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 Un vendredi comme les autres entre Stöber

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Siana


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MessageSujet: Un vendredi comme les autres entre Stöber   Lun 21 Sep 2015 - 19:11

Comme chaque vendredi à midi, Margot se rendait dans la grande ville pour ravitailler son petit frère Hanz, en produits de sa ferme. Elle lui portait des œufs frais, du lait bien écrémé, de la farine fraichement sortie du moulin de la ferme, des noix et des noisettes du jardin, quelques fruits quand selon la saison. Tout cela, c'était pour sa pâtisserie. A côté, il y avait forcément une caisse de provision rien que pour Hanz. Dedans, il y avait des légumes de saison, un poulet prêt à être tué, plumé et vidé (ce que Margot faisait elle-même chez son frère, afin d'assurer une fraicheur optimale). Il y avait parfois du jambon séché sur os, des saucisses sèches... Le contenu de la caisse variait selon ce que Margot faisait à la ferme. Hanz ne risquait pas de mourir de faim. Et en portant les provisions, Margot était assurée que son frère puisse manger autre chose que du sucré et surtout, Hanz savait d'où venaient les produits. Pas de mauvaises surprises intestinales, donc !

Ce jour-là, les rues de la grande ville étaient bondées de monde.  Plus que d'ordinaire. Margot réfléchit mais ne se souvenait plus s'il y avait une fête aujourd'hui. Tout ce monde, cela avait le don d'agacer Margot, qui était maintenant trop habituée à sa campagne silencieuse et désertique... pas toujours désertique... à en croire l'existence d'un récent squatteur (Cf. ce RP).

La fermière fit avancer son chariot bien rempli dans l'étroite ruelle qui se trouvait derrière la pâtisserie. En passant par là, elle allait pouvoir tout décharger dans l'arrière boutique sans déranger son frère, qui lui avait laissé une clé, pendant qu'il s'occupe de ses clients.


Une à une, les victuailles furent déchargées. Quand ce fut terminé, Margot rentra son chariot et son cheval dans la grange de la pâtisserie et se laissa choir sur une chaise bien rembourrée, dans l'arrière boutique, que son frère lui avait laissé. Une fois bien reposée, Margot retira ses bottes crasseuses et enfila des petits escarpins tout propres et brillants qui étaient soigneusement rangés sous la confortable chaise. Encore une attention de son frère qui faisait attention à la propreté de sa boutique. Margot laissa dans l'arrière boutique son tablier, s'assura d'être présentable, et entra dans dans la boutique. Hanz était en train de servir une longue file de client.

Margot s'approcha de son frère qui remarqua sa présence. Elle lui sourit (Hanz était probablement la seule personne vivante à avoir le droit à un sourire de Margot), lui déposa un baiser sur la joue pour le saluer et l'aida silencieusement à satisfaire ses clients. Elle faisait ce que Hanz lui demander. Sans sourciller. Ça aussi, obéir, c'était une chose que Margot n'acceptait de faire que pour Hanz. Elle mettait les gâteaux dans de mignonnes boites en carton, faisait un petit nœud avec un ruban pendant que le client paya Hanz et que son frère entretenait ses relations "clients/pâtissier". Puis Margot donnait le paquet au client qui repartait le sourire jusqu'aux oreilles et scandant un "à demain", pour les clients fortunés, ou un "à la semaine prochaine", pour les moins aisés.

Quand le dernier gâteau présent en vitrine fut vendu, Margot se laissa tomber sur un fauteuil du coin "salon de thé" de la pâtisserie. Elle s'étira, grogna quelque chose d'incompréhensible pour Hanz. Elle bailla bruyamment et dit à son frère :

- Je t'ai apporté une confiture allégée en sucre, elle est dans ta caisse de provision privée. Tu me diras si elle te plait. Tu veux de l'aide pour faire les pâtisseries que tu vas mettre en vitrine pour l'heure du goûter ?


Dernière édition par Siana le Jeu 15 Sep 2016 - 15:09, édité 1 fois
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Umbrella


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MessageSujet: Re: Un vendredi comme les autres entre Stöber   Mer 30 Sep 2015 - 2:14

Aujourd’hui était un jour particulièrement stressant. C’était jour du marché aux tissus et comme toutes les semaines, la pâtisserie ne désemplissait pas. On entrait, on sortait mais toujours la queue se prolongeait. Il allait vraiment falloir qu’il songe à prendre un apprenti, quelqu’un qui puisse lui prêter main forte.

Mais à qui faire confiance ? C’était un travail difficile, il laissait peu d’espace pour une vie de couple et encore moins pour une vie de famille. On commençait tôt, on finissait tard et la recette n’était pas le bénéfice. Surtout lorsqu’on comptait les pâtisseries qui sortaient vivantes de son four. Il en avait toute une famille dans sa farinière. Ces derniers temps les bonhommes du genre de P’tit Biscuit se faisaient de plus en plus nombreux. C’était peut-être parce qu’il se sentait seul. Après tout ça faisait une bonne dizaine d’années qu’il vivait au-dessus de cette pâtisserie. Au début il y avait le vieux, et aussi un chat pour lui tenir compagnie… mais le vieux est parti et le chat était parti battre la campagne à la recherche de la partenaire idéale ce printemps et n’était pas revenu depuis. Hanz avait espéré qu’il refasse surface un jour avec sa commère et une bordée de petits chats, il les aurait chouchoutés et en contrepartie ils auraient fait un sort à ces maudites souris qui trouaient les sacs de farine.

