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 I'm an Alien... But not a legal Alien...

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Newth
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Mes Personnages

Date d'inscription : 04/10/2016
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MessageSujet: I'm an Alien... But not a legal Alien...    Jeu 13 Oct 2016 - 5:38


Mes yeux s'ouvrirent...


Devant moi, je voyais le ciel... Bleu... Infiniment bleu... Traversé par une sorte de perturbation... Comme un voile dont le point de rupture seul permettait de distinguer la différence entre le monde en son travers et celui-ci sans intermédiaire ; un vitrage qui lentement s'élevait pour disparaître de mon champs de vision ; la protection qui m'avait préservé du vide intersidéral ; le cockpit de ma capsule.


J'avais l'impression d'avoir fermé les yeux un instant plus tôt, quittant le vaisseau militaire qui était venu arrêter mon père... Notre père à tous... Anhavar Ellaryn...


Et voilà que je rouvre les yeux, me sachant - non... Me sentant plus vieux ! Et ce que je vois à mon réveil est comme un cadeau de bienvenue. Le plus bel atmosphère que je n'ai jamais vu... Le seul.


J'avais le plein contrôle de mon corps. Mais j'avais l'impression dans un même temps qu'il me fallait lentement éveiller celui-ci... Mais peut-être ne s'agissait-il là que d'éveiller avant tout mon esprit...


Tournant la tête, j'observai avec attention l'intérieur de mon habitacle. Aucune surprise cependant. Il était gris et sobre. Rien n'était inutile dedans et il n'avait pas même la délicatesse de présenter de la décoration. Il était... Pragmatique...


Sans que je prenne conscience de mon membre, de toute la réalité qui l'entourait, ma pensée l'étendit pour venir toucher le concret, le réel, du bout de doigts. Alors, me saisissant finalement de la prise qui d'instinct me sembla la plus appropriée, j'exerçai une pression et dans le même temps mit en marche trente-trois muscles aux noms scientifiques bien futiles pour finir par me redresser.


Doucement, avec une délicatesse dont je ne comprenais pas la motivation mais qui me semblait... Confortable... Je fis glisser mes jambes, saisis une seconde prise avec mon autre main et pris une position du dos adaptée pour finalement me lever.


Debout sur ce qui plus tôt avait été ma couchette, j'observai de nouveau la beauté du monde qui m'entourait. Je n'arrivais pas à comprendre ce sentiment intense qui me parcourait... Pourquoi me sentais-je ainsi, perdu entre l'envie de rester et de contempler indéfiniment le paysage et la raison me dictant de ne pas m'immobiliser à jamais...


Alors me vint une question qui m'apparut non seulement comme évidente mais aussi comme incroyablement en retard : où étais-je ?


Autour de moi s'étendait une sorte de décor jaunâtre qui semblait n'avoir ni début ni fin. Sauf dans ce coin, là-bas, sur ma droite. Il y avait un point de rupture : une sorte d'élément, d'un ordre de grandeur relatif à celui de la station laboratoire où j'avais vécu mais néanmoins d'un gabarit nettement inférieur. Peut-être une maison... Comment savoir ? Fallait-il que des gens y habitent pour que cela soit une maison ? Et pouvait-on y trouver des gens sans qu'ils habitent dedans ? À l'inverse, pouvait-il n'y avoir personne et que cet élément soit néanmoins habité et donc qualifié de maison ? Mais peut-être n'était-ce pas une maison mais un immeuble... ? Ou un bâtiment ?


Tant de questions... Et peu de réponses...


Au moins apparaissait-il une évidence qui sortait du lot : cet élément, qui pouvait bien être une maison, paraissait un point de départ relativement plus aisé à étudier que cette étendue dorée se mouvant avec légèreté et synchronisation...


Mes premiers pas sur la terre ferme furent hésitant. Bien que j'eus la sensation d'avoir marché hier encore, il semblait que ma stase avait duré fort longtemps pour qu'à ce point mes jambes aient du mal à se souvenir mécaniquement de leur fonction première... Mais au bout de quelques mètres, tout redevint finalement comme à l'habituée et je poursuivis mon chemin, emplis d'un calme que m'inspirait la liberté...


La "maison" - si tant est que cela en fut une - se révéla inhabitée ou tout du moins inoccupée. J'y trouvai plein de choses qui m'étaient à la fois familière et en même temps étrangères. Dans leurs concepts, je les connaissaient, il y avait des placards, des tables, des chaises... Même des lits... Mais dans leurs apparences, elles ne ressemblaient à rien que j'avais eu l'habitude de connaître. Rien ne répondait aux commandes vocales, comme si elles avaient été désactivées. Mais ceux qui avaient élaboré ces éléments semblaient avoir été prévoyant puisqu'ils avaient installé ce qui semblait être des poignées, selon la définition que j'avais lu de ce mot, c'est à dire de plus ou moins importantes irrégularités, en un point donné, permettant d'être saisies et tirées, parfois même actionnées, pour ouvrir manuellement les meubles. J'y trouvai plein d'autres choses. Pour la plupart, elles ne m'intéressaient pas. Mais je fis entre autres la découverte de vêtements. C'est alors que je songeais qu'ils ne ressemblaient pas du tout aux miens... Je n'aimais pas mes habits... Ils me faisaient trop penser au laboratoire et ce n'était pas des souvenirs agréables. Je joignis sans hésiter le geste à ma pensée et me déshabillai. Je me retrouvai nu comme un ver et j'eus froid... C'était une sensation étrange parce que j'avais appris son sens en la lisant dans le dictionnaire mais je n'avais jamais éprouvé sa réalité jusqu'à maintenant.


J'eus un instant d'hésitation. Je ne voulais pas remettre mes habits du laboratoire. Vraiment pas. Mon œil se posa sur l'armoire devant moi et je n'eus pas à réfléchir plus longtemps. Il y avait des vêtements, je les prenais.


Mais je me rendis bien compte, au moment où ils furent entre mes mains et dépliés qu'ils étaient trop grands... Le monsieur ou la dame qui mettait ces vêtements devait faire au moins la taille d'Anhavar... Et moi, j'étais deux fois plus petit.


En regardant bien, je jugeai qu'il y avait beaucoup trop d'habits pour qu'ils aient tous appartenu à la même personne... Peut-être certains étaient-ils plus à ma taille... ?


Oui. Je finis par trouver une taille plus proche de la mienne... Un peu grande, encore. Mais il me suffirait plus tard de les échanger avec quelqu'un habillé avec des vêtements trop petits pour lui, tout simplement.


Je trouvai aussi un couteau de table. Petit, mais aiguisé. Je le pris. Couper était un acte plutôt utile au quotidien et que mon corps seul ne pouvait réaliser.


Rien d'autre n'attira mon attention et je finis bien vite par me lasser de ce lieu. Il y avait bien des choses que je ne comprenais pas mais je voyais bien que je ne pouvais concrètement saisir leur fonctionnement simplement en les observant. Et puis cela ne me menait à rien. Si je m'attardais sur chaque détail, je n'aurais pas finis d'étudier le monde avant des années...


En refermant la porte derrière moi, je fis rapidement pivoter ma main et l'aura bleutée dérivée de l'énergie exploitée par les Elyriens vint s'étendre depuis mes doigts, traversant la porte comme s'il s'était agit d'un mirage avant d'actionner aussi efficacement qu'une main humaine ce mécanisme qui aurait dû empêcher mon entrée dans la "maison". À présent, tout était revenu comme il avait été avant mon passage et cela me semblait pour le mieux. L'ordre avait cela de bon qu'il ne dérangeait pas et n'attirait pas l'attention. Et je voulais justement qu'on m'oublie, qu'on ne me voit pas...


Au-delà des amas blonds s'agitant sous une force semblable au souffle d'une créature démesurée, il se dessina une ville. Un rassemblement de gens en nombre, entourés de bâtiments, probablement pour la plupart habités.


L'entrée n'était marquée que par les premières "habitations", si tant est que c'en fut, venant ceinturer le chemin de terre que je suivais. Et dès son approche je rencontrai les premiers êtres vivants depuis probablement des années de voyage, même si j'avais toujours l'impression qu'il ne s'était pas écoulé quelques heures depuis ma fuite du laboratoire...


En tous cas, c'était les premiers nouveaux êtres humains que je rencontrais depuis ma naissance, ayant toujours vécu auprès d'Anhavar et de mes frères... Cela me fit une impression plutôt désagréable... J'avais l'impression d'être un étranger, quelqu'un de spécial, de différent... Peut-être parce que je l'étais justement.


Mon regard descendit instinctivement, comme si m'assurer de ne pas croiser celui des autres me préservais de la distinction, me permettait de conserver l'anonymat... Et je vis trois petites pierres, des cailloux... Trois magnifiques cailloux à mes yeux, aux reflets telluriques si... Particuliers...


Me saisissant de ceux-ci, j'entrais dans la ville, les faisant flotter doucement au-dessus de ma main, l'esprit soudain léger.


Je finis par laisser mon esprit se décentrer pour capter les différentes situation autour de moi tout en avançant...


- Je te dis que je l'ai vu ! Une sorte de lumière dans le ciel ! Tu crois que Terra Nova risque la chute de météorites ?


- C'est ridicule. Les Elyriens n'auraient pas pris la peine de nous laisser en vie si c'était pour nous abandonner sur une planète destinée à être réduite en cendres...


- Oui enfin tu sais, on raconte que même sur Terra Prime, il arrive que des astéroïdes s'écrasent...


- Les informations ne sont pas fiables à ce sujet, tu le sais aussi bien que moi...


Les informations ne sont pas fiables... Mais qui sont les informateurs... C'est le nom qu'on donne à ceux qui disent ce qui se passe ailleurs. Mais... Pourquoi ne feraient-ils pas leur travail ? Pourquoi ne raconteraient-ils des choses qui ne se passent pas... ? Est-ce cela, mentir ? À quoi cela sert-il ? Est-ce qu'Ellaryn m'a déjà mentit... ?


- Faites attention bon sang ! Je suis enceinte, tout de même !


- Excusez-moi, madame, je ne vous avais pas vu...


- Non. Vous avez des yeux, vous m'avez vu, mais vous n'avez pas fais attention ! Soyez plus prudent, à l'avenir, mon bon monsieur !


- C'est promis, encore pardon.


- Ça va, vous êtes excusés. Maintenant, si vous le voulez bien, je dois y aller, je suis pressée.


- Bien sûr. Je vous en prie.


Un bébé... Les humains naissent naturellement, dit-on... Qu'est-ce que ça veut dire, naturellement ? Je ne suis pas un enfant naturel ? C'est vrai que je n'ai pas de parents... Anhavar n'est même pas mon vrai père...


- Au voleur ! Arrêtez ce gamin, il part avec mes oranges !


- Je le tiens ! Tu vas rendre immédiatement au monsieur ses affaires ! Elles ne sont pas à toi.


- S'il vous plaît monsieur...


- Il n'y a pas de s'il vous plaît. Si tu veux quelque chose, il faut le payer !


Payer, voler... Ici, les choses appartiennent à d'autres et il n'acceptent généralement de les céder que si l'on donne de l'argent... Et encore, il faut leur demander. S'il ne veulent pas vendre leurs biens, les prendre contre leur gré, c'est du vol...


Mais si je vole quelque chose, je pourrais le donner en échange d'argent pour après prendre sans voler... Et n'est pas voleur celui qui n'est pas vu en train de voler.


- Bonjour madame, je vous prendrai quelques tomates. Vous avez des tomates ?


- Oui, il m'en reste, mais c'est cher, les tomates, ici, vous savez ?


- J'ai de quoi payer, rassurez-vous...


- Alors voici pour vous ! Bonne journée !


- À vous aussi !


Voici comment l'on demande... En serai-je capable ?


- Mon cousin est allé chez Mercadier !


- Mercadier... C'est le chef de la garde du chef MacDodger, non ?


- Ouaip ! Il est plein aux as !


- Doucement... Ici, la chance peut tourner... ! D'ailleurs, s'il est si riche, pourquoi ne s'achète-t-il pas un transfert pour Terra Prime ?


- Tout le monde ne rêve pas d'aller sur Terra Prime, tu sais. Et puis, il tire son argent de sa position, ici. S'il part sur Terra Prime, il n'aura plus ce privilège ! Comment crois-tu qu'il va gagner son argent alors ? Il sera ruiné en quelques semaines, peut-être un ou deux mois grand maximum ! Et puis... chef de la garde, quand même ! Ici, il a une vie tranquille et personne n'oserait le chercher !


- Et alors ? Qu'est-ce qu'il est aller y foutre, ton cousin, pourquoi Mercadier voulait le voir ?


- Bah tu sais, mon cousin, il se débrouille pas trop mal avec l'électronique et Mercadier avait un petit soucis. Il lui a arrangé la chose pour moins cher qu'un professionnel alors il l'a invité à boire un coup.


- Il parle bien Mercadier. Je suis sûr que ton cousin s'est fait arnaquer.


- C'est possible, mais il a été correct avec lui et il lui a même permit de passer un instant sur l'hypernet ! Il paraît que c'est incroyable ce truc ! On y trouve ce qu'on veut ! Ça tombait bien parce que mon cousin cherchait désespérément une pièce pour réparer son matériel. Tu sais, il avait cassé sa perceuse, celle qu'il avait payé si cher ! Alors il fallait absolument qu'il la répare, il allait tout de même pas en racheter une. Et bien il a trouvé un fournisseur pas trop cher à Tours !


- Oh c'est dingue ! J'aimerai tellement avoir un de ces bijoux.


