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 [Jour 02] Un défilé qui a du chien

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Upsilon
Gardien d'une porte

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MessageSujet: Re: [Jour 02] Un défilé qui a du chien   Dim 12 Oct 2014 - 11:07

Plus qu'un styliste. Que plus six créations. Le défilé touchait à sa fin. La conférence de presse allait bientôt commencer. Dans l'ombre des coulisses, les tréteaux, les planches, nappes et micros attendaient d'être installés. Les techniciens regardèrent, avec un œil brillant, les six derniers mannequins passer devant eux.

Du côté de ELLE, tout allait pour le mieux. En passant près d'un de ses "collègues" serveurs, elle s’empara d'un cocktail, qu'elle posa au milieu des deux coupes de champagne empoisonnées et de la troisième non piégée. La Dame en velours rouge était en vue. ELLE s'approchait doucement de la pseudo Russe. Quand elle fut à ses côtés, ELLE lui proposa le cocktail. S'engagea une conversation en murmure entre les deux femmes.


- Cocktail à la pomme, informa ELLE.

- Merci, dit la "cliente" avec un fort accent russe. Quand nous arrivés sur terre à vous durant début Guerre Froide, nous avons aimé manger pomme pour premier repas. Culture à vous très méchante avec pomme dans livre saint. Bible c'est cela ?

ELLE hocha la tête par politesse.

- Elyriens au nombre de sept ce soir dont Adam, Daryl et potiche pour Adam.

- Non, dans le carré VIP, ils ne sont que six.

- Moi sentir sept Elyriens dans salle grande de démonstration pour vêtements de luxe.

ELLE plissa les yeux, fronça les sourcils et tourna lentement la tête vers la "cliente Russe".

- Moi jamais me tromper. Moi les sentir, ça être ma nature de les sentir. Aura Elyrien particulière. Aura numéro 7 très particulière. Aura numéro 7 pas entièrement Elyrienne. Hybride être dans salle. Un jeune hybride mâle. Moi aller le trouver avant explosion bombe pour protéger hybride.

- Les hybrides existent donc vraiment ?

- Pour sûr, Père pas mentir à votre groupuscule. En attendant, vous donnez neurotoxine de la belle fleur aux hommes qui vont parler.

Les deux femmes se turent et attendirent la fin du défilé.

[HRP]
Spoiler:
 

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Ginie
Tortionnaire de PJ

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MessageSujet: Re: [Jour 02] Un défilé qui a du chien   Dim 12 Oct 2014 - 14:01

Installé dans le carré des VIP, Adam scrutait paisiblement l'assemblée. Tous s'installait dans le plus grand brouhaha jusqu'au moment où la musique se mit à retentir, annonçant le début du défilé.

Silencieux, il regardait les tenues que les terriens avaient créé pour l'occasion. Sara et Daryl étaient tout aussi calme, ils ne laissaient rien paraître, aucune émotion, ni même un sourire de satisfaction et ils n'avaient rien avalé.
La tenue que portaient Sara et Daryl était plutôt simple et sobre. Lui avait opté pour une tunique de couleur beige avec un pantalon blanc, tandis que le choix de Sara s'était porté sur une tunique un peu plus élaborée, de couleur crème avec un voilage qui lui recouvrait les épaules. Adam avait préféré pour une tunique noire au fil dorés sur l'encolure et un pantalon blanc.

Le défilé était presque arrivé à sa fin, Adam avait remarqué le carré des journalistes et se demandait si le jeune journaliste qui avait été choisi pour l'interview était dans les lieux. Se tournant vers Daryl, il lui demanda :


- Tache de savoir si le journaliste qui est sensé m'interviewer se trouve dans la salle. Si c'est le cas invite-le à venir nous rejoindre ici même. As-tu compris ?

Daryl se contenta d'un signe de tête, puis sortit du carré VIP. Une fois à l'extérieur, il s'empressa de glaner les informations nécessaire à sa mission. Après avoir eu l'information qu'il voulait auprès d'un vigile situé entre le carré VIP et le reste de la salle du défilé, Daryl s'empressa de rejoindre le carré des journalistes. Une fois arrivé au milieu des appareils photos et des flashs, il s'installa aux cotés d'un jeune homme et lui demanda :

-Êtes-vous Sébastien de Neuville ?

_________________
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MessageSujet: Re: [Jour 02] Un défilé qui a du chien   Dim 12 Oct 2014 - 14:36

Contre toute attente, Jules avait réussi à pénétrer dans le palais assez aisément. Un des hommes de la sécurité s'était bien rapproché de lui mais le regard que l'hybride lui avait lancé avait dû dissiper ses doutes. Ainsi, le jeune garçon avait pu assister au concours canin. À peine avait-il mis les pieds dans ce lieu bruyant et puant, qu'il regretta de s'être déplacé. Son père avait certainement besoin de lui et voir des petits toutous à leurs mémères parader n'était pas vraiment sa tasse de thé. Il ne comprenait pas comment il avait pu croire le vieux Clément qui lui avait indiqué qu'il pourrait probablement rencontrer Adam. Il ne devait plus se voiler la face : aucune trace des élyriens ici. C'était le défilé et seulement le défilé qui était la raison de leurs venues.

Jules se leva du banc où il s'était installé et commença à circuler dans la grande salle. Il ne s'amusa même pas des chiens qui n'obéissaient pas à leurs maîtres et qui préféraient s'enfuir ou déféquer devant les jurys. Fort heureusement, même les événements les plus pénibles avaient toujours une fin et un mouvement de foule assez conséquent lui fit comprendre que la mascarade avait assez duré. Il était temps de rentrer.

Alors qu'il se dirigeait vers la grande porte de sortie où tout le monde se pressait dans un bruit assourdissant, mêlant cris de bonnes femmes et jappements stridents, il surprit la conversation de deux personnes, l'une portant une caméra et l'autre un gros carnet de notes. Ces deux journalistes se rendaient directement au défilé qui avait lieu dans la Galerie des Glaces qu'on pouvait rejoindre directement par un couloir adjacent. Une pensée traversa l'esprit de Jules qui haussa les épaules. Après tout, il n'avait rien à perdre et il pouvait encore espérer ne pas être venu pour rien.

Le jeune hybride quitta le flot des spectateurs pour rejoindre celui des journalistes qui bifurquait vers une porte plus petite. Les reporters étaient nombreux et les agents de sécurité qui contrôlaient l'accès à la Galerie des Glaces ne semblaient pas faire preuve d'une grande rigueur. Jules se rapprocha d'une jeune femme qui transportait difficilement une lourde caméra et un trépied. Avec son plus beau sourire, il lui proposa son aide et porta ainsi le matériel de la jeune journaliste. Lors du contrôle, celle-ci présenta sa carte de presse et sa convocation mais le gorille affecté à la surveillance n'y jeta qu'un coup d’œil rapide. Il ignora presque Jules qui était trop chargé pour présenter quoi que ce soit.