Au lieu de ça, il se retrouvait avec une nouvelle bande de gâteaux dotés certes de conscience mais sans aucune expérience de la vie ! Après le travail il passait de longues heures à leur enseigner les dangers qu’ils courraient lorsqu’ils sortiraient de chez lui ainsi que quelques stratagèmes sur la façon dont ils pourraient les éviter. Cependant, il savait bien qu’il n’était pas qualifié pour ce type d’enseignement, même s’il avait déjà failli être mangé, c’était il y a bien longtemps, quand il était encore jeune et appétissant et jamais il n’avait encouru une lutte de tous les instants comme ce serait probablement leur cas ! A moins qu’ils fussent adoptés par un végétalien convaincu. Non, le professeur qu’il leur aurait fallu c’était son ancien ami P’tit Biscuit. Faux jeton déserteur qui l’avait abandonné.

Ainsi pensait Hanz lorsque Margot entra, petites chaussures aux pieds. Il lui arrivait d’être si mignonne. Elle sourit et lui fit un bisou. Il lui répondit par un grand sourire. Si la queue eut été moins longue et qu’il eut été moins soucieux, il l’aurait embrassée plus chaleureusement. Mais la foule affluait. Son aide fut réellement bienvenue. Le soleil commençait sa descente quand ils vendirent le dernier gâteau. Les clients l’avaient complètement dévalisé. Demain il faudrait se lever tôt et tout refaire. Au moins la recette du jour serait bonne.

- Je t'ai apporté une confiture allégée en sucre, elle est dans ta caisse de provision privée. Tu me diras si elle te plait. Tu veux de l'aide pour faire les pâtisseries que tu vas mettre en vitrine pour l'heure du goûter ?

-Merci Margotton, tu m'as bien aidé ! Et pour le goûter, eh bien faisons fi pour cette fois ! Nous avons tout vendu. Tiens, regarde, je suis même en panne de thé ! Il y a trop de choses à refaire, je m’en occuperai au matin. Pour l’heure je propose que nous fermions. Tu prendras un café ?

Il jeta un œil dans l’arrière-boutique et vit les provisions considérables que lui avait encore amenées sa sœur. Dire qu’elle refusait toujours qu’il la paye. « Aux frais de la princesse », voilà comment il vivait. De plus il n’y avait pas moyen de lui faire entendre raison. Elle se fâchait. Elle voulait tellement bien faire. Mais Hanz ne pouvait pas la laisser, il ne roulait pas sur l’or mais il n’avait plus l’âge de se faire entretenir de la sorte. Alors une fois par mois il lui faisait parvenir par lettre anonyme de l’argent de la part « d’une personne reconnaissante des services rendus à la ville par la chasseuse de sorcières ». Il était presque sûr qu’elle ne se doutait de rien, si elle l’avait su, elle lui aurait déjà tiré les oreilles ou pis. Hanz n’aimait pas faire de cachotteries mais il tenait à la récompenser de toute l’aide qu’elle lui offrait. Même si c’était à son insu.

-Ah merci ! Toutes ces noisettes ! Je vais les piler et en faire de la poudre. Ce sera délicieux dans les gâteaux en cette saison. J’aime tellement l’automne. La nature est si riche, si belle ! J’ai envie de venir un peu t’aider à la ferme. Tu dois avoir beaucoup de travail.

Il lui donna quelques petits sablés qu'il lui avait mis de côté, et pour sa part cassa quelques noisettes pour grignotter en même temps avec elle. Elle lui avait manqué.
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Siana


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MessageSujet: Re: Un vendredi comme les autres entre Stöber   Lun 23 Nov 2015 - 12:10

- Tu vas fermer tôt alors, aujourd'hui, répondit Margot quand son frère lui révéla qu'il ne comptait pas en faire davantage. As-tu déjà songé à prendre des vacances ?

Voilà une question bourrée d'arrières-pensées. Margot espérait bien avoir son petit frère à la ferme pour quelque chose. Malheureusement, ce ne serait pas uniquement pour du repos. Elle espérait bien une réponse positive de son frère. La présence du cadet à la maison rendait la ferme plus vivante, plus propre, plus ordonnée. Non pas que Margot était bordélique. Non. Mais elle laissait volontiers le ménage de côté pour privilégier son activité nocturne. Et le professionnalisme de son frère faisait de lui une fée du logis. C'est qu'il était au courant de toutes les normes sanitaires...

- Je veux bien un café, oui... accompagné d'un petit biscuit vivant, s'amusa Margot. J'ai cru voir que ta tribu s'agrandit.

Hanz se mit à rendre hommage à l'automne. Margot sourit. Il avait raison. L'automne s'est beau. Et puis voilà que Hanz lui propose son aide à la ferme ! Cette proposition, c'était à point nommé !


- Tu peux venir voir toutes les belles couleurs de l'automne à la ferme. Cela t'inspirera peut-être de belles décorations pour tes gâteaux ! Un peu d'aide ne serait pas de refus... la maison est un véritable capharnaüm. Mais hors de question que tu m'aides aux champs car je ne veux pas que tu abimes tes mains. Ce sont tes outils de travail.


Margot suivit son frère dans la cuisine à l'étage pour aller prendre le café.