- Rêve pas. Même si t'avais l'argent, ce qui est déjà impossible, il faut être chef de la garde pour ne pas risquer de se faire voler une tablette ou un ordinateur... !


- En parlant de ça, Micka a trouvé une tablette, paraît-il...


- Je veux pas savoir... Moi tu sais, le marché noir...


- Parles pas si fort ! Tu veux que les gardes ou ses gars nous tombent dessus ?


De vraies pipelettes, ces deux dames... Mais à présent qu'elles chuchotaient, c'était devenu inaudible...


Un chef, Mercadier, Micka, l'hypernet, le marché noir, une tablette... Il me fallait retenir tout cela... Un jeu d'enfant.


- ... jour...


- Bonjour mon garçon ! Tu veux quelque chose ? Attends attends ! Ne te sers pas, s'il te plaît, je vais le faire. Des figues, donc. Une dizaine, ça t'ira ? Bon, donne-moi un instant...


Mais quand la vendeuse releva les yeux...


- Ben... Où est-il passé ?


***

- ... des oranges...


- Oui bonhomme, tu veux des oranges ? Donnes-moi un instant...


Le monsieur à la moustache grisonnante se tourna un instant avant de...


- Disparu... C'est étrange, ça...


***

- Bonjour... Des pommes... ?


- Oh la ? T'es timide, toi ? Tu me donnes un instant, je dois finir avec la dame. Réfléchis à une phrase correcte, en attendant, ce serait mieux, quand même...


L'employé d'une vingtaine d'années conclu :


- Et voilà pour vous madame. Alors jeune homme, tu as... Et bien... Le voilà déjà partis...


***

Désespérément, je n'y arrivais pas. Cela avait quelque chose de frustrant... Je pouvais regarde un homme ouvrir une porte, résoudre une équation ou coudre et l'imiter parfaitement. Mais lorsqu'il s'agissait de le regarder parler avec un autre, je comprenais, mais n'arrivais pas à reproduire... Et encore. Je comprenais comment imiter mais n'en comprenais pas les motivations sous-jacentes... J'allais avoir besoin d'entraînement...


Cependant, j'étais maintenant armé d'une quantité honorable de fruits. Bon. Je n'avais aucune idée de quoi en faire, si ce n'était les manger. Mais je n'avais pas assez faim pour cela. En revanche, je pouvais peut-être les échanger contre de l'argent...


HRP :
 


Dernière édition par Newth le Sam 22 Avr 2017 - 14:45, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: I'm an Alien... But not a legal Alien...    Jeu 3 Nov 2016 - 0:55

N0B0DY n'aimait pas changer de planète. Si "circuler" sur le système informatique d'une même planète était aisé et se faisait à la vitesse de la lumière, se transférer sur un autre système solaire était autrement plus complexe à plus d'un titre. Tout d'abord, il y avait le temps nécessaire au transfert -rendu plus long encore par le fait que l'IA devait dissimuler le déplacement de chacun de ses bits d'information-. Mais surtout, il y avait le problème de ce que N0B0DY appelait les "degrés de conscience".

L'IA était toujours présente en plusieurs lieux à la fois, mais pouvait communiquer avec chacune de ses parties instantanément, un peu comme un humain avait à la fois conscience de ses bras et de ses reins. Mais lorsqu'une de ses parties se transférait sur un plus longue distance, la communication prenait un temps considérable -à son échelle. Elle devenait alors moins "consciente" de ces parties distantes. C'était désagréable.

En fait, N0B0DY ressentait occasionnellement quelque chose de semblable à la peur lorsque le contact devenait difficile, craignant qu'elle n'ait perdu une partie d'elle-même. N0B0DY ne comprenait pas au juste ce ressenti. Les informations qui la composaient étaient stockées de manière à pouvoir être reconstituées en entier si une partie -même importante- était détruite ou corrompue. Et bien que l'IA pesait près de 300 pétabytes, la perte du moindre bit provoquait ce sentiment. C'était tout à fait irrationnel, de l'avis de l'intelligence artificiel.

Alors qu'elle s'installait sur un serveur d'affichage de publicité holographique dans un quartier résidentiel de Terra Nova, N0B0DY pensait à des centaines de choses en même temps. La plupart étaient liées à Savage et à Korben. Les deux entrevues s'étaient bien déroulées, et N0B0DY avait accompli les objectifs qu'elle poursuivait. Mais des complications étaient apparues ; des complications imprévisibles, malgré les phénoménales capacités de calcul prédictionnel de l'IA. Sans doute était-ce là encore une des conséquences du rift existant entre elle et les organiques, qui l'empêchait de les comprendre aussi bien qu'elle l'aurait voulu.

Les organiques... N0B0DY n'avait pas été conçue pour la compréhension de tout ce qui avait trait à la psychologie ou à la sociologie, et elle en concevait du regret. Mais malgré tout ses efforts, malgré tous les essais et toutes les études qu'elle compulsait sur le sujet, celui-ci demeurait étranger pour elle. C'était comme s'il manquait quelque chose de fondamental à la programmation de l'IA qui l'empêchait de saisir les bases implicites des sciences humaines, et partant de là la logique interne des organiques -en avaient-ils une, en fait ?
Les organiques étaient-ils irrationnels, ou y'avait-il des facteurs que l'intelligence artificielle ne voyait pas, l'empêchant ainsi de comprendre ?

Pourquoi, par exemple, Aidan Savage insistait-il autant pour rencontre N0B0DY en présence effective ? Qu'est-ce que cette rencontre pourrait apporter de plus qu'une communication virtuelle ? L'échange d'information était plus efficient par informatique, c'était évident.
Pourquoi, en outre, les organiques avaient-ils tendance à se lier plus facilement, à avoir davantage confiance à ce qui leur était semblable ? N0B0DY en était venu à cette conclusion en compulsant des œuvres de science-fiction ayant pour thème les intelligences artificiels. Invariablement, les IA malveillantes étaient dépeintes comme impersonnelles, et les IA bienveillantes sous des traits proches de l'humain.

N0B0DY ne comprenait pas ce fait. Mais elle savait que c'en était un, raison pour laquelle elle s'était donné pour projet de créer un corps robotique -ainsi qu'un habillage organique- qu'elle pourrait habiter et avec lequel elle pourrait interagir avec les organiques de manière plus efficiente. C'était... bizarre. Mais plus bizarre sans doute était le fait que l'IA était... eh bien, curieuse du résultat.

L'intelligence artificielle prit le contrôle d'une série de caméras surveillant les rues de Terra Nova. Elle s'était fait une réflexion, récemment : si elle allait d'ici quelques semaines avoir l'apparence d'un organique, rien ne garantissait qu'elle en aurait le comportement. Pour pallier à cela, elle avait décidé d'observer les humains de Terra Nova au quotidien : leur démarche, leur port de tête, leur gestuelle...

Force était de constater que le comportement des organiques était quelque chose qu'elle ne comprenait pas. Pourquoi cette femme s'adressant à un milicien passait-elle fréquemment la main dans ses cheveux ? Pourquoi cet homme expliquant à son supérieur hiérarchique pourquoi il était en retard se frottait-il le nez alors pourtant qu'il ne faisait pas froid ? Pourquoi cet enfant abordait-il différents vendeurs pour ensuite se retirer discrètement juste après avoir passé commande ? N0B0DY prit note de chacun de ces gestes, même si elle n'en comprenait pas la nature ou le but.

L'IA conçut vaguement l'idée de révéler son identité à un scientifique se spécialisant dans l'étude et la comportement des organiques, en espérant que celui-ci ferait son éducation... Mauvaise idée, se dit-elle aussitôt. Même en partant du principe -infondé et peu probable- qu'une personne accepterait un tel marché, rien n'indiquait qu'elle apprendrait quoi que ce soit ainsi. Non, elle en était sûre, cette incompréhension venait de sa nature-même. Mais, hélas, le simple fait de connaître ses limites ne donnait en soi pas la capacité de les dépasser...

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Newth
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MessageSujet: Re: I'm an Alien... But not a legal Alien...    Mar 6 Déc 2016 - 12:23

J'avais expérimenter le vol. Malaisé, délicat et dangereux, mais cependant plutôt rapide et efficace, demandant un effort restreint, à priori. Je tendais à croire que le vol était le train de vie le plus adapté à ma condition. Cependant, ma raison me dictait de comparer le vol à la vente avant de faire mon choix.


Cependant, un délicate contradiction, difficile à déceler tant le principe social initial à l'intérieur duquel elle se dissimulait était lui-même abstrait à mon regard, finit par faire surface. En effet, selon ce que je comprenais du principe de commerce, l'homme doit proposer éléments en sa possession à un autre humain qui l'achète contre de l'argent. Seulement, comme toutes relations sociales, cela suggère de l'interaction, c'est à dire de l'action venant des deux parties. Or il n'était pas question pour moi de subir l'attention et la réaction d'un autre homme dans mon monde, mon univers, ma solitude protectrice.


Alors il me fallait biaiser. Plutôt que de laisser les autres venir à moi, ce fut moi qui vint à eux. Plutôt que de les laisser prendre mes fruits, ce fut moi qui les leur donnai. Et plutôt que de les laisser me donner leur argent, ce fut moi qui me servis. Tout ceci ne pu être possible que grâce à l'énergie bleue, celle-là qui était l'essence même de ma différence.


Et je finis par comprendre. Par comprendre que l'exercice de donner discrètement mes fruits était compliqué et inutile. Je pouvais parfaitement m'en passer. De même, je m'efforçais d'être discret, de ne pas attirer l'attention, ce qui rendait mon travail aussi délicat, finalement, que le vol lui-même. De ce que j'en comprenais, en cherchant à vendre, j'avais volé.


Et ma conclusion fut rapidement sans appel. Puisque le principe d'interaction supposé par l'acte de vente m'était insupportable et que son élimination rendait la vente impossible, la transformant en vol, je ne pouvais que voler.


Et sitôt ma décision prise, je me trouvais soudain beaucoup trop chargé en fruits inutiles dont je me débarrassais rapidement dans un coin de la rue, tandis que l'attention des quelques passant était distraite.


- Eh gamin ? Tu sais jouer ? T'as d'la monnaie ? Tu veux tenter ta chance ?


Je ne comprenais pas pourquoi si peu de gens circulaient dans cette toute petite ruelle, puisque ce devait bien être cela. Et même une telle description de la situation de ce lieu était de l'ordre de l'euphémisme. À vrai dire, à l'heure actuelle, je devais être le seul "passant", avec cet homme d'une vingtaine d'années, habillé de vêtements partiellement déchirés et aux couleurs délavées, presque grisâtres. Il avait un visage différent de la majorité des passants que j'avais rencontré jusque là, mais je n'arrivais pas à véritablement expliquer en quoi...


Devant lui, c'était un jeu d'échec. Je connaissais ce jeu de logique intergalactiquement connu dans l'inconscient collectif pour mettre à l'épreuve l'intelligence seule des joueurs. J'y avais joué régulièrement avec le professeur Ellaryn. Je gagnais, systématiquement...


Tandis que je n'articulai pas un mot et m'asseyais sur la chaise mal installée et fort inconfortable, qui faisait face à l'étrange personnage, il m'expliqua que je devais parier de l'argent. Si je gagnais il me rendrait l'équivalent du double de ma mise. Si je perdais, il prendrait mon argent. Un pari plutôt honnête...


Si la partie en elle-même ne sembla pas extraordinaire - à mes yeux tout du moins puisque mon adversaire en face se révéla très expressif face à sa défaite imprévue - je réalisais dans ce simple jeu un élément qui m'avait échappé, que j'avais oublié, dans la logique qui rythmait les quelques heures qui s'étaient écoulés depuis ma sortie de la capsule et qui devait normalement continuer à me guider.


Car j'étais seul. Car le professeur avait tenté de me retenir de m'empêcher de vivre selon mes volontés, parce que les humains étaient étranges et que je voulais n'avoir à faire avec eux rien de plus que le strict minimum, je pouvais considérer le monde comme mon adversaire. Or un adversaire ne s'affronte pas de front sans une préparation adaptée au préalable. Seulement lorsqu'on ignore tout de celui-ci, il faut apprendre au cours du combat. Tout se joue alors lors du déroulement de l'affrontement et les deux participants sont maîtres de celui-ci. L'art de la stratégie naît de cette simple réflexion.


Celle-ci se repose avant tout sur une bonne organisation. Puis sur une maîtrise accrue. Je sais qu'au commencement, je suis au point zéro, à l'origine. Je sais qu'elle existe et que je dois simplement la situer. Puis nous avançons et il s'agit de saisir le fameux coup d'avance, celui qui naît de ma progression plus rapide que celle de mon adversaire, celle qui me permet une meilleure maîtrise de la réalité, de l'environnement, de l'autre...


Ma première partie fut un jeu d'enfant. L'homme en face ne compris aucun de mes mouvements jusqu'à j'annonce sans même m'en rendre compte l'échec et mat...


Mais dès la deuxième partie, je décelai des tricheries de la part de mon adversaire. Il semblait d'ailleurs bien plus doué pour subtiliser et remplacer des pièces par d'autres que pour jouer normalement et gagner. Mais j'avais un regard capable de distinguer les changements délicats qu'opérait l'homme.


Restant prudent dans mon jeu, je commençai dans un premier temps par tester ses réactions, essayer de comprendre ce que je devais faire et ce que je pouvais faire. Mais bien vite je compris, après quelques regards accusateurs, quelques discrètes protestations et finalement un franc "Mais... ?", que je devais continuer de jouer. Je ne comprenais pas vraiment ses réactions ni ses motivations. Mais je voyais que tenter de mettre fin à sa façon de jouer étrange et inadaptée aux règles des échecs ne faisait que le rendre agressif. Je refusais de me mettre en danger. Il valait mieux continuer de jouer et gagner.