Il était passé. Une fois sur les lieux du défilé, le garçon rendit ses affaires à la jeune femme qui le remercia chaleureusement. Puis il commença à faire le tour des lieux, observant les visages et essayant de repérer Adam. Mais la foule était compacte et il ne devait pas se faire remarquer, il n'avait pas sa place ici...
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Siana


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MessageSujet: Re: [Jour 02] Un défilé qui a du chien   Dim 12 Oct 2014 - 14:37

Laure se faufilait comme elle pouvait entre les clientes afin de se rapprocher au mieux de l'espace serré des journalistes, qui se trouvait en bout de podium. Alors que les photographes ne se trouvaient à quelques mètres devant elle, Laure s'arrêta et se figea. Elle faisait face à la pointe du podium. Les mannequins étaient si impressionnantes, perchées sur leurs talons, marchant avec assurance sur un podium fait d'herbe et de cailloux, avec un laisse : un chien pas toujours coopératif. Laure se voyait déjà en train de présenter ses créations aux yeux du monde. Elle s'imaginait en coulisse, à stresser pendant que des mannequins arboreraient ses vêtements, avec, elle l'espérait, un Ethan heureux pour elle, qui serait toujours à ses côtés et qui ferait passer son stress grâce à un de ses mots ou gestes réconfortants dont il avait le secret. Cette pensée étira ses lèvres jusqu'aux oreilles. Elle oubliait le pressbook et ne semblait pas se soucier de la réaction de Takada. L'image qu'elle avait surtout en tête, c'était elle et Ethan, en coulisse, à regarder derrière le rideau, la collection homme qu'elle avait créé au nom de son homme.

C'est en souriant joyeusement qu'elle continua sa chasse au "photographe de son cœur", afin de lui donner son objectif neuf. Elle joua des épaules pour arriver devant le premier rang de journaliste. Ils étaient très grands. Et elle, terriblement petite à côté d'eux, malgré ses talons de 10 cm.


- Excusez-moi... je cherche Ethan Deloir,
dit Laure en tapotant sur l'épaule d'un des deux photographes de mode.

Laure le reconnut aussitôt. Elle l'avait déjà aperçu dans un des défilés de Fashion Week parisiennes, qui constituaient ses rares sorties de sa bonbonnière. Il s'agissait de Peter Zeykah, un grand photographe de mode. Il travaillait principalement pour Vogue New York. Il était sous les ordres d'Anna Wintour. Les yeux de Laure brillèrent en pensant à Anna Wintour et en voyant ce photographe qui avait eu la chance de voir, parler et travailler avec la grande Anna Wintour, l'idole n°2 sur la liste des personnalités de Laure. La première étant Takada.

Il se retourna, la dévisagea de haut en bas et afficha un sourire railleur.


- Les jolies filles c'est toujours pour Deloir,
s'amusa l'un d'eux en donnant un coup de coude à son collègue. A croire qu'un photographe qui risque sa vie, ça a meilleur gout qu'un photographe de mode. C'est peut-être dû au fait qu'on nous prend tous pour des gay... Aller, va voir ailleurs, t'es pas la première à essayer d'approcher ainsi et tu seras pas la dernière.

- Mais je ne suis pas ce que vous croyez !
tenta d'objecter Laure.

- C'est ça... c'est ça, elles disent toute ça. Je bosse moi.

Et les deux photographes repointèrent leur objectif vers la nouvelle nuée de mannequin, ignorant totalement Laure.

Effarée, Laure s'éloigna rapidement en changeant de coin. Malheureusement, partout où elle voulait se frayer un chemin entre les journalistes serrés, formant une barrière infranchissable, Laure fut refoulée. Annoncer son besoin d'aller voir Ethan Deloir ne l'aidait pas. Elle serra son sac contenant l'objectif contre elle, déçue de ne pas arriver jusqu'à Ethan. L'objectif. Laure écarquilla les yeux en sentant l'objectif contre elle. Une idée venait de lui traverser l'esprit.

Elle s'approcha une dernière fois du parterre de journaliste, là où elle n'avait pas tenté de première approche. Elle s'avança doucement et interpella une femme portant un lourd sac de caméraman, tandis que devant elle, un collègue filmait grâce à une caméra sur trépied. Laure sortit l'objectif de son sac et l'arbora dans une main.


- Excusez-moi, pouvez-vous me laisser passer ?

- Les clients ne sont pas autorisés à aller plus près du podium, c'est pour les photographes, répliqua la femme.

- Justement. L'un d'eux attend un nouvel objectif, répondit Laure en arguant l'objectif, avant de le ranger dans son sac pour éviter une nouvelle casse.

- A croire que dans le métier, nous ne sommes faites que pour être les larbins de ces messieurs, marmonna la femme, visiblement aigrie de nature. Magne-toi avant que ton photographe ne pique une crise. S'il est comme lui, ajouta-t-elle à voix basse et en pointant le caméraman du menton.

Sans un mot, Laure se faufila devant la femme qui la laissait passer. Maintenant, elle pouvait déambuler parmi les journalistes, à la recherche de son photographe.
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Upsilon
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MessageSujet: Re: [Jour 02] Un défilé qui a du chien   Dim 12 Oct 2014 - 14:37

ELLE et la dame en velours rouge discutaient tranquillement, jusqu'à ce que soudainement, ELLE se tut quelques secondes. Le dernier mannequin venait de faire son entrée.

- C'est le moment ?

- Oui Upsilon. C'est le moment. Faites ce que vous avez à faire avec votre hybride. Je ne veux pas savoir pourquoi vous souhaitez le sauver.

- Moi savoir ce que Hybride être pour en avoir vu nombreux dans laboratoires. Hybride humain et Elyrien chose nouvelle. Moi être intriguée.

ELLE s’apprêtait à rejoindre ses victimes, mais Upsilon la retint par le bras.

- Attention Élise. Si vous échouez, vous souvenir correctement de la suite du plan ?

Élise déglutit difficilement à l'idée que le plan échoue et dégagea son bras de l'emprise de la Dame en velours rouge. Elle but d'une traite le verre ayant la petite marque au marqueur et lança :

- Occupez-vous de votre hybride et laissez-moi faire mon job.


Élise s'éloigna de sa complice qui, pendant que l'humaine s'élançait d'un pas décidé vers les VIP, s'approcha doucement de Jules de Borgues. Plus Upsilon se rapprochait de l'hybride, plus elle pouvait ressentir son "Aura", ou "Trace". La Dame en velours rouge se campa derrière Jules. Le fixait avec insistance. Elle était comme une présence écrasante sur lui. Derrière ses lunettes teintées, sous sa perruque blonde platine, Upsilon s'imprégnait de la Trace de Jules. Elle enregistrait dans sa mémoire le ressenti qu'elle avait en entrant en contact avec l'influx nerveux Elyrien de Jules.

