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 [Jour 04] Douloureux réveil

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MessageSujet: [Jour 04] Douloureux réveil   Dim 28 Sep 2014 - 21:24

Le bip bip du monitoring, lancinant, strident, parvenait à ses oreilles. Les yeux fermes, les paupières encore lourdes, la conscience des choses lui revenait lentement. Faiblesse, coton, insensibilité, gorge douloureuse, frissons. Lentement, il ouvrit les yeux et la blancheur éblouissante de la chambre l'aveugla. Il déglutit péniblement et l'enfer se déchaîna dans sa gorge. Il toussa... s'étouffa, manqua d'air. Ce tuyau dans sa gorge... Que faisait-il dans cette pièce inconnue? Où était-il ? Une silhouette apparut sur le seuil de la chambre tandis que le rythme de la machine s'accélérait.  Une main prit son pouls comme pour confirmer ce que la technologie disait.

-Il revient à lui...

Une blouse blanche, une sonnerie, d'autres bip bip. Ils étaient à présent un groupe autour de lui, discutant, se contredisant. On souleva ses paupière qui s'étaient refermées, l'une après l'autre. Un point lumineux l'aveugla chaque fois.

- Monsieur Deloir... Vous m'entendez, monsieur... Tout va bien...  Vous êtes à l'Hôtel -Dieu.

Il tenta un sourire sous le respirateur. L'incongruité de cette phrase lui fit l'effet d'un électrochoc. Laure ... La bombe.... Il se raidit et parla, ou du moins tenta, en vain, de parler, tendit une main.

- Calmez-vous ... Ethan... Tout va bien.  Il est normal que vous vous sentiez désorienté. Ne tentez pas de bouger. Vous allez récupérer progressivement.

Qu'est- ce que c'était que ce charabia ? Il se souvenait de sa course à travers les convives, la bombe dans les bras. Il se concentrait pour essayer de se souvenir d'autre chose après... En vain. Et avant, il y avait Laure. Montmartre, le gâteau, la nuit, les photos. Le rire de Laure... La petite robe noire. Il eut un geste pour arracher le masque et tous ces tuyaux. Le bras se leva mais retomba. Une douleur sourde dans le flanc. Pas vraiment insupportable mais une alerte qui lui disait que son corps n'allait pas au mieux.

- Nous allons essayer de lui enlever l'oxygène. Il est stable. La fièvre est tombée depuis ce matin. Ses pansements ont été changés  aujourd'hui ?

Des murmures, une agitation dans le groupe de blouses blanches. Une voix féminine, des bruits de flacons en verre. Un léger picotement dans le côté.

- Les drains évacuent bien mais cela reste opaque et chargé. Doit-on maintenir les perfusions d'antibiotiques à la même fréquence ?


Bordel ! C'était de lui qu'on parlait, là. Comme s'il était absent, incapable de prendre part à la conversation ou de comprendre. Non, d'ailleurs, il ne comprenait rien...  Qui voudrait bien lui expliquer ce qu'il foutait ici avec cette tuyauterie dans le corps et cette sensation de flotter dans le lit ? Il poussa un cri mais ce fut un râle à peine audible qui sortit de sa gorge. Laure !!! Il voulait voir Laure...

Encore du remue-ménage sur le seuil mais cette fois les tenues étaient bleues et noires et d'autres de couleurs mélangées. Il prit alors conscience qu'il voyait trouble.

- Il est encore très faible. Je vous donne dix minutes pas plus pour ce premier interrogatoire. Il a besoin de temps pour récupérer. Je peux comprendre que vous avez une enquête à mener mais moi j'ai une vie à sauver.

Ils s'activèrent autour de lui avec fébrilité débranchèrent ce foutu tuyau et retirèrent le flexible de sa gorge. Il prit une grosse bouffée d'air et ce fut douloureux mais les premiers mots qu'il éructa furent:

- La bombe !!! La bombe a explosé ! Où est Laure ? Je veux voir Laure!
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Upsilon
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MessageSujet: Re: [Jour 04] Douloureux réveil   Dim 28 Sep 2014 - 21:25

Tandis que le médecin effectuait ses dernières vérifications pour accorder les 10 minutes aux hommes de la Direction de la Surveillance du Territoire, les infirmières quittèrent une à une la chambre dans laquelle Ethan Deloir recevait ses soins depuis son opération effectuée à son arrivée à l’hôpital , opération visant à extraire la balle tirée par l'agent de sécurité du défilé. Celle qui venait de vérifier les drains, face aux éructions d'Ethan, prit le temps de lui répondre afin de le calmer.