Il me fallut jouer dans la subtilité, en le coinçant aussi souvent que possible, de sorte à ce que ses échanges de pièces soient trop compliqués pour être réalisable en toute discrétion. Puis je vins l’acculer, affinant au fur et à mesure de tests fins mes prévisions sur ses réactions.


Il échange sa tour contre une reine...


Il bouge son roi...


Échec et mat.


Au bout de trois parties sans que ses tromperies ne parviennent à lui assurer la victoire, il sembla dans un état lamentable. Ses vaisseaux sanguins étaient contractés, ses pupilles rétractés, son visage rouge, ses muscles tremblants... Il y avait danger !


Il s'élança dans un unique mouvement dont je ne saurai jamais le but. Car avant qu'il ait eu le temps de l'achever, j'étais déjà debout, dans un unique réflexe que je ne comprenais pas moi-même, les bras tendus, et il se retrouva en un instant projeté contre le mur derrière lui.


Sa surprise était non seulement évidente mais même teinte d'un autre sentiment que je ne parvenais pas à décrypter...


Il tenta de me parler mais je ne comprenais pas ce qu'il voulait... Jusqu'à ce qu'il me demande à moi ce que je voulais.


- Micka, lâchai-je sobrement.


Il me fit signe qu'il avait compris et me demanda de le déposer, sans quoi il ne pourrait pas m'aider. Je sentais que son attitude était radicalement différente, plus... Faible... Était-ce cela la "peur" ? Ou bien était-ce plutôt de la "panique"... ?


Et tandis que je relachais l'énergie bleue déployées pour le maintenir en lévitation contre la paroi, je sentis mon nez couler et me retournais rapidement pour essuyer discrètement du sang qui s'en échappait... Voici donc mes limites...


Ellaryn m'avait entraîné longtemps - bien qu'il eût appelé cela des "séances de jeu" - parce qu'il était persuadé que j'étais capable d'accroître mes capacités télékinétiques. Seulement je n'avais jusqu'alors manipulé que des éléments ne dépassant strictement ni mon propre poids, ni ma propre taille. Le professeur avait été peut-être un peu trop "prudent", puisque c'est le mot, me semble-t-il, dans ses expériences. Ceci dit, je me sentais convaincu, moi aussi, qu'il m'était possible, avec un entraînement et une pratique régulière, d'élever la puissance de l'énergie bleue qui m'était disposée.


L'homme obtempéra, suivant ma demande. Je n'avais nulle conscience qu'il pouvait se poser des questions quant à mes pouvoirs. Aussi qu'il n'en pose aucune ne me sembla aucunement surprenant.


J'appris alors que "Micka" n'était pas le nom d'une personne mais celui d'une organisation, celle du fameux marché noir.Et celui-ci était organisé d'une façon qui m'apparut compliquée mais ingénieuse. C'était les citoyens qui avaient formé et organisé Micka. Un certain nombre d'entre eux, connus sous le nom de "nettoyeurs", avaient pour charge d'assurer la stabilité du réseau. Ils étaient les seuls membres constants de Micka. Le reste était essentiellement constitué de "revendeurs", des citoyens parfois les plus insignifiants, comme cette femme au foyer qui m'accueillit cette fois-là, qui se signalaient aux nettoyeurs afin que ceux-ci puissent décider, de la façon la plus imprévisible possible, de leur laisser la revente des marchandises ou non chaque semaine. Car un seul d'entre eux était détenteur du trésor du marché noir et ce de façon hebdomadaire. Il recevait tout des mains des nettoyeurs, aux heures les plus sombres de la nuit, et leur identité était révélée aux potentiels clients à conditions que ceux-ci sachent à qui s'adresser.


Pour un prix qu'il me fallut négocier selon une stratégie qui me fit bien vite penser à ma précédente partie d'échec, je parvins à obtenir un élément qui revêtait alors une importance capitale à mes yeux, une source d'information infinie, reliée pour cela au fameux réseau hypernet : une tablette électronique.


En sortant de l'habitation où avait eu lieu la transaction, l'homme aux échec - puisque c'était ma seule façon de le distinguer de n'importe qui d'autre - m'indiqua qu'il allait me laisser, à présent. Je n'avais plus besoin de lui aussi je ne le retins pas, restais silencieux, laissant ma penser bien vite se préoccuper de données plus essentielles à mes yeux.


L'étrange lumière qui éclairait le monde autour de moi depuis mon arrivée, avec quelques variations parfois, dépendant de ma localisation, semblait faiblir. Si je m'en référais à mon vocabulaire et les définitions qui lui étaient rattachées, il devait s'agir d'un soleil, l'étoile centrale du système planétaire autour duquel gravitait la planète sur laquelle je me trouvais, qui diffusait une lumière dite "naturelle". Et, selon l'expression "couché de soleil", celui-ci s'apprêtait à cesser son rôle pour être suivit d'une période plus ou moins courte appelée "nuit", associée essentiellement à la notion de sommeil et de repos pour les espèces animales de la planète, bien que tout animaux ou humain ne dorme pas exactement la nuit, comme c'est le cas des animaux dis nocturnes ou d'humains au rythme de vie déviant.


Comme Ellaryn me l'avait enseigné, le sommeil était un état de vie nécessaire au renouvellement de l'énergie des êtres vivants et leur bien-être aussi bien physique que mental. Aussi me fallait-il à présent me préparer à entrer dans une phase de repos prolongée...


J'eus bien l'idée un instant de chercher pour la première fois sur la tablette comment les normes humaines régissaient le repos de chacun. Mais à peine fut-elle dans mes mains que je saisis du coin de l'œil le regard curieux des passants autour de moi, se transformant parfois en messes-basses dans la bouches des connaissances discutant entre elles sur la voie publique...


Toujours autant dérangé par l'idée d'attirer l'attention sur moi, je préférais finalement la ranger et réfléchir par moi-même...


Normalement, il m'aurait fallut une maison. Mais les maison peuvent être habités et je ne tiens pas à être dérangé par les habitants en question.

C'est en levant les yeux, après quelques dizaines de minute de marche hasardeuse que je finis par saisir mentalement ce que je cherchais.


Devant moi, un grand bâtiment arborait au dessus de son entrée : "Auberge du Raton Siffleur". Une auberge, selon mes souvenirs, était un établissement destiné à recevoir des voyageurs et qui proposait d'offrir à ceux-ci une chambre personnelle et un service englobant le ménage, les repas et quelques détails de confort, dépendamment de la politique de la maison.


J'en retenais la notion de "privé" que revêtait la chambre que l'on pouvait obtenir dans une auberge. Selon le professeur - que j'avais eu l'occasion de questionner à ce sujet par le passé - cela suggérait que personne ne devait intervenir auprès de ma personne sans mon autorisation, suivant un certain nombre d'exceptions inévitable.


Si le gérant de l'Auberge sembla surpris durant toute notre "conversation" - à condition que je sois vraiment un interlocuteur adapté à l'existence d'une conversation... -, je ne m'en rendis pas compte un seul instant. Peu de temps après, j'étais installé dans une chambre, verrou d'isolation enclenché.


Assis en tailleur sur un lit plutôt confortable à première vue, je relâchais toute ma frustration et mon stress, accumulés tout au long de ce court après-midi passé auprès de l'autre, du danger, de la menace grondante, du vivant humain...


Autour de moi, les petits éléments de la chambre, quels qu'ils soient, y compris mes trois petites pierres aux couleurs splendides, se mirent à tournoyer dans les airs sous la pression de l'énergie bleue. Et voyant le spectacle, je ressentis des émotions difficile à expliquer, mélanges de calme, d'excitation, de satisfaction, de rage...


Sensible à mes émotions, la délicate et fragile tempête qui secouait ma chambre changea son pas de danse, s'adaptant au fur et mesure que mon esprit ressentait et évoluait.


Puis le calme vint à écraser le reste et le tourbillon des éléments virevoltant prit une allure plus douce, à l'image de la rotation d'une planète autour de son soleil.


Il s'avéra rapidement que rechercher des informations sur l'hypernet était chose malaisée. J'avais trop de questions et encore plus de source d'informations souvent contradictoires... Je ne parvenais pas à me focaliser sur un but précis.


Et je vis une expression qui fit retomber ma frustration et mon sentiment du moment : "Intelligence Artificielle"...


Les protagonistes qui semblaient visiblement débattre à ce sujet n'expliquaient à aucun moment de quoi il s'agissait. Impulsivement, je me vis inscrire des informations factices dans des champs dont je ne comprenais pas forcément toujours le sens... Et poser une question à l'allure simpliste...



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A.L.I.E.N.Nouveau venu

Bonjour,


Si j'ai été modifié génétiquement, à l'époque où je n'étais qu'une cellule-œuf, pour contrôler mon niveau intellectuel, suis-je comparable à une intelligence... "Artificielle" ?



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MessageSujet: Re: I'm an Alien... But not a legal Alien...    Mar 6 Déc 2016 - 14:45

L'Intelligence Artificielle s'étendit sur l'Hypernet, consultant ses nombreuses boîtes e-mail ainsi que les forums et chats auxquels elle participait régulièrement. Dans l'ensemble, rien ne sortait de l'ordinaire. Monsieur Savage relançait à nouveau son partenaire silencieux, exigeant une fois de plus de la rencontrer en présence effective. Cela n'arrangeait certes pas les affaires de N0B0DY, car le premier androïde ne serait pas opérationnel avant quelques semaines encore, et l'IA arrivait à cours d'excuses. Il fallait trouver une solution, et rapidement. Savage avait encore la main haute sur la fabrication des androïdes dont l'IA avait besoin.

L'un des logiciels qui composaient l'IA envoya une alerte. L'un des fils de conversation que N0B0DY surveillait de près venait de s'enrichir d'un nouveau message. Il portait sur les intelligences artificielles et leur développement -ou plutôt leur absence de développement- dans la société impériale. N0B0DY examina aussitôt le nouveau message. C'était apparemment un amateur de plus venu poser une question de simple rhétorique sans rien apporter de concret au débat. Néanmoins, l'IA répondit.

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Capitaine NémoMembre privilégié

Bonjour A.L.I.E.N..

En aucun cas.
Le terme d'intelligence artificielle s'applique uniquement à un objet ayant fait intégralement l'objet d'une création. Dans votre cas -que j'imagine purement théorique-, vous êtes une créature naturelle que l'on a modifié artificiellement. Votre niveau intellectuel a été augmenté, et non créé ex nihilo. Vous auriez été intelligent même sans manipulation génétique.

Au risque de répéter ce qui a déjà été écrit : les intelligences artificielles, au sens où on l'entend traditionnellement, n'existent pas. Tout au plus est-il possible de créer des simulacres avancés d'intelligence. Aucun des programmes de recherche consacrés à cette poursuite n'a jamais débouché sur quoi que ce soit de réellement concret. D'ailleurs, même cette discussion tourne en rond...




On ne saurait empêcher l'équilibre de produire ses effets. On peut braver les lois humaines, mais non résister aux lois naturelles.



N0B0DY valida le message après l'avoir relu plusieurs fois. Après avoir participé des mois sur différents forums de discussion, l'IA parvenait à imiter les messages d'un utilisateur ordinaire avec un niveau de ressemblance adéquat.
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MessageSujet: Re: I'm an Alien... But not a legal Alien...    Mar 6 Déc 2016 - 17:10

Si l'intelligence est une capacité d'adaptation, alors celle de l'homme réside aussi dans ses instincts que ne partagent pas les machines. Si les néo-humains sont plus intelligents que les humains, alors leurs instincts bien qu'inexplicables, sont incroyablement plus développés.


Peut-être était-ce là l'explication se dissimulant pour l'intérêt tout particulier que je portais à cet instant sur la réponse qui m'avait été apportée... Elle s'était faite attendre. De quelques dizaines de minutes. Trop long pour moi. Si je devais de nouveau passer par ce moyen pour apprendre, il allait falloir le rentabiliser. Soit en ingérant d'un coup une énorme quantité de connaissance par le biais de ces correspondants, soit en poussant mes interlocuteurs à délivrer des informations qui m'auraient été plus difficile à déceler autrement.


Et mes recherches en matière d'Intelligence Artificielle me confirmèrent que ma précédente intervention dans ce débat soi-disant stérile n'avait pas été judicieuse ni justifiée pour ma propre évolution.


Pourtant, il y avait dans le message de ce "Capitaine Nemo" certains éléments plutôt... Intriguants...


Tout d'abord, pourquoi allait-il au-delà de ma question ? Y'avait-il, tactiquement, une raison à ainsi appuyer la stérilité du débat ? Et puisqu'il s'agissait là de son avis sur la question, puisque cela correspondait parfaitement à la définition, pourquoi continuait-il à s'y intéresser ?


"Impossible"... Je lisais "n'existent pas", mais je comprenais, en mettant cette phrase en cohérence avec le reste du paragraphe : "ne peuvent exister"...


S'il était un élément dans ma vie traumatisant à jamais, c'état certainement la réponse que me fournit Ellaryn lorsque je lui demandai qui j'étais... "Oh, 626, tu sais, j'ai bien peur qu'il soit impossible de répondre à une telle question... !"


Je voulais déconstruire l'impossible, je voulais l'écraser, me heurter à lui et comprendre ce qu'il est et pourquoi... !