- Jeune homme, vous être très spécial, lui murmura-t-elle finalement à l'oreille.

Pendant ce temps, Élise entrait dans le carré VIP. Comme prévu, ses hommes avaient peu à peu éloigné les autres serveurs et serveuses, afin de laisser le champ libre à leur chef. Puis, ces deux comparses s'étaient éclipsés. Ils étaient maintenant avec les techniciens chargés de monter en quatrième vitesse les tables où allaient s'installer les intervenants. Élise accosta le ministre de la culture quand une annonce fut faite. La conférence de presse allait commencer. Les intervenants à la conférence de presse étaient annoncés. Il s'agissait des organisateurs de Terre et Vie, de Domenico Dolce et Stefano Gabbana, les parrains du défilé, du styliste vedette Kenzo Takada, du ministre de la culture et du ministre des affaires étrangères, nouvellement renommé Ministre des affaires étrangères terriennes et galactiques. L'annonce officielle de ce changement de nom allait être faite lors de la conférence. Aucun Elyrien ne fut annoncé. Adam n'allait pas être convié à siéger sur la grande tablée, ni à répondre aux questions. Il allait devoir rester dans le carré VIP, à écouter les humains parler.

- Messieurs les ministres, souhaitez-vous un dernier rafraichissement avant la conférence ? demanda Élise en arborant un sourire charmeur. Vous allez beaucoup parler et vous n'aurez que de l'eau. Une dernière coupe de champagne ne vous tente-t-elle pas ? Ce sont aussi les dernières que le traiteur puisse vous proposer.

Les ministres acceptèrent sans se soucier du contenu exact de leur verre. Ils le burent doucement pendant qu’Élise attendait pour récupérer les verres. Quand ce fut chose faite, elle quitta le carré VIP, tout en apercevant sur le podium, ses deux hommes en bleu de travail et prêtant mains fortes aux techniciens. Mains fortes... et bombe retentissante ! Ce fut le sourire aux lèvres qu’Élise retourna en coulisse afin de se débarrasser de son plateau et de prendre avec elle les verres utilisés par les ministres. Dix minutes plus tard, quand elle quitta les lieux dans la marée de clientes non désireuses d'écouter la conférence, la longue table était enfin dressée. Les intervenants montaient sur scène. Les deux ministres aussi. Cependant, pendant ces 10 minutes de préparation, les deux ministres s'étaient sentis soudainement mal. L'un d'eux, prit de fourmillements et engourdissements de la bouche et de la gorge, se raclait bruyamment la trachée. L'autre retenait des nausées et empêcha un vomissement honteux en ravalant le liquide gastrique qui remontait. Ils avaient du mal à respirer. Le brouhaha de la salle devint sourd, presque inaudible. Ils étaient pâles et semblaient anxieux. Le stress peut-être !? Ou peut-être pas...

Ils s’installèrent quand même à la place qui leur était assignée. Chacun de part et d'autre du président de Terre et Vie. Les deux ministres furent pris de gêne respiratoire. Le Président de Terre et Vie fit un petit discours de remerciement. Puis il invita les journalistes à poser leurs question. A peine l'invitation fut-elle lancée que, sous les yeux de toute l'assemblée, les deux ministres n'étaient plus en mesure de voir les flashs des photographe, à cause de leurs pupilles dilatées. Et ils s'effondrèrent sur la table, en sueur, et pourtant, leur corps était froid, presque gelé. Les secours furent appelés. Malheureusement, ils allaient se déplacer pour constater que les deux ministres étaient morts. L'arrivée des secours... voilà ce qu'attendaient les deux hommes d'Elise, cachés dans les coulisses. Prêts à déclencher leur petit jouet fixé à la table.
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MessageSujet: Re: [Jour 02] Un défilé qui a du chien   Mar 14 Oct 2014 - 18:21


Un peu calmé, assez mécontent de lui-même pour s'être comporté comme un enfant déçu qui s'estime rejeté sitôt qu'il n'est plus au centre des regards, Seb ferma un instant les yeux et pensa à Laurie pour se rassurer.
Il comptait au moins pour elle. Oui. Même s'il avait manqué le coche, même si l'interview avec Adam n'était qu'n faux événement, elle ne serait pas fâchée, non, un peu déçue mais pas pour elle, juste inquiète pour lui, en le sentant malheureux. Elle le consolerait. Elle ne le trouverait pas minable, pas un surplus acheté en solde et dont on se contente ensuite parce qu'on a quand même mis quelques francs dans l'affaire et qu'il faut assumer ses choix, fussent-ils malencontreux. Laurie l'aimait justement parce qu'il était un mauvais choix, sauf pour elle et parce que tout ce qu'il était pour les autres ne comptait pas auprès de ce qu'elle voyait en lui. Brillant. Elle disait qu'il était brillant, mais qu'il y avait tellement de flashes et de feux d'artifice dans le milieu où il vivait qu'il ne s'en rendait pas compte et qu'il ne voyait pas que sa lumière personnelle était de celles où on aime venir se réchauffer, se sentir chez soi, retrouver la sincérité des enfants qui rêvent d'absolu avant que la réalité ne leur tape sur les doigts et les rappelle à un peu de bon sens.
Sébastien se mordit les lèvres. Il ne fallait pas qu'il pense qu'il n'était pas un joyeux garçon gâté par le sort. D'ailleurs,il ne devait pas penser en phrases négatives. Il était un joyeux garçon et il n'avait qu'à prendre des décisions marrantes qui amuseraient la galerie et occuperaient le vide de son   miroir intérieur, où il ne fallait pas trop se regarder.
Le silence caractéristique d'une entrée remarquée le fit sortir de la coquille où il s'était isolé, étouffant en quelques secondes les voix et l'agitation ambiante pour les remplacer par des chuchotis prudents. Adam et son escorte venaient d'entrer et comme les autres, Sébastien chercha à voir au dela du spectacle offert .
C'était devenu un lieu commun que de discuter sur la possibilité que les Elyriens ne soient pas ce qu'ils paraissaient. Les journaux se gardaient de trop donner la parole à leurs lecteurs sur le sujet. On ne savait jamais . Adam aurait pu se froisser, en admettant qu'il ne soit pas plissé permanent du côté de l'épiderme. Mais les graffiteurs de banlieue ne se privaient pas de bomber  des octopus au regard atroce ou des limaces-vampires géantes avec un sourire malsain." Laissez venir à moi les petits Terriens !" proclamait un street art 3D sur l'esplanade de Chaillot, montrant un ogre jaillissant, bras ouverts, de nuages apocalyptiques.

