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 [Jour 02] Un défilé qui a du chien

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Ginie
Tortionnaire de PJ

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MessageSujet: [Jour 02] Un défilé qui a du chien   Ven 3 Oct 2014 - 21:26

Le château de Versailles était en pleine effervescence et pour cause deux grands événements allaient avoir lieu. Dans un premier temps en milieu d'après midi se tiendrait un concours canin international, où était attendu les plus grands champions.

Spoiler:
 

Tous s'étaient préparés une année à l'avance pour être près lors de cet événement.

En début de soirée, un défilé de mode qui allait être présenté dans la magnifique Galerie des Glaces. Celui-ci allait être préparé et présenté par Terre et Vie, une association caritative. Tout allait être fin prêt pour accueillir, comme il se devait, les représentants du G20.


Spoiler:
 


Le tapis rouge avait été déroulé et les podiums avait été monté, un buffet serait servi à la fin du défilé. Des serveurs supplémentaires avaient été embauché en grande hâte. Par les fenêtres de Versailles, on pouvait deviner les journalistes, campés devant les grilles du château. Pour l'occasion, la sécurité avait été renforcée. Autant dire que la protection des hauts dignitaires ainsi que du représentant Elyrien avait été prise au sérieux.

Une fois que tout était enfin près, le représentant du concours canin se rendit sur le parvis du château, attendant l'arrivée des premiers participants.
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MessageSujet: Re: [Jour 02] Un défilé qui a du chien   Ven 3 Oct 2014 - 21:39

Paul était en retard. Comme toujours. Il avait oublié de mettre son réveil -même si le concours était en début d'après-midi-, oublié de préparer ses outils de toilettage, et oublié de mettre un panneau sur la porte de sa boutique pour signaler qu'il prenait sa journée. Résultat, il avait été réveillé à il-ne-savait-plus-quelle-heure par un client imprévu et ça avait du être la course. Entre expliquer qu'il ne pouvais pas prendre Foxy -le fox terrier du-dit client- aujourd'hui, prévenir son ami qu'il serait en retard au Versailles etc, bref, la course. Une de celle où le cœur s’accélère mais où il n'y a aucun prix en jeu au final.

Bref, une fois ses émotions passées et organisées, Paul avait pris le RER jusqu'au Château de Versailles pour se rendre au concours. Une fois arrivé, une fois son accréditation retrouvée dans le bazar de sa sacoche pour pouvoir franchir la ligne des journalistes venus assistés à l'autre événement du jour, Paul retrouva son ami devant le parvis du Château, non loin de l'organisateur du concours.
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Ginie
Tortionnaire de PJ

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MessageSujet: Re: [Jour 02] Un défilé qui a du chien   Sam 4 Oct 2014 - 0:35

L'organisateur était en fait une organisatrice d'une quarantaine d'année, austère. Le genre de femme a qui on ôterait bien le balai qu'elle avait de bloqué dans le derrière. Ses traits étaient tirés. Jamais un sourire, les cheveux montés en chignon, un tailleur droit sombre, sans un plis de travers.

Elle avait organisé d'une main de maître les préparations du concours dans les moindres détails. Elle n'allait laisser personne lui mettre des bâtons dans les roues.
Quand elle vit les deux jeunes hommes, Éléonore se rapprocha d'eux avec un pointe de curiosité et elle leur demanda :


-Bonjour, messieurs que puis-je faire pour vous ?

Elle regarda les deux hommes de haut en bas. Puis sans les lâcher du regard, elle continua.

-Vos accréditations je vous pris, dit-elle tous en tendant la main.

Elle les regardait tour à tour et leur dit
:

- Bien suivez-moi je vous prie.

Elle leur montra le chemin et la marche à suivre concernant la sécurité. Tout d'abord, les deux hommes furent fouillés au corps. Puis ce fut le tour de leur valise de concours. Tout cela servait à vérifier une hypothétique présence d'explosif ou toutes autres choses qui pouvaient s'avérer dangereux. Une fois cette étape passée, Éléonore les conduisit à leur place respective puis leur annonça :

- Voici vos badges, vous vous devez de les garder en permanence sur vous, ils vous seront utiles lors de vos passages respectifs devant les jurys du concours. Vous savez sans aucun doute que les mâles passe avant les femelles et que les jeunes chiens avant les vieux dit-elle puis elle rajouta : Je présume que vous le saviez déjà et ce n'était pas le cas et bien maintenant vous êtes au courant lança-t-elle.

Elle les regarda une nouvelle fois.


- Bien, je vais donc vous laisser vous installer tranquillement, dit-elle aux deux jeunes gens. Des questions peut-être ?

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MessageSujet: Re: [Jour 02] Un défilé qui a du chien   Sam 4 Oct 2014 - 9:28


Sébastien arriva à Versailles dans la limousine que sa mère prévoyante lui avait fait envoyer, avec le chauffeur, car il ne fallait pas que son fils perde du temps à garer la voiture. Les environs du Château étaient toujours encombrés et malgré l'importance des évènements mondains qui s'y déroulaient, la Direction n'avait pas voulu le fermer totalement au public. Belles pagaïes en perspective : les touristes, offusqués de ne pouvoir se regarder dans la Galerie des Glaces et discutant des heures avec les huissiers chargés de refouler le bas-peuple, les resquilleurs, qui essaieraient de se trouver un passe-droit pour assister aux deux défilés alors qu'ils n'étaient invités qu'à un seul, les contestataires, qui rassembleraient de petits groupes de mécontents sur le thème "voilà à quoi servent nos impôts !".. Et puis, la Sécurité - le vol de toutous est un fléau des temps modernes-, les égarés, ceux qui avaient perdu leur invitation, ceux dont le chien avait le trac et qui demandaient d'urgence l'assistance d'un psychologue canin, les habituels brandisseurs de pancartes contre les Races Dangereuses ( on annonçait au concours un pitbull et trois rotweilers !), et les pétitionnaires  contre les Croquettes aux OGM , contre les Chinois mangeurs de Chien, contre le budget canin de l'Elysée et ceux pour l'Interdiction totale de la caudectomie du caniche et de l'essorillage partiel des dobermans.

Sébastien soupira un peu en pensant aux guêpiers mondains  dans lesquels sa mère le fourrait régulièrement. Mais c'était un fils docile, il était journaliste, on ne refusait pas une occasion de paraître en public. Il décida donc de prendre tout gaîment afin de ne pas se stresser avant l'épisode suivant de « Sébastien, chroniqueur de luxe », sa saga personnelle..
Sa pelisse en yack et l'ushanka en zibeline  (pauvres bêtes !) roulées sous le bras, sans bonnet, ce qui lui faisait courir des frissons sur le crâne, il se dirigea d'un pas leste vers les locaux réservés aux chiens en attente de comparution. Sa mère avait finalement renoncé au lagerfeld et il portait un simple costume gris foncé, haut boutonné.



Il devait rencontrer le Baron Birchenklau qui lui remettrait le chien. La Baronne était partie au chevet du plâtré. Sebastien se demanda si le jeune Siggy n'avait pas fait exprès de se casser la jambe pour échapper au dogshow et conserver ainsi son image d' iconoclaste punky auprès de ses amis.
Le baron était un homme rondouillard et jovial qui ressemblait à Potiron, le magicien dans OuiOui. Vers ses cinq ans, Sébastien avait beaucoup aimé le Nain Potiron et ce sentiment rejaillissait sur la sympathie qu'il éprouvait à chaque fois qu'il apercevait cette silhouette replète aux bras trop courts et au ventre rebondi. Chapka était un superbe animal, lustré comme un soulier verni et qui renifla le yack avec intérêt. Potiron déposa une sacoche, un dossier, une liste de recommandations écrite par la Baronne et qui commençait par une ligne soulignée:
"Surtout, ne jamais dire Athak devant Chapka ou tout autre mot s'en rapprochant."

Sébastien connaissait le malheureux traumatisme subi par Chapka et comprit de quoi il s'agissait. Chapka avait tout bonnement mordu un juge lors d'un concours de dressage . Le concurrent avant lui s'appelait Athak et à l'appel de ce nom guerrier, chapka s'était jeté sur le juge, pensant que c'était un ordre. malheureusement le juge n'avait pas la tenue matelassée de l'entraîneur et Chapka, qui était très jeune, en avait été traumatisé et il se comportait fort honteusement pour un chien de son standing quand il entendait proférer les syllabes maudites ou des sons s'en rapprochant.
Le baron affirma avoir réglé toutes les formalités, Sébastien n'avait plus qu'à attendre qu'on l'appelle.Chapka avait le numéro 15 et savait parfaitement comment obéir aux demandes des juges, prévenus d'ailleurs des circonstances et qui seraient coopératifs.
Sébastien-Max reçut la laisse et les vifs remerciements du baron qui partait illico visiter un complexe touristique dans une petite île des Iles ioniennes, rendue célèbre par un roi voyageur de l'antiquité grecque.  Potiron Birchenklau fit un clin d'oeil à Seb qui, interloqué, se demanda pour quelle raison le baron usait d'une pareille périphrase afin de signaler qu'il partait pour......
Seb sourit et s'assit pour attendre son tour.
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Ginie
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MessageSujet: Re: [Jour 02] Un défilé qui a du chien   Sam 4 Oct 2014 - 14:44

Éléonore avait remarqué l'arrivée du jeune homme tout frais sorti d'on ne savait où. Il était accompagné d'une personnalité de la haute société, surement une de ces riches familles dont on oublie pas le nom. Sauf qu'Éléonore avait une fâcheuse tendance à les oublier, et ce, même si ils signaient de gros chèques à la fondation pour la protection des animaux.

Une fois que le jeune homme fut enfin seul, elle se dirigea vers lui et d'une voix sèche presque sans émotion, elle déclara :


-Votre accréditation je vous prie, jeune homme.

