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 [Jour 01] Projets et Imprévus

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MessageSujet: [Jour 01] Projets et Imprévus   Lun 15 Sep 2014 - 20:41

Au sortir de la douche,le miroir mural lui renvoie tous les matins la même silhouette et la même gueule. Le dernier mot éveille un écho du passé. Il entend encore la voix de son père, calme et nette sur fond délicat d'argenterie et de porcelaine.«On ne dit pas gueule, mais visage. Et un enfant ne parle pas à table, sauf pour en demander la permission ou pour dire merci.» Sébastien tire la langue au miroir. Quand il se regarde, il pense toujours à son père, auquel il ressemble, l'air grave en moins. C'est difficile d'oublier qu'on est  fils d'Enguerrand-Sigismond de Neuville. Et qu'on s'appelle Sébastien-Maxence. Son père  fait preuve d'affectueuse familiarité en l'appelant  Sébastien-Max.  Evidemment, «Seb» lui pendait au nez sitôt qu'il le pointerait hors du cocon familial.
Il faudrait qu'il se se dépêche. Heureusement, il  économise le temps du rasage. Et pour la coiffure, il n'a que trois centimètres de chaume noirâtre qui se hérisse tout seul.  Liselor a failli le tuer quand il est revenu de chez le coiffeur... Il a quand même le droit de se coiffer comme il veut, non?  En attendant que ça repousse, il doit mettre un bonnet. Ah! Les femmes ! C'est vrai que la brosse gonfle les joues, surtout qu'il a grossi..Il s'aplatit un peu le bout du nez, pour  voir quelle g...figure il aurait, s'il avait été boxeur. Bof!
Ce serait marrant si certains matins, on se réveillait avec une nouvelle tête, tout à fait imprévisible. Par exemple, là, au lieu de voir ce visage d'assez beau gosse, il pourrait découvrir un faciès de tueur psychopathe, crâne rasé, bouche mince, yeux gris zombie, et trois piercings sur la paupière gauche. Peut-être cela changerait-il sa manière d'être. Juste pour la journée. Que dirait Liselor si elle devait vivre vingt-quatre heures avec un tueur psychopathe ? Elle trouverait une solution, l'attacherait à un radiateur, l'enfermerait dans le dressing ou l'assommerait avec le vase en bronze de Tante Marguerite. Il se regarde. Il doit se mettre au régime. Il devient joufflu. Le terme le fait frémir.  Lorie l'engraisse comme un petit cochon. Le corps reste  très présentable, bien remusclé, sans graisse, poitrine lisse et cette mince ligne de poils légers qui descend du nombril et que Liselor trouve attendrissante. Il préfèrerait qu'elle dise sexy, voire érotique, mais du moment qu'elle aime. Enfin, il est encore présentable.C'est sûr, Liselor avait récupéré un vrai squelette. Mais dix  kilos en deux ans de vie commune ! les femmes exagèrent toujours.
 Il a rejoint le séjour. Lorie appelle aussitôt.
-Tu es prêt ? Ton rendez-vous est dans trois quarts d'heure.. Qu'est-ce que tu faisais ? Tu t'admirais ?
-Je réfléchissais. ..à la famille.
Il ment sans conviction. Lorie sait toujours ce qu'il fait et ce qu'il pense...Et puis, il ment à peine. Se regarder dans un miroir est un acte de réflexion. Il s'installe devant le plateau déjà entamé . Lorie a déjeuné et est déjà dans son atelier, dont elle laisse toujours la porte ouverte pour  ne pas perdre contact avec lui quand il est là. Il prétend que c'est pour le surveiller. Mais si elle ferme la porte un jour,  ce sera terrible. Il demande, en se versant une tasse de café :
-Tu as cours aujourd'hui ?
-Cet après-midi. On se croisera sans doute à midi. A moins que tu n'invites ton clochard à déjeuner. Tu as de la chance. Il fait très beau. Profite des Tuileries en passant.
Elle sait tout de son travail et lui  n'est même pas capable de se souvenir de son emploi du temps de prof de dessin au collège Sainte Bernadette. Il a honte et demande pour se racheter :
-Inspirée, ce matin ?
-Tout à fait. L'Esprit Saint descend sur la terre . Alleluia !
Elle rit. Il a envie d'aller l'embrasser . Mais il a la bouche pleine de brioche et de beurre, malgré ses résolutions de régime, et elle n'aime pas le beurre.

* 
 Les Tuileries sont charmantes sous le soleil.Il s'attarderait bien un peu. Son clochard l'attend sous la passerelle. Il faut lui demander ce qu'il pense de l'évolution de la clochardise depuis les trente dernières années, dans le cadre d'une série d'articles intitulée : "Dans le rétroviseur" .On demande à des vieux ce qu'ils pensent de leurs homologues actuels. Il croyait avoir échappé aux  enquêtes de trottoir depuis que, vu son patronyme, on l'avait jugé capable de se tartir tous les concerts de classique et d'en rapporter des compte-rendus plaisants et distingués. Il n'a écopé du clochard que pour rendre service à un confrère, lequel habite à Sarcelles alors que le clochard, recommandé par la Mairie de Paris, crèche sous la Passerelle de Solférino.. Pour lui, c'est à côté et la marche, c'est bon pour maigrir. Ah non! il ne va pas devenir obsédé par son poids comme le sont toutes les bonnes femmes. Mais pas Liselor. Elle est mince et fluide comme une liane et mange n'importe quoi. Il repense à son rendez-vous. Son clochard a 70 ans et s'appelle Lulu Lanturlu. Trop beau pour être vrai . Ce doit être un surnom. N'empêche, un papier intitulé " Lulu Lanturlu, Clochard "et signé  Sébastien-Maxence de Neuville, c'est quasiment surréaliste. C'est d'ailleurs partiellement pour cette raison qu'il s'est proposé. Mais comment s'adresser à un clochard dans le cadre d'un journalisme populaire et inoffensif ?? Lulu ?  Monsieur Lanturlu ? « Brave homme », comme dans les contes paternalistes du dix-neuvième siècle ?
 Il approche de la voie sur berge. Mais on entend un bruit bizarre qui semble doubler le grondement habituel  recouvrant Paris comme une cloche à fromage remplie de frelons excités. Image à garder pour le papier ou non ? - Non. Les frelons ne doivent pas aimer le fromage.
  A ce moment, le grondement s'est amplifié , les passants lèvent la tête, certains s'arrêtent, l'air inquiet ou réprobateur. En principe, les avions n'ont pas le droit de survoler Paris à moins de 2000 mètres. Mais son rendez-vous est là. Il a une parka rouge marquée d'un LULU en thermocollant noir et en souriant de son râtelier Sécu bas de gamme, il hurle:

-C'est vous, le Parisien ? Moi c'est Lulu. C'est quoi ce barouf ? Un tremblement de terre ?
 Dans le ciel, derrière Lulu et sur fond de carte postale (Musée d'Orsay-Ponts de Paris)  un immense engin monte, comme la soucoupe dans "Rencontres du Troisième Type" . Dans un film, c'est splendide. Dans la réalité c'est terrifiant .
Sébastien reste bouche ouverte sur un Salut Lulu qui ne sortira jamais . Les automobiles s'arrêtent. On entend des bruits de tôle froissée, des cris . Le bruit a cessé. L'engin est immobile. Liselor!
 Il faut la rejoindre. Si l'Apocalypse arrive, ils la vivront ensemble. La foule court dans tous les sens et Sébastien bouscule ceux qui le gênent et qu'il gêne. Mais la soudaine lumière blanche pétrifie tout le monde. Un visage humain se suspend au dessus de la ville. La foule hurle, certains tombent à genoux ; Sébastien se fige. « C'est Dieu. Armageddon !» lui dit un passant l'air satisfait.  Mais Dieu dit  qu'il s'appelle Adam et invite à rester calme, qu'il vient en paix . Adam, ça n'a rien de galaxique. Ce type parle, on le comprend. On pourrait donc l'interroger, savoir, s'entendre peut-être ?  La foule écoute, médusée. Quelques cas d'hystérie.  Certains cherchent à entrer en douce dans le métro ou sous les portes cochères, en jetant des regards furtifs vers l'engin qui doit être rempli de radars et de canons à zyglotrons prêts à pulvériser la Tour Eiffel et la Colonne Vendôme. Des sirènes de police vrillent soudain le calme relatif qui a succédé au tumulte . Lorie ! Pourvu qu'elle n'ait pas eu l'idée de sortir. Les femmes sont sans cervelle devant l'imprévu. Même Laurie.
  Pour un évènement,c'en est un. Totalement inédit. Le premier journaliste qui aura une entrevue avec Adam deviendra le dieu de la presse.
Sébastien-Maxence de Neuville veut désormais deux choses intensément: Retrouver Liselor et interviewer Adam. Qu'est-ce qui serait le mieux pour la première question ?... Monsieur L'Extra-Terrestre, Capitaine Adam ou Votre Excellence ?
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Ginie
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MessageSujet: Re: [Jour 01] Projets et Imprévus   Mar 23 Sep 2014 - 18:40

C'était l'effervescence au journal depuis ces dernières semaines, depuis les apparitions aux quatre coins du monde des vaisseaux d'Adam. Les journalistes ne tenaient plus en place et n'attendaient qu'une seule chose de leur rédacteur en chef : qu'il daigne enfin faire connaître le nom de celui qui irait interviewer Adam. Cela faisait des heures que je réfléchissais à celui qui aurait la chance de me ramener le papier de l'année. Oui, mais voila, il était tous, autant qu'ils étaient, de véritables charognards et mes yeux s'arrêtèrent sur la photo de Sébastien de Neuville. Ce n'était qu'un Journaliste-Stagiaire, mais il ferait parfaitement l'affaire. Mon choix était fait, ce serait lui qui irait sur le vaisseau mère et personne d'autre. Je me levais d'un bond, puis je dis en ouvrant la porte brusquement :

-Trouvez-moi, Sébastien de Neuville tout de suite dis-je en hurlant dans la grande salle de rédaction du grand journal parisien, ma secrétaire apparut et me lança avec une petite voix fluette :

-Il n'est toujours pas arrivé Monsieur Martin.