- Dis-moi, tu n'as personne pour t'aider ? As-tu songé à engager une vendeuse ? Cela t'aiderait beaucoup. Et puis tu peux envoyer tes petits biscuits vivants dans la ville afin de te faire la publicité. Ils sont si appétissants qu'ils te feront bonne pub.

HRP:
 
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Umbrella


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MessageSujet: Re: Un vendredi comme les autres entre Stöber   Mar 24 Nov 2015 - 13:57

-As-tu déjà songé à prendre des vacances ?

Le casse-noix ripa sur la noisette à cause de son geste trop brusque. Cette dernière s’envola à l’autre bout de la pièce. Hanz se leva et partit à sa recherche, l’esprit perturbé par la question de sa sœur. Des vacances ? Oui bien sûr il y avait certainement déjà pensé. Il prenait déjà son lundi et parfois, comme aujourd’hui, quand son stock s’écoulait vite, cela lui laissait du temps libre et de ce temps libre il faisait bien ce qu’il voulait.

Hanz s’imagina ce que ce que ce serait de se donner deux jours entiers, ou même mieux, toute une semaine. Tous les endroits merveilleux qu’il pourrait voir, à commencer la plage aux sirènes ou même encore la grotte du dragon !

Hanz se sentait tout à coup un cœur d’explorateur. Il en oubliait ses soucis de santé et la maladresse naturelle qui le caractérisait dès qu’il sortait de son domaine de prédilection. En cherchant la noisette derrière le comptoir il se figura un instant qu’il qu’elle ne renfermait pas une noix, mais une pierre précieuse cachée par un esprit de la forêt qui ne la révélerait qu’à un cœur pur. Mais en se relevant, l’objet en main, ses yeux tombèrent sur la pochette qui renfermait les conditions du prêt que le vieil homme lui avait accordé ainsi que la somme qui lui restait à rembourser et les propriétés merveilleuses de la noisette s’évanouirent.
Un peu désenchanté, il sourit tout de même en regardant Margot et lui répondit d’un ton joyeux :

-Oh ! Je n’ai pas besoin de vacances. Un jour par semaine c’est déjà bien. Je dois d’abord dépasser un certain seuil de mon prêt avant d’y penser.

Il fit taire la voix qui lui disait qu’il n’aurait pas dépassé le seuil en question avant cinq ou dix ans.
Il allait monter à l’étage pour préparer le café de Margot et s’étouffa à moitié quand elle lui dit qu’elle voulait un biscuit vivant pour tremper dedans. Il se tourna vers elle en riant.

- Non s’il te plaît ne les mange pas pauvres petites. Oui la tribu s’agrandit. Dieu sait que je ne fais pas exprès, mais il a suffi qu’en donnant à des sablés une forme d’étoiles je rêve de Cassiopée ou de la Grande Ourse pour avoir la surprise en les sortant du four. Heureusement sur une fournée de cent je n’ai eu que dix âmes, mais il ne faudrait pas que ça empire. Sinon nous aurons bientôt une armée de biscuits et plus rien à vendre aux clients !

Quand il lui parla de l’automne Margot sourit. Ca faisait plaisir à voir. Cependant il se garda bien de le lui dire. Les gens renfrognés de nature n’aiment pas qu’on leur dise combien ils sont beaux quand ils sourient. Quoi qu’il en soit, elle avait l’air ravi qu’il lui propose son aide, et lui du même coup, était d’autant plus heureux de rendre service.

Peut-être qu’il devrait repenser à cette histoire de vacances. Pour elle qui cumulait deux postes, sa couverture de fermière le jour et ses dessous de tueuse de sorcières la nuit, la vie devait être compliquée mais surtout épuisante. Prendre quelques jours après tout, en calculant bien la période, en révisant son compte et son avance sur le mois suivant, et en prévenant bien les clients, ça pourrait se faire. Il pourrait aider un peu Margot quelques jours et se réserver un créneau pour aller sur la plage aux sirènes du même coup. Son optimisme le regagnait. Avec un plan d’action on pouvait tout faire !

-T’inquiète pour la maison, je vais jeter un œil et on réglera ça. Pour les champs, tu sais combien j’aime la nature, alors ne m’en empêche pas, ça me fait plaisir. Ca me donnera l’occasion de sortir. Mes mains ne risquent rien, je ne suis pas pianiste. Et toi alors ? Ajouta-t-il tout en grimpant les escaliers. Attends qu’on monte, qu’on puisse discuter un peu. Je vais te cuisiner.

Il se retourna pour lui faire un clin d’œil, fier de son jeu de mot facile. Ils entrèrent dans la cuisine. Cette pièce sobre qui se laissait si difficilement dompter. Malgré le temps qu’Hanz passait à la ranger et à la nettoyer, il restait toujours un grain de café pour traîner sur le comptoir ou une marmite pour refuser de rentrer dans son placard attitré. Pourtant Hanz était certain que la dernière fois il avait réussi à la placer. Non sans efforts certes. Tant pis, elle resterait là en attendant, tant qu’elle serait sur la gazinière, elle ne dérangerait personne.
Margot lui demanda pourquoi il n’engagerait pas une vendeuse pour l’aider.

-Oui pourquoi pas. Ca me permettrait certainement de faire un meilleur chiffre. Peut-être un apprenti qui puisse aussi m’aider aux fourneaux, et ça évitera que mes étoiles sablées attrapent des petites sœurs trop nombreuses. Et en parlant d’étoiles, regarde qui arrive.

