. Je cours. Le décompte pour la liberté et lancé. La course pour la vie a commencé. Tous les vauriens et les gangsters sont sortis de leurs trous. Ça va être un sacré beau bordel…



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MessageSujet: Re: Event de lancement - C'est ainsi que ça a commencé   Sam 27 Sep 2014 - 12:48

À l'intérieur de la Ford, garée le long du trottoir, en face du tribunal, la chaleur était accablante. Les quatre hommes présents étaient bien trop couverts et la tension palpable réchauffait également l'atmosphère. À l'avant, côté passager, était assis un mastodonte. Il n'avait pas de place pour ses jambes et ses genoux remontaient presque sur sa poitrine. L'homme peinait à cacher sa gêne et son impatience, alors qu'une énorme goutte de sueur glissait sur son front. Le chauffeur de la voiture, lui, semblait d'humeur joyeuse. Ses doigts tambourinaient le volant et il sifflotait.

- C'est bon là ? Ils sont tous entrés depuis un moment. J'ai un putain de mal aux jambes et...
- Ta gueule, Bartolino. T'es pas dans ton rade miteux ici, j'ai pas demandé à c'que tu viennes alors viens pas jouer les princesses avec nous. On s'en tient au plan. Vous bougez quand j'ai le signal et que les charges sont en place.


Le colosse bougonna et se remit en place sur son trop petit fauteuil. De l'extérieur, on pouvait voir la pauvre Ford remuer dans un grincement sinistre. Luca Bartolo ou « Bartolino », puisque c'était son nom, était l'un des hommes de main les plus efficaces du clan Scapione. S'il n'était pas connu pour sa grande intelligence, il n'en restait pas moins un homme d'action redoutable. Son physique hors du commun lui donnait déjà un ascendant psychologique non négligeable. Et son abominable bêtise lui permettait d'obéir à n'importe quel ordre, sans discernement, sans questionnement de sa part. Ce qui en faisait quelqu'un de très précieux pour Dino Scapione. Pourtant, depuis quelques mois, il ne travaillait plus directement pour le parrain. On l'avait affecté à la surveillance d'un établissement partenaire : le BackHouse Club, tenu par un vieil allemand bougon. Ce bar était un point de rendez-vous incontournable pour tous les amateurs d'alcool et de jazz. Ainsi Scapione avait placé l'un de ses principaux hommes pour y garder un œil. Ainsi, Bartolino était une sorte de videur de standing, ce qui attisait les moqueries de la part de ses anciens partenaires. Mais le gros bonhomme ne percevait pas l'ironie de ceux-ci. Présentement, il était satisfait que le patron ait pensé à lui pour la grosse opération du jour : faire libérer des potes qui n'avaient fait que leur boulot. Exceptionnellement, la plupart des mafieux s'étaient alliés en ce jour pour bien faire comprendre aux forces de l'ordre qui est-ce qui commandait dans cette ville. Ainsi, Bartolino se retrouvait à faire équipe avec des types qu'ils n'avait vaguement croisé qu'à quelques occasions lointaines. Les tensions entre les familles mafieuses étaient mises de côté pour quelques heures, le temps de buter du flic.

- Allez. C'est parti.

Le signal arriva. Une sorte de reflet lumineux venant du tribunal accrocha le regard des truands et, hormis le chauffeur, tout le monde mit le pied sur le trottoir. En s'étirant rapidement, Bartolino aperçut les deux autres automobiles, garées à proximité, se vider également de types armés. Ils avaient fière allure et le mafieux italien ressentit de la fierté à se voir faire partie de l'élite de New York. Mais pas le temps de traîner... À petites foulées, les hommes traversèrent la rue et une énorme explosion se fit entendre juste en face. Un nuage de fumée se forma et un petit gars faisant de grands signes de main montra aux gangsters la direction à prendre.

- C'est par là ! Bougez-vous le cul ! Allez, c'est par là, j'vous dis !

Placé en queue de peloton à cause de sa corpulence qui l'empêchait de courir convenablement, Bartolino pénétra dans la poussière. Sa vue s'effaça mais ses oreilles qui sifflaient à cause de la détonation distinguèrent néanmoins une multitude de cris. Puis, le spectacle commença. Les gangsters débouchèrent directement dans la grande salle du tribunal et il fallut quelques secondes pour que Bartolino appréhende la situation. Il repéra les copains à libérer et tous les autres, ceux qu'il fallait éliminer de l'équation. L'italien empoigna sa mitraillette Thompson et commença à canarder en direction des jurés, puisqu'il fallait bien commencer par quelqu'un. Ces derniers s'étaient tous planqués derrière le pupitre en bois, mais le sang éclaboussa quand même les murs. À ce moment précis, Bartolino était heureux. Son instinct de bœuf ne lui permit pas de voir les gardes se rapprocher dangereusement et sans le cri de l'un de ses camarades, il n'aurait pas vu le type habillé en bleu lui sauter dessus. Heureusement, Bartolino eut le temps de faire un pas en arrière et d'attraper le garde au vol. Puis, il le jeta contre le mur, tête en avant. Le corps heurta lourdement le béton dans un craquement sinistre avant de retomber au sol, sans vie. De tous les côtés, les balles fusaient, les femmes hurlaient, les gardes désorganisés tombaient comme des mouches. Les prisonniers, eux, commençaient à rejoindre leurs bienfaiteurs et retrouvaient un début de liberté, un large sourire aux lèvres.

- Bwaaaaaaah ha ha ha !

Bartolino, lui, ne lâchait pas sa mitraillette. Ce n'était pas tous les jours qu'il avait l'occasion de tirer ainsi dans le tas. Il se trouvait dans un état second. Il déchirait les corps sans discernement. Mais, son état de transe ne lui permit pas d'entendre les ordres de retraite et quand sa mitraillette fut à bout de munitions, le colosse italien se rendit compte qu'il était le seul de son camp encore présent. Dans ce nouveau silence relatif, seulement brisé par des pleurs ou des gémissements de douleur, Bartolino se sentit seul et il ne put admirer longuement le résultat de son œuvre car des renforts armés arrivaient. Évitant une balle de justesse, l'italien se glissa à nouveau dans la brèche du mur et se retrouva à nouveau dans la rue. Déjà, plusieurs voitures avaient déguerpi dans un crissement de pneus strident. Il ne restait que la Ford avec laquelle il était venu. Au volant, son chauffeur désignait le pauvre Bartolino qui traversait la rue en courant, avec une allure pataude, alors que les sirènes de police se rapprochaient dangereusement...
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