Sébastien s'était empressé de la lui donner. Elle continua aussi sèchement :

-Sébastien de Neuville, hum dit-elle tout en regardant le jeune homme de la tête au pied et inversement. Comment se fait-il que vous ayez une accréditation, mais que je ne vous trouve pas sur ma liste des concurrents ? Auriez-vous une explication valable à me donner ? demanda-t-elle en le regardant droit dans les yeux.

Voyant qu'il ne répondait pas, elle le quitta quelques instants pour rejoindre un agent de la sécurité non loin de là qui se mit à le dévisager.

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MessageSujet: Re: [Jour 02] Un défilé qui a du chien   Sam 4 Oct 2014 - 18:49

Paul avait donc rejoint son ami Amaury qui participait au concours canin, ainsi que son petit chien Einie, un welsh corgie d'un an. Quand Amaury l'avait eu, il avait hésité à l'appeler Einstein mais trouvait que le nom était trop long. Incapable de trancher entre Ein et Stein, il avait finalement opté pour Einie, trouvant que, de toute manière, la référence à un de ses films favoris était bien présente et que le petit animal prénommé ne viendrait pas se plaindre. Paul lui avait par la suite assuré que Einie aimait bien son nom, même s'il considérait légèrement son maître comme un paysan. Oui, rappelons que Paul, depuis son accident et son coma, était persuadé de parler le chien. D'autres fous -souvent amateur de boîtes en bois- parlaient bien bébés et chevaux alors...

Ainsi donc, devant l'imposant château de Versailles, après avoir confirmé qu'ils n'avaient pas de questions et montré accréditations et autres paperasses nécessaires pour montrer patte blanches -et Einie les avaient vraiment, les pattes blanches-, Paul et son ami Amaury -un séduisant trentenaire aux cheveux mi-longs, un peu excentrique, soit dit en passant- suivirent d'autres participants au concours, eux aussi badgés, qui eux-même avaient emboîter le pas d'un des organisateurs. Autrement dit, un tas de personnes entrait dans le château.


Une fois à l'intérieur, les participants se virent attribué chacun un petit box fait de deux fins murs amovibles séparant les tables de préparation posées entre. Einie avait reçu le box numéro quarante-deux -numéro qui fit sourire son maître, fan de science-fiction et d'humour britannique, qui y vit là un bon présage-, qui était également son numéro dans l'ordre de passage. Une fois dans leur box, quand l'assistante de la sous-responsable dont le but était d'attribuer et vérifier les numéros, fut partie, Paul souleva Einie et le posa sur la table avant de sortir ses affaires.


''Je lui refait une beauté vite fait, mais il devrait être prêt rapidement, expliqua Paul à son ami en commençant à coiffer le petit chien.

- Très bien, je te laisse faire. Tu veux quelque chose à boire ? Je vais aller voir s'il y a une fontaine à eau à disposition.

- Non, merci. Mais Einie à soif. Il aimerait un café mais c'est pas une bonne idée.

- Ah ah ! Sacré Paul ! Aller, je reviens vite.

- Oui oui, prend ton temps. Alors Einie, on est stressé pour le concours ? Mais tu vas gagner, t'en fais pas !''
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MessageSujet: Re: [Jour 02] Un défilé qui a du chien   Sam 4 Oct 2014 - 18:49

C'était d'un pas rapide et déterminé que Jules arriva à l'entrée du grand concours canin. Il ne savait toujours pas ce qu'il espérait y trouver mais son instinct lui disait d'assister à cet événement. Dire qu'il avait menti à son père pour assister à la parade de caniches ou de yorkshires ridiculement endimanchés... L'absurde de la situation le fit sourire. Mais il était irrésistiblement attiré par l'idée de pouvoir croiser Adam. Il voulait peut-être voir si celui-ci serait capable de reconnaître en Jules l'un des siens. Même si le garçon était un hybride, mi-élyrien mi-humain, il pouvait tout à fait passer inaperçu. Peut-être. Mais que ferait-il si effectivement ils se croisaient ? En vue de ce cas peu probable, Jules n'avait pour l'instant qu'une idée : un bon coup de poing dans le nez de ce charognard..

La foule dense se pressait sur le parvis du Château et le jeune homme dut jouer des coudes pour se frayer un passage. Le nombre ahurissant de journalistes, d'agents de sécurité et autres objecteurs de conscience lui donna le vertige. Il se passait vraiment quelque chose d'inhabituel... Néanmoins, il n'abandonna pas et réussit à s'avancer jusqu'à la zone qui s'ouvrait sur le concours. Mais visiblement, l'entrée n'allait pas être aussi facile que prévue. Tout était parfaitement cadré et rien n'était laissé au hasard. Jules se demanda s'il pouvait espérer aller plus loin. Les mains dans les poches, il continua à avancer.
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Upsilon
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MessageSujet: Re: [Jour 02] Un défilé qui a du chien   Sam 4 Oct 2014 - 18:49

Les participants étaient enfin tous arrivés. Il ne manquait personne à l'appel et les festivités pouvaient enfin commencer. Plus rien ne pouvait gâcher cette journée qui s'annonçait des plus mémorables. Même le problème du jeune homme avait été résolu.

Le silence était retombé quand la présidente du concours fit son apparition. C'était une femme dans certain âge, tiré à quatre épingles. Avec au bout de son nez, une paire de lunettes laissant apparaître son sérieux. On pouvait encore entendre l'aboiement d'un jeune chien ou une quinte de toux soudaine. Puis elle se leva.


- Tout d'abord, permettez-moi de vous souhaiter la bienvenue pour ce nouveau concours canin. Je tiens à remercier nos petits amis à quatre pattes ainsi que leur maître pour avoir répondu présent pour cette nouvelle édition, dit-elle, avant d'ajouter : Et que le meilleur gagne avait-elle lancé tout en se réinstallant et en faisant signe à Éléonore de continuer, ce qu'elle fit aussitôt.

Elle appela le premier concurrent puis commença sa présentation :


- Sardana est une petite Shih Tzu de vingt-trois centimètres et d'environ cinq kilos. Son poil est long et dense. Non bouclé et d'un blanc éclatant dit-elle tout en laissant son jeune maître montrer de quoi était capable cette magnifique bête.

Quand cela fut fait le candidat suivant fut appelé.
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Upsilon
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MessageSujet: Re: [Jour 02] Un défilé qui a du chien   Sam 4 Oct 2014 - 18:50

[Du côté du défilé]

C'était l'effervescence dans les coulisses. Le premier mannequin devait défiler à 20h. Il était 15h. Pour certain, en un sens, le défilé avait déjà commencé. En coulisses. Afin de ne pas déranger les derniers préparatifs, l'espace "défilé" avait été bouclé. Toutes personnes présentes pour le concours canin ne pouvaient accéder aux lieux réservés au monde de la mode. En fait, personne ne pouvait y entrer. Exceptions faites aux stylistes, mannequins, maquilleurs, coiffeurs, habilleuses, caméramans, photographes, coursiers, le service traiteur, les serveurs...

Terre et Vie n'avait pas fait les choses à moitié.
Le podium était recouvert d'herbe fraiche, de fleurs sauvages et les mannequins allaient pouvoir évoluer autour d'un bassin en rocailles, dans lequel des petits poissons colorés barbotaient. Les chaussures des mannequins n'étaient pas conçues pour marcher sur l'herbe. Alors un petit chemin sans herbe fut aménagé sur l'allée de verdure. C'était ni plus ni moins un petit circuit pour longues jambes.
Les sièges disposés en premier rang, réservés aux personnalités les plus importantes et au portemonnaie le plus garnis, de ce rang presque collé au pied du long podium, étaient recouverts d'une confortable housse blanche. Elle était digne d'un petit nuage. Confortable et chaleureuse, idéale pour inciter les clientes à acheter une création.
Au plafond, des étoles bleues étaient tendues au-dessus du podium et dans l'air, flottait un délicieux parfum de forêt. L'immense salle avait tout d'une prairie, où la nature régnait d'une main de maître.
D'autres surprises allaient venir. Un bruit courrait. Les mannequins allaient devoir marcher au milieu des lapins et des tortues.

En coulisse, il y avait du beau monde de la mode comme Domenico Dolce et Stefano Gabbana, parrains du défilé, ou Kenzo Takada, venu présenter quelques modèles qui seraient ensuite vendus aux enchères, au profit de l'association Terre et Vie.

Quelques rares photographes et journalistes de mode étaient là, triés sur le volet, afin de les laisser prendre des clichés et des notes des préparations. Parmi eux, les meilleurs plumes de Vogue, les critiques les plus fines de Marie-Claire et de Elle. Les autres journaleux devaient patienter dehors. Les portes ne leur seraient ouvertes que plus tard dans la journée, peut-être une demi-heure avant l'arrivée des premiers invités.