Elles avaient fait la courte échelle pour gravir les escaliers. Les dix petits sablés en forme d’étoile se pressaient contre le vaisselier en bois de pin. Elles étaient à l’anis, à la fleur d’oranger et au chocolat. Il les avait créées accidentellement cette semaine. Hanz n’avait pas encore trouvé un nom pour chacune. Il leur donnait en attendant le surnom affectueux d’oursonnes ou de reinettes.
Il jeta un coup d’œil à sa sœur. Est-ce qu’elle dormait ne serait-ce qu’un peu en ce moment ? A force de se préoccuper de ses gâteaux vivants, il oubliait de lui demandait comment elle allait.

-Alors, comment va ta vie ces temps-ci ? demanda-t-il doucement.

Il ne voulait pas trop la brusquer, mais il se demandait surtout si elle prenait bien le temps de sortir en dehors de son travail, si les sorcières avaient fini par déserter la région à force qu’elle les extermine, si elle avait, peut-être rencontré quelqu’un, qui sait ? Quelqu’un qui ne lui serve pas uniquement de ramasseur de patates…

Il versa le café, qui était prêt, dans deux petites tasses et s’assit sur une des deux chaises qui traînaient. Une petite étoile brune avançait vers lui. Il la saisit délicatement entre ses mains et la regarda tituber d’un bout à l’autre de ses paumes.
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Siana


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MessageSujet: Re: Un vendredi comme les autres entre Stöber   Jeu 26 Nov 2015 - 21:02

Penser à son prêt avant tout était du Hanz tout craché. Comment le petit avait-il pu devenir si responsable ! Cela mis Margot entre deux sentiments. De la fierté et une impression d'inutilité. C'était clair qu'il n'avait plus besoin d'être sous l'aile de sa sœur ainée.

Elle regarda son frère courir après sa noisette et parler de ses habitudes de repos hebdomadaire.

- Tu en es où dans ton prêt ? Demanda Margot sans arrière pensée.

Quoi qu'elle aurait pensé l'aider à rembourser mais le non aurait fusé immédiatement.

Par contre, Hanz ne semblait pas contre l'idée d'un apprenti. Plutôt qu'une serveuse... une femme dans cette maison ne déplairait pas à Margot. Après un petit test pour s'assurer qu'elle n'ait rien de magique, bien entendu.

- Peut-être que je pourrais t'aider pour l'apprenti. J'ai actuellement à la ferme deux frères qui travaillent pour moi. Des jeunes, ils n'ont pas encore de poils au menton. Du moins pas le cadet. Ils sont du village. Tu dois les connaitre de vue. Tu te souviens de l'attaque de trolls, il y a dix ans ? Un couple de fermier était mort et avait laissé deux orphelins. Eh bien ce sont ces gamins. Ils habitent chez leur grand-mère au village et ils ont voulu travailler après l'école pour aider leur mamie. Ils ont quoi... treize et onze ans... Ils sont vaillants, gourmands d'apprendre de nouvelles choses et plutôt intelligents. Je pense que le cadet n'a pas trop sa place dans une ferme. Il est plus créatif que son frère, et plus minutieux et précieux. Je lui fais confiance à ce petit. Tu accepterais de le rencontrer à la ferme lors de ta prochaine visite ? Je pense que...

Leur conversation fut interrompue par la venue de biscuits aux formes célestes.
Une véritable constellation sucrée venait de faire irruption dans la cuisine. Elles étaient belles, sentaient bon les douceurs et étaient plutôt intrépides !

Margot les observait, se disant que leur appétissante apparence ferait d'elles d'excellents appâts pour sa chasse aux sorcières et créatures magiques malveillantes.

Hanz la tira de sa rêverie par une question dont la réponse était toujours la même : "comme d'hab, la routine". Mai ce vendredi, Margot en avait des choses à raconter.

- Je suis envahie par les squatteurs ! Un blond fainéant que je loge pas gracieusement dans l'étable. Et une fille bizarre qui mériterait qu'on lui enseigne les bonnes manières. Je vais te les faire travailler si dur que cela leur passera l'envie de me quémander plus longtemps l'aumône. Le blondinet m'a abimé le champ de blé en trouvant le moyen d'y dormir à la belle étoile. Je peux te dire qu'il va récolter du plus pénible. Dès demain, je lui fais récurer l'étable et la porcherie. Jusqu'à ce que cela sente aussi bon que dans ta pâtisserie.

Margot esquissa son fameux sourire vengeur.
A défaut d'avoir des sorcières sous la main, elle a toujours les squatteurs pour se défouler !
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Umbrella


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MessageSujet: Re: Un vendredi comme les autres entre Stöber   Ven 17 Juin 2016 - 20:58

- Tu en es où de ton prêt ?

- Eh bien j'ai emprunté vingt mille couronnes pour racheter sa pâtisserie au vieux il y a sept ans... Je serai bientôt à la moitié... si tout se passe bien.

Le prêt était sur vingt ans. Ce n'était pas que la pâtisserie s'était vendue si cher, mais Hanz gagnait sa vie doucement et tenait à son fonds de commerce. Il faisait les choses petit à petit, il ne tenait pas à se mettre sur la paille en remboursant trop vite. Il était content de son affaire. La pâtisserie était vraiment bien placée et tous les outils étaient en parfait état quand il l'avait reprise, il n'avait pas à se plaindre. La personne qui lui avait prêté l'argent était un des nains qui travaillaient à la mine autrefois, il avait dû avoir la main baladeuse sur un diamant ou deux... Tant mieux pour Hanz, du coup il lui avait prêté l'argent pour presque rien...