-Trouvez-le, utilisez le bipeur pour le contacter et s'il le faut aller me le chercher au saut du lit, mais je le veux dans dix minutes dans mon bureau et par pitié arrêter de me parler ainsi faites quelque chose ma pauvre dis-je tout en retournant dans mon bureau après avoir claqué la porte violemment, ce qui eut pour effet de faire trembler les vitres du bureau.

La jeune secrétaire fit ce que son patron lui demandait et envoya un message via le bipeur du journal demandant au jeune journaliste de venir au journal dans les plus brefs délais.

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MessageSujet: Re: [Jour 01] Projets et Imprévus   Mar 23 Sep 2014 - 20:45

Planqué derrière une statue de Maillol dans le Jardin du Carrousel, Sébastien observait un promeneur qu'il soupçonnait d'être un agent alien, un de ceux qui n'étaient pas officiellement présentés comme tels  et dont on niait l'existence dans les sphères autorisées. Mais qui pouvait croire qu'une délégation, même venue en amie, n'ait pas eu ses espions et ses micros cachés,ses observateurs et ses aimables correspondants ? Sébastien savait que ses chances de rencontrer Adam étaient égales à celles d'un petit pois de se retrouver sous le fessier délicat d'une princesse. Il aimait beaucoup les contes traditionnels et s'en servait souvent pour se consoler des aspérités de l'existence. L'aspérité actuelle était de trouver un moyen de s'infiltrer dans le cercle des extra-terrestres pour en rapporter un sujet inédit, palpitant, un scoop flamboyant qui le tirerait de sa médiocre situation de stagiaire, placé là parce que son père possédait des actions dans le groupe.
  Il espérait encore un peu qu'on l'enverrait à l'Opéra couvrir la première apparition de la Délégation en ce haut lieu de la culture. On avait déprogrammé Nabucco  en urgence à cause du Choeur des Esclaves, qui pourrait être jugé séditieux par les Elyriens. Ces derniers  ne pouvaient ignorer qu'une certaine méfiance avait remplacé le soulagement des Terriens de ne pas avoir été désintégrés dès le premier contact.. Certains mauvais esprits, dont il était d'ailleurs, trouvaient hautement suspecte la proposition d'aide de ces envoyés qui avaient commencé par prendre possession de l'espace aérien des plus grandes villes du globe au lieu de modestement apparaître au dessus de Romorantin ou du désert de Gobi.

Or,l'Opéra  remontait en hâte un  Pelléas tout à fait apolitique. En temps normal, Thierry, le confrère officiellement chargé de la rubrique," Un soir à l'Opéra" , lui aurait refilé le bébé, car il n'aimait que Mozart, Verdi et la Tosca. Mais l'importance de l'événement : "Le jeune Opéra-Bastille accueille nos amis élyriens ",  lui rendrait très supportables les lamentations de Mélisande.
  Sebastien, donc, pensait que l'occasion lui passerait sous le nez et il  se devait de trouver une autre approche. L'espionnage lui semblait un bon choix. Il avait déjà une flopée de titres : "Sous le regard des étoiles" était joli mais loin d'être accrocheur ou "Ces Elyriens qui nous regardent" plus direct. "Les Taupes de l'espace"  serait certainement censuré, malgré le goût du public pour les scandales. Il s'était donc mis en quête d'indices. Il avait une vocation de journaliste d'investigation, même si le directeur le trouvait doué pour les chroniques mondaines, sans doute à cause à cause de la particule. En peu de temps, il avait trouvé rapidement plusieurs suspects,certains rapidement mis hors de cause. Celui-là venait lire son journal tous les matins  sur le même banc. S'il pleuvait, il allait prendre un café rue Saint Roch, café qu'il ne buvait d'ailleurs pas, touillant le breuvage inlassablement, l'air distrait, en lisant son canard posé à plat sur la table. Il lisait le Parisien, ce qui était assez rare dans cet arrondissement, plus que 'convenable',  avait dit son père en lui remettant les clés de l'appartement acheté pour son fils quand il avait appris que cet hurluberlu cherchait du côté de Montreuil, où il avait des copains et parce que c'était un coin"branché" encore confidentiel. Un de Neuville à Montreuil !

Sébastien avait remarqué son suspect en effectuant son jogging matinal –Liselor lui avait dit que c'était le meilleur moyen de perdre du poids-  Sa suspicion avait été éveillée en voyant que le soleil  semblait irriter l'individu qui  se déplaçait pour fuir les rayons généralement appréciés à cette heure fraîche. Il avait entendu parler d'une certaine hypersensibilité de l'épiderme élyrien, rumeur vague mais il n'y avait que peu d'informations en dehors des lénifiants  communiqués officiels.
Ce matin-là, Seb s'arrangea pour s'asseoir juste à côté du suspect et échanger quelques propos sur le temps, bien incertain, n'est-ce pas ?,  puis à propos du modernisme de Maillol rendu caduc par la pyramide de Pei. Enfin il aborda les nouvelles de la Bourse, qui jouait plus que jamais au yoyo. L'homme ( si c'en était un !) répondit aimablement, visiblement content de lier conversation, parla de sa femme qui détestait la pluie et de Motorola dont les actions grimpaient. Quand le soleil vint caresser sa main, il eut un léger recul et se gratta machinalement un épiderme qui rougit aussitôt. Seb  se félicita de son flair.  
Il n'allait pas montrer qu'il l'avait remarqué, pour ne pas effaroucher l'individu. L'image de la Taupe cosmique semblait s'imposer.
Soudain le bipeur du journal se fit entendre.  Sébastien soupira..Il prit congé et s'arrêta à la première cabine téléphonique. Quand Motorola, dont les actions grimpaient, allait-il enfin convertir le monde  aux charmes de la GSM ?  Il joignit immédiatement la petite secrétaire, Maud , une gentille fille que son braillard de patron terrorisair quelque peu ; elle aussi était une pistonnée, nièce d'un financier en vue et elle ne convenait guère à ce poste d'autorité stratégique..Sébastien apprit donc que le patron le demandait D'URGENCE et la petite voix de Maud parvint même à mettre dans ce mot toute l'énergie dont elle était capable. Il la rassura aussitôt .  
 -J'arrive !  Chez Martin lui-même?  
 -Ouiii...Soyez gentil ! dépêchez-vous !
-Pas de problème, je prends un taxi pour venir vous sauver !

Pas de probléme ? Rien n'était moins sûr, pensait-il dans le dit taxi . Le Directeur ne convoquait en général un stagiaire que pour lui passer un savon mais préférait le plus souvent transmettre son mécontentement par la voie hiérarchique, ce qui  conduisait, en descendant l'échelle, à une véritable tornade vengeresse s'abattant sur le coupable. Seb était bien noté. Il n'avait pas fait le zouave depuis la dernière fois. Que pouvait lui vouloir Martin- surnommé l'Ours évidemment-  C'était peut-être pour l'Opéra finalement.  Il se souvint de la dernière fois où il avait rencontré Martin. C'était chez les Dupied-Sancerre, où sa mère tenait à ce que la famille soit représentée pour les fiançailles de ..Gladys ? Candice? une filleule de sa mère qui jugeait indispensable qu'il vienne.Sébastien portait un nouveau smoking Prada absolument parfait, d'un noir gris foncé légèrement satiné, d'une élégance classique, comme il convient quand on accompagne sa mère.Sébastien préférait son Armani, boutonné jusque sous le menton et qui le faisait ressembler à Hamlet. Mais sa mère avait des principes et tenait au noeud pap'...illon . Jamais sa mère n'aurait dit pap'.
Martin, vague parent, avait été invité. Sébastien  avait bien vu que  le directeur remarquait la tenue  de son stagiaire, vêtu ordinairement de sporstwear, certes coûteux, mais  fonctionnels et toujours un peu fatigués.



Un peu plus tard, Sébastien arrivait en coup de vent devant Maud, qui poussa un « ah »de soulagement et l'introduisit dans la caverne de l'Ours.
-Bonjour, monsieur. Veuillez me pardonner si je vous ai fait attendre.
  Il se prépara, soit à subir la tornade, soit à voir poindre une lueur d'espoir dans le gris de sa carrière .
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Ginie
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MessageSujet: Re: [Jour 01] Projets et Imprévus   Mar 23 Sep 2014 - 22:05

Il tournait en rond dans son bureau se demandant où était passé son jeune stagiaire, il ruminait se demandant s'il devait sévir pour l'exemple ou s'il devait laisser couler. Après tout, il était jeune et la mission qu'il allait devoir effectuer risquait d'être difficile. Soudain Monsieur Martin fut tiré de ces penser... quelqu'un frappais à la porte et vit qu'il s'agissait du jeune retardataire, il lui fit signe d'entrer et lui dit :

-Enfin vous voilà, mais où étiez-vous bon sang ? disait-il tout en s'installant dans son vieux et haut fauteuil de cuir marron.

Puis il continua en laissant le jeune homme debout, face à lui :

-Depuis que vous travaillez ici, vous êtes systématiquement en retard et je me demande si vous êtes la personne dont j'ai besoin... Le rédacteur en chef vit qu'il avait attisé la curiosité de Sébastien et un long silence s'installa dans la pièce. Au bout de quelques minutes, il lui dit :

-Bien installe toi, je vais te révéler pourquoi je t'ai fait venir Sébastien. J'ai passé de nombreuses heures dans ce bureau pour décider qui d'entre vous irait interviewer le chef des Elyrien, dit-il.