===========================================

[Du côté du concours canin]
15h. Tout allait pour le mieux. La routine. Les participants passaient les uns après les autres. Il n'en restait plus beaucoup. Parmi eux, un welsh corgie baptisé Einie et certain Chapka.
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MessageSujet: Re: [Jour 02] Un défilé qui a du chien   Lun 6 Oct 2014 - 9:09

[Du côté du concours canin]

Sébastien se leva sitôt qu'il vit qu'une grande femme, nette et sèche, se dirigeait vers lui avec la visible intention de l'aborder. Elle ressemblait à une directrice de pensionnat pour jeunes filles, celles à conserver telles quelles jusqu'à leur majorité. Il lui sourit poliment en la saluant et lui présenta aussitôt le document exigé. Mais il n'était pas sur la liste, ce n'était pas bien, et se croyant revenu au cours moyen deuxième année, il dut se préparer à répondre  à la question fatidique : avait-il une explication à donner?
Mais cette fois-ci , il en avait une  et s'apprêtait à se justifier quand, de manière impromptue, un couple de caniches en liberté se mit à bondir en jappant, provoquant confusion et protestations parmi les humains, excitations et tirages de laisse chez les canins et désordre général. La dame autoritaire et péremptoire tourna aussitôt les talons pour régler le problème, non sans signaler Sébastien à un agent de sécurité qui s'ennuyait non loin de là.
Sébastien, en s'expliquant, prit soin de glisser deux fois le mot baronne dans ses propos, trois fois le nom du Baron, une allusion au Yacht Club, une autre aux corgis de la Reine d'Angleterre et aux labradors de l'Elysée. Il était sur le point de citer l'Opus Dei et même Brigitte Bardot, la madonne des animaux,mais déjà le cerbère lui cochait sa carte en hochant la tête d'un air entendu, puis baissant la voix et avec un clin d'œil ironique pour montrer qu'il n'était pas un simple larbin aux ordres des autorités:

-Très bien. Aucun problème.  Mais il y a des bruits de manif et la patronne est sur les dents.

-J'ai même cru qu'elle allait me mordre, remarqua Sébastien pour rester dans le ton mais le vigile approuva :

-Elle en serait capable; vous savez qu'elle a été mariée quatre fois ?

Sébastien regarda la directrice de pensionnat et pensa que l'âme humaine était insondable.
Mais on appelait le n° 15 et enfilant prestement sa pelisse tibétaine qui le faisait ressembler à un automobiliste de la Croisière Jaune, enfonçant martialement  l'ushanka en zibeline jusqu'à ses sourcils, pour ressembler encore plus à un tchiorny, il dit à Chapka :

-On y va ! Davai !

-Wow wow! fit Chapka en se redressant, prêt au départ.

Sébastien fut ravi. Il connaissait quatre mots de russe et avait réussi à en placer un.
Tous deux se dirigèrent en conquérants vers le podium.
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MessageSujet: Re: [Jour 02] Un défilé qui a du chien   Lun 6 Oct 2014 - 10:15

Le jeune chien s'était avancé sur le ring avec son maître par procuration tenant fermement l'animal pour éviter tout incident envers un autre concurrent.

Une fois installé au centre du ring, un membre du jury avait fait signe à Sébastien de s'approcher. Puis il se mit à hauteur de l'animal pour vérifier les caractéristiques morphologiques du jeune chien.

Puis l'homme s'était relevé pour se trouver finalement face à Sébastien et commença à lui expliquer la marche à suivre concernant l'épreuve de pistage. Il tendit à Sébastien une longe de dix mètres de long et lui demanda de l'attacher au collier de l'animal. Puis il lui expliqua que son compagnon devait avoir le nez au sol tout en suivant le tracé fait plutôt dans la journée.

L'animal devait marquer ou ramasser les objets éparpillés un peu partout sur le ring. Une fois l'explication de la première épreuve passé et qu'il s'apprêtait à expliquer la seconde épreuve un incident se produisit. L'homme remarqua qu'un jeune chien avait pris en grippe un de ses congénères, l'animal venait de crée un brouhaha infernal.
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MessageSujet: Re: [Jour 02] Un défilé qui a du chien   Mer 8 Oct 2014 - 22:03

-Numéro 15. Chapka de la Datcha de Holmgard-Novgorod.

La voix de l'appariteur était solennelle à souhait. Sébastien regarda Chapka qui  fit semblant de rien. Le fils Neuville était bien sûr,  habitué à l'affixe aristocratique du moindre clébard inscrit au L.O.F.  Dodo, le chien de son enfance, un labrador un peu baveux et très goinfre, s'appelait en fait Donatello du Castel-Vallombreuse, ce qui à son avis ne valait certes pas un bon steak.

L'arrivée du couple sur le ring ne se fit pas sans un murmure d'étonnement admiratif. La spectaculaire pelisse  en yack tibétain  s'accordait exactement au pelage noir de Chapka, avec un côté un peu hirsute qui faisait ressortir l'impeccable toilettage du terrier. Sébastien avait laissé libres les oreilles de  son ushanka, et elles flipflappaient joyeusement, accentuant la bonne humeur  qu'il avait décidé d'afficher pour l'occasion. Le journaliste avait un don indéniable pour  la mise en scène d'un événement, il savait pressentir le comportement qui serait le mieux reçu et, à la vue du tchorny, il s'était dit qu'il fallait jouer sur les contrastes tout autant que sur les similitudes. Chapka avait une expression  autoritaire et digne, un peu colonel à la retraite, nuancée d'une touche  Russe Désabusé, genre Tchekov sans lorgnon ou Gorki avec barbe. C'était un chien très humain finalement. Donc, Seb en avait conclu qu'il devrait lui, en tant qu'humain, jouer le gros chien sympa, toujours prêt à faire le beau devant les douairières et à rapporter la baballe aux demoiselles. Mais en même temps, il fallait mettre en valeur l'élégance décontractée de la pelisse paternelle et le sourire charmeur de Sébastien de Neuville. C'était une réunion très mondaine, pas le concours du Salon de l'Agriculture
Les amateurs de beaux chiens applaudirent Chapka ; ceux sensibles aux beaux garçons applaudirent Sébastien.
On commençait par l'examen des candidats afin de leur décerner des prix de beauté. Chapka était en conformité totale avec les standards de la race et passa haut la patte l'examen de certaines parties de son anatomie, dont les plus intimes, afin de vérifier, puisqu'il était un mâle, s'il l'était également des deux côtés. Ses mensurations étaient idéales et le Président, qui l'avait déjà vu au concours du Jockey Club et jouait au golf avec le Baron Birchenblau, fit d'un ton sans réplique, en s'adressant au juge chargé d'examiner le tchorny :


-Il est parfait. On peut aller vite. Il est plusieurs fois champion dans sa catégorie. C'est l'excellence garantie.

Le jeune juge fit timidement :

-Il mesure un demi-centimètres de plus que le standard .

-Pffwit. Remesurez et je suis sûr que vous trouverez 72cm.

Le ton était sévère et le jeune juge n'insista pas .Le comité préparait déjà une cocarde adequat.
Le test de pistage fut sans problème et Chapka connaissait les ficelles. Sébastien le laissa libre de ses mouvements comme le règlement l'y autorisait et le regarda travailler. Une jolie blonde, derrière lui, fit : Ce qu'il est mignon!! Mais elle regardait Chapka . Seb lui sourit néanmoins et secoua ses oreilles de zibeline, ce qui fit rire l'assistance. En attendant, la pelisse lui tenait horriblement chaud.

On s'apprêtait au test d'obéissance quand éclatèrent de furieux aboiements. Sans doute, un récalcitrant, un chien anarchiste qui soutenait les efforts des manifestants de l'entrée « Respectons nos frères à quatre pattes ». Cela ne concernait pas Sébastien ni Chapka qui, son parcours brillamment terminé, eut droit à un biscuit torsadé, au boeuf et au fluor, offert par  Krokatou, le Biscuit pour vos toutous.

Mais l'ordre était troublé et la directrice de pensionnat apparut aussitôt, haute et raide, et se dirigea  vers les fauteurs de trouble. Il semblait qu'il s'agissait d'un différent, peut-être d'origine raciste, entre un sloughi berbère et un épagneul breton. Chapka finissait son Krokatou et Sébastien qui s'ennuyait et suait  dans  son poil de yack,  ressentit pour lui-même ce qu'était une vie de chien.
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MessageSujet: Re: [Jour 02] Un défilé qui a du chien   Mer 8 Oct 2014 - 22:36

Henry le Sloughi avait attrapé Éole l'épagneul par l'encolure. Le pauvre animal avait eu la mauvaise idée de quémander des caresses au maître du jeune Sloughi. Et le chien n'avait pas du tout apprécié.

Il était vrai que cette race était très attachée à leurs maîtres. Et un rien pouvait provoquer chez l'animal des réactions plutôt inattendue.

Le retour au calme avait été difficile. Et la séparation des deux bêtes n'avait pas été sans dégât. En effet après avoir éloigné l'attaquant, les responsables s'aperçurent avec effroi que l'épagneul ne s'était pas relevé. Il était rester sur le sol gravement blessé.

Un des membres du jury partit chercher du secours et le jeune épagneul fut évacué en coulisse, avec le vétérinaire du concours.

Après le départ de l'animal, les jurés quittèrent la pièce pour délibérer sur le sort du chien responsable de l'incident, mais aussi pour décider des résultats concernant les autres participants.

Leur absence avait duré près de quinze minutes et la présidente du jury prit la parole puis elle annonça la décision prise au sujet du Sloughi :


- Nous avons décidé la disqualification de l'animal ayant attaqué le jeune épagneul. Mais ce n'est pas tout il n'aura plus la possibilité de concourir sur de prochains événements canin.


Puis elle continua sur sa lancée et annonça les résultats que tout le monde attendait tant. La présidente commença par la troisième marche du podium et lança le nom d'un petit Yorkshire du doux nom de Romy. Puis ce fut au tour de la deuxième marche du podium et ce fut un certain Einie. L'animal et son maître s'avancèrent et prirent place sur le podium. Le nom du grand gagnant fut annoncé presque aussitôt. Quand la présidente annonça le nom de Chapka, la surprise de Sébastien laissa la place à un tonnerre d'applaudissement. Les prix furent remis au gagnant et tous les participants furent remerciés chaleureusement.
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MessageSujet: Re: [Jour 02] Un défilé qui a du chien   Mer 8 Oct 2014 - 22:37

Einie avait très bien concourut sous les consignes strictes et dirigistes de son maître, et le regard émerveillé de Paul qui se disait qu'il avait fait du beau travail avec le pelage du petit chien. Mais Amaury doutait que la prestation de son animal lui fasse remporter le moindre prix. Aussi fut-il surpris, tout autant qu'Einie aux dires de Paul, de se voir attribuer la seconde place. C'est sous les applaudissement de la foule, et ceux redoublés du toiletteur, que maître et chien montèrent sur le podium pour récupérer leur récompense.