- Soyez rassuré, elle n'a pas été blessée. Mais elle est très inquiète. À votre arrivée, elle a passé une grande partie de la nuit dans la salle d'attente des urgences. Hier, elle a passé tout le temps possible auprès de vous, à vous inonder de ses larmes. Elle sera sûrement là dans peu de temps, elle a tenu avec virulence à être prévenue de votre réveil. Mais réveillé ou non, elle avait l'air bien décidée de passer aujourd'hui, dit-elle en posant une main sur le bras perfusé d'Ethan et en lui souriant. Elle a vous a laissé quelque chose.

L'infirmière montra l'appareil photo d'Ethan, toujours équipé de son objectif cassé, posé sur une tablette. A côté, se trouvait le petit sac pailleté de Laure, ouvert et l'objectif neuf qu’elle avait voulu lui apporté au défilé dépassait légèrement de l'ouverture, et le foulard qu'elle portait la veille, au chevet d'Ethan.

- Dans 10 minutes, vous aurez terminé, déclara le médecin en suivant l'infirmière qui sortait à son tour.

Seuls avec Ethan Deloir, les deux hommes de la division terroriste de la DST avaient enfin le moment qu'ils attendaient : l'entretien avec le photographe.


- Monsieur Deloir, nous sommes des agents de la division terroriste de la Direction de la Surveillance du Territoire. Je suppose que vous vous doutez de la raison de notre visite. Nous avons tenté notre chance hier mais vous n'étiez pas encore revenu à vous. Maintenant que c'est chose faite, vous allez bien nous accorder quelques minutes pour répondre à nos questions, commença l'un des deux policiers.

Leur accorder quelques minutes ? Le photographe n'avait pas vraiment le choix. L'un des deux policiers sortit un calepin de sa veste tandis que le second s'approchait du lit médicalisé, avec un dossier en main.

- La fin des événements lors du défilé nous laisse penser que la femme fait de vous une personne moins coupable qu'elle en ait l'air. Néanmoins, quelques interrogations subsistent et rien ne nous dit aujourd'hui que vous n'êtes pas complice.

Espérant voir une réaction sur Ethan pouvant montrer qu'un des visages pouvait lui être familier, l'homme ouvrit le dossier et en retira une photographie issue de la bande d'une caméra de surveillance.
Sur l'image, se trouvait Sarita, l'Elyrienne qui avait servie de potiche d'accompagnement pour Adam.
Il posa présenta une seconde photographie à Ethan. Celle-ci n'avait rien d'une capture d'écran d'une vidéo de surveillance. Il s'agissait d'une photographie réalisée par une photographe de mode. Le cliché ne valait pas les photographie du reporter de guerre, mais elle permettait de voir la femme qui avait tué les deux serveurs lorsqu'ils accusèrent Sarita d'avoir commis les attentats, mettant ainsi la culpabilité de l'acte sur le dos des Eyrien.
Enfin, il montra un troisième cliché à Ethan. Celui-ci n'avait pas été pris lors du défilé, mais à en croire les dates sur l'image, elle était de la veille. Il provenait d'une caméra de surveillance de la station service la plus proche du palais de Versailles. Sur la photographie, se trouvaient en réalité trois vignettes juxtaposées. Sur la première vignette, Ethan pouvait voir une femme au volant d'une voiture signalée comme volée. Il s'agissait d’Élise. Sur la deuxième vignette, Élise saluait la femme qui s'était volatilisée. Elle faisait face à la voiture et faisait un signe de main à Élise. Puis sur la troisième, Élise était de nouveau seule. Une date et une heure étaient affichés sur les vignettes. Seulement deux secondes séparaient chaque vignette. La scène n'avait duré que quelques secondes, mais elle montrait bien le lien entre les deux femmes.

Le policier tira la tablette médicale jusqu'au lit, poussa un peu le petit sac pailleté et le reflex afin d'étaler les photos étalées sous le nez du photographe, faisant glisser le foulard sur lui.