-Et c'est toi qui fera cette interview. Je ne veux personne d'autre. C'est l'occasion pour toi de me montrer que tu as des tripes et si tu y arrives ta carrière décollera bien plus vite que tu ne le crois.... dit-il tout en s'enfoncent au fond de son fauteuil puis il lanças :

-Alors, quand dis-tu ? Es-tu intéressé ?

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MessageSujet: Re: [Jour 01] Projets et Imprévus   Mer 24 Sep 2014 - 1:11

Si une immense satisfaction envahit Sébastien au moment où Martin lui annonça tout de go qu'il était l'élu, il n'en perdit pas pour autant le contrôle de ses émotions.
Il ne se faisait d'ailleurs guère d'illusion sur les motifs de la reconnaissance de ses mérites.  Son père avait sans doute téléphoné à Martin, évoqué d'un ton poliment neutre la prochaine assemblée des actionnaires et l'intérêt tout personnel que lui, Sigismond-Enguerrand de Neuville, prenait à ce que la presse française ne tombât pas entre les mains des Etrangers, ajoutant négligemment :
« Nous comptons sur vous, mon cher Daniel, pour envoyer à la Délégation un journaliste bien éduqué et qui sache représenter décemment les Valeurs françaises et l'Humanisme Terrien. »  
Son père avait le don des formules qui vous obligent à hocher la tête d'un air approbateur, sous peine de passer pour un butor ou un homme sans conscience.

Il se pouvait aussi que sa mère ait invité sa très chère amie, Amanda Dubuisson,  qui se trouvait être la mère de Yolande, la fiancée du fils Martin.Le fils était considéré comme immariable«en raison d'un vice de forme» disait-on plaisamment au Journal, et Yolande était une vraie perle ; de plus, une perle couverte d'or. Les Martin étaient à ses genoux. La donzelle, bien que plus cruche qu'un pichet Monoprix  imitation Limoges, voulait devenir Envoyée spéciale ,et en effet, spéciale, elle l'était déjà. Sébastien imaginait très bien comment Mère avait concocté son petit trafic d'influences pour que Yolande exige de son fiancé qu'il demande à son papa, etc etc. Et il n'en était pas choqué. 
D'abord parce qu'il savait bien ne pas avoir parlé en toute innocence à sa famille de l'intérêt  que présenterait pour sa carrière l'interview du  chef élyrien. Il n'était pas faux-jeton avec lui-même à ce point. Ensuite, Sébastien n'était pas de ceux qui condamnent vertueusement le piston, sauf bien entendu quand ils sont eux-même à un des bouts de l'instrument, pistonné ou pistonneur. D'ailleurs, la concurrence était tellement forte que Martin pouvait ne l'avoir choisi, lui, Seb; dit parfois Neuneu,  que pour ne pas trop vexer la dizaine d'autres candidats et leurs pistons personnels. En nommant le plus hiérarchiquement improbable de ses employés, il pouvait avoir pensé désamorcer les jalousies. Sébastien croyait l'entendre affirmer, si les rédactions chipotaient, qu'il avait toujours eu une politique en faveur des jeunes et cela, bien entendu, avec l'approbation des Syndicats. Et puis, de toutes façons, pensait Sébastien, si piston il y avait eu,  le patron était un homme d'expérience et loin d'être idiot. Il savait choisir ses hommes et son choix  servirait à hâter le début de la carrière brillante que méritaient les capacités et la sympathique ambition du fils Neuville. Sébastien était sûr de sa valeur et d'être à la hauteur de la tâche. N'avait-il pas réussi ses études non seulement sans trop se fouler mais même en se défoulant beaucoup ? et si le résultat final était demeuré moyen, cela prouvait bien qu'il était doué et que, maintenant qu'il avait compris, il allait pouvoir montrer ce qu'il valait réellement. C'était lui bientôt qui pistonnerait les autres. Il sourit cependant avec une gratitude spontanée et remercia le directeur  en l'assurant de sa volonté de ne pas le décevoir.et qu'il était plus qu'intéressé.

 A ce moment,un petit toctoc retentit et Martin beugla un « ouais » rappelant ses origines prolétaires. La porte s'ouvrit pour laisser entrer la souris terrorisée qui lui tenait lieu de secrétaire. Elle portait un plateau poussant devant elle les effluves d'un excellent café. Sébastien savait que toutes les deux heures, le directeur se faisait servir une tasse de café  et que lorsqu'il avait un visiteur, une assiette de macarons Ladurée -deux par personne- accompagnait les tasses odorantes.

Martin laissa faire le service sans mot dire et fit signe à son invité de se servir. Le journaliste obéit avec son aisance naturelle et s'intéressa juste ce qu'i faut à sa tasse de café, au macaron et même au galbe menu des seins de Maud, finalement fort jolie, mais*-de-toutes-façons-les-filles-ne-m'intéressent-plus-depuis-que-j'ai-trouvé-Laurie*. Ou plus exactement, depuis que Liselor l'avait trouvé. Lorie ne supporterait aucune infidélité, même superficielle, et finalement, cela simplifiait beaucoup les choses. Chère Lorie.
Tout en mangeant son macaron- encore une entorse à son régime, mais c'était un à la ganache , ceux qu'il préférait- il fit un rapide bilan de ce qu'il dirait à son directeur si celui-ci, pour le tester, commençait par lui demander s'il avait des questions :
 *Nature et circonstances de l'entrevue:  Où, quand, comment ? Tête à tête ou conférence de presse ?
Qui aurait l'initiative des questions ? Le Journal avait-il déjà élaboré des objectifs à ne pas perdre de vue ? Y aurait-il des photos ou juste une, tirée des archives ? Quel était l'humain qui avait approché Adam et pouvait actuellement être considéré comme le spécialiste de l'extra-terrestre ?*
  Ce serait suffisant pour montrer qu'il avait déjà sérieusement réfléchi à la question et qu'il n'était pas en retard pour cause de flâneries et autres gaudrioles. Il se dit aussi qu'il pourrait profiter de l'occasion pour parler au patron de ses soupçons sur une infiltration sournoise d'Elyriens  non déclarés.
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Ginie
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MessageSujet: Re: [Jour 01] Projets et Imprévus   Mer 24 Sep 2014 - 10:50


-Merci Maud, lança le rédacteur en chef, tout en servant le jeune homme et lui-même.

Un long silence s'installa entre les deux hommes, on pouvait entendre le tic tac d'une vielle horloge comtoise qui suivait parfaitement bien avec le reste du mobilier du bureau. Puis il lança au jeune Sébastien :


-As-tu des questions Sébastien ? Sais tu comment tu va commencer ton interview ? demandait-il sans lâcher du regard le jeune homme.

Se doutait-il au moins que sa fulgurante ascension n'avait rien à voir avec un quelconque piston ? Daniel n'aimait pas que l'on lui force la main. Il mettait un point d'honneur à mettre tous ces employés au même niveau et ce malgré leur diffèrent milieu social. Cela avait toujours été la politique de la maison et cela le restera encore. Tout du moins jusqu'à ce qu'il ne prenne sa retraite dans quelque année.

Soudain le rédacteur en chef se leva d'un bond et s'installa face a Sébastien.


-Bien, si tu n'as aucune question, je vais arranger un rendez-vous entre toi et Adam, je m'en occupe d'ici à la fin de la journée. Pendant ce temps réfléchie aux questions que tu vas lui poser et ne vas surtout pas le contrarier, pèse bien tes mots il ne faudrait pas que tu crées un incident diplomatique dit-il tout en invitant le jeune homme à le suivre.

Daniel accompagna Sébastien vers la sortie puis annonça de bute en blanc sa décision concernant le journaliste choisi. Cela avait créé un brouhaha incompréhensible, Daniel assistait malgré tout à un véritable combat de coq parsemer de viles paroles. Il espérait que personne n'oserait mettre des bâtons dans les roues du jeune homme. Une fois que le calme fut revenu Daniel rejoignit son bureau pour contacter la délégation dans les plus brefs délais.

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MessageSujet: Re: [Jour 01] Projets et Imprévus   Jeu 25 Sep 2014 - 18:10

Après avoir remercié aimablement Maud , Martin présenta de nouveau l'assiette à son stagiaire qui prit un second macaron. Il avait faim et il trouvait sympathique la simplicité quasi familiale avec laquelle le patron traitait son personnel. La formule attendue tomba:
-As-tu des questions ? 
Sébastien se préparait à vite avaler sa bouchée pour lancer son train tout prêt d'interrogations. Mais sans attendre, Martin  ajouta aussitôt une demande qui renvoya le dit train au dépôt.
La déception envahit le journaliste. En fait, le directeur se moquait bien d'entendre les  questions d'un stagiaire ! Quant à cette seconde demande, elle était de ces phrases  qu'on fait juste pour avoir l'air de s'intéresser à son interlocuteur. Comment  voulait-il qu'il prévoit le début de son interview en ignorant les conditions dans lesquelles il allait opérer ? Mais il trouva immédiatement une idée : il demanderait comment " paix"  se dit en élyrien, ce qui plairait au public, car on n'avait encore entendu aucun mot de la langue des visiteurs qui s'exprimaient toujours dans la langue locale..
Il n'eut même pas le temps d'ouvrir la bouche. Déjà Martin concluait qu'il n'avait aucune  question, n'attendit pas sa dénégation et se leva,  ce qui signifiait que l'entrevue était terminée.
Cependant, bien que très déçu, Sébastien attrapa au passage quelques indications : le patron n'ayant encore rien préparé, il n'aurait pas, de toutes façons, pu répondre aux questions du stagiaire. Ayant dit l'essentiel, il se défilait donc avec une pirouette, un café et deux macarons. Mais  Sébastien était trop sensible à l'honneur qu'on lui faisait pour ne pas en être très reconnaissant et passer sur ce que l'entrevue pouvait avoir de sommaire. La faramineuse nouvelle de sa nomination suffisait à rendre le moment inoubliable !  En plus, l'entrevue était prévue entre Adam et lui-même, et non au cours d'une  conférence de presse où il aurait été un parmi d'autres, tous sans doute plus chevronnés que lui. La rencontre n'était cependant  pas encore organisée ni même apparemment officiellement acceptée. A moins que le principe même en ait été  posé en haut lieu et que Martin ne fît que suivre les ordres : "Trouvez un journaliste et une fois que nous avons le nom et qu'il n'y a pas d'opposition, vous lui direz quoi faire. "
 Il écouta avec attention les remarques que son patron fit en traversant les couloirs. La recommandation de ne pas "contrarier" Adam l'étonna un instant. Adam apparaissait ainsi comme une star susceptible et capricieuse, ou bien comme pouvant devenir dangereux. On pouvait se demander à quoi pensait Martin et ce qu'il savait en fait du chef de la Délégation. Mais Sébastien avait confiance dans le professionnalisme de son patron et il le suivit sans mot dire, en pensant avec entrain *C'est pour moi ! c'est moi qui suis choisi ! Liselor va être contente !*