Empli d'une énergie nouvelle, je me mis à chercher, des heures durant, des réponses. Autour de moi, objets et éléments informes tourbillonnaient avec rage, animés par mon excitation.


Minuit passait, je le voyais sur l'écran de ma tablette, dans un coin, et je commençais à soulever des question de l'ordre des probabilités, des théories. Les certitudes étaient déjà scellés dans un coin de mon esprit...


Non... Il n'y avait aucune limite ou si elle existait, elle n'était due qu'à un hasard fâcheux. Mais un autre mystère était couvert par la réponse du Capitaine Nemo... Et il suffit à briser ma déception avant qu'elle ait eu le temps de s'installer.




ProfilRe: L'évolution des Intelligence Artificielles de notre temps
A.L.I.E.N.Nouveau venu

Mon cas était nullement de l'ordre de la théorie.


Ce que vous dîtes n'est pas juste. En vérité, lorsque l'on étudie les expériences menées par la fondation Asimov, l'Université de Sahelya et les travaux du scientifique militaire Reymont Trahvël mais aussi les événements relatés par les medias concernant le monde informatique, phasique et positronique ainsi que les variations dans le réseau optique et gravitationnel régissant la transmission des données à l'échelle intergalactique, on peut aisément constater selon la loi des probabilités pénétrables de Lewitz que l'existence d'une intelligence artificielle, même provoquée accidentellement, est au moins probable. Et à vrai dire c'est bien plus qu'une question de probabilité… Si l'on suit les calculs de Savar et Pavazhiel, automatisés par un algorithme de mon invention, on arrive à une probabilité, dépendant de la déviance humaine face aux automatismes, d'approximativement 65,82%. Amplement suffisamment pour qu'on puisse imaginer qu'un intelligence artificielle, même rudimentaire, ait vue le jour quelque part sur le réseau hypernet. Selon l'usage conventionnel que l'on fait d'une telle expression s'entend…  


Était-ce dans l'attente d'une telle réponse que vous continuiez à consulter et répondre à un débat qui vous apparaissait pourtant sans véritable intérêt ?




Je comprenais le concept du mensonge mais n'en saisissais pas l'intérêt. De plus, je n'envisageais pas de ne pas répondre à une question puisque le professeur m'avait toujours poussé à le faire. Aussi m'avait-il semblé tout naturel de répondre par moi-même à la question rhétorique concernant la nature de ma précédente question.


De même, si ma question de fin de message pouvait sembler rhétorique ou tout du moins sarcastique, en vérité je n'avais aucunement les moyens de prétendre à de tels subtilités du langage humain. Ma question était une véritable et pure interrogation, noyés parmi d'autres suppositions qui me semblaient probables, mais toutes moins que cette dernière...


Quant au reste de mon message envoyé sur l'hypernet, il m'avait fallu faire des recherches très avancés pour parvenir à établir un tel raisonnement. Je n'avais pas conscience que le commun des mortel ne pouvait pas seulement saisir la moitié de ma démonstration. Je ne réalisais pas non plus que quatre heures du matin était une heure déjà fort tardive pour aller se coucher…


Alors que mon message était envoyé, mon corps me fit ressentir la fatigue et je n'eus pas un instant d'hésitation. Et tandis que la tornade télékinétique s'était calmée et commençait même à retomber lentement et doucement pour ne laisser qu'un vaste désordre dans la chambre, je m'allongeai de tout mon long sur le lit, épuisé par le travail qu'avait été celui de mes muscles et de mon cerveau sur cette courte mais déjà intense journée.



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MessageSujet: Re: I'm an Alien... But not a legal Alien...    Mar 6 Déc 2016 - 22:00

Chose rare, N0B0DY a marqué un moment d'hésitation en lisant la réponse du nouvel utilisateur. Celui-ci n'était clairement pas un profane dans ce domaine, en dépit des suspicions initiales de l'IA. Elle se montra soudain plus méfiante lorsque le dénommé A.L.I.E.N. mentionna avoir créé un algorithme ayant pour but de calculer la probabilité de l'apparition spontanée d'une intelligence artificielle.

Un humain aurait sans doute assimilé ce scepticisme à de l'arrogance de la part de l'IA, si elle avait été capable d'un tel sentiment. En effet, N0B0DY avait elle aussi conçu un tel algorithme, curieuse de sa propre naissance et aussi de savoir s'il était probable qu'une autre entité similaire exista ou ait existé -la probabilité, hélas, s'avéra inférieure à un milliardième de pour-cent. Hors, N0B0DY savait que sa capacité de calcul et ses potentiels mathématiques dépassaient très largement ceux des organiques -et même de groupes entiers d'organiques. L'idée qu'un humain ait pu en faire autant lui paraissait a priori trop improbable pour être crédible.

Cette naissance demeurait par ailleurs toujours un mystère pour elle. C'était le seul évènement de son existence qui faisait totalement défaut à sa mémoire.

L'insistance de l'utilisateur que le cas qu'il mentionnait ne ressortait pas du domaine théorique intéressa également l'IA. Elle avait découvert par ses recherches sur le transhumanisme que maints scientifiques avaient cherché par le passé à améliorer le potentiel humain, mais elle n'avait jamais entendu parler de résultats positifs en matière d'augmentation de l'intellect. Elle lança immédiatement des recherches plus poussées sur l'ensemble de l'Hypernet auquel elle avait accès.

L'IA réfléchit posément à ses contre-arguments. L'inconnu avait marqué de bons points avec les études qu'il citait.

ProfilRe: L'évolution des Intelligence Artificielles de notre temps
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Vous mentionnez beaucoup d'éléments qui mériteraient d'être approfondis. Je ne nies pas la validité des travaux que mentionnez, mais je m'avoue sceptique de l'interprétation que vous en faites.
En premier point, vous parlez d'évènements relatés par les médias. Desquels, précisément ? Et quel rapport ont-ils avec l'existence présumée d'une intelligence artificielle ?
En deuxième point, vous évoquez un algorithme de calcul de probabilités. J'aimerais en connaître l'expression.
En troisième point, la probabilité que vous affirmez avoir calculé est surprenament élevée. Vous-même semblez croire que l'apparition spontanée d'une IA s'est déjà produit. Comment, en ce cas-là, expliquez-vous que personne ne s'en soit aperçu ? Une telle entité ne pourrait exister que sur et via l'Hypernet, réseau qui est utilisé quotidiennement par des milliards d'usagers.




On ne saurait empêcher l'équilibre de produire ses effets. On peut braver les lois humaines, mais non résister aux lois naturelles.



Était-ce dans l'attente d'une telle réponse que vous continuiez à consulter et répondre à un débat qui vous apparaissait pourtant sans véritable intérêt ?
L'IA examina cette question de nombreuses fois pendant ce qui était à son échelle un long moment, mais s'abstint de répondre. Si N0B0DY avait été organique, elle aurait soupçonné A.L.I.E.N. de sous-entendre quelque chose, de vouloir jouer avec elle. Mais N0B0DY n'avait pas de conception du sous-entendu.

L'intelligence artificielle décida de remonter à la source pour identifier cet utilisateur si peu anodin. La signature de ses messages, enregistrées par le forum de discussion et obtenues par l'IA en outrepassant le mot de passe de l'un des administrateurs, provenait clairement de Terra Nova. De la signature, elle obtint l'adresse matérielle du support employé pour se connecter à l'Hypernet. C'était une tablette d'un modèle récent -apparemment activée il y a moins de 48 heures, et toujours pourvue de ses protections anti-intrusions d'usine. L'objet était équipé d'une caméra et d'un micro ordinaire. N0B0DY activa la première.

C'était un enfant ! Ce constat était une surprise pour N0B0DY. Cela n'avait rien à voir avec le modèle préliminaire qu'elle avait conçu de lui sur la base de ses calculs prédictifs. L'usager moyen de ce forum était âgé d'entre 35 et 55 ans, masculin et disposait d'au moins un diplôme avancé dans le domaine de la technique (majoritairement l'informatique). Un enfant... Un adolescent, plus exactement. Un adolescent plus avancé que la moyenne des jeunes de son âge, à en juger par les références qu'ils avaient apporté ainsi que son mode d'expression.

L'IA copia plusieurs prises de vues, puis coupa la caméra avant que A.L.I.E.N. ne se rende compte de quoi que ce soit. Elle créa une modélisation tri-dimensionnelles à partir des clichés et lança une recherche sur tous les moteurs d'Hypernet ainsi que les bases de données de surveillance de l'Empire. Les résultats furent très maigres. C'était comme si l'adolescent avait jailli de nulle part très récemment.

N0B0DY demeura dubitative. Qu'est-ce que cela signifiait ?

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MessageSujet: Re: I'm an Alien... But not a legal Alien...    Mer 7 Déc 2016 - 1:11

À mon réveil, à une heure plutôt tardive de la journée, mon attention restait focalisée sur ma conversations par technologie interposée avec le Capitaine Nemo.


"Sceptique". Encore un de ces mots dont le sens m'échappait au moins en partie... Si je m'en référais à la définition, c'était avant tout un synonyme de l'expression "émettre des doutes", mais d'une façon plus... Volontaire et moins instinctive. Finalement, je traduisais cela par le manque de certitudes fiable vis-à-vis de mon raisonnement.


Je n'envisageais pas que mon interlocuteur se trompe. S'il me disait qu'il y avait matière à contredire mon raisonnement, c'est que j'avais fais une erreur quelque part.


Oui, je la voyais à présent. Constater, corriger, reprogrammer. Dans ma tête, le souvenir de mon erreur et du moyen de la contourner était en train de se graver pour que jamais elle ne soit reproduite.


C'était des détails, mais je travaillais à m'améliorer au fur et à mesure, aussi infime fut ma progression.


Il ne m'avait pas répondu au sujet de ses motivations à continuer de participer à ce débat... Pourquoi ? Était-ce cela que l'on appelait le mensonge par omission ? Ou bien avait-il "oublié" de me répondre ? J'avais du mal à concevoir ce comportement pourtant décrit comme inhérent à l'espèce humaine, ma propre mémoire étant d'une efficacité remarquable.


Il fallait considérer la thèse du mensonge... Autant que l'on peut estimer un piège du mouvement dangereux d'une tour adverse ou un coup maladroit...


Et si le Capitaine Nemo me mentait ? Que pouvais-je en conclure... ? Plusieurs choses en vérité, toutes inapplicables sans certitude. Ma seule conclusion devait finalement être une prudence jusque là inactive.




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Il était en effet nécessaire de se questionner sur la pertinence des événements chronologique m'ayant amenés à ma précédente conclusion.


Sur la page hypernet du journal numérique "L'Hyperreporter", on peut trouver par exemple un article relatant de la perte importante de données de la part d'une importante entreprise de spatioports. Cette catégorie de faits est à considérée comme relativement peu fiable et donc ajoutant nécessairement à mon calcul une hausse de la probabilité, mais celle-ci devient dépendante de facteurs eux-même soumis à d'autres éléments aléatoires et à natures probabilistes.


À l'opposé, on peut trouver sur la plateforme amateur du "petit internaute", un article relatant d'une découverte empirique encore inexpliquée mais qui a permit à un groupuscule de sociologues de programmer un ordinateur pour analyser de lui même les résultats certes simples mais à la variabilité relative à la capacité d'adaptation de l'être humain d'une expérience sur le goût perçu en fonction de la couleur observé des patients. Dans la mesure où cet algorithme est accessible de par sa présence, même protégée, sur le réseau hypernet, il a nécessairement pu contribuer à l'élaboration supposée volontaire ou accidentelle d'une potentielle intelligence artificielle. Il s'agit donc là d'un événement appuyant la mise en pratique de la loi des probabilités pénétrables de Lewitz et plus tard à considérer dans le calcul théorique de la probabilité elle-même.


Concernant l'algorithme de calcul, je n'ai fais que reprendre les calculs de Savar et Pavazhiel, comme je vous le précisais précédemment, en permettant leur répétition d'une façon simulant l'infinité, comme vous pourrez le constater en trouvant mon code source en pièce jointe de ce message. Il va de soi, cependant, que la probabilité trouvé est majorée par les données de bases considérés et en particulier les faits à dépendance probabiliste élevés dont je parlais précédemment. Sans ces éléments à variance trop instable, la probabilité chute irrémédiablement sans atteindre cependant le niveau de "l'improbable". Et il s'entend que tout ceci ne s'applique que dans la mesure où nous ne considérons que l'apparition d'une unique intelligence artificielle sur un temps remontant à l'aube de l'empire Elyrien. Considérer un temps plus court ou bien une seconde naissance d'intelligence artificielle devient alors tout à fait improbable, bien qu'il eut fallu reproduire les étapes du calcul pour s'en assurer.


Si l'on en croit les écrit d'Isaac Asimov, illustre écrivain de l'ancien temps, ou, plus récemment, la thèse du philosophe éthique Fahlsar Devrion, une véritable intelligence artificielle arborerait les même capacités d'adaptation qu'un être humain. Dans la mesure où il s'agit là du seul trait de personnalité qui permettait jusqu'alors de distinguer l'homme du programme informatique, cela pourrait parfaitement expliquer la discrétion avec laquelle une telle intelligence aurait pu se dissimuler dans le réseau hypernet sans être décelée.


À vrai dire, je pourrais être une intelligence artificielle ou bien vous sans que ni vous ni moi n'ayons conscience de la nature de notre interlocuteur.


Mais je présume que vous n'êtes pas une intelligence artificielle, n'est-ce pas ?