Le temps de la photo officielle pour la rubrique fait divers du canard du lendemain, Paul rangea ses affaires, content que le concours soit terminé et rêvant de se prendre un café au bar le plus proche. Il y en avait justement un non loin du château. Lorsque Amaury revint avec Einie dans les bras jusqu'au box de préparation, Paul remettait dans sa sacoche les derniers peignes et autres ciseaux.


''Oh garde-le moi un instant, j'ai oublié de demander quelque chose.

- Pas de problème vas-y. On ira se boire un verre après
, répondit Paul en caressant d'une main le chien de nouveau posé sur la table de travail.

- Oui, oui. Je payerai ma tournée, t'en fais pas !

- Et un verre pour Einie. C'est un bon toutou ça ! Il a gagné un prix, hein mon chien !''


Paul babillait tout en terminant de rassembler ses affaires quand Einie ne lui répondit plus. Le toiletteur s'arrêta, peigne en mains et mains suspendues dans le vide au-dessus de sa sacoche. Le chien n'était plus sur la table de travail, ni dessous, ni même aux pieds de Paul.

''Einie ? Einie ?''
, appela t-il en tournant sur lui-même dans les trois mètre carré de la 'loge'.

Sans poser son peigne, Paul regarda de nouveau sous le plan de travail puis dans les box adjacents, s'excusant auprès des autres participants, qui rangeaient eux aussi, comme s'il avait jeté un œil voyeur dans une cabine d'essayage occupée.

Plus loin, trottinant vers des lieux hors concours en traînant sur le sol sa cocarde de vainqueur, Einie partait. Sans réfléchir ni délaisser son outil de travail, Paul s'élança à la poursuite de l'animal.


''Einie, mon petit ! Reviens ! Tu n'as de toute manière pas de pièces pour la machine à café ! Méchant chien, si tu ne reviens pas tu n'auras pas de biscuits !''


Une folle course-poursuite s'ensuivit : Paul, à moitié courbé en deux pour être plus près du sol, partit à la suite du chien en bousculant au passage quelques concurrents déçus de leurs propres prestations, slalomant entre les chaises, tables et autres jouets qui font 'couic-couic' quand on appuie dessus qui traînaient là. Traversant couloirs et salles sans même savoir où il allait, mais suivant la trace du petit chien, Paul déboucha finalement bien loin du concours canin, en plein dans les préparatifs du défilé de mode.
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Upsilon
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MessageSujet: Re: [Jour 02] Un défilé qui a du chien   Mer 8 Oct 2014 - 22:37

Toutes perchées sur leurs hauts talons, les mannequins passaient une à une devant les stylistes pour les vérifications de dernières minutes, les dernières retouches et modifications de robe ou coiffure. Tout le monde s'affairait avec empressement.
Le service traiteur venait tout juste d'apporter le reste des mets préparés pour la restauration végétarienne et extralight des mannequins. Exception faite au plateau de petits-four à la viande exigé par Takada. Le styliste voulait des canapés recouverts de bœuf tartare. L'odeur était alléchante, au point que le stylise se gavait. Tellement agréable qu'une chose poilue débarqua dans les coulisses. Un chien. Suivi de près par un individu à moitié recourbé.
Comment avaient-ils pu passer les barrages de la sécurité ? Tout le monde l'ignorait.

Le chien fonça sur le buffet, bousculant au passage un mannequin qui se retrouva sur les fesses. Le chien était trop petit pour atteindre le plateau. Il fit demi-tour et s'attarda sur le mannequin à terre. Là, Takada eut une illumination.

C'était décidé. Les plus beaux chiens du concours canin allaient défiler avec ses créations. Ils allaient constituer de magnifiques accessoires. Après tout, les chiens étaient bien dressés. Du moins, ils devaient l'être. Celui qui venait de chambouler les préparatifs ne semblaient pas l'être.

Ce changement imprévu ne retarda pas le lancement du défilé.

19h50. Les portes furent ouvertes à un groupe de journalistes et photographes triés sur le volet, afin de leur permettre de photographier et interviewer l'arrivée des richissimes spectateurs depuis l'intérieur de la salle. Autrement dit, sur le tapis rouge, à leur côté. Et non derrière les barrières de sécurités.

20h. Ouverture des portes ! Les choses sérieuses commençaient !
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MessageSujet: Re: [Jour 02] Un défilé qui a du chien   Jeu 9 Oct 2014 - 16:25


Chapka avait gagné ! Sébastien  connaissait le pedigree et le palmarès du tchorny et s'il fut étonné, ce fut que sa présence n'ait en rien amoindri les qualités exceptionnelles du terrier russe et noir.  Quand il monta sur le podium, Chapka ,en vrai professionnel des expositions canines, prit la position réglementaire  puis reçut sa cocarde avec l'impassibilité d'un  Horseguard se faisant décorer par The Queen. On applaudit, mais les bravos redoublèrent quand soudain, le terrier se dressant tout debout, posa ses énormes pattes sur les épaules de Sébastien et lui donna un grand coup de langue sur le nez.  Le garçon en fut tout ému et serra la grosse tête noire avec affection contre sa joue. Le public était ravi. On se serait cru dans une série Disney et  l'ovation devient du délire quand Chapka saisit l'ushanka par une des oreilles pendantes et l'enlevant d'un coup, découvrit la brosse ultra courte de son coach. Le contraste amusa tout le monde et Sébastien prit le parti d'en rire tandis que Chapka commençait à mâchouiller la zibeline. Il ne voulut pas la lâcher et c'est ainsi qu'ils quittèrent le grand salon de la Paix dans un joyeux brouhaha, rejoignant  la salle de préparation pour récupérer les dossiers.
Sébastien devait remettre Chapka au chauffeur du Baron et  la pelisse à Antoine, puis se rendre au défilé de mode. Tout allait fort calmement et ils longeaient déjà le  corridor de sortie quand un petit chien passa, courant  de ses courtes pattes avec une vélocité extraordinaire. Un quidam le poursuivait en l'appelant d'une voix paniquée. Sébastien le reconnut comme étant l'un des lauréats du concours et voulut aider le maître aux abois. Il se souvenait de son angoisse quand son chien avait disparu pendant trois jours et de sa joie quand on l'avait retrouvé. Il s'exclama  à l'adresse du maître :


-Nous allons vous le rattraper !

Chapka ne se le fit pas dire deux fois, lâcha la zibeline que Sébastien rattrapa au vol, et traînant son homme cramponné à la laisse, bondit à la poursuite de la bestiole.

Arriva ce qui devait arriver, dix secondes après la chute du joli mannequin, quinze secondes après qu'une idée lumineusement kitch eût germé dans la cervelle du grand Takada, Chapka  entra dans la Galerie des Glaces  suivi  d'un Sébastien hors d'haleine et  criant à trois agents de la sécurité affolés qui tentaient de l'arrêter :


-J'ai un laissez-passer ! je suis journaliste !

Le tchorny aperçut Takada, décida qu'il était plus intéressant que l'animalcule qu'il poursuivait et s'arrêta pile devant le Maître  qui s'écria :

-Celui-là ! Je veux celui-là! Avec la robe en macramé rouge, ce sera sublime!
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Upsilon
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MessageSujet: Re: [Jour 02] Un défilé qui a du chien   Jeu 9 Oct 2014 - 17:19

Oui. Les choses sérieuses commençaient. Pour tout le monde.

Les stylistes et les mannequins s'activaient dans les coulisses, s'enthousiasmant sous la pression qui montait. Ils devaient faire bon effet. Pas seulement pour l'association et leurs clientes. Mais aussi et surtout pour faire valoir le savoir faire des Terriens en matière de mode et de culinaire. Pour l'occasion, le service traiteur s'était entiché d'un grand chef français étoilé. Son nom fut gardé secret. Il ne devait être révélé qu'une fois le buffet ouvert aux invités, par conséquent, une fois le défilé terminé.

Le service traiteur... lui aussi, il était en pleine effervescence. Les serveurs, tout de noir et de blanc vêtus, attendaient le feu vert pour s'élancer dans la salle, plateau avec verres à champagne en main. Au beau milieu de la rangée de serveurs tirés à quatre épingles, avec deux de ses hommes, ELLE patientait. Les yeux rivés sur sa montre. ELLE guettait le signal. Celui qui donnerait le top départ de la course à l’abreuvement du gosier de riches femmes en manteau de fourrure, maquillées comme des pots de peinture, perchées sur de hauts talons. Ces femmes allaient bientôt arriver en belle voiture, comme à chaque fashion week-end, afin de s'exhiber devant la presse people. Mais ce qu'ELLE attendait, avec ses deux hommes, c'étaient autre chose... ELLE se pencha un peu en avant et regarda vers sa gauche. Un de ses hommes, situé à trois serveurs d'elle, triturait un bouton de manchette, signe qu'il était détendu et se concentrait. ELLE tourna la tête vers la droite et observa son deuxième homme, planté un peu plus loin que le premier. Il ne bougeait pas, regardait droit devant lui. Il était prêt, lui aussi. Satisfaite, ELLE se redressa et expira longuement. Concentration...

Dehors, les voitures arrivaient, les clients avec. Les portes ouvertes furent enfin franchies. Le flash des photographes illumina l'entrée de la salle du défilé. Dehors, il faisait presque nuit. C'était ça, les soirées d'automne. La nuit arrivait vite.