 L'annonce de la nomination de Neuville, faite à la manière directe et bon enfant de Martin, souleva aussitôt des réactions allant de la bouche ouverte de surprise aux regards lourds de sous-entendus, mais personne n'osa émettre un jugement à voix haute, sauf ceux qui semblèrent contents du choix et qui applaudirent en souriant à Sébastien ou en lui lançant des clins d'œil de connivence. Parmi eux, il y avait inévitablement des lèche-bottes, soucieux de ne pas contrarier le patron. Mais Sébastien était  plutôt populaire dans la rédaction, joyeux compère de virées et sorties amicales auprès des jeunes,  fils d'une famille très respectable aux yeux des vieux, ceux qui tiquaient quand un nom à consonance trop exotique apparaissait  sur les listes du personnel. De Neuville, c'était du français et du solide. Quelques figures s'allongèrent cependant, d'autres verdirent un peu, des lèvres se pincèrent. Sébastien s'en moquait bien. La jalousie escorte toujours la victoire et, pour marcher plus loin que les autres, il faut bien  écraser quelques pieds, ce qui est vite pardonné si on le fait en John  Lobb ou en Testoni et,en plus, avec l'accord des autorités.  
  Martin savait d'ailleurs se faire respecter et les critiques n'atteignirent pas le seuil de l'audible. Cependant avant que le patron ne disparaisse dans son bureau, Sébastien eut le temps de se mettre de biais devant lui, prêt à lui céder le passage au moindre froncement de sourcil et  lui déclara :
 -Je  vais préparer sérieusement le sujet, monsieur . Je suis conscient des enjeux, d'autant que j'ai déjà pas mal réfléchi à tout ce que j'aimerais savoir sur les ..arrière-pensées de ces Elyriens. Sans aucun préjugé, favorable ou non. Neutralité absolue: juste des faits. J'ai déjà une petite doc et même un début d'enquête. M'autorisez-vous à la poursuivre après avoir rencontré Adam ? Car évidemment, j'arrête tout en attendant l'interview.                                                    
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MessageSujet: Re: [Jour 01] Projets et Imprévus   Jeu 25 Sep 2014 - 20:05


-J'y compte bien Sébastien, la balle est dans ton camp soit tu fais une interview hors du commun soit tu retournes à la rubrique des chiens écrasés disait-il alors qu'il s'apprêtait à quitter la salle de rédaction puis il continua :

-Parfait si tu en es conscient, je compte sur toi, tu seras autorisé à poursuivre si tu réussis ce que j'attends de toi. D'ailleurs j'aimerais que tu m'en dises plus sur cette enquête. Tu viendras m'en parler dès que tu auras finalisé ton interview. Ah au faite, j'ai entendu parler d'une hypothétique présence d'Adam au défilé de mode de demain, je veux te voir là-bas demain soir. Est-ce que je suis assez clair, disait-il d'une voix ferme.

Il quitta la salle de rédaction pour rejoindre son bureau. Une montagne de travail l'attendait et en premier lieu, il allait devoir montrer patte blanche pour décrocher le précieux sésame qui conduirait Sébastien devant l'homme le plus médiatisé du monde. Une fois à l'intérieur de la pièce, il s'installait derrière son bureau puis il lança en hurlant :


-Maaaaaaaaauuuuud, dans mon bureau tout de suite !

La pauvre jeune femme surprise par la violence de l'appel de son employeur en renversa la tasse de café qu'elle venait d'aller se chercher. La jeune femme s'était levée d'un bond tout en épongent temps bien que mal son chemisier blanc. Elle prit son calepin de note puis rejoignit son patron.

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MessageSujet: Re: [Jour 01] Projets et Imprévus   Ven 26 Sep 2014 - 9:09

S'interdisant de marcher sur le bord du trottoir, habitude contractée enfant quand il réglait ses enjambées pour les adapter précisément à la longueur des barres de granit constituant les bordures, Sébastien, encore tout bondissant intérieurement de ce qui lui était arrivé, rentrait joyeusement chez lui.
Comme était savoureuse cette intensité lumineuse de la conscience de soi qui cesse enfin de se haïr ou de se mépriser.
Il arrêta de balancer son porte-documents. Après ses « ennuis » comme il appelait le trou noir d'avant Liselor, son psy lui avait conseillé de suivre ce genre d'impulsion, pour libérer la contrainte plus ou moins inconsciente qu'il s'imposait en public. Il fallait vaincre la voix au fond de lui-même :
*Sébastien-Max, on ne court pas dans la rue ! On ne crie pas, on ne gesticule pas. On ne doit se faire remarquer que par sa bonne tenue ! *
Mais maintenant,il n'avait plus besoin de psy, il n'avait plus besoin de se libérer de quoi que ce soit, il était libre, adulte et il allait réussir une splendide carrière de journaliste . De Neuville, ce serait lui, un nom qu'il ferait connaître en dehors du monde des affaires et du cercle étroit des « familles convenables » comme disait sa mère. Une famille convenable avait « du personnel », on ne disait plus « des gens », mais c'était toujours une façon d'éviter de de référer directement à la fortune. Une famille convenable avait une Histoire, un titre si possible, ou tout au moins quelques ancêtres ayant laissé une trace dans leur temps et elle devait compter au moins un contemporain dans les Sphères du Pouvoir et s'orner accessoirement d'une personnalité des Arts, Lettres ou Sciences « car, mon enfant, les valeurs de l'esprit peuvent égaler celles de la naissance. Nous avons eu trois académiciens dans la famille, dont ton oncle Saint-Avremont.  Les toiles de Neuville-Stanford, notre branche américaine, sont dans tous les musées des Etats-Unis. Je le respecte autant que le Général de Neuville tué à Austerlitz et dont Napoléon dit en apprenant la nouvelle de sa mort: « Nous avons perdu un frère et la France a gagné un Héros ! ».
Depuis 1870, les Neuville s'autorisaient par patriotisme à ne plus seulement dire Bonaparte.
Et bien maintenant, les Sphères du Pouvoir lui seraient ouvertes. Il allait inaugurer Neuville le Journaliste, le grand Journaliste. La Presse n'était-elle-elle pas le Quatrième Pouvoir, depuis Tocqueville ? Et il écrirait des livres et refuserait le premier célèbre prix qui lui serait attribué, juste pour faire du scandale et être invité partout à la télévision.
En attendant, il avait ouvert trois dossiers :
Un gris sobre et discret, marqué A, comme Adam .
Un noir, avec une étiquette blanche, marquée I comme Invasion, qu'il consacrerait à son enquête sur les Taupes élyriennes.
Un carnet orné d'un dessin très coloré de Giuliano Ghelli, pour se faire remarquer de ses voisins quand il le sortirait au Défilé de mode. La référence italienne serait bien visible,  dans un style ni Kenzo ni G&M ni grunge, la valeur mode jeune qui montait.
Il faudrait choisir son costume, se faire raccourcir la nuque pour que sa chevelure hérisson soit au moins soignée et distincte du style pétard...à moins que..et s'il gardait son bonnet ? Un bonnet tout simple, propre, modeste, utilitaire. Le choc ! porté avec son costume Dior Monsieur, celui qu'il ne mettait jamais à cause de ce nom hasbeen. La Maison ferait d'ailleurs bien de le changer ce nom pour se mettre à l'air du temps. On pouvait imaginer Mister Dior, mais ça faisait cheap. ou Dior Mâle, avec des smokings en peau de panthère...Il sourit en pensant à sa mère. Mais le bonnet était une idée ! Si avec ça, il ne se faisait pas remarquer !
Ah ! problème ! Le défilé avait lieu le lendemain soir. la rencontre avec Adam n'était pas encore fixée. Le carnet était donc prioritaire chronologiquement. Mais si Adam était présent au défilé, fallait-il se faire remarquer par son futur interviewé ?
 Et en allant plus loin, fallait-il voir un lien entre les deux missions à lui confiées par ce rusé renard de Martin ? « Est-ce que je suis assez clair ? »avait dit le directeur. La fausse question pouvait avoir son importance comme elle pouvait n'être qu'une formule vide de sens. Adam avait-il demandé à voir d'abord la tête de son futur interlocuteur ? Ou était-ce pour que lui, Seb, prenne de loin la mesure du bonhomme ? Il regretta de ne pas avoir de mentor, un journaliste brillant, un aîné, qui le conseillerait dans ses incertitudes, qui s'intéresserait à lui parce qu'il lui trouverait "de l'étoffe". Il aimait bien l'expression et les images qu'il y associait : un patron , on suit le modèle et l'étoffe crisse sous le ciseau, élimine l'inutile, le vêtement prend forme et soi avec.