Tandis que la petite oursonne tournait dans sa main Margot proposa de lui faire rencontrer un apprenti. Un jeune garçon, disait-elle, des orphelins. Hanz eut une vision de Margot et lui au même âge. Margot qui avait grandi si vite... quand il y repensait... Margot n'avait pas eu d'enfance. Il s'en voulait parfois d'avoir été si jeune à ce moment-là... il n'avait pas pu la soutenir.

- Bien sûr ! Tiens, si nous allions tout de suite à la ferme que je rencontre ce jeune homme ? Et puis je reverrai mes comptes et peut-être que je prendrai aussi une serveuse après tout, il faudrait optimiser ce salon de thé, tout seul je ne peux pas tout faire et le potentiel est gâché.

L'idée d'accueillir quelqu'un chez lui lui mit du baume au coeur. Il se sentait d'un coup d'une humeur sautillante, dans sa main la petite oursonne avait été rejointe par ses camarades. Elles cabriolaient et elles tournoyaient toutes ensemble. Il les fit glisser de sa main d'un léger mouvement du poignet, elles poussèrent un cri joyeux comme sur la pente d'un toboggan en atterrissant sur la table. Il les laissa gambader vers Margot et s'affaira un peu dans la cuisine pour préparer ce petit café. Il tassa les grains moulus dans le filtre de la cafetière, ajouta un peu de l'eau du pichet et ranima la flamme qui dormait dans la cuisinière avec quelques bouts de bois calibré par ses soins. Il ne restait plus qu'à attendre que ça chauffe.

- Je suis envahie par les squatteurs !

Margot montrait tant d'enthousiasme à décrire son exaspération qu'il se demandait bien si elle n'était pas en réalité ravie d'avoir quelques âmes en faute à faire expier. A force qu'elle chasse les sorcières depuis vingt ans, elles avaient dû finir par se faire discrètes. La ville était plus calme et Margot rabattait apparemment sa colère inextinguible sur les pauvres hères endormis et les voyageurs égarés au mauvais endroit. Hanz était ravi. C'était comme si Margot s'était enfin fait quelques amis. Tandis qu'elle prophétisait les souffrances que ces gêneurs endureraient bientôt, il affichait un sourire béat comme si elle relatait les délices d'une amitié naissante.

- Je suis très heureux que tu trouves de quoi occuper ton âme guerrière. Est-ce qu'on verra ton jeune squatteur ce soir ?

Le café montait et avec lui une délicieuse odeur. Il attendit qu'il soit tout à fait près et le servi le saupoudrant de quelques graines de vanille. En le posant sur la table à la place de Margot, il prit soin d'éloigner les biscuits qui devaient accompagner le café des oursonnes et des reinettes qui auraient été capable de sauter dedans pour faire connaissance.

Il allait ajouter quelque chose dans la conversation quand il entendit quelqu'un frapper la vitrine avec insistance.

Il avait pourtant bien écrit "fermé" sur la pancarte... Il tendit l'oreille pour voir si la personne insistait... elle tambourina la porte de plus belle.

- Excuse-moi, dit-il, je vais aller voir...

Il posa la deuxième tasse sur la table et disparut dans les escaliers.
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Siana


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MessageSujet: Re: Un vendredi comme les autres entre Stöber   Sam 18 Juin 2016 - 22:59

Margot aurait très facilement pu aider son frère dans l'achat voire dans le prêt de sa pâtisserie. Elle avait les moyens, l'exploitation tournait bien. Elle avait aussi des méthodes pas forcément recommandables, pour dégoter de l'argent. Il lui suffisait par exemple d'augmenter ses tarifs de chasseuse de créatures récalcitrantes. Mais son frère est aussi têtu qu'elle. Elle lui avait proposé mais il avait refusé. Et elle avait beau lui demander chaque année où il en était, chaque fois elle sentait que son aide n'était pas désirée. Cependant, au fond d'elle, Margot savait que son frère lui demanderait de l'aide s'il se retrouvait en difficulté, tout comme elle le ferait si c'était elle, sans pour autant le reconnaitre ouvertement.

Margot observait le ballet des gourmandises vivantes. Elle les taquinait, mais ne les mangerait pas. C'étaient des créatures magiques acceptée par la chasseuse car elles étaient les "enfants" de son frère. D'ailleurs, il y a un sujet qui trottait dans l'esprit de Margot chaque fois qu'elle voyait une de ces créatures de sucre et de farine... Comment Hanz avait-il eu son pouvoir de donner vie aux pâtisseries ? Était-ce dû aux pâtisseries magiques de la sorcière de leur enfance ? A la chute des barrières, comme pour elle ? Ou l'avait-il depuis sa naissance ?

Margot fut sortie de ses pensées par la proposition de son frère d'aller à la ferme rencontrer les deux garçons.