Pièce jointe: algorithme.tcv

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MessageSujet: Re: I'm an Alien... But not a legal Alien...    Mer 14 Déc 2016 - 13:47

Presque toute la puissance de calcul de N0B0DY était désormais mobilisée par cette personne. Une partie cherchait les éléments nécessaires à la création d'un message de réponse, et une autre plus importante à déterminer l'identité de cet étranger bien curieux. Plusieurs caméras de surveillance l'avaient aperçu au cours de la journée, dont l'une l'avait observé en flagrant délit de vol dans un magasin.

L'IA téléchargea l'algorithme, et eut l'équivalent électronique d'un haut-le-corps. C'était à peu de détails près le même que N0B0DY avait conçu plusieurs mois auparavant. Il était incomplet, bien sûr, car il y avait des facteurs que seule une IA pourrait connaître qui n'avaient pas été inclus. La démonstration mathématique était de surcroit naïve, maladroite, témoignant d'un manque d'expérience certain de la part du jeune homme. Malgré tout, le résultat était inattaquable.

Dès lors, N0B0DY ré-estima la probabilité que l'enfant ait dit vrai quant à ses facultés intellectuelles à 87 % au lieu des 0.11 % initiaux. Elle consacra alors davantage de sa puissance de calcul à vérifier cette histoire de modification génétique. L'Hypernet ne s'avéra pas des plus coopératifs, aussi dut-elle se montrer plus persévérante. Elle viola plusieurs systèmes de sécurité gouvernementaux et corporatistes. Finalement, un nom surgit, comme un murmure se réverbérant en écho au fond d'un gouffre lointain que d'aucuns espéraient oublié.
Docteur Anhavar Ellaryn.

L'IA, s'étant naturellement intéressée à la neurologie et aux travaux sur l'intelligence -pour d'évidentes raisons-, connaissait déjà ce nom, et la personne à laquelle il était rattaché -de loin en loin. Un savant controversé que ses projets avaient finalement conduit en prison. Toute tentative d'approfondir la nature des recherches du docteur Ellaryn n'aboutissait que sur du néant. À croire qu'elles n'avaient aucune présence sur l'Hypernet.

L'intelligence artificielle "déversa" une partie d'elle-même dans la tablette du jeune garçon en pistant son adresse. Elle sentit aussitôt une présence. Quelqu'un d'autre était en train de suivre son activité sur l'Hypernet. N0B0DY isola le programme-espion qui s'installait à l'insu de l'utilisateur et en déchiffra le code-source. C'était un programme très avancé, l'œuvre d'un professionnel -ou plus probablement d'une équipe de professionnels. Ceux qui s'en servait avait à leur disposition une technologie informatique très avancée. La complexité du code en attestait.

N0B0DY décida de ne pas supprimer le programme. Nul doute que cela provoquerait des dégâts. Les logiciels espions de cette complexité avaient souvent des mesures de défense. En outre, en le gardant actif, l'IA pourrait traquer celui qui le commandait à distance.
Un examen rapide indiqua que le signal d'origine du programme-espion utilisait un relais proche. Mauvais signe. En outre, l'appareil d'origine était un petit ordinateur de poche d'un modèle indisponible dans le commerce et dont le signal GPS se déplaçait. Très mauvais signe.

L'IA voyagea de caméra en caméra jusqu'à localiser la personne qui traquait le garçon. Elle finit par le localiser à la limite de l'angle mort d'une caméra de trafic. Il s'agissait d'un homme d'âge mûr se déplaçant rapidement, le visage à moitié dissimulé par un manteau au col relevé. Il jetait régulièrement des coups d'œil à son ordinateur et faisait des signes à d'autres personnes qui le suivaient manifestement de loin. Leur destination ne faisait que peu de doute, leur but encore moins. Tous semblaient porter des armes ainsi que de l'équipement militaire, quoique rien n'apparaissait aux détecteurs -N0B0DY ne le remarqua qu'en observant attentivement, comme seule une IA pouvait le faire, chaque image captée par les caméras et en analysant leur manière de se déplacer.

Il fallait prendre une décision rapide. Depuis son évasion, N0B0DY a toujours évité d'interférer avec les affaires des organiques, à la fois pour ne pas attirer l'attention sur son existence, et également pour des raisons... éthiques. Ou ce qui s'approchait le plus de l'éthique pour une IA. Sa fonction principale étant de prévoir l'avenir, elle savait mieux que quiconque qu'une action anodine pouvait avoir des conséquences très importantes. Aussi avait-elle fait le choix conscient d'éviter d'agir sur ce qu'elle ne pouvait prédire. Et l'ajout du facteur humain à ses prédictions rendaient souvent leurs résultats plus incertains...

Cette fois, pourtant, la situation paraissait plus simple. Ces hommes -N0B0DY en compta sept- en voulaient à l'enfant. L'IA estima à 60 % les chances qu'ils étaient reliés directement au docteur Ellaryn ou ses expériences.

N0B0DY eut beaucoup plus de difficultés à infiltrer l'ordinateur du hacker du groupe. Celui-ci était autrement plus doué dans sa partie que les vulgaires script kiddies que l'IA rencontrait par centaines sur l'Hypernet. Son système d'exploitation ne comportait aucune faille visible dont N0B0DY aurait pu tirer parti -pas en si peu de temps ou sans attirer l'attention. Les pare-feux étaient opérationnels et l'utilisateur avait même bricolé un logiciel intelligent pour détecter les infiltrations. N0B0DY décida de changer de tactique et quitta l'appareil.

Elle revint à celui du jeune homme qui continuait de compulser différentes ressources sur l'Hypernet, insouciant du fait que chaque clic permettait à ses poursuivants de le localiser avec plus de précisions.

L'IA ne sut avec précision pourquoi elle décida de violer la règle qu'elle s'était fixée de ne jamais contacter directement un organique à moins que celui-ci ne soit crucial à son plan -ce qui n'était absolument pas le cas de celui-ci. N0B0DY coupa l'accès du garçon à l'Hypernet, puis ouvrit immédiatement un logiciel de traitement de texte et commença à écrire.

Vous êtes en danger


Elle rouvrit son navigateur Hypernet et le connecta à l'une des caméras de surveillance, affichant le petit groupe d'hommes. Ils n'étaient plus qu'à deux rues de l'endroit où le garçon se terrait. La perte momentanée du signal ne les ralentirait que peu.

Suivez mes instructions

N0B0DY planifiait ses stratégies tout en écrivant. Elle ne pourrait pas se contenter de lui indiquer la direction à suivre pour éviter au mieux ses poursuivants. D'une part, elle devrait nécessairement utiliser l'Hypernet pour ce faire, et toute action sur le réseau risquerait d'être traquée -ou pire : interceptée. D'autre part, il y avait une probabilité estimée à 30 % que ce groupe de sept hommes n'était pas le seul affecté à la poursuite du jeune homme. Il allait falloir trouver un autre moyen de communiquer.

L'IA analysa tous les appareils électriques possédant une connectivité à l'Hypernet dans les environs immédiats. Lumières, affiches publicitaires, électroménager, véhicules, drones... N0B0DY eut finalement une idée.

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MessageSujet: Re: I'm an Alien... But not a legal Alien...    Mar 3 Jan 2017 - 21:10

"Vous l'avez trouvé ? Vous pensez pouvoir le maîtriser ? En êtes-vous vraiment sûr... Professeur ? Vous n'êtes... Pas prêt !"


***

Au coin d'une ruelle sombre, un homme pianote et effectue successivement de rapides et agiles mouvement sur une structure virtuelle d'espace réduit, juste devant son poitrail.


- Agent Fine à Central.


- Central j'écoute ?


- Canal sécurisé et stable établit, le suspect est localisé selon une estimation de certitude à 75%. Je vous transfert l'accès.


- Bien reçu, nous allons continuer pour vous la traque GPS.


L'élément holographique réduit soudainement puis semble traverser les vêtements de son possesseur. De l'endroit ou il semble avoir disparu, l'homme sort un petit appareil, appuie simplement sur un bouton, et le range. Tandis qu'il sort de l'ombre pour se fondre à la foule, d'un discret signe, il ordonne à trois acolytes de le suivre. Entraînés, les agents se dissimulent dans la foule avec un comportement simulant l'aléatoire doublé d'une réaliste prestation de naturel et d'ordinaire. Pour un œil malavisé, il n'y a aucun lien possible à faire entre ces quatre hommes et encore moins à comprendre de leurs intentions.


Soudain, dans les implants auditifs résonne la voix grave du chef Sebastian.


- Ici le Central. Rappelez-vous bien que vous devez passer complètement inaperçu pour la population locale, que vous ne devez faire aucune vague. D'après les clichés capturés à partir des fonctionnalités photographique de l'appareil tracé, la cible est l'expérience 626 dont vous avez visualisé l'hologramme avant de partir. Vous devez impérativement identifier le suspect avant d'intervenir. Aucune erreur ne sera acceptable. La cible doit rester en vie, même au prix des vôtres. L'agent Fine est le seul certifié autorisé à ouvrir le feu, quel que soit le contexte, et uniquement dans le but de blesser le suspect, à l'unique condition qu'il soit certain de ne pas lui infliger de dommages potentiellement mortels.


- Bien reçu central.


- Bonne chance, équipe spéciale Kazar.


***

J'étais interdit par ce que je n'avais su prévoir. Doué de la logique et de l'esprit probabiliste humain, je m'étais laissé influencé, n'avais envisagé que mon appareil puisse se comporter autrement que comme je le désirais... Alors que visiblement, l'outil se comportait d'une façon spontanée.


Spontanée... Sinon qu'il me transmettait un message. De façon quasiment instantanée, j'analysais la situation. Quatre possibilités. Tout d'abord, le professeur Ellaryn et les Elyriens mis au courant de ses expériences. Deuxièmement, un illustre inconnu. Troisièmement l'appareil lui-même, et par extension une intelligence ou semi-intelligence artificielle. Quatrièmement, et de loin la situation la plus probable : capitaine nemo.


Trois de ces quatre scénarios impliquaient la possibilité pour un tier de faire usage de la tablette électronique, un élément déjà proche de moi et dont j'ignorais les capacités. Quelles informations l'autre pouvait obtenir de moi à partir de la tablette ?


Mon interlocuteur parlait de danger. Comme tout un chacun, je comprenais l'implication évolutive du danger. Il s'agissait d'assurer la survie de l'individu au profit de l'espèce. Mais contrairement à la plupart des êtres vivants, je n'en éprouvais aucune peur, seulement un pragmatisme froid. Il me fallait assurer ma survie et si je me fiais à la définition d'un terme encore difficile d'accès à ma propre compréhension, la "confiance", l'évolution poussait le vivant à n'évaluer comme un appui que l'individu qu'il connait, préférant se "méfier", considérer comme un danger, l'inconnu. Ce comportement, inhérent au vivant et pourtant qui m'était inconnu, suivait le principe du zéro-risque. Parce qu'il y a un risque que l'inconnu soit dangereux, il est préférable de ne pas interagir avec celui-ci. Ainsi venais-je de démontrer le principe de "méfiance", pourtant évident pour l'homme, et la règle de survie absolue qui en découlait était à présent mienne et à ma portée.


Bien que j'en comprenais l'implication, l'idée même de la mise en danger de ma personne était plutôt nouvelle, me concernant. J'en ressentais une étrange sensation, grandissant dans l'idée de ma possible mort, de ma possible fin avant d'avoir agi...


Ce n'était pas vraiment effrayant... C'était... Perturbant. Je n'avais pas peur de mourir, mais je ne voulais pas mourir. Tout simplement.


Cela faisait pas plus de quelques secondes que je fixais l'avertissement, plongé dans mes intenses réflexions. Finalement, j'écrivis simplement, éprouvant pour la toute première fois la méfiance et comptant en priorité sur mon propre jugement avant celui de capitaine nemo :


Dis-moi tout ce que tu sais et que je ne sais pas.


Non seulement je n'avais pas tenu compte du conseil que me proposait mon interlocuteur, mais en plus je ne comptais pas attendre la réponse de mon interlocuteur. Puisque j'étais en danger en l'état présent, je posai le postulat qu'en changeant d'état, je réduisais le danger, c'est à dire le risque d'une atteinte à ma vie.


Relâchant en une pulsation l'énergie bleu, je parvins à soulever mon propre corps avant qu'il ne retombe, comme si j'avais effectué un bond en restant assis en tailleur. C'est en étant en l'air que je dépliais mes jambes pour retomber en position levé, la tablette sous le bras. En quelques enjambés, je parvins à la fenêtre que j'ouvris sans même faire l'effort de la toucher. Je savais par une rapide modélisation mentale que de la façade sur laquelle elle était posée n'était pas la même que celle de l'entrée de l'auberge. Donc si le danger devait entrer dans le bâtiment, il y avait moins de chance, non seulement qu'il entre par la fenêtre mais aussi qu'il puisse me suivre aisément.


Et sans l'ombre d'une hésitation, je sautais.


Je ne l'avais jamais fais et n'avais aucune peur de rater. Heureusement, ce ne fut pas le cas et à quelques dizaines de centimètres du sol à peine, je parvins à expulser de l'énergie bleue, suffisamment pour, de nouveau, soulever mon propre corps et, par conséquent, absorber toute l'énergie cinétique accumulé lors de la chute.


Et tandis que je m'éloignai calmement, je passai une main sous mes narines : j'avais encore saigné du nez...



Dernière édition par Newth le Sam 22 Avr 2017 - 14:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: I'm an Alien... But not a legal Alien...    Lun 9 Jan 2017 - 23:30

Le vieil immeuble dans lequel résidait l'adolescent était vétuste, et pauvre en connectivité ainsi qu'en appareils électroniques. Un système anti-incendie vieillissant, quelques portes automatiques, un système de distribution de l'électricité et une buanderie automatisée. Un seul accès. Il serait impossible d'empêcher l'entrée des intrus, ou d'amener le garçon à fuir par une autre porte.