Derrière les serveurs, quelqu'un frappa dans ses mains. C'était le signal. Les serveurs déferlèrent dans la salle du défilé, qui se remplissaient de clients, de journalistes, de people, de tout ce qui faisait une bonne fashion week, même si pour ce défilé, il n'y avait que le "fashion", et rien du "week". L'organisation était digne de la fashion de Paris ou de Milan. Et pourtant, cela n'allait durer que quelques heures et non plusieurs jours. Les serveurs étaient à peine entrés en scène qu'ils étaient assaillis par les gosiers secs des dames en fourrure, ou de la dame en velours rouge et aux cheveux blonds platine. Une grande artiste Russe, selon les rumeurs. Non. En réalité, elle n'avait aucun talent, rien de russe et sa chevelure avait tout d'une perruque de piètre qualité. Qui était-elle ? Pour la soirée, elle allait être une artiste Russe. Elle avait une invitation, un beau paquet de biffeton dans ses poches. Artiste ou pas, Russe ou pas, elle avait tout de la cliente. ELLE s'approcha de la "cliente" et lui proposa un verre de champagne. Celle-ci en prit un, le porta à sa bouche, en but une gorgée et recracha le liquide gazeux dans le verre en grimaçant. Mécontente du goût du champagne, pourtant de très bonne qualité, la femme blonde platine envoya promener la "serveuse", qui tourna les talons et s'éloigna en s'excusant. En passant devant un de ses hommes, ELLE hocha brièvement la tête. Celui-ci lui donna ses verres vides et ELLE continua sa course vers le coin bien caché du service traiteur, là où les verres sales atterrissaient. ELLE s'engouffra loin, très loin dans les coulisses, son plateau en main, un verre plein entouré de verre vide. Un verre plein dans lequel la femme avait recraché sa gorgée. Un verre plein dans lequel quelque chose flottait. Une capsule. Pas plus grosse qu'un comprimé.
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MessageSujet: Re: [Jour 02] Un défilé qui a du chien   Jeu 9 Oct 2014 - 17:20

L'interminable file d'attente pour vérifier les accréditations des journalistes et des photographes s'étirait du perron stylisé jusque sur la pelouse qu'Ethan contemplait d'un air rêveur. Elle était si bien taillée et soignée, régulière, ordonnée comme si chaque brin d'herbe était exactement à sa place, celle qui lui était destinée. Il zooma par réflexe avec son appareil accroché au cou et vit le pain et la fente sur la lentille. "Merde, c'est vrai... Pas grave j'ai mis l'autre dans mon sac hier soir..." Il revint à la pelouse et à ses petits brins d'herbe. Lui aussi avait l'impression d'être exactement à sa place dans l'univers et ce depuis peu. Depuis cette nuit en fait. Tant de choses avaient changé en si peu de temps depuis qu'il était revenu de Canberra. A présent, il ne vivait plus, n'agissait plus seulement pour ses idées, pour être en accord avec lui-même mais pour elle aussi. Il avançait comme les autres, pas à pas et cela lui rappela un concert de U2 en Irlande, avec la fouille minutieuse à l'entrée. Sacré souvenir. Il couvrait les événements liés à l'IRA et ce sujet, sans qu'il sut pourquoi, lui tenait à coeur encore davantage. Enfin, bien sûr qu'il savait pourquoi: les bombes , les manifestations le prenaient aux tripes mais ici plus qu'ailleurs. Pourtant, il était plutôt dans une bonne période à ce moment là. Il flirtait plus ou moins avec Sarah, une jeune femme rencontrée à Dublin. Il se sentait presque bien mais pas heureux comme il l'était aujourd'hui dans cette file de gratte papiers et de paparazzi alors qu'il savait aller vers le danger, vers la mort peut-être.

Trois têtes plus loin devant lui, il aperçut Louis-Dominique Rogier, un confrère qui couvrait plutôt les reportages sur le milieu naturel. Le type était toujours vêtu d'un inénarrable gilet de chasse avec cartouchière intégrée qu'il avait trouvé au Congo et coiffé d'un Stetson qui lui donnait un faux air baroudeur. Une vraie caricature mais un brave type. Dès qu'il vit Ethan, il lui fit un signe et agita son couvre chef comme si son confrère se trouvait au bout de la plaine des Impalas au Kenya. Ethan leva les yeux, fronça les sourcils puis un large sourire étira ses lèvres. Il se retourna pour être certain que c'était bien à lui que le grand blond faisait signe. Mais le doute se dissipa.

- Eh ! Deloir! Qu'est- ce que tu fous là ? Tu t'es reconverti dans le sujet mondain ?

Ethan haussa les épaules, l'air résigné, tel un pigiste qui saute sur le premier contrat et il balança par dessus l'épaule tailleur pied de poule qui se trouvait devant lui.

- Ca repose ...

Tandis que la file avançait, Rogier reculait, lui, pour se laisser rejoindre par son jeune confrère. Il bouscula quelque peu la rousse pied de poule avec sa perche de prise de son et reçut un regard glacial qui ne le démonta pas. Il ôta son chapeau et salua:

- Mes hommages Madame...

Puis il se tourna vers Ethan et le prit dans ses bras dans un méli mélo de sangles, de perches et d'objectifs.

- T'as l'air fatigué mon vieux ! Faut dormir !

- On fait ce qu'on peut! Répondit Ethan avec un petit sourire. Et toi en pleine forme ! Toujours aussi dragueur! Poursuivit-il en tapant dans le dos de son collègue.

- Tu peux parler, gamin! Tu te souviens de cette vendeuse de plumes d'autruches à Kampala ?

Ethan hocha la tête dans un grognement, avec une petite moue évasive.

- Vaguement ...

- Quoi ? Ne me dis pas que tu as oublié ta folle nuit d'amour avec Madame Katoubiou ?

- Cette vieille maquerelle ? Comment je pourrais ? Mais c'est loin tout ça! Toujours dans tes reportages animaliers alors ? Plaisanta le beau brun pour noyer le poisson.

- Ben pour ainsi dire... Le monde de la mode, c'est des drôles d'animaux , non ? Ils fonctionnent pas comme nous. C'est façade et apparence, m'as-tu-vu et compagnie...

Ethan eut un étrange sourire, dans le vague.

- Pourvu que non, Louido, pourvu que non ... Ohh on approche des contrôles.

La file avançait et ils se retrouvèrent au pied des marches où deux agents fouillaient avec lenteur chaque individu. Ethan se tourna soudain vers Rogier, lui fit des yeux ronds suppliants et demanda en chuchotant:

- Mec, ça m'ennuie de te demander ça mais est ce que tu pourrais planquer ce portable dans ton chapeau pour moi ?

- Ben ça va pas passer, ils vont me le fouiller. Les portables sont interdits sur le défilé pour éviter les photos pirates, c'est pas à toi que je vais expliquer...

- Je sais mais ma copine doit m'appeler et si je réponds pas elle m'écorche vif quand je rentre.

- Ca marchera pas. En plus, ils vont jamais gober qu'un type comme toi n'a pas de portable, ils vont nous fouiller le slip.

- J'ai un autre portable que je déposerai dans leur fichu sac! Alors ton chapeau, Louido ? Ca va marcher !! Insista Ethan en murmures saccadés.

Louido leva les yeux au ciel et tendit discrètement son chapeau puis le remit en l'ajustant avec soin.

- Deloir ? C'est quoi la combine, cette fois ?

- Quelle combine Louido ?

- Qui tu essaies de repasser, cette fois ? Quel scoop que personne n'a vu venir tu as encore senti ? Adam est le chef de la pègre des plus gros dealers, c'est ça ? Ou alors il alimente le trafic d'armes en Afrique ?

- C'est bien possible mais je suis pas au courant, mec. Répondit Ethan en riant. Je t'assure, vraiment, cette fois, c'est juste que ma copine est pas simple ... Tu en veux une ? Ajouta-t-il en proposant son paquet de cigarettes. C'est p'têtre la dernière ... avant longtemps.

Louido prit la cigarette avec l'air du type qui ne s'en laisse pas compter et fit un clin d'oeil.

- T'es amoureux alors ? Non parce que toi, d'habitude, les crises d'hystéries des donzelles, tu t'en bats les couilles. Un bon verre et hop on oublie et on passe à autre chose ! Donc, t'es amoureux ...

- Tu sais que t'es un grand con, Louido, quand tu veux. Avance donc ! Eluda Ethan en tirant sur sa cigarette.
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Ginie
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MessageSujet: Re: [Jour 02] Un défilé qui a du chien   Ven 10 Oct 2014 - 7:50


FLASHBACK - Dans le vaisseau mère

Le voyage ne dura que quelques minutes, cela permit à Adam de faire plus ample connaissance avec la jeune femme que Daryl lui avait choisi. Alors qu'il regardait la jeune femme de la tête au pied, il lui demanda :

- Quel est votre prénom ?

La jeune femme fut surprise d'une telle attention de ça part. Il est vrai que dans le vaisseau-mère il est connu pour être un goujat. Après quelques instants d'hésitation elle lui répondit :

- Sarita, mon commandant.

Adam ne répondit pas aussitôt, mais il ne lui fallut pas longtemps pour réagir et il lui lança :

- Hum, nous allons enlever quelques lettres à ce prénom. Vous serrer Sara pendant tout le temps où vous m'accompagnerez.


Le silence était devenu pesant puis Adam ajouta :

- Dès que nous serons descendus, je veux que vous fassiez ce pourquoi vous êtes ici... la potiche. Un sourire de-ci de-là et pas un mot. M'avez-vous compris ?

Sarita n'avait pas répondu et s'était contentée d'un léger signe de tête. Elle n'appréciait pas ses façons de faire. Adam étaient un vrai goujat. Silencieuse elle regardait l'extérieur de la navette tout en serrant des poings. Elle n'avait qu'une envie, lui faire payer son affront et ce même si elle devait attendre quelque temps, avant de pouvoir faire quoi que ce soit. La jeune femme fut tirée de ses pensées par la décélération de la navette.