- Si ton travail ici te le permet, alors je serai ravie de te conduire dans notre vieille maison pour rencontrer ces deux petits, par contre, il faudra que tu restes dormir à la maison... je ne voudrais pas que tu rentres tard ce soir, de nuit, avec les brigands qui trainent. Quoi que si tu payes bien la Dame Vengeresse, peut-être que tu rentreras sain et sauf ce soir. Je te ferai un prix !plaisanta Margot en adressant un clin d’œil à son frère. Concernant le squatteur... reprit Margot sur un ton plus sérieux, Peut-être le verras-tu... Tout dépend du travail qu'il aura donné aujourd'hui. si cela ne s'est pas bien passé, il payera par un travail de nuit que je trouverai. Tu sais que je ne manque pas d'idée pour les récalcitrants à la tâche. Surtout que...

Margot fut interrompue par un bruit à la porte. Elle regarda l'heure et s'étonna qu'il y ait encore de la visite à la pâtisserie alors que l'écriteau indiquait que l'affaire de Hanz était fermé. Face à l'insistance de l'inconnu à la porte, Margot fronça les sourcils. Son air joyeux s'était volatilisé et la colère qui dormait en elle refaisait surface.

- C'est qu'il insiste en plus...

Le regard noir, Margot allait se lever pour mettre les points sur les i du casse-pied mais son frère l'avait devancé. Tandis que Hanz disparaissait dans les escaliers, Margot se dirigea vers la fenêtre qui donnait sur la rue et tira à peine le rideau, suffisamment pour voir qui frappait à la porte. Elle sentit ses poils de bras s'hérisser en voyant un inconnu de grande taille bien caché par un capuchon bleu délavé. Pas de doute, le visiteur indésirable avait une source magique au fond de lui, bien cachée sous son capuchon. Il ne restait plus qu'à déterminer si c'était une bonne ou une mauvaise source, et si l'usage que pouvait faire cette personne de sa magie était bon ou mauvais. Pour se calmer, Margot se dit que, peut-être, l'inconnu ignorait qu'il possédait un pouvoir... Mais alors, pourquoi porter un capuchon si ce n'est pour cacher quelque chose ?

Suspicieuse la Dame Vengeresse ? Non... juste très prudente et peut-être trop protectrice avec son frère...

Ni une ni deux, Margot lâcha le rideau, empoigna son couteau préféré et descendit en catimini l'escalier. Elle s'y cacha et tendit une oreille attentive à la conversation qu'allait avoir son frère avec cet inconnu. Elle était maintenant cachée dans l'ombre. Elle put entendre :

- Bonjour, je suis un pèlerin de passage en ville. Je suis sans le sou. Auriez-vous du pain un peu trop dur pour être vendu pour un pauvre voyageur ?

Un pèlerin dans un quartier aussi chic que celui de la pâtisserie de son frère ? Margot n'y croyait pas... les gardes de la ville veillaient à ce qu'aucun vagabond et sans domiciles errent dans ce quartier... alors pourquoi laisserait-il un pèlerin miteux trainer ici et faire tache dans le paysage bourgeois de la pâtisserie ? L'homme, car sa voix laissait penser qu'il s'agissait d'un homme, se trouvait à une dizaine de mètre de Margot. Il était pile dans son périmètre d'action et d'effet de son pouvoir. L'inconnu était donc dans l'incapacité d'utiliser son pouvoir, si pouvoir il possède bien...

L'inconnu profitait de la porte entrouverte pour essayer de voir l'intérieur de la pâtisserie.
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MessageSujet: Re: Un vendredi comme les autres entre Stöber   Dim 19 Juin 2016 - 23:12

- Je ne voudrais pas que tu rentres tard ce soir, de nuit avec les brigands qui traînent.

Arf... c'était vrai. Hanz sortait si peu de nuit qu'il en oubliait le changement d'ambiance qui se produisait à la nuit tombée. Les habitants ne se risquaient pas dans les rues pour ne pas rencontrer les perces-bedaines ou les perces-bourses qui y traînaient. Depuis la chute des barrières les contes étaient devenus fous disaient-on, et on voyait toutes sortes de choses improbables se produire. Pour Hanz qui avait vécu un événement assez traumatisant avant cette fameuse chute, les contes était déjà détraqués avant mais ça, ce n'était qu'un point de vue personnel.

N'empêche, Margot avait raison, rentrer seul la nuit était le meilleur moyen de se faire couper la gorge et Hanz ne tenait pas à laisser sa sœur et ses étoiles seules dans le monde ce soir.

- Tu as raison, je viendrai pendant mon jour de repos !

Il avait déjà oublié qu'il avait prévu de peut-être prendre des vacances. Vacances... quel mot vaporeux et fugace ! Il s'en était allé dans des limbes lointaines.

Il ne put s'empêcher de remarquer le regard noir de Margot quand elle entendit leur visiteur de l'après-midi insister. Il se dépêcha de descendre voir de quoi il retournait avant qu'elle ait l'idée de planter un couteau en travers de la porte en signe de dissuasion. Sa sœur était beaucoup de choses, mais elle n'était pas particulièrement accueillante.

- Auriez-vous du pain un peu trop dur...

Hanz sentait Margot se raidir quelques pas derrière lui alors que l'inconnu parlait. Elle était déjà prête à bondir. S'il avait été seul, jamais il ne se serait méfié d'un pauvre vagabond, aussi grand et costaud soit-il. Cependant la sentant si tendue il resta sur ses gardes.

- Oui, bien sûr, dit-il, attendez-moi ici.