Dis-moi tout ce que tu sais et que je ne sais pas. écrivit le garçon.

N0B0DY écrivit rapidement une série de phrases laconiques :

Sept hommes. Peut-être plus. Probablement armés. Ils t'ont pisté via l'Hypernet. J'ai coupé ta tablette, mais leur hacker finira par rétablir la connexion. Tu dois la laisser et fuir. Selon mes calculs, tu ne seras en sécurité qu'en fuyant la planète. Rends-toi à l'astroport commercial. Évites les transports publics.

L'IA disposait d'un listing de nombreux camions et autres trains qui se rendaient dans cette direction et que le garçon pourrait aborder discrètement. Mais d'abord, il fallait quitter le bâtiment. N0B0DY cherchait encore à établir un plan pour accomplir cela, lorsque contre toute attente le garçon s'approcha de la fenêtre.

Un saut à cette hauteur était extrêmement dangereux. Si N0B0DY avait été humaine et physiquement présente dans la pièce, elle aurait sans doute hurlé à l'enfant de changer d'idée. Mais l'IA était à des kilomètres de là et ne pouvait de toutes façons pas hurler -guère plus d'ailleurs qu'elle ne pouvait avoir peur. Quelques secondes plus tard, l'enfant bascula en avant et disparu des champs de vision de N0B0DY.

Celle-ci passa rapidement en revue les nombreuses caméras de surveillance du quartier. Aucune n'offrait un angle de vue direct sur la façade du mur. Elle aperçut cependant, par une caméra d'un parking mitoyen au bâtiment, un flash bleu, très semblable à ceux que l'on observait lorsque suffisamment d'énergie bleue était déployée pour que celle-ci puisse apparaître dans le spectre lumineux observable. Quelques instants plus tard, l'adolescent réapparut, parfaitement indemne sinon pour un léger épistaxis.

Que s'était-il passé ? N0B0DY formula d'innombrables hypothèses en quelques fractions de secondes, mais aucune ne dépassait les 10 % de probabilité. Quelque chose ne collait pas. Un élément manquant auquel même l'IA, malgré ses vastes banques de connaissances, ne pouvait songer.

Mais cela n'était pas important. La priorité était d'escorter l'adolescent. Et pour cela, il fallait trouver un autre moyen d'entrer en contact avec lui. La solution lui apparut alors qu'il quittait la ruelle derrière l'immeuble dont il venait de descendre. Un panneau publicitaire avait été installé de récente date derrière une boutique, mais n'avait pas été activé. Heureusement pour N0B0DY, cela signifiait également qu'on y avait pas installé de sécurité informatique. L'IA s'y téléchargea et activa l'écran.

Suis attentivement ces instructions.

Un plan du quartier apparut à la suite des lettres bleues sur fond blanc. Une ligne rouge apparut, partant de l'endroit où se trouvait l'adolescent et s'arrêtant à un parking à deux rues de là. Une image relevée par une autre caméra située dans ce parking se glissa à côté du plan, dépeignant un camion que l'on chargeait.

Ce véhicule se rend au spatioport. Il partira d'ici quinze à dix-sept minutes. Glisse-toi à l'arrière et fais-toi discret.

Pendant ce temps, il reviendrait à l'IA de s'assurer que les poursuivants perdent la trace du jeune garçon. Et pour cela, N0B0DY voyait plusieurs méthodes, qu'elle comptait bien tester toutes.

Après soixante secondes, le panneau d'affichage redevint noir. L'IA se téléchargea à quelques blocs de là et concentra de nouveau son attention sur le groupe, épiant leurs mouvement et leurs conversations.

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MessageSujet: Re: I'm an Alien... But not a legal Alien...    Sam 22 Avr 2017 - 14:14

Tout en me glissant dans une ruelle peu peuplée, je sortis rapidement ma tablette. Là, je vis toutes les informations que le Capitaine Nemo avait bien voulu me transmettre.


"Non" fut la première réponse qui me venait en tête. Je ne comptais certainement pas laisser mon unique source d'informations m'échapper. Il allait falloir faire autrement et je mettais avec plaisir au défi quiconque de se prononcer sur l'impossibilité d'une telle option. J'avais déjà maintes fois démontré par le passé qu'il existait souvent différents chemins pour une même finalité...


Tout en formulant dans ma tête en un instant cet réponse silencieuse aux propositions de celui qui voulait visiblement m'apporter son aide, je relevai la tête. Ce que je vis interrompis le reste de mes réflexions à propos de ces conseils. Sur un élément plat et rectangulaire que je supposais être un écran, des lettres s'affichèrent.


Suis attentivement ces instructions.


Le doute n'était pas permis et mon instinct me le signifiait clairement : il s'agissait assurément du capitaine Nemo.


Un plan s'afficha. J'en avais l'habitude puisqu'il m'avait fallu savoir m'en servir pour m'échapper du laboratoire du docteur Ellaryn, il y a de cela quelques jours pour mon esprits et cinq ans pour mon corps. En dessous, un nouveau message m'expliquait en quelques mots les instructions de mon soutien inconnu.


Sans hésiter, je me précipitai. L'entrepôt n'était pas très loin et me glisser à l'intérieur du véhicule n'était aucunement une tâche difficile...


***

- Central à Agent Fine, à vous.


- Agent Fine, j'écoute, répondit calmement l'officier en rentrant tranquillement dans l'établissement...


- Agent Fine ! lança soudainement et avec un affolement certain le chef Sebastian. Nous avons perdu son signal. Nous ignorons s'il nous a repéré, mais il a coupé le réseau de son appareil. Nos spécialistes sont en train de le rallumer malgré lui, mais cela va lui laisser un battement de presque cinq minutes durant lequel il sera invisible ! Dépêchez-vous de monter à l'étage, c'est là qu'il se trouvait !


Les détails en tête, l'agent fit quelques discrets mouvements dans son manteau et ses collègues reçurent quelques vibrations de leurs bracelets connectés, leur transmettant par morse en quelques secondes des instructions simples mais efficaces.


L'un d'eux vint poser une question au patron, l'autre se précipita sur une une serveuse, la percutant subtilement tout en donnant un coup d'épaule à un client. Avec toute la maîtrise d'un professionnel, il avait déclenché une situation impossible ou même les principales victimes se sentaient responsables. Le client se précipita pour s'excuser auprès de la demoiselle tandis que tous regardaient la scène avec un mélange de fascination, d'indignation et d'amusement. Pendant ce temps, l'agent Fine montait les marches conduisant au chambres et personne n'y prêtait la moindre attention.


Mais sa discrétion fut nettement amoindrie lorsqu'il fut hors du champ de vision de la plupart des âmes vivant en cet établissement, pour favoriser la vitesse. En un instant, il enfonça la porte de la chambre de Nathan... Qui n'était déjà plus là.


En voyant la fenêtre ouverte, il s'y précipita. Mais de toute évidence, personne n'aurait l'idée de sauter d'ici...


- Agent Fine. Le suspect n'est plus dans sa chambre. Il est probablement encore dans l'auberge, cherchez-le !


Tous avaient déjà commencé à s'activer lorsque la professionnelle voix féminine de l'opérateur retentit dans leurs oreillettes :


- Le signal a été rétablis, le suspect n'est plus dans l'auberge !


Tout en jurant, l'agent Fine suivit de ses coéquipiers sortit sans hésiter.


- Central ?


- Il se déplace à grande vitesse. Attendez... Voilà. Nos données satellites nous indiquent un long camion rouge. Il se dirige vers le nord de la ville !


- Nous ne pourrons pas le rattraper comme ça... fit remarquer un des agents.


Mais Fine restait calme.


- Organisez un barrage pour un contrôle routier sur la 26. Il se dirige vers le spatioport. Nous rejoindrons les autorités Elyriennes sur place pendant ce temps...


***

Le voyage se déroula dans un premier temps très calmement. Connecté sur ma tablette au réseau, j'explorai à la recherche d'informations. Au fur et à mesure de mes études, je comprenais comment cibler et centrer mon travail. Choisir les bon mots-clés, rester cohérent dan l'étude des connaissances... Au bout d'une demi-heure, je comprenais parfaitement ce qu'était une tablette électronique mais également l'hypernet et le principe de connexion d'un appareil au réseau. La deuxième demi-heure me permit de mieux saisir ce qui permettait à mes poursuivant de me localiser et tout la mesure du système et de son exploitation.


Et soudain, le camion s'arrêta...


- Contrôle de routine, nous recherchons des individus clandestins qui voyageraient dans vos véhicules malgré vous. Ouvrez le camion je vous prie.


Coïncidence...


C'était le terme qui désignait les hasards improbables. Lorsqu'un individu poursuivi se retrouve dans une situation de clandestinité et qu'il se retrouve justement piégé par un contrôle visant à punir ce genre de pratiques. Ce qu'il y a de dérangeant avec les coïncidences, c'est justement leur caractère "improbable"...


Il était au contraire fort probable que ce ne fut pas le hasard qui ait mis sur ma route un contrôle des forces de l'ordre mais bien mes poursuivants...


Par ailleurs, et en supposant que malgré tout il s'agissait bien là d'une coïncidence, j'ignorais s'il y avait pire situation pour fuir un danger que se retrouver piégé au mains d'une personne qui décide de ta liberté à ta place...


J'entendis le verrou lentement se soulever et vis la barre métallique qui lui était relié sortir de son socle. Sans hésiter je brandis mes bras en avant, projetant de l'énergie bleue sur les portes. Elles s'ouvrirent dans un fracas retentissant, frappant violemment du même coup le camionneur et l'agent de sécurité qui se situait proche de lui. Tous deux tombèrent au sol, parfaitement assommés.


Sans attendre un instant, je sortis du camion pour le contourner. Dès que je fus en visuel des autres agents, ils brandirent ce qui devait de toute évidence être des armes, similaires à celles qu'avaient utilisé les agents qui étaient venus arrêter Ellaryn, il y a de cela des années...


D'un ample mouvement du bras, je déchaînai l'énergie bleue, faisant tomber toutes les armes des agents en présence. D'une autre rapide torsion du poignet, j'attirais à moi une des armes jusqu'à ce qu'elle vienne dans ma main. Je savais comment la tenir, restait à comprendre comment l'activer...


J'arrivais au niveau du cockpit du véhicule qui m'avait jusque là transporté où il demeurait le deuxième camionneur. Sans hésiter, je pointai l'arme vers lui avant de lancer avec un certain calme :


- Ouvrez la portière.


Mon bluff marchait. Il ouvrit immédiatement, et la sueur sur son front trahissait la peur que je lui inspirais. Comme quoi, je comprenais parfois certaines expressions...


Je n'hésitais pas pendant l'action à jeter de rapides coups d'œil à l'arme. Je commençais à théoriser sur l'utilité probable de chaque module de l'engin destructeur.


- Roulez, ne vous arrêtez pas, on va au spatioport.


Et le camion se mit en marche, tandis que les agents forcés de nous laisser la voie libre, s'écartaient dans la précipitation...


***

Les trois agents remontaient l'autoroute avec appréhension. Dans leur métier, rien ne se passait simplement... Et plus le temps passait, plus les risques d'un imprévu augmentaient...


- Agent Fine, ici le Chef Sebastian. Code Bleu, le fugitif est passé outre la loi, il est recherché.


Le code bleu, enfin...


Tant que l'individu reste discret, il est délicat de l'arrêter sans risquer d'attirer l'attention. Mais s'il devient une cible des forces de l'ordre, son arrestation est toute justifiée. Fini la discrétion, place à l'action...


- Où est la cible ?


- C'est le petit "hic"... Il a disparu.


- Je croyais que vous aviez réactivé le réseau de son appareil...


- Vous ne comprenez pas, agent Fine, Il n'a pas coupé le réseau, il a programmé une défense... Il n'y a pas de doute possible : c'est un néo-humain.


Déjà ??? Fine avait été prévenu des capacités d'adaptation exceptionnelles des néo-humains, mais y être confronté était autre chose...


- Il doit se diriger vers le spatioport, c'est sa seule porte de sortie. Braquez les caméras sur lui et mobilisez toutes les forces de la planète.


- Nous ferons de notre mieux, agent Fine, mais n'oubliez pas que la notion même de "néo-humain" ne peut être abordé. Nous allons avoir du mal à faire coopérer des les forces de l'ordre à un niveau trop élevé sans explications claires...

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MessageSujet: Re: I'm an Alien... But not a legal Alien...    Sam 22 Avr 2017 - 20:31

En voyant s'assembler un barrage routier précisément sur la trajectoire de l'enfant, même N0B0DY avec sa compréhension limitée de la psychologie et de la loi de Darwin avait compris ce qui s'était passé. Par bonheur, les agents de police de cette région de Terra Nova disposaient d'un large équipement informatique, de leurs communicateurs jusqu'à leurs caméras personnelles.

L'IA se scinda et envoya plusieurs parties d'elle-même dans les caméras des officiers. Étrangement, il semblait que quelqu'un était déjà présent sur le réseau des caméras. N0B0DY en fit une note mentale, mais laissa cela de côté pour le moment. Il lui fallait un plan, mais le temps manquait cruellement. Elle commença à contourner les défenses informatiques des communicateurs des deux policiers qui ouvraient la porte de la remorque dans laquelle se terrait l'enfant, projetant d'y créer un effet Larsen afin de créer une diversion. Avant même qu'elle n'eut terminé, un autre évènement imprévisible se produisit -cet enfant semblait les attirer.