Il fallait surtout qu'il "finalise" le dossier A comme Adam ; Martin l'avait demandé et clairement.
A comportait déjà trois thèmes à aborder, qui articuleraient les trois moments de l'entrevue. Sébastien aimait le rythme ternaire.
"1/ Venir en paix ; très bien. Parlez-nous de l'éthique élyrienne. Dispensez-vous vos offres si généreuses sur d'autres mondes habités ? En quoi le nôtre vous a-t-il intéressé ? Y a-t-il des choses qui vous amusent, vous étonnent, vous heurtent dans notre manière de vivre ?
2/ Vous nous ressemblez beaucoup physiquement. Etonnamment même. Est-ce une coïncidence ou un effet de votre technologie incroyablement avancée en ce qui concerne la biologie cellulaire ? Le fait que vous parliez parfaitement les langues de l'endroit où vous vous êtes manifestés, suppose une première intégration de ces ensembles complexes. Cette intégration est-elle immédiate ou êtes-vous venus déjà nous visiter.. si cela était, pourriez-vous nous préciser quand ? Sous quelle forme ?
3/ Avez-vous une idée du temps qu'il faudra pour établir une collaboration fructueuse entre la Terre et Elyria ? Avez-vous des dates butoirs ? Pensez-vous laisser des Observateurs quand la Délégation repartira après cet échange de bons services qui constitue votre mission ? Quelle attitude allez-vous conseiller à nos gouvernements face aux mouvements parfois violents que suscite votre présence parmi nous ? "
Ce n'était déjà pas mal. Demain matin, il viendrait au bureau de bonne heure et essaierait de voir Martin pour savoir s'il était sur la bonne voie ou complètement à côté de la plaque.
En passant devant un confiseur, il acheta des fudges pour Liselor qui aimait beaucoup ce genre de caramel. En sortant de la boutique, il s'en fourra un dans la bouche. Un bonbon n'a jamais fait de mal à personne.
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Ginie
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MessageSujet: Re: [Jour 01] Projets et Imprévus   Ven 26 Sep 2014 - 21:27


Cela faisait des heures qu'elle poireautait comme un vulgaire piquet devant les bureaux du « Parisien », mais les ordres étaient les ordres et quand Billy donnes les ordres. Il vaut mieux obéir. Il avait été très clair. Non seulement elle devait reprendre les commandes de leur cellule résistante même si pour le moment on ne savait pas vraiment contre qui nous allions devoir nous battre. Mais elle devait s'arranger pour que toutes les personnes qui avait été désignées comme étant de potentiels alliées d'Adam devaient être sous étroite surveillance.

Il n'avait pas été difficile de connaître les personnes qui pouvaient approcher au plus près Adam. Et il nous fallait à tout prix un pion dans la place. Alors pourquoi pas l'un de ces idiots de journaliste ? Toujours prêt à bondir comme une hyène sur une info quelconque, capable de glorifier cette chose qui se disait venir en ami pour les beaux yeux de notre planète bleue et de ces habitants...
Elle n'avait aucune confiance en cet homme qui, avec ses belles paroles, avait su en berner plus d'un. Élise ne buvait pas de cette soupe infâme, mais elle était résignée. Quitte à y laisser la vie. Elle s'était trouvée un endroit tranquille pour sa surveillance. Un endroit suffisamment en retrait pour ne pas être repérée et visiblement cela avait fonctionné.

Élise suivait le jeune homme depuis qu'il avait quitté son domicile. Cela faisait maintenant des heures qu'elle attendait là au pied de l'immeuble dans le froid piquant de l'automne qu'il daigne ressortir de ce bâtiment gris et terne. Elle se les gelait royalement tout en continuant à fumer tel un pompier et en maudissant intérieurement Billy. Quelle idée franchement ! De passer des heures à suivre ces personnes, qui pour elle, n'étaient pas aussi importante que Billy avait l'air de le penser. Oui, mais voilà, Billy s'était volatilisé et honnêtement elle avait mieux à faire. Ne serait-ce que de mettre en action le fameux plan qu'elle avait en tête pour le lendemain. Elle avait qu'une hâte : voir si Adam auvait toujours son sourire enjôleur.

Soudain, elle vit Sébastien réapparaître devant l'entrée du bâtiment où se trouvait les bureaux du journal. Élise avait rallumé une nouvelle cigarette tout en regardant son paquet presque vide, elle soupirait tout en pensent qu'il serait temps d'arrêter, elle vit qu'il s'était arrêté dans une confiserie du quartier puis elle dit doucement :


-Pfft, il est d'un barbant ce type, boulot et dodo, il n'est pas intéressant pour un sous.

Elle allait tout de même continuer à lui filer le train. Peut-être qu'elle finirai par avoir quelque chose d'intéressant.

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MessageSujet: Re: [Jour 01] Projets et Imprévus   Mer 1 Oct 2014 - 10:20


En achetant les fudges, Sébastien s'était regardé dans l'un des grands miroirs Art Nouveau qui conservaient à la confiserie son style feutré de bonbonnière pour douairières appréciant les douceurs. Il aimait s'apercevoir ainsi dans des miroirs inconnus, dans des lieux étrangers. L'absence de repères familiers déroutait son jugement et  il éprouvait la fugitive impression de se voir un instant comme un autre. Il tentait de  deviner ce qu'on pouvait penser de lui, si on pouvait le trouver intéressant au premier regard, sans rien savoir de ce qu'il était.
C'était en se regardant du coin de l'œil, entre les reflets des bocaux à sucre d'orge, qu'il avait alors remarqué la silhouette d'une jeune femme observant de l'extérieur les sucreries proposées à la convoitise des passants. Il eut l'impression de l'avoir déjà aperçue et immédiatement, le souvenir s'imposa. Elle se tenait devant le Journal quand il en était sorti. Fille anonyme, silhouette ordinaire, vêtements passe-partout, et fumant dans la rue, ce qu'il trouvait tout à fait déplacé. On ne téterait pas sa bouteille de chivas  dans la rue, mais on s'autorise à y suçoter son bout de mégot et à cracher ses fumées et ses microbes dans le nez du voisin. Et d'ailleurs, la fille fumait encore. Puisqu'elle était intéressée par les bonbons, elle n'avait qu'à changer d'habitude et au lieu de tirer sur sa clope, occuper sa langue avec des  pastilles de menthe ou des sucettes à l'anis, comme dans la chanson de Gainsbourg.
Mais une nouvelle idée l'avait saisi. Et si elle le suivait ? elle le guettait à la sortie des bureaux et maintenant s'arrêtait juste devant la boutique où il était entré. Une employée du Journal, peut-être, qui voulait savoir où il habitait ? Et, glissant aussitôt de soupçon en soupçon, pensant à la filature qu'il avait lui-même menée concernant son éventuelle taupe élyrienne, il eut un petit choc. Elle aussi  pouvait être une Taupe... Son suspect des Tuileries avait pu jouer le passant aimable et sans-méfiance pour l'endormir, mais en fait, il avait découvert qu'il était journaliste et mis une complice sur ses traces, pour savoir d'où il venait, à qui il faisait ses rapports, le prenant peut-être pour un Anti-Adam comme on commençait à dire familièrement. Il y avait eu pas mal de mouvements ou de proclamations d'hostilité envers les Elyriens ces derniers temps, toutes manifestations évidemment soutenues par les partis d'opposition qui voyaient là un moyen d'accuser les gouvernements de faiblesse, d'incurie et même de traîtrise, puisqu'ils s'étaient laissé acheter par quelques gadgets électroniques et des promesses fallacieuses.  Mais le caractère unique, énorme, de l'événement l'emportait sur toutes ces interprétations traditionnelles de la vie politique : Vendus aux Amerlocks, vendus aux Japs, vendus aux Russkoffs, vendus aux Maffias, vendus aux Elyriens, tous des vendus. Les Elyriens, c'était quand même autre chose. Le cosmos rencontrait la Terre ! L'écroulement du Mur de Berlin devenait anecdotique. Agiter des pancartes :
Elyriens Go Home ! , c'était passer à côté d'une révélation inouïe
Les plus mesurés parlaient seulement d'aveuglement, d'engagement trop précipité et  de méfiance nécessaire. Sébastien était enclin à suivre cette façon de penser, d'où son enquête personnelle sur "l'invasion invisible". Il avait déjà choisi le titre pour  quand il sortirait le bouquin. En attendant, il ne voulait pas agir sans savoir et surtout pas, ramener le plus extraordinaire des  événements  à un épisode des querelles entre des politiciens bornés ou tout simplement jaloux.  
En sortant de la boutique, il avait vu l'inconnue qui attendait un peu plus loin . Il prit un caramel pour mieux se donner le temps dl'observer en douce pendant qu'il dépliait la cellophane.  Un instant, il croisa  un regard vif d'oiseau fureteur qui lui fit courir un frisson dans le dos. Huit jours plus tôt, avant qu'il ne commence sa chasse à la Taupe et se prenne pour James Bond, il ne l'aurait même pas remarquée. Elle n'était vraiment pas le genre de fille qui l'attirait. Il fallait en avoir le cœur net.
Il se remit en marche, fit une dizaine de mètres et soudain se retourna. Revenant sur ses pas avec l'air contrarié de celui qui a  oublié quelque chose, marchant à grandes enjambées, il s'arrêta pile devant elle, la heurtant presque et demeura comme un grand balourd, lui barrant le chemin :


-Oh, excusez-moi, mademoiselle...je suis confus de ma maladresse. Je sortais de chez le confiseur et j'ai encore oublié..les pastilles de menthe ! ..Je suis vraiment désolé .