Sachant que Margot veillait au grain, il se dirigea vers l'arrière boutique. Il ne jetait jamais le pain dur, même après plusieurs jours et, si aujourd'hui avait été une journée bien remplie, tous les jours de la semaine ne l'avaient pas été. Il comptait faire du pain perdu une fois que les baguettes auraient été bien dures, mais les donner au pauvre homme irait tout aussi bien.

Il farfouillait dans ses affaires pour trouver un sac de la taille appropriée quand il entendit un petit bruit.

Ce n'était qu'un chat... il devenait parano lui-aussi. Comment Margot faisait-elle pour tenir ce rythme cardiaque à l'année ?
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Siana


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MessageSujet: Re: Un vendredi comme les autres entre Stöber   Ven 8 Juil 2016 - 15:40

Margot tendait l'oreille. Ses sens étaient aux aguets. Surtout sa magie. Elle avait une sensation électrique dans le dos. Comme si du courant lui traversait l'échine, du bas des reins jusqu'aux cervicales. Le courant irradiait dans ses bras, fourmillait jusqu'au bout de ses doigts. Cette excitation d'avant affrontement avec une créature magique, elle la connaissait que trop bien. Elle l'adorait, l'aimait. C'était comme une drogue pour elle. Une drogue qu'elle n'avait pas gouté depuis longtemps. Les créatures magiques se faisaient rares ces temps-ci.

Ressentait-elle vraiment la présence d'une créature magique ou était-ce simplement une excitation passagère pour lui rappeler qu'elle est en manque d'action ?

Margot préféra rester encore un peu plus en retrait. Cachée dans son petit coin, elle vit son frère aller vers l'arrière boutique. Elle hésita. Est-ce qu'elle restait là à s'assurer que l'inconnu n'entre pas dans la boutique pendant que son frère est derrière ? Ou le rejoint-elle pour mettre en œuvre une petite idée qui venait de lui traverser l'esprit... Margot n'hésita pas plus longtemps. Après tout, s'il entrait sans y être invité, cela serait pour elle une raison plus que valable pour le cogner et assouvir son besoin d'action. Margot laissa donc son petit coin là où il était et rejoignit son frère dans l'arrière boutique.

- Hanz... murmura-t-elle en s'approchant doucement de lui. Fais un truc pour moi s'il te plait...

Margot prit son couteau et s'écorcha le bout d'un doigt, sous les yeux horrifiés de son frère.

- Ho ça va... tu m'as vu faire pire ! Je pourrais très bien lui sauter dessus à la place et lui barbouiller la face avec mon sang,
lui lança-t-elle en épongeant son doigt avec une serviette en papier qu'elle imbiba bien. Tu enroule le pain dans ce papier et fais en sorte que le sang touche la main du type quand tu lui donnes le pain. Fais ça pour moi s'il te plait, quémanda-t-elle avec le ton doux qu'elle prenait uniquement avec son frère.

Elle lui déposa un baiser sur le front et ajouta :

- Promis, si rien ne se passe, je reste gentille avec cet inconnu et cachée dans mon coin.

Margot retourna discrètement dans son coin.

*Mais s'il se passait quelque chose...* songea Margot. *Ah si seulement il pouvait se passer quelque chose... là par contre...* se dit-elle.

HRP:
 
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Umbrella


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MessageSujet: Re: Un vendredi comme les autres entre Stöber   Mer 13 Juil 2016 - 18:38

Hanz était dans l’arrière-boutique, occupé à empiler quelques morceaux de pain rassis quand Margot surgit et, se piquant le doigt, commença à insister pour qu’il serve le pain de l’étranger dans du papier imbibé de sang.

Pourquoi tout était-il toujours si compliqué avec elle ? Pas question de servir le pauvre homme avec une serviette sale. Il comprenait l’inquiétude de sa sœur mais il ne pouvait décidément pas la laisser faire.

- Margot… ce n’est qu’un pauvre homme…

Il allait refuser de se servir de la serviette, mais il vit la lueur qui brillait dans ses yeux. S’il ne le faisait pas c’était sûr, elle allait vraiment se jeter sur lui et le badigeonner de son sang comme elle l’avait dit.

- Bon... d'accord, d'accord !

Hanz sortit, arborant à nouveau un large sourire, le pain enveloppé dans la fameuse serviette.

- Tenez. Revenez demain matin très tôt, je vous mettrai de côté quelque chose de frais. Vous ne pouvez pas vous nourrir de pain dur…

A peine avait-il parlé que le vagabond se mit à trembler convulsivement. La serviette et le pain qu'elle contenait s'échappa de ses mains.

- Tu m’as trompé, souffla-t-il. Sois… maudit…

Il s’effondra.

Un affreux sentiment de culpabilité prit Hanz à la gorge. Il n’aurait pas dû ressentir ça pourtant, il le savait. La réaction qu’il avait eue prouvait que l’homme possédait des pouvoirs maléfiques et donc, que sa sœur avait eu raison de se méfier. Cependant Hanz ne pouvait s’empêcher de se dire que c’était lui qui avait tendu un piège à l’homme et non le contraire et que de plus, le danger n’était pas grand étant donné que l’homme s’était trouvé dans le champ de Margot, laquelle annulait les pouvoirs des autres lorsqu’elle se trouvait près d’eux. Il n’aurait de toute façon rien pu tenter. Ce n’était décidément pas loyal.