En fait, les arrivants étaient on ne peut plus présentables et sans faille. Beaux, lisses, propres, pas le moindre petit bout de tentacule dépassant du col , pas la moindre raideur de membres suspectés d'être télescopiques, pas même un petit vrombissement électrique de neurones en train de surchauffer. Leur costumes étaient  inusités, entre pyjama et Star trek, mais on avait vu plus original dans les petits films de série B. Noir et or pour Adam, couleurs de prestige pour le chef, mais la ligne visant le sérieux et la simplicité de bon goût.  Les couleurs  des autres devaient avoir été choisies pour leur côté lénifiant de café au lait, décaféiné et délactosé afin de ne pas faire de vagues sur les nerfs optiques et dans l'estomac des humains.
Sébastien crut cependant percevoir un manque de spontanéité dans le sourire un peu fixe du commandant élyrien, puis il se dit que le sourire de la moitié au moins de l'assistance répondait aussi à ce critère.
Le défilé avait commencé et au passage, Chapka cabotina un peu et se mit au pas espagnol en passant devant les Elyriens.
Le journaliste trouvait de plus en plus étrange, décalé, que l'on ait pu joindre la présence inouïe des extra-terrestres à ce qui était finalement le plus superficiel, le plus évanescent des arts,  le plus éloigné de l'âpreté et  de la chaleur de la vie,  un spectacle rempli du bruit des jalousies à hauteur de fesses, de froissements de chèques, des chichis et des chouchous, la célébration de l'éphémère, la mode, celle pour les super riches, les aristos du portefeuille, celle qu'on appelait la Haute-Couture, pour la distinguer de l'autre, moche et basse sans doute, mais que pouvaient se permettre les bonniches qui viendraient tout à l'heure remettre de l'ordre dans les candélabres de la galerie des Glaces et laver le dallage à l'eau javellisée.
Il pensa à sa mère quand, ado, il avait fait à table une sortie de ce genre. "Mais, Sébastien-Max, vous pensez comme l'Abbé Pierre !" s'était-elle écrié.
Son père, plus malin, avait à peine haussé un sourcil en déclarant qu'il était légitime de s'intéresser aux questions sociales quand on était le fils d'industriels réputés dans les milieux d'affaires.
Sébastien repensa à Deloir et se demanda ce que le reporter était venu faire là. Deloir, photographe mondain ?

Il décida brusquement de ne parler dans son papier que des Elyriens. Il remettrait à leur place le macramé, la soie sauvage, les lamés en lurex et les airs de vampires mal nourris des mannequins squelettiques. Il allait observer la moindre expression d'Adam et de sa bande. Et s'ils n'en avaient pas, tant mieux. ll trouverait un titre comme : A la Galerie des Glaces, les Visiteurs restent de marbre ! Cela pourrait même valoir une manchette avec une photo sinistre d'Adam qu'il demanderait à un confrère. Il arracha une feuille de son carnet et y écrivit deux lignes,  nota dessus "Ethan Deloir" et se retournant, la fit passer par des mains complaisantes jusqu'au célèbre photographe.
Il allait transformer sa chronique du Tout-Paris en article de politique interplanétaire. Et puis, dans une conférence de presse, on peut assez facilement créer des incidents. On verrait ce qui se passerait si Adam était confronté à l'imprévu.
C'est en se retournant qu'il avisa que l'un des Elyriens se penchait vers lui en l'appelant par son nom. Il se leva et  rejoignit l'alien dans la contre allée pour ne pas gêner ses confrères :


-Je suis Sébastien de Neuville. Que puis-je pour vous ?
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MessageSujet: Re: [Jour 02] Un défilé qui a du chien   Mar 14 Oct 2014 - 18:50

Le faste, les paillettes, les crépitements de flashs des confrères empressés autour du podium et de la jetée de déambulation sur laquelle défilaient les mannequins. Tout cela parut irréel et décalé aux yeux d'Ethan qui avait plus l'habitude des impacts de balles, des explosions de mines, des raids aériens. Les tenues étaient magnifiques, rivalisant d'innovation, d'originalité et même si son oeil néophyte n'était pas objectif et trouvait qu'ils n'atteignaient pas le charme de celles crées par Laure, il devait reconnaître que le talent s'offrait ce soir à la vue de tout le monde et des ... Elyriens. L'entrée d'Adam et de sa suite avait ensuite retenu toute son attention. S'il avait lu un jour que la perfection pouvait être mortellement ennuyeuse et que la beauté à l'état pure pouvait infliger un sentiment d'horreur, s'il avait eu une moue dubitative en parcourant les lignes de cet auteur, les mots prenaient ce soir tout leur sens. Comment ne pas frissonner devant les visages si artificiels que les visiteurs s'étaient choisis pour ne pas choquer leurs futures proies ? Comment ne pas sentir son sang se glacer devant leur courtoisie infaillible et leur maintien impeccable ?

Ethan observa le jeu des humains, leur ballet autour des Elyriens, leur empressement presque insultant. Ce bourdonnement flagorneur des abeilles autour de la reine. En l'occurrence, le roi. Encore que ? Les Elyriens avaient-ils un sexe ? Cette question n'aurait pas manqué de faire sourire Laure. Et penser à elle le fit sourire aussi. Elle devait ronger son frein en l'attendant à l'appartement, en cuisinant encore un fondant au chocolat, peut-être. La meute compacte des photographes de mode s'était muée en une horde sauvage de paparazzi qui jouaient du coude et du genou pour arriver à décrocher le meilleur angle de vue. Pour un peu, ils se seraient montés dessus. Non, décidément, ce n'était pas pour lui. Il n'avait jamais eu à éviter les attaques sournoises de confrères en concurrence et s'il lui était arrivé de se retrouver au même hôtel, avec un photographe concurrent, la solidarité en cas de coup de grisou était de mise. On se dépannait, on se prêtait le matériel, on se prenait en stop. Dans cette galerie des Glaces, c'était plutôt un jeu de qui perd gagne et de coups bas. L'enjeu était de taille, certes. On n'avait pas l'occasion de prendre en photo tous les jours le chef des Elyriens avec le grand monde de la finance et de la politique mondiale. Mais Ethan ne put s'empêcher de penser qu'ils donnaient là une bien piètre image de vermine aux invités de l'espace. Une raison de plus, si besoin était, de leur donner envie d'écraser l'espèce humaine et son obséquiosité d'un coup de talon.