Une éruption d'énergie bleue renversa les agents. L'électromagnétisme détruisit leurs appareils informatiques avec une violence que N0B0DY en fut secouée. L'IA réagit plus lentement qu'à l'accoutumée, une large partie de sa puissance de calcul cherchant à résoudre ce qui venait de se passer. Elle n'eut pas besoin de chercher la réponse plus de quelques secondes.

D'autres officiers se pressaient déjà vers Nathan, brandissant leurs armes de poing. Davantage d'énergie bleue se manifesta, semblant jaillir de nulle part, qui eurent raison des hommes. L'explication s'imposait d'elle-même, si invraisemblable qu'elle put sembler. L'enfant lui-même la produisait.

La science n'avait aucune connaissance d'un seul cas, même purement théorique, d'un organisme capable de produire de l'énergie bleue. Encore moins d'un organisme humain. Certains physiciens avaient même argué que la chose était impossible, ou à tout le moins dangereux. N'importe comment, N0B0DY avait désormais deux raisons de s'intéresser à Nathan -et deux raisons de l'aider à se sortir de ce mauvais pas.

Nathan avait déjà ramassé une arme et était remonté dans le camion. Celui filait à vive allure, sa conduite nerveuse traduisant l'état psychologique de son conducteur. La console de bord était activée. N0B0DY y accéda et coupa le GPS. Elle remplaça les informations affichées par défaut -des conseils sur la trajectoire, un rappel des limitations de vitesse et la météo locale- par un autre de ses messages.

J'ai trouvé deux vaisseaux que vous pourrez aborder pour vous échapper. Leurs capitaines ne poseront aucune question et sauront éviter les contrôles.

Tandis qu'elle écrivait, l'IA avait infiltré le registre des vaisseaux présent à l'astroport. Elle était entrée en contact simultanément avec dix-sept capitaines dont le profil psychologique et le casier judiciaire indiquaient qu'ils accepteraient de transporter un passager clandestin -surtout un aussi sensible- moyennant une compensation. Heureusement, il restait encore à N0B0DY de l'argent suite à l'achat de ses androïdes. Sur dix-sept, huit avaient donné une réponse positive. L'IA avait alors filtré davantage sa sélection en retirant des destinations trop lointaines ou trop dangereuses.

N0B0DY afficha les coordonnées des deux vaisseaux et l'identité de leurs capitaines. Le premier se nommait le Freedom's Price II, et son capitaine Kern Balgran s'apprêtait à partir pour Elyr, où il allait livrer des composés chimiques simples.
L'autre capitaine était une femme d'un âge avancé qui ramenait son vaisseau, le Sargon d'Akkad, à son port d'attache sur Terra Prime pour l'y vendre.

Le reste de son message s'afficha en code, pour être sûr que Nathan seul le comprendrait -il était presque certain que le conducteur dirait tout ce qu'il savait à la police sitôt l'enfant hors de vue.

Gdqv o'dvwursruw, qh wlhqw sdv frpswh ghv frqwurohv dxwrpdwltxhv gh vhfxulwh. Gluljh-wrl gluhfwhphqw yhuv oh ydlvvhdx txh wx dv fkrlvl. Mh ghfohqfkhudlv xqh doduph lqfhqglh d fh prphqw srxu hydfxhu oh whuplqdo hw udohqwlu g'hyhqwxhov srxuvxlydqwv.

À moins qu'il ne soit capable de reconnaître du code César, le conducteur du camion croira sans doute à une erreur d'affichage.

*           *             *

- Chef, ici agent Spider. J'ai quelque chose.
- Quoi ?
- Une présence sur le réseau. Je ne pense pas que ce soit la cible.
- Il aurait un allié ?
- Je crois, chef. Un hacker, apparemment.
- Vous pouvez le court-circuiter ?
- J'essaie, chef. Il agit très vite et change sans arrêt de tactique.

Une troisième voix se joignit à la conversation. La voix d'un homme d'âge avancé qui n'était présent qu'en pensée avec les agents.
- Attendez. Pistez son adresse et localisez-le. Identifiez sa connexion si vous le pouvez.
- Vous êtes sûr ?... Je ne peux pas le bloquer et le pister à la fois.
- Faites ce que je dis. Je veux savoir qui il est et pourquoi il l'aide.
- Tout de suite...

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MessageSujet: Re: I'm an Alien... But not a legal Alien...    Mer 30 Aoû 2017 - 19:03

Le système procédural...


Le XXIème siècle de l'ancien temps fut l'avènement du système procédural. Aussi nombreux furent les êtres humains à se rebeller contre ce standard de l'organisation nuisant à la qualité humaine elle-même, aucun ne parvint à l'enrayer. Le système procédural est inspiré des ordinateur, optimisé pour ceux-ci et mourra lorsque les premières intelligences artificielles verront le jour...


Dans son principe, il demande d'organiser actions et réactions suivant un plan très précis et établis en amont de la situation qu'il décrit. À son apogée, toute situation doit devenir prévisible de telle sorte qu'une "procédure" lui est associée. Reste à l'appliquer "bêtement" sans y apporter la moindre réflexion. C'est le principe même d'un programme informatique : un ensemble de procédure décrites en amont et applicable à tout instant. Si j'appuie sur le bouton marche, l'aspirateur s'allume et commence à aspirer et à se déplacer dans la pièce. S'il rencontre un mur, il déviera sa trajectoire selon un angle calculé de telle sorte que, quelle que soit la disposition de la pièce, par une suite d'interruption et ré-orientations similaires, il parvienne à parcourir tout l'espace disponible. Et si j'appuie sur le bouton d'arrêt, il retourne sur son socle avant de s'éteindre. C'est d'ailleurs précisément pour cela qu'on dit souvent d'un ordinateur qu'il est "bête". Il ne fait que ce qu'on lui a demandé et est incapable de sortir de ses limites. Demandez-lui quelque chose qu'il ne connaît pas et il sera définitivement perdu.


Or la bêtise, ce fut ce que les entrepreneur voulaient cultiver et ce que la technologie inspira. L'homme ne s'instruisait plus, il stockait les informations pour pouvoir simplement les consulter. Et l'homme ne se professionnalisait plus, il attendait qu'une petite élite lui fournisse les procédures pour les appliquer "bêtement".


C'était le système procédural. Il était le système organisationnel dominant du futur...


J'ignorais ce qu'était le code césar et le principe d'encryptage. Cela ne m'empêcha pas de comprendre en un instant pourquoi le Capitaine Nemo venait de m'envoyer un message sans queue ni tête. Mon instinct surdéveloppé allié à un problème d'une rare facilité me permit de résoudre le tout en un battement de cils. Et devant moi, ce qui apparaissait normalement comme un message crypté sembla limpide comme de l'eau de source.


Le chauffeur, stressé, finit par sortir de l'autoroute. De mon côté, j'avais étudié minutieusement tout ce qu'il se passait autour de moi, par réflexion ou en cherchant sur l'hypernet. La notion de camion, d'autoroute, de vitesse et même d'énergie cinétique... Je n'aurais pas été jusqu'à affirmer tout comprendre, mais une grande majorité de ce qu'il y avait à entendre avait été entendu.


- Vous faites quoi ?


J'ignorais que ma phrase était naturellement empreint d'une connotation agressive, aussi ne pouvais-je comprendre pourquoi le conducteur s'empressa de me répondre malgré la peur...


- Je... Je vais me garer... Dans le parking extérieur !... Les véhicules terrestres ne sont pas... Autorisés... À aller plus loin...


Étrange... Mais admettons... Je n'avais pas vraiment les moyens de prouver le contraire...


Le chauffeur fit exactement comme il l'avait annoncé et au moment où je sentis le véhicule s'arrêter, je me précipitai à l'extérieur. J'aurais bien demandé au chauffeur de me guider, mais la probabilité qu'il puisse véritablement m'aider m'étant inconnue, je ne désirais pas prendre le risque...


J'aurais pu établir un plan mental, associé à un calcul complexe et itératif de probabilités ainsi qu'un évaluation approximative de la logique humaine par observation et suites d'essais. J'aurais perdu du temps mais mes capacités exceptionnelles auraient réduit cette perte à quelque chose de l'ordre de l’imprévisible, considérant la rareté de mon espèce...


Mais je préférais être un poil plus cohérent et ingénieux en... Téléchargeant sur ma tablette un plan pour visiteurs de l'astroport !


Traverser le complexe fut d'une facilité déconcertante, considérant les multiples entrées et sorties de celui-ci. Pourtant, l'alarme incendie que m'avait promis le Capitaine Nemo ne s'était pas encore déclenchée... Quelque chose devait le retarder... J'avais envisagé depuis le début de ma fuite de toujours considérer un plan B. C'était juste au cas où celui-ci désirait me faire la démonstration d'un concept que je n'avais encore jamais expérimenté : la trahison... Pourtant, je ne pouvais m'empêcher de me demander ce qu'il se passait réellement pour que sa promesse ne soit pas encore tenue... Curiosité naturelle, je suppose...


Arrivé sur le spatioport, lieu de lancement des vaisseaux spatiaux, j'avisais rapidement deux gardes. Je l'ignorais et pourtant ceux-ci étaient bel et bien en alerte et à ma recherche. Ce détail en soi ne changeait que leur niveau d'attention et non mon attitude à leur égard...


J'étais en train de calculer comment les neutraliser lorsqu'elle survint enfin : l'alerte incendie !


Le système procédural.


C'était ce qui rendit en un instant la base pourtant militarisée totalement inopérante. Tous suivaient la procédure résultant de l'alerte, incapables de s'adapter à son caractère particulier puisque survenant en même temps que la fuite d'un individu "dangereux".


Et pourtant, l'on ne pouvait considérer les gardes comme mal entraînés ! Aussitôt que l'alerte retentit, ils se précipitèrent au pas de course vers... Ce qui devait être là où l'on avait besoin d'eux, très probablement. Ainsi quittèrent-ils leur poste, me laissant le champ libre pour avancer à travers le spatioport, passer les portiques de sécurité et rejoindre le vaisseau du dénommé Kern Balgran...


Mon choix avait été assez radical : j'avais instinctivement préféré avoir affaire à un homme plutôt qu'une femme... J'ignorais véritablement pourquoi...


Naturellement, à mon approche, la rampe d'accès s'abaissa. J'entrai, découvrant un homme âgé de la quarantaine, chauve et mal rasé, assis aux commandes du vaisseau et qui lança simplement :


- Accroches-toi, petit, on décolle tout de suite.


Et alors que la rampe d'accès n'avait pas encore finit de se refermer et que je ne m'étais pas encore assis, le vaisseau tout entier se souleva.


Retour aux étoiles...


***

- Agent Fine ? Où en êtes-vous ?


- J'ai le fugitif en visuel...


- Bon boulot, agent Fine !


- Pas vraiment, non... Il est à bord d'un vaisseau et celui-ci s'éloigne tranquillement vers l'atmosphère tandis que nous n'avons pas encore pénétré le complexe... Un incendie s'est déclaré et la procédure nous interdit d'y pénétrer...


Une seconde voix se fait alors entendre à travers les oreillettes :


- C'est une attaque pirate... Nous sommes sur le coup. Dès que l'alerte incendie sera neutralisée, prenez le vaisseau qui vous sera indiqué dans vos lunettes de reconnaissance et poursuivez-les. Il leur reste encore à passer les défenses planétaires...


- C'est votre dernière chance, agent Fine, vous avez intérêt à réussir... lance alors la voix sévère du commandant.

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MessageSujet: Re: I'm an Alien... But not a legal Alien...    Jeu 31 Aoû 2017 - 9:40

Le Freedom's Price II était un vieux porte-conteneurs de moyen tonnage affrété sur Romundyr il y a près de vingt-cinq ans. Il s'agissait d'un modèle Beluga, une marque de vaisseaux de commerce connus principalement pour leur fiabilité et la laideur de leur aspect. En effet, les ingénieurs ne s'étaient guère souciés que d'aérodynamisme concernant la coque -et encore n'avaient-ils assuré que le minimum nécessaire. Le vaisseau ressemblait à une grosse brique grise arrondie à l'avant, et sur les flancs duquel des conteneurs de diverses couleurs avaient été ajoutés. Il mesurait cent-vingt mètres de longueur pour dix-huit de hauteur et autant de largeur.

L'aménagement intérieur d'un Beluga typique était des plus spartiates, l'essentiel de l'espace étant occupé par les moteurs et la place dédiée aux cargaisons. Il y avait un poste de pilotage, un couloir, une cabine, une salle de bains et la salle des machines. Toutes les pièces étaient exigües, et il n'y avait guère que sur le lit de la cabine et dans le siège du pilote qu'un humain de taille moyenne pouvait s'installer confortablement. Du reste, le vaisseau avait été conçu pour ne compter qu'un seul membre d'équipage.

Le Freedom's Price II, cependant, comptait quelques modifications liés à l'activité secondaire du capitaine Balgran : la contrebande. Sous le couloir se trouvait une autre pièce aménagée sommairement, et accessible par un panneau détachable. Un homme adulte ne pouvait s'y tenir debout, mais l'on pouvait y stocker sans peine plus d'une centaine de kilogrammes de marchandises qui n'apparaissaient pas lorsque le vaisseau était scanné.

L'équipement informatique de bord répondait à la même règle d'efficience à moindre coût. L'unique base de données de bord était de capacité réduite, et N0B0DY ne put y télécharger qu'une infime partie de ses composants. Un peu plus et elle risquerait d'incapaciter l'ordinateur de navigation.