Il s’accroupit à côté du colosse. Une simple goutte de sang n’aurait pas dû lui faire perdre connaissance, tout juste aurait-il dû ressentir une petite décharge électrique… c’était le sort habituel des sorcières qui osaient toucher Margot. Alors pourquoi ?

L’inconnu portait une espèce de médaille d’argent autour du cou. Un bijou bien riche pour un homme habillé si sobrement et qui demandait la charité. Peut-être un objet de sa foi ? Il avait dit être un pèlerin…

- Margot, dit-il, aide-moi s’il te plait, on ne va pas le laisser là.

Il l’aurait bien déplacé seul mais l’inconnu était immense et vraiment lourd.

- Et mets des gants. Il est assez amoché comme ça.
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Siana


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MessageSujet: Re: Un vendredi comme les autres entre Stöber   Dim 17 Juil 2016 - 22:51

- Un pauvre homme en apparence. Mais tu sais aussi bien que moi qu'il faut se méfier des apparences. Notre belle-mère avait un apparence normale et pourtant c'était une saleté de sorcière, dit Margot en fronçant les sourcils. Je sens qu'il y a quelque chose qui cloche... ajouta Margot en tapant ses tripes.

Hanz accepta le stratagème et Margot le regarda aller donner la serviette tachée de sang. Et le résultat escompté se montra mais pas tout à fait comme Margot l'imaginait. D'ordinaire, les créatures magiques craignent le sang de Margot, s'affaiblissent un peu voire perdent leur pouvoir. Cette fois-ci, c'était très différent car le mendiant trembla et s’évanouit. Soit il était une créature magique très faible et le sang de Margot fut trop puissant pour lui. Soit il était totalement différent des autres créatures. Soit il était tout autre chose... mais quoi ?

Margot resta en retrait pour voir ce qui allait se produire sur l'inconnu. Mais quand elle vit Hanz s'approcher, Margot sortit de sa cachette et alla rejoindre son frère. Hanz lui demanda de l'aider.

Margot enroula sa main dans le premier torchon qu'elle trouva et attrapa l'inconnu par les bras. Puis elle le tira à l'intérieur de la boutique avec une aisance incroyable. Elle referma la porte, tira les rideaux et dit :

- Inutile d'ameuter le quartier.

Margot se pencha au-dessus du pèlerin et l'examina. Elle chercha un pouls, une expiration. Tout était là. Il n'était pas mort. Juste très affecté. Margot se frotta le menton d'un air songeur et dit :

- Ce n'est pas habituel comme réaction.

Hanz dévoila la médaille en argent. Margot regarda l'objet.

- Vu sa dégaine, je serai tentée de dire qu'il l'aurait volé... mais je pense que c'est vraiment différent... Un objet de culte ?

Margot songea à la même chose que son frère.

- Tu t'y connais, toi, en cultes ? Il y a quoi comme église ou lieux de culte dans cette ville ? demanda Margot à son frère. En général, les pèlerins vont de villes en villes pour faire comme des escales dans des lieux de cultes avant d'arriver à un endroit précis.

Margot mit les mains dans les poches de l'inconnu pour chercher un autre indice.

- En tout cas, il est bizarre ce type
dit-elle en farfouillant. Ha ! Regarde ce que j'ai trouvé, ajouta-t-elle en sortant quelque chose de la poche intérieur du veston du pèlerin.

C'était une fiole bien fermée grâce à un bouchon de cire, contenant un liquide argenté et scintillant. Margot fit tourner la fiole. Le liquide était épais. Margot fronça les sourcils encore plus que lorsqu'elle évoqua leur belle-mère.

- C'est du sang de licorne, grogna Margot, en arborant un visage sombre et une colère dans les yeux.

Si Margot traquait les créatures magiques malfaisantes, si elle les détestait au plus profond de son être, elle avait toutefois un respect immense pour les créatures magiques sacrées telles que les licornes, les phénix, les nymphes, les hippogriffes...

- J'avais entendu parler d'une recrudescence de produits d'origine sacrée sur les marchés noirs mais je ne pensais pas en voir de mes propres yeux, révéla-t-elle en continuant sa fouille. Il faut tuer une licorne pour son sang... Qui oserait faire ça !

Elle sortit des poches de l'inconnu des objets variés. Il y avait un carnet contenant des noms et des adresses. Margot reconnut la plupart des lieux. Il s'agissait d'endroit où se faisaient des ventes et enchères du marché noir. Il y avait aussi une bourse remplie de pièces d'or et d'argent et un papier avec le sceau de la PAF, la fameuse La Police Ananarchiste Féérique.

- C'est un avis de recherche,
dit Margot en montrant le papier à son frère. C'est l'avis de recherche d'un chat qui porte des bottes. Je n'avais jamais vu cet avis de recherche avant. Tu l'as déjà vu, toi, en ville ? Je me demande si on a affaire à un agent de la PAF ou si c'est un chasseur de prime...

Margot laissa l'avis dans les mains de son frère et prit la médaille en argent. Dès qu'elle la prit, Margot reçut comme un coup de jus. La jeune femme cracha un juron et relâcha aussitôt la médaille.

- La médaille regorge de magie... je viens de m'en prendre une pleine décharge alors qu'en touchant l'homme je n'ai rien senti. Je pense que c'est à cause de sa médaille que ce type a mal réagi à mon sang. Le pèlerin n'a rien de magique, c'est la médaille qui l'est...
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