La première navette venait aussi de faire une décélération et commençait sa manœuvre de descente, puis elle se posa tout en douceur sur le sol de Versailles. Les portes verticales s'ouvrirent laissant apparaître deux rangées de soldats armées. Ils prirent position à différent endroit du bâtiment. Quelques-uns se postèrent aux niveau de l'entrée. Une fois le ballet des soldats terminer la seconde navette entama sa descente. Quand elle arriva au sol les journalistes s'étaient rapprochés et commençaient leurs bombardements habituels avec leurs appareil photos avant même l'ouverture des portes. Et quand enfin celles-ci s'ouvrirent, elles laissèrent apparaître dans un premier temps Daryl puis vint Adam galamment accompagné par une jeune femme Elyrienne. Ils traversèrent les quelques mètres qui les séparaient du gala puis entrèrent à l'intérieur du bâtiment pour rejoindre la salle où allait avoir lieu le défilé.

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Upsilon
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MessageSujet: Re: [Jour 02] Un défilé qui a du chien   Ven 10 Oct 2014 - 12:43

ELLE sortit une pince à épiler et retira la capsule du verre de champagne. La capsule était métallique. Délicatement, ELLE prit la gélule en acier du bout des doigts et la porta à hauteur de ses yeux pour l'examiner.

- Parfait, murmura-t-elle tout en passant un doigt sur une gravure faite sur le métal.

"5mg"

Se sentant forte et victorieuse, ELLE referma sa main sur la capsule, arbora un sourire sournois et la mit dans la poche intérieure de sa veste de tailleur. ELLE abandonna les verres vides sur place et, le plateau en main, retourna à ses occupations de serveuse. De fausse serveuse. ELLE alla en salle. Les derniers invités étaient arrivés. Adam venait de faire son entrée. Le ministre des affaires étrangères et celui de la culture étaient aussi là. Tous les journalistes étaient en pleine activité, les clients avaient pris place sur les fauteuils entourant le podium. Dans l'espace VIP, les Elyriens et les officiels terriens cessaient leur discussion. La lumière se baissa dans la salle. ELLE se trouvait dans un coin sombre. Les projecteurs s'allumèrent, la musique fut lancée. Le premier mannequin, accompagné d'un caniche magnifiquement toiletté fit son entrée. Le ballet des longues jambes commençait.

ELLE s'éclipsa tandis que ses deux hommes, déguisés en serveur, s'avançaient vers l'espace VIP pour proposer des petits fours aux officiels terriens, passant incognito sous le nez des hommes de la sécurité. ELLE était maintenant en coulisse. Là où les mannequins se préparaient. Personne ne faisait attention à sa présence, alors qu'elle débarrassait les verres vidés par les filles et les stylistes. Le plateau chargé de verres vides, sa nouvelle raison de fuir vers le coin de la plonge, ELLE retourna là où elle avait retiré la capsule. Au passage, ELLE prit trois flûtes et les remplit de champagne. ELLE dévissa la capsule et versa le contenu dans un des verres. ELLE retira ses boucles d'oreilles. Une belle paire de perles nacrées. En réalité, chaque boucle était un petit contenant, dont la perle se détachait pour libérer un petit quelque chose. ELLE versa le contenu des deux boucles dans le deuxième verre, puis elle laissa le troisième intact, ou presque. Elle sortit un marqueur d'une poche et fit un petit point sur le pied du verre. Voilà un petit signe distinctif pour le démarquer des deux autres. Satisfaite, ELLE prit son plateau et rejoignit ses comparses dans le cercle VIP. Les trois officiels devaient avoir soif, après avoir mangé les petits fours feuilletés proposés par ses collègues…


HRP:
 



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MessageSujet: Re: [Jour 02] Un défilé qui a du chien   Ven 10 Oct 2014 - 22:16

Après avoir affirmé au Maître que le tchiorny spécialiste des défilés était à son entière disposition, Sébastien remit les papiers de Chapka au secrétaire de Kenzo. Celui-ci s'occuperait de prévenir ses propriétaires qu'on rapatrierait  le précieux animal, sitôt sa prestation terminée, dans la Bentley de Monsieur Takada. Satisfait, le journaliste  se tourna vers le chien, lui serra affectueusement la patte et lui dit :

-Chien ! Tiens-toi bien ! Ne tire pas sur ta laisse !  Ne bave pas sur le macramé rouge ! Ne déshonore pas tes ancêtres qui se les sont gelés à Stalingrad et peut-être même à Borodino. Et surtout, ne saute pas sur les types qui te paraîtront avoir une odeur anormale. Les Extra-terrestres sont parmi nous et ils sentent peut-être l'ozone,le plutonium enrichi ou le superkrypton.

Un maître d'hôtel qui s'occupait de faire réparer le désordre causé par le petit chien échappé s'approcha du journaliste et lui dit avec onction:

-Il serait peut-être sage de nourrir votre chien avant le défilé afin de lui éviter des tentations apéritives. Pourriez-vous me dire quel est son mets favori ?

-C'est un terrier noir russe! répondit aussitôt Sébastien sans sourciller -un boeuf Stroganoff lui conviendra particulièrement ; mais ne forcez pas sur l'oignon, qui lui donnerait mauvaise haleine !

Ravi de s'être libéré ainsi de la tutelle de Chapka, tout en ayant été introduit directement dans le saint des saints, Sébastien avisa  un  extra qui rangeait des cintres  dans un vestiaire improvisé et lui confia pelisse et zibeline. Ouf, il cessa de ressembler à un yéti mâtiné de Docteur Jivago et malgré le veto maternel, il sortit son bonnet  et y réintroduisit sa toison naissante avec soulagement.

Un appariteur, l'ayant vu parler aves Takada et connaissant le prix de la zibeline  s'approcha avec déférence et lui demanda s'il était dans ses intentions d'assister au défilé, auquel cas il se ferait un plaisir de lui trouver une place. Sébastien décida de me pas outrepasser ses droits et avoua sa situation de journaliste. La zibeline continua cependant à faire son effet et trois minutes plus tard, dûment enregistré en priorité par la Sécurité, Sébastien rejoignit les quelques privilégiés de la presse écrite déjà installés sur les chaises Louis XV descendues des réserves du Musée pour l'occasion.
Très satisfait de lui, Sébastien récapitula ce qu'il aurait à raconter à Laurie en rentrant ce soir, et le succès de Chapka,  et le bruit que son bonnet allait  faire dans les conversations mondaines pendant au moins trois jours. Il aperçut le photographe de Paris-Match qu'il connaissait un peu et qui lui fit un signe interrogateur. Sébastien acquiesça  d'un sourire. Il figurerait sur une des photos avec une ligne du genre : "On a beaucoup remarqué ce jeune élégant en bonnet et lagerfeld, Sébastien-Maxence de Neuville, le fils de l'industriel bien connu".. Le choc des photos est toujours plus efficace que le poids des mots. Sa mère ferait semblant d'être outrée ( *Paris-Match ! Tu aurais pu choisir de te faire remarquer par Life !*) mais son père n'était pas hostile à la publicité gratuite.
Plusieurs confrères qui le connaissaient, il faut dire plus pour l'avoir souvent croisé dans des événements mondains que pour l'abondance de ses articles, lui firent des signes amusés et complices.
Les photographes discutaient un peu des emplacements qui leur étaient attribués et sortaient leur matériel en critiquant l'éclairage ou la disposition des lieux. La Galerie des Glaces nécessitait des heures de mise au point, on ne les avait pas autorisés à entrer assez tôt. Cela rappela à Sébastien qu'il ne savait toujours pas quel photographe l'accompagnerait  lors de l'entrevue avec Adam . Le Patron devait quand même avoir son idée sur la question  et ne pouvait pas désigner le premier venu pour une occasion aussi exceptionnelle. Il n'y avait plus qu'à attendre l'arrivée imminente du chef élyrien, bien plus le clou de la soirée que Macramé Rouge avec Chapka !
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MessageSujet: Re: [Jour 02] Un défilé qui a du chien   Ven 10 Oct 2014 - 22:29

Le passage de la fouille avait été délicat mais Ethan avait usé de son air ingénu et de son sourire rayonnant en faisant tomber dans le sac en plastique le portable de secours. L'Ethan séducteur était à l'oeuvre et sous le regard médusé de Rogier, le stratagème fonctionna à merveille. Il n'eut qu'à restituer discrètement le portable qu'il avait caché sous son chapeau en allant aux toilettes et en le planquant derrière une cuvette de wc comme le lui avait demandé Ethan. Il lui avait suffi de passer le récupérer rapidement avant que quelqu'un tombe dessus. Le photographe en avait profité pour passer un appel et vérifier qu'aucun brouilleur n'était activé. Il confirma à son contact qu'il était dans la place et qu'il allait prendre son poste d'observation comme convenu. Il glissa son téléphone dans la poche de sa veste et retourna dans la magnifique galerie où le défilé commençait à se mettre en place. Effervescence des serveurs qui naviguaient les bras chargés de plateaux, crachotements des retours de la régie son qui faisait les derniers réglages, effervescence en coulisse où les mannequins devaient sans doute se préparer, recevoir les ultimes retouches à leur tenue, les raccords coiffure et maquillage avec une myriade de coiffeuses et maquilleuses sur leur talons.

Il tata le pressbook de Laure dans sa sacoche de photographe et obliqua en direction de la ruche dans l'intention d'y voir le créateur. Il fallait qu'il le lui remette, avant, absolument ! Il se tourna vers Louido et lui désigna du menton le parterre de journalistes déjà installés en bonne place et entouré d'une armada de photographes.

- Je dois aller en coulisses. Tu peux aller t'installer avec nos confrères, je te rejoindrais.

Le photographe animalier étouffa un petit rire.

- Aaah ! Je te reconnais bien là ! Dès qu'il y a de la belle donzelle hein ...