- La femme blonde habillée en rouge a tué deux serveurs qui accusaient l'Elyrienne accompagnant Adam d'avoir posé la bombe. Il s'avère que ces deux hommes ont été engagés comme extra par le service traiteurs sous deux faux noms et il en est de même pour cette femme, dit le policier au calepin en pointant du doigt Élise assise dans sa voiture. Ces trois individus ont laissé un numéro de téléphone commun au service traiteur. Les perquisitions auprès de l'opérateur téléphonique nous permettront de dire si votre numéro figure sur la liste des appels passés ou reçus par ce numéro.

Le collègue prit la parole et posa enfin les premières questions.

- Vous pourriez nous éviter bien des recherches sur vous, nous faire gagner du temps et vous faire totalement innocenter en nous disant quelle est votre implication dans toute cette histoire. Comment saviez-vous pour la bombe ?
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MessageSujet: Re: [Jour 04] Douloureux réveil   Dim 28 Sep 2014 - 21:25

Il se sentait à peu près aussi un forme que si un rouleau compresseur lui était passé dessus mais avoir des nouvelles de Laure grâce à cette infirmière un peu plus humaine que les autres lui apporta un grand réconfort. Il était complètement sonné mais il sourit en voyant son appareil photo et reconnaissant le sac et le foulard... L'objectif, elle était venue, avait désobéi seulement dans le but de l'aider. Il ressentit une vague de tendresse et d'amour pour celle qui l'avait veillé de longues heures aux dires de l'infirmière. Il avait tellement hâte de la retrouver et de la serrer dans ses bras. Il se sentait si las, si harassé par les derniers événements qu'il lui tardait de retrouver l'appartement, leur chez eux. Plus que tout, il voulait rassurer Laure qui devait être très abattue de le voir dans ce état. Il voulait guérir vite et tenter d'oublier tout cela mais était-ce seulement possible ? Comme en réponse à sa question, deux hommes se présentèrent sitôt le personnel médical parti et commença alors le ballet de questions.

Il essayait de rassembler ses idées, ses souvenirs, puis scruta attentivement les photos qu'on lui présentait... Aucun visage familier, même s'il avait la vague impression de les avoir croisés au Défilé. Ce qui le frappa immédiatement sur les clichés pris à la station service, était l'incohérence de la succession. A un intervalle très court on voyait deux personnes sur l'un puis une seule sur l'autre.

- Soit c'est un montage, mais il est remarquablement fait, soit la femme, là, elle est partie en fumée. Les dateurs sur les appareils photo ne déraillent jamais. Enfin, vous savez comme moi ce que cela signifie ... Cette femme est pas humaine ...Mais je ne connais aucune d'elles.

Ethan jeta un regard mauvais au policier lorsqu'il constata qu'il avait fait tomber le foulard qu'aimait tant porter Laure.

- Hé, c'est le foulard de mon amie, laissez cela, je vous prie!

Il tenta de se redresser mais la douleur et les tuyaux auxquels il était relié l'en empêchèrent. Il senti la colère monter d'un cran lorsque le policier le soupçonna ouvertement de complicité.

- Vous pensez sérieusement que je peux être impliqué dans cette foire ? J'ai mieux à faire que de comploter pour poser des bombes vous savez. Vous devriez plutôt interroger les Elyriens sur leurs intentions, mais peut-être qu'ils vous filent la frousse... Je ne pense pas qu'il faille s'étonner que des groupes anti élyriens se développent un peu partout. Certains de nos concitoyens ont encore une conscience politique.

Il eut un geste accablé et un mouvement de ras le bol. Un geste de la main comme pour chasser un insecte importun.

- Comment j'ai su pour la bombe ? Disons qu'une personne faisant partie d'un groupuscule dont j'ignore les intentions idéologiques a eu vent de cet attentat en préparation et, ne pouvant adhérer à cette action , a cru bon de le signaler à quelqu'un qui pourrait s'y trouver et donner l'alerte ou agir. Je n'ai jamais rencontré cette personne, tout s'est passé par téléphone. C'est tout... Maintenant, j'aimerais me reposer et voir mon amie.