Il y eut un petit mouvement de foule derrière lui, bien négligeable au coeur de la poussée générale et une main lui colla dans celle qu'il avait de libre une petite feuille pliée en deux portant son nom. Il fronça les sourcils, ce n'était pas ainsi qu'on devait le contacter. Il parcourut les quelques lignes écrites dune main soignée mais nerveuse et son regard se promena dans la cohue derrière lui. Neuville ? Qu'est ce que ? ...
Au même moment son téléphone vibra dans sa poche et s'il avait redouté que toute la salle l'entende et tourne vers lui un regard accusateur, il fut vite rassuré. Dans la ruée générale, mais finalement ordonnée, le léger bruit passa inaperçu. Il le tira de sa poche et consulta discrètement le message. Tout son corps se raidit et fut parcouru d'un étrange frisson. C'était donc vrai.

Enfournant pêle-mêle son appareil, le message de Neuville et son portable dans sa sacoche, il se mit à jouer des coudes avec plus de rage et de détermination qu'aucun des requins qu'il avait observé peu de temps avant. Sans se soucier des protestations, des coups qu'il pouvait donner ou recevoir, il se fraya un chemin jusqu'au podium ou un mouvement de panique semblait gagner la foule. Il tourna la tête, ayant cru reconnaître une voix. Mais non, ce n'était pas possible, elle était à l'appartement. Ses yeux s'agrandirent lorsqu'il lui sembla apercevoir l'éclat d'une chevelure blonde remonté en un chignon savamment négligé. Non, elle ne pouvait être là, avoir failli à sa promesse. D'ailleurs, la vision fugitive s'était évanouie à la faveur d'une ondulation de la houle humaine. Il respira un grand coup et poursuivit sa progression. Dans dix minutes , dans dix minutes. Chaque mètre lui paraissait interminable, il avait l'impression de reculer parfois. Un grand type baraqué et roux lui barra le passage, déterminer à ne rien céder, le défiant avec ses bras croisés sur le torse. Sans réfléchir, il lui balança un uppercut et l'envoya dans les choux. Secouant sa main endolorie, il prit à peine le temps de penser que le mec avait une mâchoire en béton et gagna en y laissant sa sacoche les quelques mètres qui le séparaient de l'estrade. Tel un plongeur il passant entre les jambes de deux agents de sécurité et piqua la tête la première sous la table. Une grande rumeur couvrit les exclamations de surprise des premiers rangs de photographes qui reculaient. Ethan entendit vaguement. "Ils sont morts... Les secours sont là ... mais regardez... Non non, c'est trop tard, ils ne bougent plus. Et Adam ? Ca a l'air d'aller." Mais il s'en foutait pas mal. Il se laissa glisser sur le dos, contre le plancher parcouru de fils électriques, de branchements divers. Poussant des talons, il avança, passant devant des genoux dépassant d'une jupe, des pieds qui trépignaient d'impatience, discernant des corps allongés à même le sol, derrière la table et autour desquels s'affairaient des secouristes affolés. Et soudain son regard croisa ce qu'il cherchait.


Collée au dessous de la table , elle était là, clignotant, avec son compte à rebours arrogant qui indiquait à présent trois minutes. Il essaya de se remémorer la procédure que le message lui indiquait. Quel con ! Il avait foutu son portable dans le sac au lieu de le garder dans sa poche ! Le souffle court et les mains moites, qu'il essuya dans son pantalon, il se récita mentalement ce qu'il n'avait eu que quelques secondes pour mémoriser.

- Le fil rouge et le fil bleu à débrancher en même temps, ne pas toucher aux deux fils verts impulseurs. Deux minutes seulement avant que le circuit de secours du détonateur se mette en route. Bordel! mais ...

Il voyait trois fils verts et un qui lui "semblait" bleu. Comment distinguer ces putains de couleurs sous une table et avec cet éclairage muticolor ?

- Mon briquet ... Putain de merde, je vais tout faire sauter oui... Concentre toi Ethan.

La flamme dansa devant les fils, juste devant ses yeux aussi, à lui en griller quelques poils. C'était payant. Les couleurs apparaissaient clairement. 2 minutes 02. Il repéra les fils, en grava la position à s'en faire saigner la mémoire. Il lâcha le briquet et retint sa respiration en débranchant les fils rouge et bleu. Le compte à rebours cessa mais un petit bip se fit entendre dans le mécanisme. Il ferma les yeux et vit repasser ses dernières heures de bonheur dans sa tête. Puis il les rouvrit... Rien. La phase I ! Il avait réussi. Plus que deux minutes avant que ... Le circuit de secours ne s'active" se répéta-t-il dans sa tête. C'était certainement ça le petit bruit. "Les enfants de salauds " pensa-t-il en arrachant le scotch plastique qui fixait la bombe au dessous de la table.

Avec des gestes d'une extrême douceur, il la déscotcha complétement et la fit descendre sur son torse. "Je préférais nettement la bombe que j'avais contre moi cette nuit" pensa-t-il pour se donner du courage. Mais, bon sang ! Est-ce que c'était le sentiment qu'il allait y passer, mais il avait encore cru l'entendre, sa voix, oui l'entendre appeler " Ethan ? ". Avec précaution il entreprit le chemin inverse sous la table maintenant une stabilité relative aux pains de plastic noir et au dispositif. Suant et couvert d'une fine poussière- de nos jours pour trouver des gens de maison sérieux- il se dégagea de dessous la table dans un coup de rein et étreignant la bombe contre lui, il ne trouva rien d'autre à dire que:

- Dégagez ! C'est une bombe !

L'effet fut immédiat. Dans la seconde on s'écarta pour le laisser courir vers la porte vitrée. Mais dans la seconde, il eut une trentaine d'armes de divers calibres pointées dans sa direction. Fracassat la porte et faisant voler en éclat les vitres de celle-ci, il bondit sur la pelouse où quelques grooms promenaient des toutous. Le mécanisme s'était remis en route, il l'avait senti et le défilement des chiffres rouges émettait à nouveau cette lueur sinistre sous ses mains.

- Dégagez !

Il courut en direction du parc, espérant qu'il n'y aurait pas trop de promeneurs nocturnes. Il n'avait jamais été très bon en sports co, ni au basket, ni au rugby mais portant, il eut l'impression de marquer l'essai de sa vie lorsqu'il lança le paquet dans la pièce d'eau principale. C'est à ce moment là qu'il vit l'éclair de la détonation avant qu'il ne le frappe et entendit la voix du type derrière lui.

- Lâchez ça! Ne bougez plus !

Puis la douleur dans les reins, la force de crier au type en costard.

- Barrez vous! Ca va sauter !

Courir, courir encore quelque mètres, quelques mètres de plus qui feraient peut-être la différence. Sentir ses jambes se dérober, refuser d'avancer davantage. Il s'écroula à une vingtaine de mètres de la galerie, alors qu'un geyser jaillissait du bassin. Les brins d'herbe étaient toujours aussi bien rangés, indifférents à l'agitation, aux voix déformées qui lui parvenaient... Laure ...