Ethan leva les yeux au ciel et esquissa une moue dépitée.

- C'est pas du tout ce que tu crois ... OOhh et puis pense ce que tu veux ! Finit-il par dire avant de tourner les talons et de disparaître dans le couloir qui menait à l'arrière scène.

Un temple de la beauté ostentatoire et artistique, des femmes moulées dans des tenues toutes aussi originales et audacieuses les unes que les autres. Ethan risqua quelques sourires timides en frôlant les étoffes et son passage fit naître plus d'une étincelle dans les regards des modèles et quelques moues connaisseuses. Bon, il avait vraiment misé l'élégance et la classe sous son éternel manteau et la chemise de lin d'un blanc immaculé et la coupe de sa veste à double boutonnage soulignaient le charme naturel du visage volontaire aux yeux légèrement en amandes, du menton bien dessiné et des lèvres promptes au sourire comme au sarcasme. Il se fraya un chemin sage et sans provocation jusque à la loge principale ou Kenzo Takada était en grande discussion avec son mannequin vedette. Il frappa discrètement sur le battant de la porte ouverte. L'homme au sommet de sa maturité artistique se tourna vers l'intrus.

- Monsieur Takada, excusez-moi de vous importuner en pleine discussion mais j'aimerai vous demander un service. Il se trouve que ... qu'une de mes amies styliste a quelques modèles à vous présenter Hélas, une indisposition due à une indigestion l'a empêchée d'être présente et ... elle était si déçue. Je me suis proposé pour vous porter ce folio, qui expose quelques unes de ses créations les plus réussies. Elle a vraiment quelque chose. Enfin mon objectif l'a vu et vous le verrez sans doute encore mieux que moi.

Le mannequin pinça les lèvres tandis que Takada semblait sauter sur l'occasion pour changer d'air et de sujet.

- Faites voir... Savez-vous combien de pressbook on me soumet par jour ? Monsieur ?...

- Ooh j'imagine bien... Euh Ethan Deloir ... Excusez-moi. C'est le travail de Mademoiselle Dubois, Laure Dubois.

Le créateur faisait défiler les pages , s'arrêtant sur quelques unes. Le modèle s'était approché et lorgnant par dessus l'épaule du patron qu'elle dominait d'une tête au moins, fronçait son ravissant nez en examinant les clichés.

- Aaaah! C'est pas mal, non ? Celle-là, la robe à frange, il y a quelque chose... Glissa-t-elle.

Takada, hochait la tête, concentré dans son observation.

- Les tenues accrochent bien la lumière... Ce sont des robes pour faire briller les femmes dans la pénombre du soir...

Ethan se mordait les lèvres, nerveux, excité comme un gamin, le regard fiévreux.

- Oui, elle sait mettre la femme en valeur tout en sortant des sentiers battus !

Takada eut une petite moue malicieuse.

- Il y a quelque chose, en effet. Elle a un don pour mettre en valeur le mouvement naturel du corps. Mais qui est ce modèle et ... les clichés sont... Ils ne sont pas signés ?

Ethan baissa les yeux, un peu embarrassé. Puis il releva la tête et lâché d'une seule traite.

- C'est la créatrice elle-même qui pose dans ses tenues. Mademoiselle Dubois. Et le photographe... J'ai fait de mon mieux mais je ne suis pas photographe de mode ... Ce qui compte, c'est l'originalité et la classe des modèles présentés, n'est-ce pas... Si Laure avait pu avoir la chance de travailler avec les professionnels qui vous entourent... Le résultat aurait été bien plus valorisant...

Takada se tourna vers le mannequin et échangea quelques mots au creux de l'oreille avec elle. Tous deux souriaient d'un air complice. Le créateur releva les yeux vers le photographe.

- Je ne crois pas... Vous avez su saisir l'essence du mouvement et surtout l'essence de la création et de la créatrice. Ces clichés sont très beaux mais auraient plus leur place dans une exposition que dans un press book. Néanmoins, je vais le conserver, j'avoue que ma curiosité est piquée. Votre amie a-t-elle une carte de visite que je puisse la contacter. Miranda me disait justement que le retour au rétro mais avec une vision moderne de la femme, plus libre mais aussi plus fragile était tout à fait dans la tendance. Et Miranda a beau être un chameau, elle se trompe rarement sur l'orientation du vent...

Ethan sortit une petite carte de sa poche et la tendit avec un sourire nerveux.

- Merci Monsieur Takada, vraiment, merci pour elle.. Vous allez l'appeler alors ? Elle le mérite vraiment vous savez. Et elle a deux fois plus de modèles dans ses armoires qu'on ne peut en voir dans le ...

- Alors, il va falloir vous remettre au travail Monsieur Deloir, et changer d'orientation professionnelle, après tout, les ruines et les morts, ce doit être lassant à force, non ?

Ethan recula, comme s'il était cerné par une marée montante de boue...

- Oui, je... Sans doute...

- Je vais l'appeler oui, une fois le rush du défilé passé... Je dois aller vérifier que tout est en ordre pour le début du défilé à présent.

- Merci alors... Vraiment... Elle attend beaucoup de cette collection, elle a tellement travaillé... Elle espère vos conseils...

- Comme beaucoup de jeunes stylistes qui espèrent que je les aiderai à se trouver. Mais elle, elle s'est déjà trouvée. Bonne chance à vous deux, Monsieur Deloir. A bientôt certainement.

Ethan hocha la tête en silence et sortit en faisant un signe de la main. Extrêmement troublé. Il doutait d'avoir été à la hauteur et surtout il était étonné des remarques peu professionnelles finalement. Avait-il réussi à le convaincre et que voulait-il dire en leur souhaitant bonne chance à tous les deux ? Il leva les yeux au plafond dans une prière muette et souhaita très fort que le Japonais appelle Laure mais il lui semblait que l'homme avait l'air franc.

*********

Il rejoignit Rogier qui s'était campé avec son attirail sur le côté droit du pavé de journalistes, lesquels avaient dégainé leur petit carnet de notes pour certains. Le photographe se glissa vers son collègue et demanda en fronçant les sourcils s'il savait quand le défilé allait commencer. Louido haussa les épaules.

- Quand les perruches seront prêtes mais tu dois le savoir mieux que moi. Tu en viens non. Ahh ben tiens regarde, il y a du mouvement! Ca va pas tarder. Je crois qu'Adam est arrivé.

Ethan se tourna vers son collègue tout en préparant son appareil photo.

- Et tu sais qui va participer à la conférence de presse ?

- Les sponsors, le ministre de la Culture, Takada

- Tiens, Sébastien de Neuville est là... Murmura Ethan en se retournant et en jetant un coup d'oeil au parterre. C'est lui qui doit interviewer le bonhomme dans quelques jours. Tu sais pas quel photographe devait couvrir l'événement ?

- Je crois que c'est Raoul Gauss. A moins que ça ait changé. J'ai entendu dire que le boss de Neuville n'arrivait pas à se décider.

Ethan consulta sa montre. Toujours pas de nouvelle plus précise de son contact. Le portable qu'il avait mit sur vibreur restait inerte. Dans une heure environ, il serait fixé sur la véracité de ses informations Il jeta un autre coup d'oeil en arrière en direction de Neuville et croisa son regard cette fois. Il lui fit un signe de tête amical et effectua les derniers réglages sur son appareil, constata qu'il n'avait pas changé l'objectif brisé. Il glissa la main dans sa sacoche et fit une grimace.

- Eh merde! J'ai oublié le neuf sur la table du salon !


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Upsilon
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MessageSujet: Re: [Jour 02] Un défilé qui a du chien   Ven 10 Oct 2014 - 22:29

Les premiers mannequins à défiler présentaient des éléments de la collection d'inspiration victorienne d'Alexander McQueen.
Les 6 créations d'Alexander McQueen:
 
Tout juste débarqué d'Angleterre, le jeune styliste avait été approché par Terre et Vie, l'association caritative qui militait contre les dépotoirs de déchets industriels dans les pays du tiers monde. Dans le carré VIP, les organisateurs de l'association se frottaient les mains. Les premières créations enchantaient les clientes. Mais qu'en était-il des Elyriens ? Ils restaient silencieux. Observateurs. Peut-être n'avaient-ils pas de défilé de mode chez eux… voire tout simplement de mode.

Derrière les Elryiens, ELLE bouillonnait. Deux serveurs avaient déjà servi un verre de champagne à ses proies. Ses hommes n'avaient rien pu faire pour les en empêcher et laisser ainsi le temps à ELLE de faire son travail. Elle devait donc attendre. Installée dans un coin reculé du carré VIP, là où aucun officiel ne pouvait la voir, à moins de se retourner, ELLE attendait le moment propice pour passer à l'action. De toute façon, si la première phase de son plan ne fonctionnait pas, il restait toujours la deuxième. Celle-ci pouvait faire son effet sans la première attaque. Néanmoins, le message à faire passer allait être légèrement tronqué. S'il ne devait y avoir que la bombe, le groupe allait être simplement montrer la violence. Le côté stratégie politique des envahisseurs ne pouvait plus être mis en avant.
Billy avait été très clair :
L'empoisonnement sera plus significatif que le "badadoum" lors de la conférence. Il sera l'annonciation d'une chose plus terrifiante qu'une série d'explosion. Le Gouvernement mes petits. Le Gouvernement sera plus effrayant que nos bombes ! "

Quitte à proposer un verre de champagne tiède à ses proies, ELLE devait impérativement le leur faire boire. Si les explications données par leur fournisseuse étaient exactes, ses victimes mettraient 15 à 20 minutes avant de mourir. ELLE pouvait donc donner ses verres quelques minutes avant la conférence. Ses proies n'étaient pas des surhommes. Aucun doute que la dose létale maximale les tuerait. ELLE avait quémandé le maximum létal par précaution. Vu le retardement dans so plan, à cause des deux véritables serveurs soucieux de bien désaltérer les VIP, ELLE se disait qu'elle avait eu raison d'en commander autant. La dose allait forcement les tuer, 15 à 20 minutes après absorption. 5mg chacun, ce n'était pas n'importe quoi !