Quelque chose clochait dans ses sensations mais il n'arrivait pas à mettre le doigt sur le problème. Il était encore trop confus à cause de l'anesthésie et des analgésiques qu'on lui donnait mais il n'aimait pas du tout cette impression d'être comme un papillon épinglé sur un tableau. Pourtant il était bien certain que les deux hommes étaient loin d'en avoir fini avec lui et qu'il ne s'en tirerait pas à se bon compte...
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Upsilon
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MessageSujet: Re: [Jour 04] Douloureux réveil   Dim 28 Sep 2014 - 21:26

Le policier en retrait faisait claquer l'élastique qui attachait son stylo à la couverture de son calepin. Son collègue brandissait toujours les photos de la station service sous le nez d'Ethan d'un main, pendant que de l'autre, il prenait le foulard de Laure, qu'il reposa sur la tablette à côté du sac et de l'appareil photo. Les deux policiers le regardaient toujours fixement. Presque sans cligner des paupières. Malheureusement, ils n'avaient décelé aucun signe expressif pouvant être nuisible à Ethan. Pas de crispation dans le coin des lèvres. Pas de plissement léger des yeux. Pas de mouvement des narines. Pas de mouvement des lèvres. Rien.

Ces petits signes, que les policiers espéraient entrapercevoir, étaient difficile à cacher. Si Ethan mentait avec les mots, son corps ne pouvait que aller à l'encontre de ses paroles et dire la vérité, dévoilant ainsi que sa bouche mentait. Seulement, le policier, pourtant expérimenté dans cette faille corporelle, ne vit rien. Soit Ethan Deloir était très bien entraîné et savait contrôler les petites réactions corporelles même dans un état physique délicat, soit il disait la vérité et ne reconnaissait personne.


- Ce n'est pas un montage, c'est bien la réalité. Elle s'est simplement volatilisée comme elle l'avait fait au défilé, après l'explosion de la bombe. Nous pensons aussi qu'elle n'est pas humaine. Au défilé, elle a fait une révérence à Adam. Cependant, cette Elyrienne a bien été vue la veille de l'attentat avec une complice des deux serveurs,. La scène laisse penser qu'elles n'en sont pas à leur première rencontre. Quelque chose cloche. L'Elyrienne blonde tue les deux serveurs complices de la femme en voiture et employée sous un faux nom au service traiteur. Ces deux complices qui ont accusé l'Elyrienne accompagnant Adam d'avoir posé la bombe. Puis l'Elyrienne blonde complice des trois serveurs fait une révérence à Adam avant de se volatiliser.

Le policier remit les photos dans le dossier et son collègue s'approcha du lit d'Ethan.

- Connaître le nom de la personne qui vous a informer et l’organisation pour laquelle elle travaille nous permettrait d'avancer. Nous sommes certain que votre contact et son organisation nous permettrait de résoudre ce mystère entourant cette femme blonde en rouge. Qui est...

Dans l’entrebâillement de la porte restée entrouverte, la tête d'une infirmière apparut. C'était l'infirmière qui avait daigné donner des nouvelles de Laure. Le policier s’était aussitôt tu. Elle ne dit rien. Ne vint pas informer Ethan de l'arriver pourtant imminente de Laure, ni même demander aux policiers de partir. Elle se contenta de regarder brièvement et de repartir après avoir vérifié l'heure sur sa montre. Quand elle retira sa tête de la chambre, le policer au calepin repoussa la porte, l’enclenchant brutalement. Il reprit comme si de rien n'était.

- Qui est-elle ? Elyrienne cherchant à faire passer les siens pour des terroristes avec le concours de terriens ? Militante humaine en possession de technologie extraterrestre ? Cette femme est le point central de toute cette histoire. Pour la trouver, il nous faut plus d'information monsieur Deloir. Le nom de votre contact et celui de son organisation. Cet attentat a été enrobée d'une mise en scène étrange. Elle tue ses complices et offre un signe de respect à Adam en s'inclinant face à lui. Connaître son identité et ses motivations, c'est tout ce qui nous importe. Vous concernant...

Le policier bien bavard quitta le pied du lit d'Ethan et vint se positionner juste à côté de lui, presque au-dessus de son visage.

- Eh bien... vous avez sauvé toute une assemblée en faisant votre plongeon sur le gazon et en jetant la bombe dans la fontaine. Pour le moment, seule votre parole vous innocente totalement de toute complicité avec ces personnes. Une parole n'est rien comparé à une preuve matérielle, une preuve comme les relevés téléphoniques des trois serveurs. Nous concernant, nous avons autre chose à faire que nous intéresser à vous. Votre contact et le nom de son organisation seront une information appréciable qui pourrait jouer en votre faveur... Car n'allez pas imaginer que vous vous en sortirez aisément. Vous avez tout de même caché l'existence de la bombe. Vous auriez pu prévenir les autorités. Pourquoi...