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Siana


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MessageSujet: Re: [Jour 02] Un défilé qui a du chien   Mar 14 Oct 2014 - 18:50

Laure aperçut enfin Ethan. Elle pressa le pas comme elle put. La petite styliste était coincée au milieu des journalistes. Malgré ses talons hauts perchés, elle avait du mal à rejoindre son Ethan. Il ne semblait pas travailler. De toute façon, avec un objectif cassé, que pouvait-il faire ? Quoi qu'un collègue aurait pu le dépanner. Mais quel collègue ? Ethan n'était pas spécialement proche des photographes de mode. D'ailleurs, en voyant les autres photographes, tous très bien habillé, bien coiffés, très plastique, Laure se demanda (enfin !) pourquoi Ethan avait été envoyé au défilé. Elle resta figée l'espace de quelques secondes en comparant Ethan, qu'elle distinguait mieux depuis qu'un journaliste s'était poussé sur le côté pour faire passer un bout de papier, avec un autre homme. Curieuse d'en savoir plus, elle leva son bras ne tenant pas l'objectif et le secoua au-dessus de sa tête.

- Eho ! Ethan ! s'écria-t-elle en agitant la main pour se faire voir.

Comment allait-il réagir en la voyant ? Après tout, elle avait promis de rester sagement à la maison. Mais l'objectif... Ethan l'avait brisé parce qu'il l'avait rattrapé à Montmartre. Il avait oublié le neuf parce qu'il était dans les nuages. Laure se sentait doublement responsable de la casse et de l'oubli. Elle s'en serait voulu d'avoir laissé son photographe sans outil décent pour travailler. Et si elle ne le lui avait pas apporté, aurait-il eu des ennuis avec son travail ? Laure ne voulait pas ça. Le travail d'Ethan, c'était beaucoup pour lui. Ce n'était pas tout apparemment. Car n'avait-il pas dit lui-même que Laure était tout ? Son travail, ce n'était pas tout, ou plus tout... mais c'était déjà beaucoup.

Décidée à faire sa bonne action et à assurer Ethan qu'elle rentrerait aussitôt, après un bisous rapide évidemment, Laure recommença à jouer des coudes pour rejoindre son chéri. Mais contre toute attente, celui-ci s'agita soudainement et s'élança vers le podium, après avoir assainie un beau coup de poing à un homme. Sur le moment, Laure sursauta, leva les sourcils et retenue un "ho !" impressionné. Elle secoua la tête pour repousser l'idée que son Ethan était son "sacré homme" et l'interpella une nouvelle fois en essayant de crier plus fort que la foule. Puis quand il plongea sous la table, Laure ne comprit plus rien. En fait, elle ne comprenait rien, tout simplement. Rien. Pourquoi Ethan était-il au défilé ? Pourquoi frapper cet homme ? Pourquoi plonger sous la table pour au final ressortir avec... une bombe ! Laure vit Ethan passer non loin d'elle, une bombe entre les mains. Elle sentit son corps frisonner, son cœur s’accélérer, puis elle se sentit se déchirer de l'intérieur. Une peur immense s'empara d'elle. Pas pour la sécurité des gens, pas pour la sienne. Pour Ethan. Peur à cause de la bombe, à cause des hommes le visant avec leur arme. Ses yeux la brulèrent soudainement, s'humidifièrent. Elle cria de toutes ses forces.


- Non ! Ethan !!

Ses jambes ne répondaient plus. Alors que la foule fuyait à l'opposé d'où Ethan courait, Laure restait sur place, comme elle put, à cause du mouvement de foule. Elle fut bousculée, on lui marcha sur les pieds, mais elle restait presque au même endroit. Pétrifiée.

Quand enfin elle put bouger, le sol trembla et la bombe avait transformé la fontaine en colonne d'eau et pluie fine. D'où elle était, Laure n'avait pas entendu la détonation du coup de feu de l'homme en costume. Elle n'avait entendu et ressentit que l'explosion de la bombe. Elle se précipita vers l'extérieur avant d'être retenue par un journaliste qui, pour profiter du scoop, avait précédé Laure sur le bord de la porte vitrée brisée. Ce qu'elle vit la fit fondre en larme. Ethan, au sol. Elle se débattit tout en hurlant le nom d'Ethan et en pleurant toutes les larmes de son corps. D'un coup de bras non voulu, elle effleura le visage du photographe qui venait pour prendre les premiers clichés de l'évènement. Voulant l'éviter, l'homme desserra son emprise sur Laure qui en profita pour s'élancer vers Ethan, qui n'était qu'à vingt mètres devant elle.

Laure se laissa tomber à genoux aux côtés d'Ethan, laissant tomber son sac ouvert par terre. L'herbe amortit la chute et l'objectif roula hors du petit sac, allant cogner contre la tête d'Ethan. En larme, Laure vit le sang. Doucement, elle secoua Ethan en répétant frénétiquement son nom. Répétition saccadée par des hoquets et des reniflements. Il était vivant, mais visiblement pas conscient.


- Ethan... regarde-moi... gueule-moi dessus mais parle-moi... réclama Laure en repoussant les mèches de cheveux qui encombraient le visage de son photographe.

Finalement, Laure fut écartée d'Ethan par les secours, initialement prévus pour les deux ministres. Celle-ci offrit, à l'homme en costume, un florilège de nom d'animaux tous plus dégradant les uns que les autres. Ethan fut mis dans une ambulance et envoyé à l’hôpital le plus proche. Laure ne fut pas autorisée à monter avec lui à l'arrière du véhicule. Suzy consentit à l'y conduire, se gardant de lui demander la réelle nature de leur activité lors de la nuit dernière, à Ethan et à elle. Suzy ne décrocha pas un mot, de toute faon, Laure n'était pas capable de dire autre chose que "suis cette ambulance", tout en serrant dans ses mains l'objectif récupéré sur le gazon.
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Upsilon
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MessageSujet: Re: [Jour 02] Un défilé qui a du chien   Mar 14 Oct 2014 - 18:51

Élise n'était plus dans la salle du défilé depuis qu'elle avait donné le poison aux deux ministres. Seuls ses deux complices et Upsilon étaient encore là. Capables de tout au cas où l'explosion ne fut un échec. Et ce fut le cas. Pour une raison qui échappait à Upsilon et aux deux hommes de La voix de la Liberté, un photographe surgit sur le podium, plongea sous la table et retira la bombe pour aller la jeter dehors. Cela tombait mal, très mal. Upsilon avait un tout autre projet avec l'hybride. Elle comptait le protéger de l'explosion en l'entraînant au fond de la salle et lui montrer ainsi combien les Elyriens étaient mauvais. Elle voulait le convaincre d'embrasser sa nature humaine et de délaisser sa part Elyrienne. Ce qu'elle ne savait pas, c'était que Jules de Borgues se comportait déjà comme un humain. Il n'avait d'Elyrien qu'une part de gène.