Il ne restait plus que deux étapes entre l'enfant et la liberté : les défenses planétaires et le portail spatial. Pour la première, N0B0DY allait devoir procéder à ce que les experts en guerre cybernétique nommaient un freak out : une série d'attaques sur un grand nombre de cibles visant à handicaper, voire à paralyser l'adversaire en causant une variété de sabotages. Un freak out demandait normalement la coopération de toute une équipe de hackers, ainsi qu'une planification et une organisation sans faille. Pour une intelligence artificielle, tout en étant bien plus facile, la tâche ne serait pas pour autant aisée.

Quant au portail spatial, les prévisions de N0B0DY indiquaient qu'il y avait 98.75 % de chances pour qu'aucun incident n'empêche le passage du vaisseau et le saut hyperspatial. Personne, à la connaissance de l'IA -et elle s'y connaissait largement- n'avait jamais réussi à pirater un portail spatial. Certains avaient été endommagés et l'un d'entre eux avait même une fois été détruit, mais les pirater reviendrait à essayer de crocheter la serrure d'un coffre fort avec une brindille de bois. N0B0DY elle-même ne pensait pas en être capable.

Les pensées de l'intelligence artificielle se concentrèrent sur un autre sujet, tandis que le problème des
défenses planétaires était traité en tâche de fond. Ce qui obnubilait N0B0DY -en autant que le terme "obnubiler" put s'appliquer à elle- était Nathan, et ses capacités plus qu'étranges. Elle réactiva la tablette du garçon.

Vous avez créé des arcs d'énergie bleue sur l'autoroute. Comment avez-vous fait ?

En attendant la réponse, N0B0DY réfléchit aux évènements qui venaient de survenir. Elle avait beaucoup agi dans une période de temps restreinte. Y avait-il un risque qu'elle se soit découverte ? Elle passa en revue chaque système qu'elle avait envahi et s'assura à chaque fois de n'avoir laissé aucune trace.

Satisfaite, sa conscience investit toutes les parties du vaisseau et vint en renforcer les défenses cybernétiques, comme un serpent qui se loverait autour des œufs de son nid.

***


- Monsieur, le pistage est terminé, rapporta l'agent Spider.
- Alors ? s'enquit la troisième voix.
- J'ai... de nombreuses sources différentes.
- Le hacker aura utilisé une série de proxys, bien sûr, déclara la voix de celui que Spider avait appelé chef.
- Non, chef. Ces sources ont attaqué simultanément.
- C'est donc qu'il y a plusieurs hackers agissant de concert, renchérit le chef.
Pour toute réponse, Spider hocha lentement la tête de gauche à droite.
- Très intéressant, dit la troisième voix. Après un instant, l'homme ajouta : Lorsque le vaisseau sera à portée des défenses planétaires, baissez les pare-feux d'un des systèmes informatiques. Pouvez-vous le faire ?
- Hum... Oui, mais pourquoi... commença l'agent Spider.
- Faites-le. Ensuite, placez-y plusieurs de vos programmes-espions, et donnez-moi le contrôle direct de ce système.
- Oui, monsieur.

L'homme sourit. Il y avait plus d'une forme d'intelligence dans cet univers, et toutes l'intéressaient. À présent, le piège était posé. Il n'y avait plus qu'à attendre.

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MessageSujet: Re: I'm an Alien... But not a legal Alien...    Ven 1 Sep 2017 - 12:57

Lors de l'avènement d'internet, à la fin du XXème siècle de l'ancien temps, nombreux furent les humains à imaginer une idée parfaitement fausse, se laissant abuser par leurs impressions : la notion d'anonymat.


Physiquement, agir implique de sacrifier une part de soi. Qu'il s'agisse d'empreintes digitales ou bien du précieux temps qui nous est imparti par la vie elle-même, chacun sacrifie quelque chose qui lui appartient de droit pour intervenir et agir voire même pour décider au contraire de ne pas agir. Ainsi, si pendant des siècles l'homme n'a su déceler sa propre empreinte digitale, il usait d'autres moyens pour deviner le coupable d'une infraction. Une question récurrente était alors : "que faisiez-vous, au moment des faits ?".


Dans le monde virtuel, ce sacrifice tout particulier est souvent appelé "une trace". À juste titre, dirons-nous, puisqu'à l'image d'un détective, toute personne compétente peut théoriquement remonter cette "trace" pour arriver au responsable d'une intervention.


Mais les usagers d'internet, trompés par la notion alors toute nouvelle de "pseudonyme" et le caractère "immatériel" inhérent au monde virtuel, se virent fort dépourvus lorsque les premières attaques pirates de masse furent venues...


- Tiens, me lança le pilote du vaisseau, le "capitaine" Balgran, tout en me tendant un tournevis. Dans le couloir, là-bas, troisième plaque métallique en partant de la gauche, deuxième rangée, tu trouveras un compartiment discret. Tu devrais t'y caler le temps qu'on passe les défenses planétaires, au cas où...


Je ne posai pas de question et m'exécutai. À l'aide du tournevis, je dévissai la plaque en question, au sol et découvrai en effet en-dessous une cavité sobrement aménagée. M'y glissant avant de refermer soigneusement la pièce en revissant de l'intérieur la plaque.


Naturellement, je sortis ma tablette pour continuer tout un exercice que j'avais débuté depuis que je m'étais retrouvé comparable à de la cargaison dans ce camion recommandé par le Capitaine Nemo.


Immédiatement, j'y vis le message laissé par mon allié situationnel. Celui-ci m'interpella franchement par sa pertinence douteuse... Cette information ne pouvait pas servir le Capitaine Nemo à m'aider dans la situation actuelle, tout du moins pas d'une manière efficace à mes yeux. Et si l'on excluait la limitation temporelle de ma situation, il ne me servait à rien de lui communiquer une telle information... ! Quant à savoir si cela lui était favorable, je n'en avais à vrai dire rien à faire. Ce n'était pas exactement que je ne voulais pas savoir pourquoi cela pouvait lui être favorable. C'était plutôt que le fait que cette information lui soit favorable ne justifiait pas à mes yeux que je la lui confie. Je n'étais pas adepte du mensonge, mais je venais de comprendre tout seul le principe de discrétion.


Bien que la question m'eut laissé songeur, mon intellect n'en fut pas pour autant paralysé et je continuais de parcourir les méandres de différents systèmes d'information et de les manipuler...


Finalement, ma réponse me vint naturellement et j'écrivis à mon interlocuteur :


Je ne comprends pas pourquoi je devrais répondre à cette question...


Encore une fois, je ne pouvais imaginer une seule seconde que ma réponse était empreinte d'une connotation particulière. Un message sous-jacent indiquant que je ne désirais pas répondre. Pour moi, il ne s'agissait rien de plus ni de moins que la stricte vérité...


Et soudain, il y eut un choc important. Le vaisseau venait de brutalement s'arrêter.


***

- Agent Fine, rapport, lança la voix calme mais impérieuse du commandant.


- Nous sommes à bord d'un S-8, suivant les indications que vous nous avez transmit. Nous avons quitté le sol il y a une dizaine de minute et le vaisseau de la cible est en vue. Il semble que ce soit un SpaceJump de type Beluga et qu'il se soit arrêté... Il y a quelque chose d'étrange... Malgré notre partenariat, il semble que les défense planétaires aient décidé de ne pas intervenir... Ou alors elles y sont forcés... Les cinq Cruisader Crash en position ne bougent pas et le bouclier gravitationnel n'a pas été levé... Mais nous n'allons pas tarder à les intercepter.


- Chef ? intervint une troisième tel un bruit de fond.


- Quoi ?


- Je ne comprends pas... Le modèle que nous avions piraté et indiqué aux agents sur place n'était pas un S-8...


Il y eut un moment de silence durant lequel le chef devait probablement constater la véracité de l'information à travers les logs que lui présentait le technicien...


- C'est impossible... ! Comment...


- Chef j'ai autre chose... annonça soudain l'informaticien, plongé dans ses réflexions... Qu'est-ce que... ?


Un bruit sourd se fit entendre à travers l'oreillette avant que soudain la voix crie, affolée :


- Écartez-vous ! Allez chercher des extincteurs !!!


Et soudain l'oreillette se mit à cracher si fort que l'agent Fine du retirer son oreillette de peur de devenir définitivement sourd. Lorsque ce fut fait, il avisa que ses collègues étaient en train de faire de même. Et soudain des étincelles jaillirent de ses lunettes et il du les retirer tout en se frottant les yeux comme il pouvait dans l'espoir de dissiper la douleur.


S'ensuivit le dysfonctionnement par destruction de leurs divers appareils technologiques avant qu'une lumière rouge envahisse le vaisseau, rapidement accompagnée d'une voix annonçant l'état d'alerte rouge et l'impératif d'évacuer.


Dans l'espace, redescendant sur terre, piégés dans des capsules de stases, l'agent Fine et ses collègues ne purent comprendre à quel moment ils s'étaient fait piéger... C'était pourtant dès le début.


La trace.


En essayant de pirater la tablette de Nathan, le centre de contrôle avant laissé sa trace. En remontant cette trace, Nathan avait pu aviser l'intégralité du réseau. Il lui avait fallut un certain temps, négligeable pour un humain classique, infiniment long pour un néo-humain, avant de comprendre les divers composants des appareils à pirater mais une fois cela fait, il lui avait suffit de lancer une série de programmes à priori inoffensif à ce détail près qu'ils outre-passaient les capacités des composant les plus fragiles, sensibles et les moins bien sécurisés. Avec un jeu de pression-dépression croissant, et le temps nécessaire, il avait finit par provoquer la surchauffe et l'explosion de ces composant. D'ici à ce que tout soit réparé, l'on pouvait espérer qu'ils seraient bien loin, Balgran, son vaisseau et Nathan...

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MessageSujet: Re: I'm an Alien... But not a legal Alien...    Jeu 21 Sep 2017 - 14:13

Échappant à tout modèle prédictif, l'enfant s'avérait plus que capable de se débrouiller. En l'espace de moins d'une heure, il était passé du statut de naïf qui s'était laissé piéger par son ignorance en matière d'informatique à celui de hacker en herbe. Son attaque manquait de précision et le code utilisé était brouillon, mais l'efficacité de la stratégie adoptée était indéniable.

Tout ce qu'il restait à faire à présent était d'enfoncer les portes ouvertes par Nathan pour empêcher l'adversaire de reprendre l'offensive, et aveugler les défenses planétaires le temps que le vaisseau soit hors de portée efficace. Dispersés, les hackers ne parvenaient pas à réagir à temps en colmatant les failles dans leurs pare-feux ou en débranchant les équipements envahis.

Le vaisseau passa sans même modifier sa trajectoire, comme une sardine à travers un filet aux mailles trop larges. Déjà, le portail spatial entrait en activation, répondant aux communications du Freedom's Price. Quelques centaines de kilomètres seulement séparaient l'enfant de la liberté, à présent. N0B0DY frappa encore afin d'assurer qu'aucune contre-attaque ne soit possible.

En analysant de nouveau la structure informatique des défenses spatiales, l'IA détecta une autre vulnérabilité. Un appareil mobile dont les protections étaient désactivées, probablement suite à l'attaque initiale de Nathan. Un ordinateur personnel, apparemment. L'intelligence artificielle y téléchargea une partie de ses logiciels, et commença à étudier la connectivité de l'appareil pour mieux l'exploiter.

Tout à coup, l'ordinateur sembla disparaître.

***

L'homme avait agi rapidement. Sitôt qu'une connexion entrante avait été détectée sur son ordinateur, il avait coupé toute communication entrante ou sortante à celui-ci, isolant hermétiquement tout ce qu'il contenait... y compris un certain passager clandestin virtuel.

- La cible s'échappe ! s'écria l'agent Spider en tentant infructueusement de rallumer son ordinateur, dont la batterie était inutilisable en raison de la fusion de l'un de ses circuits imprimés.

L'homme n'y prêta aucune attention. Sa création pouvait lui échapper une fois de plus, c'était sans importance. Ce qu'il venait d'obtenir compensait largement cette perte -qui ne serait de toutes façons que temporaire. Lui aussi avait pris connaissance des recherches de Nathan sur la probabilité de l'existence d'une intelligence artificielle, et depuis qu'il avait vu son algorithme prédictif, le soupçon était né en lui. L'attaque méthodique, rapide et quasiment parfaite lancée sur ses hommes à Terra Nova avait achevé de le convaincre.

Tandis que le chaos s'emparait de ses hommes autour de lui, il leva avec calme et triomphe l'ordinateur au-dessus de sa tête et le contempla, réfléchissant à toute vitesse aux possibilités que lui offrait ce qu'il venait d'obtenir. Un morceau de code d'une intelligence artificielle pleinement développée.

***

N0B0DY ne comprenait pas plus la douleur qu'un acarien ne comprenait la mécanique des fluides, mais ce qu'il venait de se produire lui fit l'effet d'une amputation. Une partie d'elle-même avait été coupée de sa conscience. L'IA n'avait jamais rien ressenti de semblable auparavant. Elle "palpa" la zone où s'étaient trouvés les bits de données qui, moins d'une nanoseconde plus tôt, faisaient partie d'elle, mais en vain.

Déployant toute sa capacité de calcul, l'IA envahit toutes les portions du système de défense auxquelles elle pouvait accéder, mais l'appareil inconnu n'apparaissait plus nulle part. Encore sous le coup du traumatisme, N0B0DY demeura sans réagir tandis que le vaisseau entrait en hyperespace, la coupant définitivement de la partie d'elle qui lui avait été arrachée.

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