Si elle n'était là que par coïncidence, ou bien elle allait le prendre pour un dragueur sans imagination et passer outre en haussant les épaules ou bien, flattée d'avoir retenu l'attention de ce jeune homme en blouson Michael Kors, elle se laisserait peut-être tenter et répondrait à ce qu'elle penserait être des avances. Ce serait ennuyeux pour elle car il s'excuserait alors platement et tout serait dit. Mais si elle le pistait vraiment et autrement que pour ses beaux yeux et son blouson, alors, il fallait savoir pourquoi...ou pour qui.

-Pour me faire pardonner, Heu, voulez-vous un fudge ?

Et pour endormir ses soupçons éventuels, il ajouta sur un ton plaisant :

-Ils viennent d'être achetés et j'ai vérifié. Ils ne sont pas d'origine élyrienne ! Mais dites-moi, vous ne travaillez pas au Parisien ? Il me semble vous y avoir aperçue.
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MessageSujet: Re: [Jour 01] Projets et Imprévus   Mer 1 Oct 2014 - 12:01

Élise se les gelait littéralement quand elle vit le jeune homme s'approcher d'elle. Là, elle se dit à elle-même :

-Oh, la poisse le v'la qui vient vers moi, reste calme, zen Elise zen

Une fois devant elle, le jeune homme la bombarda de question diverses et variées. Elle lui répondit avec autant de douceur que possible :

-Non, merci je n'ai pas faim.

Il disait des choses complètement incompréhensibles et visiblement il insistait dangereusement. Elle lui dit agacée :

- Je viens de vous dire que je n'en voulais pas, c'est très gentil, mais je n'en veux vraiment pas.

Il continua en demandant si ils travaillaient tous les deux au même endroit.

-Non, je ne crois pas. Je suis... heu... étudiante dit-elle doucement tout en pensant qu'elle avait eu chaud aux fesses puis elle continua :

- Vous avez dû confondre avec quelqu'un d'autre, je suis assez commune comme fille vous savez je suis pas très intéressante....oh, mais regardez une feuille s'est bloquée dans votre col de manteau, ne bougez pas je vais vous l'ôter dit-elle souriante.

Elle venait de trouver la meilleur façon de surveiller Sébastien à son insu avec un simple mouchard qui servirait à le pister à distance, puisqu'il avait visiblement repéré la jeune femme. Puis elle dit :


-La voilà dit-elle en lui montrant puis elle continua :


-Je dois y aller, un rendez-vous important à bientôt peut-être dit-elle.

Tout en s'éloignent suffisamment de lui, Élise prit son téléphone et contacta un des hommes du réseau dont-elle était provisoirement le chef puis lui annonça :



-C'est fait, préviens les autres

Elle disparut au coin d'une ruelle...

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MessageSujet: Re: [Jour 01] Projets et Imprévus   Mer 1 Oct 2014 - 22:13


L'inconnue avait refusé net de participer à des agapes fudgiennes et caramélisées.
Sébastien, tout en conservant son air le plus fils de famille, alors même qu'il abordait vulgairement une fille dans la rue, sentit un peu la situation lui échapper. Il se souvint du conseil paternel, conseil donné après lecture du bulletin de Seconde-Premier trimestre, où se remarquait cette appréciation du directeur : « Des dons indéniables mais esprit brouillon ».  Père avait aussitôt réagi  :
« Quatorze de moyenne ? Un de Neuville doit avoir au moins seize. Les dons, cela va de soi. C'est héréditaire. Mais tu dois te corriger de l'esprit brouillon qui te vient de je ne sais quelle branche...le côté maternel sans doute.Ta mère a eu un oncle espagnol et anarchiste. Sébastien-Max, tu dois classer tes idées. Le classement est la base de l'ordre; l'ordre engendre la clarté, la clarté est la première qualité d'un raisonnement. Classer, c'est, par la raison, dominer le sujet. »
Comme à cet instant Sébastien avait envie de dominer le sujet, à savoir une demoiselle très passe-partout qui ne lui donnait pas envie de la dominer autrement que d'une manière rationnelle, il entreprit d'essayer de classer ses idées à son propos. Trois possibilités :
A-C'est une taupe élyrienne qui le suit pour découvrir s'il est du parti des Hostiles et des Méfions-Nous.

B- C'est une fille qui cherche aventure et qui l'a sélectionné à cause du blouson Michael Kors et/ou de son pouvoir séducteur personnel, malgré son bonnet qui le fait paraître un peu joufflu. Il l'a encore constaté tout à l'heure dans la glace 1900 du confiseur. Ne faudrait-il pas mieux assumer son crâne de skinhead repentant et renoncer aux confiseries ? De toutes façons, il était encore au dessous du poids idéal pour sa taille et Laurie se réjouissait toujours à chaque gramme qu'il prenait. C'est elle qui le forçait à se peser au début. La famille, surtout sa mère, avait tout pardonné à Laurie à partir du moment où il avait cessé de maigrir. Le besoin de tout régenter, même l'IMC masculin, est inné chez les femmes. Cette idée brusque de se faire tondre, ç'avait été sans doute  une manière de montrer qu'il était capable de résister sur une petite partie de lui-même.. Evidemment, il avait eu tort. Cette coiffure -si on peut dire coiffure pour la boule à zéro- ne lui allait vraiment pas. Yul Brynner ou Kojak, ce n'était pas pour lui..Il aurait aimé assez cultiver un charme tartare mais il n'avait pas d'ancêtre de ce côté-là.

Hum, il fallait répondre, voire insister. Sébastien fit les remarques usuelles, qu'il n'était pas nécessaire d'avoir faim pour manger un caramel anglais, que les Anglaises étaient toutes filiformes car justement nourries de fudge et de jellies, qu'elle-même avait l'air d'être frigorifiée et qu'ils pourraient aller prendre ensemble un chocolat bien chaud. La confiserie avait un coin salon de thé absolument charmant, avec un décor inspiré de Mucha .

- D'ailleurs, mademoiselle, vous ressemblez à cette jolie figure allégorique de l'Hiver …
.

Elle le regardait avec des yeux ronds de surprise comme si elle ne comprenait rien à ce qu'il lui disait. Elle était étudiante,  en quoi? Pas en Arts déco apparemment. A part les anorexiques, aucune fille  ne résiste à l'idée de ressembler aux femmes-fleurs de l'illustre Pragois, du moins les filles de goût, fussent-elles du style "Haricot vert cueilli avant la saison". Et puis, quelle idée de le décourager en reconnaissant qu'elle était très quelconque et sans intérêt. Il n'avait pas besoin d'elle pour le savoir. Il aurait pu rebondir sur le sujet «  Vous avez un sourire ravissant ! » mais malgré son ton assez aimable, elle n'avait pas eu l'ombre d'un sourire. Quant à dire qu'il était charmé de son esprit de repartie, il ne pouvait quand même pas sortir ça à quelqu'un qui refusait de manger un bonbon  parce qu'elle n'avait pas faim et appelait un blouson Michael Kors, un" manteau".
Très bien. Après tout, il l'avait à l'œil et elle n'oserait plus le suivre. Au cas où elle le suivait. Cette idée le ramena à sa tentative de classement en trois points, mais il ne se souvenait plus où il en était. Il n'avait décidément pas l'esprit classeur.

Elle eut un geste gentil, surprenant pour quelqu'un d'aussi peu assuré, en lui balayant de la main une saleté que le vent avait dû rabattre sur son col. Elle devait être étudiante aux Arts Ménagers ou alors une maniaque de la propreté. Le blouson n'était d'ailleurs pas impeccable. Liselor lui avait dit de le faire porter chez le teinturier.
L'inconnue s'éloigna, disparut, et Sébastien pensa que le troisième élément de son classement était sans doute le bon :
C- Ce n'est qu'une coïncidence et la fille ne le suivait pas.


***
Un peu plus tard, il entra dans l'appartement et  dès le seuil franchi, voyant la lumière allumée dans le bureau situé à l'étage du duplex, il s'écria en jetant son blouson au hasard sur un fauteuil :

-Lorie darling ! Martin me donne Adam ! et demain je vais couvrir le défilé de mode D&G, tu sais, à Versailles !  La plus merveilleuse des femmes va se faire embrasser par le plus merveilleux des hommes. Je monte ou tu descends ?

-J'arrive !


Il était déjà à la moitié de l'escalier quand Liselor sortit, le pinceau encore en main.
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MessageSujet: Re: [Jour 01] Projets et Imprévus   Jeu 2 Oct 2014 - 7:39


Anne-Sybille était une femme d'un âge certain, issue de la haute société parisienne. Une femme très prise socialement, mais aujourd'hui elle avait décidé d'annuler sa séance de manucure hebdomadaire pour aller voir son Sébastiennounet. Comme elle était fière de son petit garçon, il avait réussi de brillante étude malgré sa période noire, comme Anne-Sybille préférait l'appeler. Il avait une compagne à son goût, même si sa mère aurait préféré une jeune femme plus convenable, une jeune femme au sang bleu. Mais Sébastien était aussi têtu que son père et il n'était pas question d'une quelconque séparation entre les deux tourtereaux, sous prétexte que les convenances avaient été bafouées. Et puis il y avait ce travail, cet affreux travail qu'elle détestait... son fils journaliste. Par tous les dieux ! Cela avait été un cataclysme pour elle.

Elle aurait préféré qu'il soit médecin ou même politicien, mais une fois encore Sébastien s'était rebellé et elle avait dû faire avec bon gré mal gré. Il lui avait fallu un temps fou pour accepter la situation et le regard des amis de la famille De Neuville. Finalement, elle avait fini par accepter cette idée de carrière.