Quand Ethan Deloir bondit héroïquement pour stopper les plans de La voix de la Liberté, Upsilon entraîna Jules de Borgues dans le fond de la salle, comme prévu. Elle ne s'attendait pas à ce que l'humain réussisse à retarder l'explosion et courir avec pour lui faire libérer sa fureur dans une fontaine, qui se transforma en arrosage automatique pour gazon verdoyant. Upsilon observait les humains s'agiter et crier. Elle vit une blondinette rester figée et garder ses yeux sur le photographe démineur. Elle la regarda courir vers la porte vitrée fracassée par le saut de l'homme. Upsilon murmura quelques mots à l'oreille de Jules.


- Moi pouvoir retrouver vous dans Paris. Même ailleurs s'il le faut. Moi votre alliée et même amie si vous m'accepter. Moi vouloir aucun mal sur vous car vous devoir être protégé d'Adam et des siens. Eux aimer les créatures fascinantes. Vous hybride humain et Elyrien être créature fascinante pour lui. Cachez-vous de lui. Lui ignore votre existence, comme il ignore la mienne. Ça être atout pour vous et moi.

Upsilon s'écarta de Jules. Le danger d'explosion étant loin, puisque celle prévue eut lieu. Pas à l'endroit souhaité. Mais qu'importe. Il y avait le plan de secours. Plan qui se mit très rapidement en place. Les deux hommes d'Élise sortirent des coulisses et se ruèrent sur le podium. L'un des deux pointa Sara du doigt et s'écria :

- C'est elle ! Nous l'avons vu se faufiler sous la table après que nous l'ayons installée !

Les deux hommes scandèrent leur accusation avec force. Là, Upsilon s'avança d'un pas décidé vers le podium. Elle glissa sa main dans son manteau et en sortit un Laser à Tachyon qu'elle pointa sur l'un des deux. Sans retenue, elle appuya sur le bouton de son arme. Un étrange coup rougeâtre en sortit et frappa l'homme en pleine poitrine. Celui-ci s'effondra aussitôt. Son comparse recula d'un pas. Secoua négativement la tête et leva les mains devant lui, comme pour se protéger.

- Pourquoi nous ?

L'homme eut le temps de murmurer "Non… Upsi" qu'un coup l'atteignit à son tour. Upsilon se tourna vers Adam, fit une révérence rapide et se volatilisa à l'aide d'un Déphaseur portatif. Que comprendre de cette scène ? Une Elyrienne qui tue deux hommes accusant Sara, elle aussi Elyrienne, d'avoir posé une bombe interceptée par Ethan Deloir. Ce fut ce que la presse présente sur place pu voir. Mais qu'elle était la réalité ? Seulement deux personnes pouvaient la donner : Upsilon et Élise. L'une et l'autre s'étaient volatilisées, laissant planer les doutes et les rumeurs dans la salle du défilé.

La conférence fut annulée. Divers regards se posèrent sur les Elyriens. Crainte, curiosité, défiance, colère, stupéfaction.

Plusieurs solutions s'offraient à Adam et aux cinq Elyriens qui l'accompagnaient.
Partir et se justifier dans l'interview exclusive prévue avec un jeune journaliste. Ou rester et tenter de se justifier pour peut-être être finalement soupçonné.
Vu le retournement de situation créé par Upsilon et ses armes Elyriennes, les soupçons ne seraient que la suite logique des évènements.

Jules de Borgues se retrouvait face à deux problèmes.
Upsilon assurait ne lui vouloir aucun mal. Pourtant vu ses actes, elle n'avait rien d'une enfant de chœur. Elle avait tout de même tué deux hommes de sang froid, avec une arme qui n'avait rien de terrienne et elle s'était volatilisée, téléportée. Une chose impossible avec la technologie humaine. Alors amie ou ennemie ?
Mais Jules a été vu en présence d'Upsilon par un journaliste. Il y a fort à parier que la police l'interrogera à ce sujet.

Ethan Deloir était maintenant en route pour le centre hospitalier de Versailles, suivi de près par Laure Dubois, qui ne comptait pas laisser son petit-ami seul, surtout après ce qui venait de se passer. La police aussi, allait faire la route vers l'hôpital. Elle comptait bien savoir comment un reporter de guerre avait pu être au courant pour la bombe. Pourquoi n'avait-il pas prévenu les autorités ? Mais étant obligée d'attendre l'opération du photographe et le feu vert des médecins pour l'interroger, elle dut se concentrer dans un premier temps sur le quadruple assassinat qui avait eut lieu lors du défilé.

Deux ministres morts. Deux civils littéralement transpercés par une arme extraterrestre. La police judiciaire allait avoir du pain sur la planche !

Quatre mort… et peut-être un premier incident diplomatique intergalactique en vu !

Le jeune Sébastien de Neuville allait avoir l'interview du siècle ! Non seulement il était exclusif, mais en plus, il allait servir de plaidoirie pour Adam. Voilà un tremplin inespéré pour Sébastien ! Et une sacrée pression car son talent de journaliste et ses questions pouvaient amener Adam à bien des révélations sur lui et sa Délégation. A moins que quelque chose ne vienne bouleverser cet entretien...


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MessageSujet: Re: [Jour 02] Un défilé qui a du chien   Mer 15 Oct 2014 - 10:20

La suite de événements s'abattit sur Sébastien comme une tempête qui le chassa hors de ses préoccupations  personnelles et le jeta tout hérissé de surprise et d'interrogations dans un imbroglio d'évènements auxquels il lui était impossible de donner un sens.
Qui attaquait qui ? De quel côté porter de l'aide, c'est à dire pour un journaliste, rassembler le plus d'observations  afin de faire apparaître la vérité ? Car Sébastien était suffisamment idéaliste pour voir son métier ainsi. On ne cherche pas à  plaire au public, on cherche à l'éclairer. On cherche ce qui dérange et non ce qui flatte. Mais on ne fouille pas non plus le sordide pour l'attirance malsaine qu'il provoque. Il n'irait pas raconter comme les ministres étaient devenus de pauvres loques tordues de douleurs, déjà morts  pendant qu'on les emportait, au milieu de la cohue générale. Les labo feraient leur travail pour déterminer le poison qu'ils avaient absorbé dans leur champagne puisqu'ils n'avaient eu le temps que de boire une coupe, voici une vingtaine de minutes. Strychnine ? Les malheureux semblaient avoir eu des spasmes en commençant par la tête et le cou. Sébastien se souvenait vaguement d'un article récent sur un empoisonnement de ce genre perpétré par un amoureux éconduit. Qu'importait ?
Quand Deloir passa près de lui, transportant la bombe au milieu des cris et de la panique qui se généralisait, le service d'ordre nul, les secours gênés par les filles du défilé devenues hystériques et s'évanouissant en grappes, Sébastien se précipita derrière lui, par un réflexe peu clair, peut-être parce que c'était le seul homme qu'il estimait dans l'assemblée et que ce que le photographe entreprenait devait être dans la bonne direction.
Il arriva au dehors retardé par les bousculades. Deloir venait de jeter la bombe dans les bassins qui longent la Galerie des glaces et stupidement, Sébastien, l'ayant perdu de vue, poursuivit sa course vers ce qui devint une explosion d'eau et de débris de métal et de pierre arrachés au fond et à la grande statue allongée sur le bord. Une petite pièce de robinetterie frappa Sébastien en plein milieu du front et le journaliste s'effondra sur place.
Mais son bonnet de laine avait amorti le choc et quelques secondes plus tard, il se retrouva assis  contre la margelle du bassin, l'esprit très confus.
Qu'est-ce qu'il faisait là dans la nuit, trempé, au milieu des gyrophares bleus tournoyant dans le sinistre concert des sirènes d'ambulance qui avaient envahi la terrasse ? Empoisonné, lui aussi ?  Il avait le vertige et ferma les yeux. Bon sang,  ce qu'il avait mal à la tête !
Il sentit une chose  chaude et un peu gluante lui mouiller le visage et entendit un petit "Mouif ?"qui lui fit rouvrir un oeil.
C'était Chapka qui le léchait.
Sébastien s'appuya sur le grand chien et se mit debout, vacilla un peu, puis dit d'une voix mal assurée :