Le policier baissa les yeux sur le foulard de Laure, l'effleura du bout des doigts et ajouta :

- … avoir agit seul, de façon aussi irréfléchi, en tête brûlée ? C'était un brin suicidaire...
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MessageSujet: Re: [Jour 04] Douloureux réveil   Dim 28 Sep 2014 - 21:26

Ethan se sentait faible et fiévreux mais surtout angoissé, terriblement angoissé. Il n'arrivait pas à cerner précisément les raisons de ce malaise mais savait qu'il avait pour origine autre chose que le simple contre coup psychologique dont on lui rebattrait certainement les oreilles. Les policiers semblaient ne pas vouloir lâcher et lui tournaient autour comme des mouches attirées par un macchabée. Il n'allait pas s'en débarrasser aussi facilement même si tout le corps médical faisait barrage devant son lit, il connaissait ce genre de types pour les avoir vu opérer avec des confrères sur des reportages chauds où la France était engagée dans des conflits armés. Quand ces mecs voulaient savoir avec qui tu avais déjeuné la veille et ce qu'il y avait dans ton assiette alors que même toi tu ne t'en rappelais plus, ils arrivaient à faire resurgir des détails assez incroyables ... De ton inconscient, à moins qu'il ne le produise pour les contenter, sous l'effet de la peur. Sentant qu'ils allaient le coller comme des sangsues et n'ayant vraiment pas l'humeur, ni l'envie de les voir, il se concentra fortement sur les rares échanges qu'il avait eu avec son contact . Il aurait grandement préféré la présence de Laure à ses côtés. Etait-ce le désir de se retrouver seul et de retomber dans cette torpeur, cet état de demi conscience où on peut oublier la cruauté du monde réel. Il avait une envie très envahissante de se laisser glisser.

- La personne qui me contactait, et elle ne l'a jamais fait que trois fois... Avait un fort accent russe, et une voix, disons... plutôt sexy... Oui c'était une femme... je suis pas gay. Je ne suis pas tout chose en écoutant des voix mâles au téléphone... Vous m'emmerdez maintenant avec vos questions. Et vous là arrêtez de faire claquer cet élastique!! Ca fait un bruit infernal !

Il essaya de tourner la tête pour se soustraire à l'haleine pas franchement glamour de l'inspecteur mais son cou refusait de bouger. Peut-être à cause des tuyaux qui lui sortaient de la gorge. Alors il regarda avec un air féroce cet enquiquineur de première et lui dit sur un ton d'une extrême lassitude.

- J'ai aucun souvenir de ce qu'il s'est passé après la bombe. Je vous signale que je gisais à ce qu'on m'a dit, avec une balle dans le dos au milieu de la pelouse pendant que le bordel se poursuivait dans la Galerie des Glaces. Alors votre histoire de femme et de complicité avec les serveurs, j'en sais moins que vous, je n'ai pas vu l'attentat qui a fait des victimes finalement ... Juste une bombe exploser... Une bombe ... Il y a pourtant un truc qui me revient ... Au téléphone ... Il y avait toujours en bruit de fond comme une annonce dans un haut parleur... Une annonce de train... Probable qu'elle m'appelait d'une cabine dans une gare... Vous êtes bien avancés... En revanche comptez pas sur moi pour me souvenir du quai et du numéro du train ... Je suis pas Hassen Céhéf...

Sa gorge le brûlait et il aurait bien bu un peu d'eau. Il se mit à tousser et l'homme sans doute un peu contrit d'avoir provoqué cette quinte en l'énervant, posa sa grosse pochette bien remplie sur le pied de lit pour s'approcher ensuite du bouton qui sonnait les infirmières et le presser. La pochette sur ses pieds ... Le poids de la pochette. Ethan déglutit de plus en plus difficilement... Il venait de cerner la raison de son malaise profond ... Et tandis qu'il prenait conscience de la situation, son esprit se verrouillait et il se mit à convulser. Les appareils de surveillance se mirent à clignoter et à sonner.

- Mes jambes ... Je ne sens plus mes jambes !!!!

Il eut juste le temps de hurler avant de perdre connaissance tandis que l'image de Laure, interdite sur le pas de porte, se brouillait, se ternissait pour disparaître totalement dans la grisaille du néant.
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MessageSujet: Re: [Jour 04] Douloureux réveil   

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