Elle dit au chauffeur qu'il la conduisait vers l'immeuble où vivait son garçon chéri :


-Mais dépêcher vous voyons ! disait-elle à se pauvre Antoine qui était au service de la famille depuis de nombreuses années.

Il répondit sérieusement sans le moindre irrespect envers sa bienfaitrice :


-Oui, Madame,

Il tournait dans la rue menant directement au domicile du jeune couple. Puis il dit, tout en s'arrêtant devant le bâtiment :

-Nous y voilà Madame

Il descendit de voiture et ouvrit la portière à Anne-Sybille.

-Dois-je vous attendre ?

La mère de Sébastien ne fit qu'un signe positif de la tête, puis elle quitta son chauffeur pour disparaître à l'intérieur du bâtiment. Pendant ce temps-là, Antoine reprit sa place derrière le volant et attendis.

Anne-Sybille, elle, était arrivée sur le palier où se trouvait l'appartement que son époux et elle-même avaient gracieusement offert à leur fils chéri. Elle prit le double des clés, qu'elle avait en sa possession, puis ouvrit la porte qu'elle referma derrière elle. Là, elle lança d'une voix qui pouvait en énerverai plus d'un :



-Mon chaton adoré

Elle reprit tout en rangeant la veste de son fils dans le placard :

- Devine qui est venu te voir !

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MessageSujet: Re: [Jour 01] Projets et Imprévus   Jeu 2 Oct 2014 - 18:57


Sur le point de démontrer à Liselor qu'elle était la plus merveilleuse des femmes tout en tentant de se persuader qu'il était le plus merveilleux des hommes, Sébastien entendit une voix bien connue qui montait de l'étage inférieur.
Se faire appeler"mon chaton adoré"soulevait en lui des réactions contrastées :
D'abord, une légère irritation , particulièrement sensible en ce moment où il pensait plutôt à jouer au Tigre de combat qu'au mini matou de salon.
Mais aussi une forte envie de sourire devant les essais d'Anne-Sybille de Neuville, née de Clarensac, pour se conformer à l'idée qu'elle se faisait de l'amour maternel exprimé en langage du peuple. En effet, elle ne voulait pas gêner Liselor en conservant les usages familiaux, où le vouvoiement était de règle en public, où Seb était Sébastien-Maxence et son frère aîné  Henry-Eudes. Seule  Lorie pouvait se permettre d'appeler
Seb le rejeton d'une lignée remontant à Saint-Louis par le père et aux Plantagenets par la mère. Pour elle, Seb était exclu. Seb sentait la cocotte-minute réservée à la pâtée des chiens, Seb était bon pour la communale, Seb était imprononçable. Restaient le tutoiement et les diminutifs et donc Mère imitait les piaillements des mères de la crèche patronale qu'elle visitait hebdomadairement (pour ne pas perdre contact avec la réalité des classes ouvrières). D'où les" chatons", les "mon ange",  les "mon coeur" et même"Babichou", que le dit Babichou redoutait particulièrement de voir s'échapper de la Place Vendôme et parvenir jusqu'au Journal.
Mais aussi, tout au fond, Sébastien ressentait de l'attendrissement devant le désir de sa mère de ne pas vouloir effaroucher Liselor.
Liselor... née Duchemin, oui, comme un chemin, et en un seul mot ;  certes d'une famille aisée, et avec une excellente éducation chez les Demoiselles de la Légion d'honneur, grâce à son grand-père tué à Dunkerque en mai 40.
Mais Liselor avait sauvé Sébastien-Max de ses mauvais anges, l'avait repêché dans le trou noir où plus rien ne l'atteignait, l'avait réhabitué à vivre, à parler, à rire, à avoir faim, à penser à demain, à plus tard. Sébastien savait que ses parents étaient prêts à tout pour qu'elle reste avec lui et ils auraient été comblés par un mariage, ce qu'ils appelaient"régulariser la situation". Malgré son refus du Babichou, Sébastien avait fini par comprendre que sa mère l'aimait, qu'il était réellement et pour toujours son petit garçon précieux et qu'il pouvait y avoir eu beaucoup de tendresse cachée dans ce "Sébastien-Max, ne rentrez pas trop tard et n'oubliez pas de frapper à ma porte en passant." qu'il écoutait à peine.

Cependant, le chaton adoré était d'assez mauvais poil en redescendant pour accueillir sa mère et en entendant cette voix guillerette qu'elle pensait devoir prendre pour montrer qu'elle était à l'aise et que tout le monde devait se sentir comme elle. Elle était vêtue avec son élégance habituelle, et bien qu'approchant de très près la cinquantaine, elle gardait encore une silhouette impeccable et une beauté classique parfaitement entretenue.
Là-haut, Liselor se rajustait en prenant son temps pour ne pas troubler la rencontre familiale. Elle cria seulement :

-Anne-Sybille ! Quelle bonne surprise ! Excusez-moi, j'ai les mains pleines de peinture. Je me nettoie et je descends.

On ne s'embrassait pas chez les Neuville, sauf pour les grandes occasions. Sa mère lui fit un petit simulacre de baiser de loin et lui prenant une main , l'attira vers elle et le fit s'asseoir sur le canapé.

-Alors, tu ne m'annonces pas la bonne nouvelle ?

-Non, Mère, à votre air, je vois que vous la connaissez déjà. Madame Martin.. ?

-Yolande Dubuisson. Toujours aussi gourde, mais si...prévenante. C'est merveilleux. Ton père est ravi. Il veut te parler des actions Proctangle et Gamblish, qui vont monter avec les événements et du projet de barrage en Indonésie qui peut intéresser Adam. Mais Yolande m'a dit aussi que tu allais à Versailles demain et j'ai pensé à toi car j'ai un sérieux problème avec le concours canin sponsorisé en partie par la revue :Chiens de Luxe et de Loisir, de nos Editions Néopolis. Comme tu le sais, c'est un défilé où le thème est de mettre en valeur une harmonie entre l'homme, la femme et la bête.

Sébastien fit un oui aimable de la tête bien qu'il n'ait jamais ouvert la revue et que  cela lui remit en mémoire qu'il n'y avait pas dix minutes, il  se préparait à vérifier personnellement et de très près la dite harmonie. Sa mère poursuivait :

-Or , Madelina, tu  sais, la baronne Birchenklau.. mais si, celle qui conduit sa Ferrari pieds nus... son fils devait présenter Chapka, son Tchiorny, et voilà qu'il se casse la jambe à Saint-Moritz,.

Sébastien imagina Liselor, pieds nus, allongée sur un lit en forme de Ferrari et fit poliment :

-Oh, pauvre bête !

- Mais non,chéri, pas le chien ! Siggy Birchenklau.! Il faut absolument que quelqu'un le remplace et comme tu vas à la présentation Dolce- Gabbana qui suit ..j'ai pensé...

Sébastien se sentit devenir tout flasque, intérieur et extérieur. Quand sa mère pensait et lui communiquait le contenu de sa pensée, c'était souvent pour lui Apocalypse Now.
En trois phrases autoritaires et sans réplique, la descendante des Plantagenets présenta la situation tragique de Chapka privé de défilé, des Birchenklau au désespoir de voir leur petit Chapka chéri non médaillé cette année, et le devoir filial de Sébastien d'aller secourir Madelina qui ne pouvait pas remplacer son fils car elle ne ressemblait pas du tout à Chapka .
Complètement perdu, Sébastien ne put que remarquer faiblement :

-Et moi, je ressemble à Chapka ?

-Tout à fait, il a le poil noir, les tchiorny sont noirs évidemment, et on l'a récemment taillé en brosse pour accentuer le côté Schnauzer en lui. Les Terriers noirs russes ont du schnauzer en eux. Tu te fais faire un petit shampooing colorant et avec ta coiffure actuelle...tu ressembleras à Chapka, d'autant qu'on ne demande qu'une harmonie, un écho de personnalité entre vous deux. Surtout ne te rase pas. Les tchiorny sont barbus. Tu mettras la pelisse en fourrure de yack que ton père avait pour le trekking à Lhassa et...

Un  terrier ? tante Isabelle avait un terrier, un yorkshire. Un nabot jappant continuellement et qui sautait  au bout de sa laisse comme un jouet à ressort. Sébastien eut un petit sursaut de défense :

-Un écho de personnalité ? Mais je n'ai rien d'un chien de manchon, d'un petit toutou  à sa...

Anne-Sybille s'exclama très surprise :

-Un chien de manchon ? Chapka ? Mais tu n'as jamais vu un Tchiorny ? Debout, Chapka est aussi grand que toi et il pèse plus de 40 kilos.  Tu te sentiras très à l'aise avec lui ...C'est oui ?

-Oui, Mère.
" dit faiblement Sébastien.

Liselor qui était passée par l'office parut avec, sur un plateau ,  du thé et un assortiment de Scottish Shortbreads.
Elle avait évidemment tout entendu et proposa tendrement après avoir servi Anne-Sybille :

-Tu veux un biscuit, mon loulou ?
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Ginie
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MessageSujet: Re: [Jour 01] Projets et Imprévus   Jeu 2 Oct 2014 - 22:16


- Bien, mon chéri dit-elle tout en regardant sa belle-fille lui servir un léger encas.

Puis elle continua en lui disant :

- Alors, tu seras attendu par la responsable du concours demain en début d'après-midi, ne sois pas en retard.

Anne-Sybille était tout de même fière de son fils, même si elle ne lui disait pas aussi souvent qu'il l'espérait.

-Alors, comment allez-vous tous les deux ? Quand allez-vous enfin officialiser votre relation ? Tu sais à quel point ton père y tient Sébastien demanda-t-elle avec l'espoir que cette fois-ci, il lui un mariage fut annoncé dans un futur proche. Vue de la mine défaite de son fils, visiblement, ce n'allait pas encore pour aujourd'hui.