-Ben, mon vieux !... Ramène-moi à la voiture, s'il te plaît. Tu comprends ?

-Wharf ! assura le chien.
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MessageSujet: Re: [Jour 02] Un défilé qui a du chien   Mer 15 Oct 2014 - 12:57

Jules observait le ballet des membres du service de sécurité qui se déplaçaient entre le carré VIP, la table de conférence et le coin des journalistes. Ces derniers semblaient de très loin les plus nombreux. Les flashs crépitaient en direction d'Adam et le jeune hybride sentit sa haine monter à nouveau. Comment ce charognard osait-il parader ainsi devant ses futures victimes ? Visiblement, les élyriens pur souche n'était pas pourvu d'une conscience. Jules commençait à croire réellement à la supériorité des êtres humains. Il se demandait aussi combien de temps il pourrait demeurer en ces lieux sans se faire repérer. Il était un intrus et sa place n'était pas ici.

Et comme pour confirmer ses pensées, le jeune homme sentit un souffle chaud dans sa nuque. Une personne, possédant un fort accent indéterminé, lui chuchotait quelques mots à l'oreille. Jules sentit se dresser chaque poil de son corps. Mais assez rapidement, il comprit que cette personne n'avait pas d'intentions belliqueuses, bien au contraire. Son attitude semblait presque protectrice. Dans un mouvement lent et faussement naturel, Jules se retourna et vit la femme. Une élyrienne. À nouveau, son cœur s'emballa. Comment l'avait-elle démasqué ? Adam serait-il capable de la même prouesse ?

Tout à coup, un cri survint et se détacha du brouhaha ambiant. Une bombe ? Comme presque toutes les autres personnes présentes, Jules ressentit un mélange d'incompréhension et d'effroi. En revanche, la femme ne semblait nullement étonnée. Bien au contraire, elle entraîna le jeune hybride vers le fond de la salle, d'une poigne étonnamment puissante. Tous les événements s'emballaient. Une espèce de dégénéré hirsute s'était emparé de l'engin de mort et avait fui en direction des jardins. La femme glissa quelques mots à Jules avant de s'éclipser. Le garçon resta figé quelques instants, peut-être une minute. Elle était ce qu'il avait recherché en venant ici. Cette élyrienne s'opposait ouvertement à Adam et ses sbires et elle semblait en mesure de lui tenir tête. Les réactions violentes qu'elle dût déployer pour s'échapper ne heurtèrent pas Jules qui sentait dans son cœur que la guerre était déclarée et qu'il serait prêt à tout faire pour la remporter. Ce manque de pitié était sûrement un héritage de ses gènes paternels...

Finalement, après avoir compris qu'il n'était plus en sûreté nulle part, Jules prit la poudre d'escampette d'un pas rapide. Alors qu'il franchissait la porte, il heurta un journaliste qui parlait à son chien. Et Jules aurait juré que celui-ci lui avait répondu... Le garçon finit par s'extirper de l'énorme bousculade et rejoignit sa voiture au pas de course. Sans demander son reste, il fit vrombir le moteur de la deux-chevaux et s'échappa dans un crissement de pneus.

Au bout d'une dizaine de minutes, Jules emprunta une route secondaire puis se gara dans une ruelle. Il stoppa le moteur. Il fouilla dans ses poches. Pas grand chose : son téléphone et une vingtaine de francs. Pas de quoi jouer le fugitif pendant très longtemps. Sa décision était pourtant prise. Pendant un certain temps, il allait se planquer quelque part et attendre que l'élyrienne le contacte. Et comme il ignorait s'il allait être recherché par Adam ou les flics, il préférait ne pas trop se montrer. Il chercha son père dans le répertoire de son portable. Celui-ci ne répondit pas et Jules lui laissa un court message.


« Salut papa, c'est moi. Je... je vais m'absenter quelques temps. Je te donnerai rapidement des nouvelles, ne t'inquiètes pas, hein. Heu... voilà. »

Et il raccrocha, peu habitué à des démonstrations d'amour filial. Il éteignit le téléphone et ralluma le moteur de la deux-chevaux.
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Ginie
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MessageSujet: Re: [Jour 02] Un défilé qui a du chien   Mer 15 Oct 2014 - 16:22

Daryl avait patienté quelques minutes avant d'avoir une réponse du jeune journaliste et quand enfin la conversation c’était engagée, elle avait tourné court. L'Elyrien avait quitté le jeune homme quand il entendit le mot bombe. Et quand il arriva auprès d'Adam il eut la mauvaise surprise de voir le chef de la nation Elyrienne en bien fâcheuse posture. Sara avait été accusée d’être la cause de ce désastre. La jeune femme ne trouvait pas les mots pour se défendre et Adam l'aurait surement empêché de dire quoi que ce soit.

De graves accusations venaient d’être lancées et pour la première fois Adam sentait la haine monter chez leurs « nouveaux amis ». Daryl fit appel à la garde rapprochée d'Adam qui les encerclèrent ce qui leur permis de quitter les lieux rapidement. Une fois à l’extérieur du bâtiment le groupe fût conduit sous la huée des passants jusqu'à leur navette de transport. Les gardes firent monter avec une grande rapidité le petit groupe puis une fois les portes de la navette fermées ils en firent de même . Les navettes quittèrent rapidement le sol terrien en direction du vaisseau mère.

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