Pendant ce temps, sur la podium, Alexander McQueen faisait quelques courbettes, en compagnie de ses six mannequins,  pour saluer la foule. 6 créations par styliste. C'était le maximum imposé par Terre et Vie. Leur objectif n'était pas de faire un défilé extrêmement long. Mais plutôt de faire parler d'eux, de leur cause humanitaire et écologique, de les exposer aux Elyriens et ainsi obtenir leur aide. Celle qu'ils avaient promis.

Alexander McQueen laissa sa place aux 6 créations de Kenzo Takada, le styliste vedette de la soirée, qui allait ensuite laisser sa place à Domenico Dolce et Stefano Gabbana, les parrains du défilé.

Seule dans le carré VIP, ELLE patientait donc. Ses deux hommes avaient quitté l'espace privé des officiels pour partir à la recherche de la femme en velours rouge. Cette femme était cachée quelque part dans la foule de client. Cette femme était la clé de la réussite de la phase deux. De la phase "badaboum". Un des deux hommes se faufilaient parmi les clientes. L'autre parmi les journalistes. Où pouvait bien se cacher leur précise femme en velours rouge !

La dame en rouge était bien dans la foule. Elle ne s'était pas volatilisée. Elle s'était recluse dans le carré des journalistes, l'oreille bien tendue, à l'écoute des ragots et des conversations des hommes de la presse. Que cherchait-elle à entendre ? Quel genre d'information voulait-elle intercepter ?
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MessageSujet: Re: [Jour 02] Un défilé qui a du chien   Dim 12 Oct 2014 - 9:31


Parmi les photographes qui s'installaient, Sébastien remarqua soudain un grand gaillard brun qu'il reconnut immédiatement : Ethan Deloir, connu pour ses reportages fracassants sur des sujets en général situés dans des endroits chauds du globe, avec une prédilection pour des cadrages mêlant des décors splendides et des scènes où la  violence ordinaire des hommes déchaînait ruines, horreurs et deuil.
c'était un grand artiste pour Sébastien, et aussi un esprit engagé, qui savait utiliser son art pour communiquer des idées fortes sur la cruelle incohérence du monde et les aberrations humaines. Sébastien l'admirait beaucoup et lui avait été présenté une fois lors d'une cérémonie officielle. Ainsi  Deloir était donc rentré à Paris. Sébastien, que son patron semblait avoir oublié en ne lui envoyant aucune information sur sa future interview avec Adam, soupira de regret. Un type génial comme Deloir aurait été capable,au fil des questions posées, de prendre le chef élyrien sous des angles et avec des éclairages tels qu'ils auraient jeté un jour nouveau sur cet individu, apparemment si lisse dans sa bienveillance paternaliste. Mais plus s'enchaînaient les jours de présence extra-terrestre(on ne disait pas encore occupation) et plus Sébastien sentait que tout se passait dans trop d'indifférences, de papotages mondains, de décisions superficielles, de discours faits pour cacher la réalité du plus grand événement survenu dans l'histoire de l'homme. On aurait dit que tous étaient pressés de reprendre leur train-train habituel, la première surprise passée. Tout aurait dû se réorganiser autour de ce fabuleux changement des données de l'existence ; mais non. A part quelques excités et contestataires  qui manifestaient en agitant ici et là des pancartes, tous, lui y compris, devant le profil bas et les paroles lénifiantes de la délégation et ne recevant aucun mot d'ordre fédérateur des pouvoirs publics, préféraient continuer à vivre comme si le ciel ne s'était pas ouvert au dessus de leur tête pour laisser entrer le cosmos.
Sébastien se demanda ce qu'il faisait là. Il avait été si naïvement fier du décollage inespéré de sa carrière lors de l'entrevue avec le patron. Il ne s'était que très rapidement posé la question du motif de ce choix d'un journaliste débutant pour un événement si important. On pouvait s'expliquer qu'on l'envoie sur le  défilé de mode, bien que totalement hors de ses attributions habituelles. Il y avait certes vu un coup de pouce - pour ne pas dire de piston - venant de son père, qui d'ailleurs sponsorisait Terre et Vie pour s'acheter une conscience. Mais pour l'interview d'Adam, c'était absolument sans raison. Sébastien regarda plus attentivement la mise en place d'une estrade qui n'avait rien à voir avec un défilé de mode, de fauteuils,de tables, le nombre important de journaliste et de photographes spécialisés dans les événements politiques. En fait, c'était maintenant qu'il aurait fallu interroger Adam. Tout y était. Adam, la presse, un public de choix. La pensée désagréable qu'il  avait été mené en bateau se fit jour soudain. Pas étonnant que Martin ne lui ait plus donné aucune consigne, fixé aucune date, désigné aucun photographe.. Pendant qu'on parlait de Neuville comme l'heureux élu, on préparait en secret toute autre chose. C'était maintenant qu'Adam allait prendre la parole et  quand lui, il rencontrerait l'Elyrien, ce serait juste pour  redire ce qui aurait été déjà entendu ici. Martin devait être au courant et avait ordre de noyer le poisson en amusant les confrères. A ce moment Deloir le regarda et lui fit un petit salut. Sébastien répondit de même, cachant sa frustration sous un sourire poli. Deloir devait en savoir plus que ce brave idiot de Neuville sur sa fameuse, sa mirobolante Première Interwiew. Il pourrait peut-être même apprendre de lui quel photographe de seconde classe on allait lui donner. Et il pourrait entendre aujourd'hui ce qu'il pourrait  faire répéter plus tard à Adam. Roch se sentit pâlir sous son bonnet noir. Qu'est-ce qu'il foutait ici à noter des remarques idiotes sur des frusques bon chic bon genre ? Il  se dit qu'il allait se lever et partir.
Cependant l'arrivée d'Adam le retint sur sa chaise, pris dans le mouvement de curiosité qui parcourut l'assemblée.
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Siana


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MessageSujet: Re: [Jour 02] Un défilé qui a du chien   Dim 12 Oct 2014 - 11:06

Laure baillait. Postée devant l'entrée de service pour le défilé, elle attendait en étirant sa mâchoire à grand coup de bâillement et en serrant un sac pailleté contre elle. Dedans, elle gardait le précieux objectif oublié par Ethan.

- Mais tu faisais quoi !? s'exclama Laure en trépignant. Je t'attends depuis dix minutes.

Suzy posa ses mains sur les hanches avec un air décontenancé. Elle regardait Laure dans sa petite robe verte à franges, la même que la noir que Suzy avait trouvé dans le salon, celle utilisée au début du shooting avec Ethan. Son amie sautillait sur place pour réchauffer ses jambes peu couvertes, tout en arborant un sourire niais. Le genre de sourire qu'elle n'avait pas vu sur le visage de Laurichou depuis très, très longtemps.

- Seulement dix... et tu te plains. Hou toi ! Je sais ce que tu as fais hier soir, j'ai la preuve qui me manquait : un sourire béa. Toi, tu as eu la même activité que ton colocataire.

Laure cessa de gesticuler et se figea, effrayée à l'idée que Suzy sache pour Ethan et elle. Laure n'était pas dérangée par le fait que son amie fut au courant, mais Ethan semblait vouloir ne pas mettre Suzy au parfum. Alors Laure avait décidé de ne rien lui dire. Pour le moment. Une fille ne garde pas bien longtemps ce genre d'information.


- De... de quoi tu parles ?

- Hier soir je suis passée chez toi, pour te déposer une invitation pour le défilé et j'ai vu ton colocataire pas très bien habillé et ta robe noire en vrac dans le salon. J'espère qu'il ne l'a pas fait porté à une de ses pouffes, surtout qu'il l'a taché. Donc je me dis que, si toi tu es sortie en pleine nuit, c'est que tu avais un mâle à aller voir. C'est bien Laurichou, il faut ressortir de ton terrier ! Et Ethan en a profité pour avoir le même programme que toi, mais chez toi, et avec un supplément "pâtisserie".


Laure se sentit soulagée. Suzy n'avait rien deviné. Elle voulait au moins sauver l'image d'Ethan. Elle inventa alors un gros mensonge.


- C'est moi qui ai laissé la robe dans le salon. Je voulais la mettre pour sortir et je me suis tachée en aidant Ethan à faire un gâteau au chocolat avant de partir, j'en fais toujours un quand il rentre de voyage. Tu m'as donc loupé de peu ! Et Ethan a bossé toute la nuit. Quand je suis rentrée, il était toujours sur les photos de son dernier voyage car il vient de rentrer, mentit Laure avec un brin d'arrogance.

- Les mecs te font avoir l'air d'une tigresse, répliqua Suzy en plissant les yeux avant de lui faire une tape sur les fesses. J'aime ça ! Aller. Suis-moi, je vais te faire passer par les coulisses. Mais prends quand même le carton, cela te sera utile si tu te fais remarquer par les vigiles. Ils sont physionomistes. S'ils ne t'ont pas vu par l'entrée normale, ils vont te tomber dessus.

Bras dessus, bras dessous, les deux amies entrèrent dans les coulisses. Ne pouvant la laisser trainer parmi les mannequins trop longtemps, Suzy obligea Laure à la suivre dans la salle où tout le monde assistait déjà au défilé, arrivé à la moitié des créations.

Laure fut abandonnée là, au milieu des clientes. Que faire maintenant ? Comment trouver son Ethan ? Tout en faisant la moue, Laure vagabondait entre les clientes assises, qui pestaient de la voir passer entre elles et le podium.
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[Jour 02] Un défilé qui a du chien
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