- J'aimerais des petits-enfants Sébastien-Maxence. Quand comptes-tu épouser cette jeune fille ,lui demanda-t-elle. Tu te rends compte, si tu fais des enfants, ils pourront jouer avec les enfants du jeune couple Elyrien qui vient tout juste de s'installer à coter de chez nous. Ce sont des gens char...mant ! dit-elle. Ne trouves-tu pas cela merveilleux ?

Cela n'avait pas l'air de plaire aux deux jeunes gens. Anne-Sybille prit sa tasse et y trempa légèrement ses lèvres.

- J'espère que tu as choisi une tenue convenable pour rencontrer Adam demain. dit-elle. Et que tu n'oseras pas porter cet infâme bonnet devant le chef suprême des Elyriens. Tu ne vas pas oser faire cet affront à ton père ?


Après ses mots d'inquiétude, elle prit une nouvelle fois sa tasse et but une nouvelle gorgée. Puis elle amena à ses lèvres, avec le petit doigt levée, un biscuit que la compagne de fils lui avait servi peu de temps après son arrivée. Elle s'installa bien au fond du sofa et attendit une réponse concrète de son fils bien-aimée au sujet de sa tenue du lendemain.

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MessageSujet: Re: [Jour 01] Projets et Imprévus   Ven 3 Oct 2014 - 16:40

Anne-Sybille  est toujours coiffée impeccablement. Elle a une superbe chevelure d'un blond foncé qu'elle porte en chignons, élaborés par Sergio lui-même, qui rendent jalouses toutes ses amies. Enfant, Sébastien s'était toujours senti un peu coupable de ne pas avoir les boucles dorés de son frère dont tout le monde disait en s'extasiant : "Il a les cheveux de sa mère !" Ne pas avoir les cheveux de sa mère était une faiblesse de sa part, un raté, un manque, une trahison familiale.

Sébastien a gardé son bonnet et assis à côté d'Anne-Sybille, il se dit : « C'est sûr qu'elle va me faire une réflexion...Elle a horreur du bonnet, elle a aussi horreur de me voir le poil court comme un prisonnier d'Alcatraz - mais le bonnet, c'est  pire. J'ai l'air d'un voyou de banlieue. Je crois qu'elle a peur de me voir refréquenter des gens infréquentables, que ce bonnet soit comme un signe de reconnaissance, un gyrophare de la honte et de la consternation. »

Mais non, n'ayant pas douté une seconde que, puisqu'elle le demande, son fils irait coacher Chapka au défilé des chiens, sa mère clôt le sujet en rappelant la nécessité d'être à l'heure. Il le sera . Liselor le mettra à la porte si elle est là et sinon, elle aura téléphoné à Anne-Sybille pour lui dire de téléphoner à son fils. Ces deux femmes sont terribles. Elles s'entendent pour le coincer dans un seul chemin et pas question qu'il dévie d'un pouce de ce qu'elles considèrent comme le seul chemin valable. Elles l'enserrent d'un double garde-fou, comme un de ces ponts de liane suspendu au-dessus du vide, un pont étroit où on ne peut avancer qu'en se rattrapant constamment à chaque corde porteuse. Il sait ce qu'il y a dans le vide. Il ne veut pas y retourner. Oui, il sera à l'heure et il est d'ailleurs assez content de voir Chapka. Il aime bien les chiens et un terrier noir russe de quarante kilos, ce doit être convivial..il pourrait mettre, avec la pelisse en yack, l'ushanka que sa mère lui a rapporté du grand Nord, quand, avec le Rotary, elle a été visiter les troupeaux de rennes et le soleil de minuit ,  dans le noble but de sauver les ours blancs  et le pétrel des tempêtes.
Sébastien sursaute. Ce n'est pas le bonnet, mais le mariage, qui arrive sur le tapis. Sa mère fait semblant de trouver le sujet léger, une formalité, juste une bonne idée pour faire plaisir à Père. Mais il sait bien que c'est pour retenir plus sûrement Liselor. On ne laisse pas tomber un mari aussi facilement qu'un ami. Et les enfants sont autant de cordes supplémentaires pour vous maintenir sur le pont. Lorie ne veut pas de mariage tant qu'elle n'aura pas un salaire lui permettant d'acheter son propre appartement. C'est comme ça. "Si on se brouille, je ne veux pas être obligée de rester ici un seul jour de plus, uniquement parce que je n'aurais pas de chez-moi." C'est tout Liselor cela. Lui, il veut bien se marier, mais c'est Lorie qui, lorsqu'elle le décidera, fera la demande . Il sourit vaguement en imaginant la scène et s'arrête aussitôt. Sa mère va croire qu'il s'attendrit sur de futures têtes blondes ou brunes jouant avec de suspects petits élyriens qui sont peut-être des octopus pustuleux ou des robots arachnoïdes.
Anne-Sybille est trop intelligente pour ne pas se méfier un peu d'Adam et de sa suite, malgré ses propos officiellement adamophiles. Mais Père suit la finance qui suit le bond en avant des investissements qui ont suivi l'injection des capitaux élyriens et l'innovation dans les entreprises lesquelles....Seb laisse tomber. Il sait qu'il met bout à bout des expressions toutes faites sans se soucier du sens. Jamais il ne sera journaliste économiste et il ne couvrira jamais le G.7,  bien que Père en eût été fort satisfait. Il préfèrerait sûrement voir son fils serrer la main d' Helmuth Kohl plutôt que la patte de Chapka.

Liselor sourit gentiment et joue les jeunes filles qui rougissent encore quand on parle de leur mariage. Espèce en voie de totale extinction. Le Rotary devrait lancer un programme de sauvegarde. Sébastien mord dans un biscuit. On ne parle pas la bouche pleine. Trop fine mouche pour insister et risquer d'effaroucher sa potentielle bru, Mère enchaîne en changeant le sujet.
Et voilà, c'est le bonnet qui arrive, comme prévu. Seb pense qu'il en a encore au moins pour six mois avant que Liselor considère qu'il peut ne plus le porter. Elle aime les cheveux un peu longs, portés souples; mais lui, il s'est attaché à son bonnet maintenant. C'est protecteur, un bonnet ; il aime bien le tirer des deux mains de chaque côté pour le faire descendre jusqu'à mi-front, comme un casque. Il louvoie un peu, pour sauver son bonnet :

-Certainement pas, mère . Pas de bonnet pour Adam. Mais pour le Dogshow, je pourrais mettre l'ushanka en zibeline que vous m'avez rapporté de Mourmansk.

Anne-Sybille est charmée par l'idée. Chapka en laisse et ushanka en tête, Sébastien-Max sera irrésistible.

-Et pour Adam ?

Le jeune homme ruse :

-Que me conseilleriez-vous, Mère ?

-Votre lagerfeld à parements rouges, évidemment sans les accessoires, toujours de mauvais goût chez ce pauvre Karl. Mais il faut une tenue qui soit un peu exotique, pour montrer que les Terriens sont innovants, sans préjugés, ouverts aux idées les plus inattendues... si les Elyriens, qui pour l'instant nous copient très exactement pour nous apprivoiser, voient que nous n'avons pas de modèles stéréotypés, acceptons l'imprévu, ils se dévoileront peut-être un peu plus.

Tiens, tiens ! Sa mère pense que les Elyriens veulent apprivoiser les Terriens, peut-être comme on a apprivoisé Chapka le Terrier qui, au lieu de courir les steppes, va participer à un dogshow. Et surtout, elle pense qu'ils ont des choses à dévoiler...On ne trompe pas une Neuville née de Clarensac.

Il enlève son bonnet, le regarde d'un air faussement dubitatif :

-Et si je mettais un bonnet noir avec le lagerfeld ? ce serait inattendu, décontracté..exprimant l'alliance de deux cultures..

Mais Anne-Sybille n'est pas si facile à tromper; elle rit et enlève d'une main preste le couvre-chef tricoté qui déshonore la tête de son cadet :

-Ta tête de bagnard évadé sera bien suffisante pour exprimer ta décontraction.

Sébastien soupire. Si sa mère avait trente ans de moins, au lieu de s'inscrire à l'Ecole du Louvre, aujourd'hui, elle ferait l'ENA.
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Ginie
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MessageSujet: Re: [Jour 01] Projets et Imprévus   Ven 3 Oct 2014 - 20:28


-Ne t'avise pas de mettre quoique ce soit sur ta tête, ton crane garni de trois cheveux qui se courent après est largement suffisant. Et j'espère que Laurie fera attention à ta tenue avant de quitter la maison dit-elle. Suis-je assez claire Sébastien-Maxence ?

Il était rare qu'elle l'appelle par son prénom en entier. En général, quand elle le faisait, c'était pour le sermonner et ce même si il était majeur depuis longtemps. En un sens, elle aimait bien lui faire quelques sermons par-ci par-là. Cela lui permettait de se rappeler à quel point il ne devait plus quitter le droit chemin. Puis Anne-Sybille ajouta :


- Bien, si tout te convient mon cher enfant, je vais appeler mon chauffeur,dit-elle tout en regardant son fils qui lui fit un léger signe de tête, tandis qu'elle s'approchait du téléphone et composa le numéro personnel de la voiture. Antoine, il est temps pour vous d'arrêter de rêvasser et d'avancer la voiture, je suis prête à descendre, dit-elle avant de raccrocher. Sois sérieux demain. Surtout avec Adam. Nous suivrons avec ton père les actualités avec une très grande attention, dit-elle alors qu'elle enfilait une fourrure de vison gris clair.

Elle embrassa son fils et sa belle-fille et quitta le domicile des jeunes gens le cœur léger.


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